Cuba face aux États-Unis : L’interview de Díaz-Canel à NBC, une déclaration de résistance et de dialogue pour la paix et la fraternité des peuples cubain et américains
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Cuba face aux États-Unis : L’interview de Díaz-Canel à NBC, une déclaration de résistance et de dialogue
JBC – 18 avril 2026 – www.initiative-communiste.fr – Un entretien sous haute tension, siège génocidaire et menace de bombardements et d’invasion par la Maison Blanche
Le 12 avril 2026, le président cubain Miguel Díaz-Canel a accordé une interview exclusive à la chaîne américaine NBC, dans le cadre de l’émission « Meet the Press ». Un événement rare, puisque c’était sa première apparition sur une télévision américaine, dans un contexte marqué par un durcissement sans précédent des attaques contre Cuba lancées par les les États-Unis, sous l’administration Trump. L’entretien, mené par la journaliste Kristen Welker, a été largement commenté, tant pour son contenu que pour son ton, certains observateurs des élites américaines prenant conscience que les réponses apportées par le président cubain démasque les crimes contre l’Humanité de l’impérialisme américain et de son régime fascisant de Donald Trump.
L’interview s’est déroulée à La Havane, alors que l’île fait face à une crise économique et énergétique aiguë, aggravée par le renforcement de l’embargo américain et le blocage complet des livraisons de carburant. Díaz-Canel y a défendu la souveraineté de Cuba, dénoncé le blocus, et affirmé la volonté de son pays de résister à toute tentative d’ingérence, tout en laissant entrevoir une porte étroite au dialogue.
1. Un contexte géopolitique explosif
Depuis le début de l’année 2026, les tensions entre Washington et La Havane ont atteint un niveau inédit. L’administration Trump, après avoir ciblé le Venezuela et l’Iran, a explicitement mentionné Cuba comme prochaine cible, évoquant même la possibilité d’une intervention militaire ou d’un changement de régime forcé. En janvier 2026, plus de 240 nouvelles sanctions ont été imposées, et un décret présidentiel a qualifié le régime cubain de « menace extraordinaire » pour la sécurité nationale des États-Unis. Dans ce contexte, l’interview de Díaz-Canel à NBC prend une dimension symbolique forte : il s’agit pour Cuba de répondre directement aux accusations américaines, et de s’adresser à l’opinion publique internationale, et au peuple américain en particulier.
Cuba traverse une crise majeure, marquée par des pénuries de carburant, des coupures d’électricité, et des difficultés d’approvisionnement en produits de base. Le gouvernement cubain démontre que ces difficultés à l’embargo américain, qui, selon Díaz-Canel, empêche l’île d’accéder aux marchés internationaux et bloque les investissements étrangers. La Russie a récemment fourni une aide énergétique symbolique, un de ses prétroliers réussissant à briser le blocus naval de la marine américaine, mais celle-ci reste insuffisante pour couvrir les besoins du pays.
2. La souveraineté cubaine, un principe non négociable
« Nous ne sommes pas élus par les États-Unis »
Dès les premières minutes de l’interview, Díaz-Canel a rappelé avec fermeté que les dirigeants cubains ne sont pas « élus par le gouvernement américain ». Répondant à une question sur une éventuelle démission sous pression américaine, il a affirmé : « A Cuba, les personnes dirigeant l’Etat ne sont pas choisies par le gouvernement des États-Unis. »
Cette déclaration résume la ligne de conduite cubaine : la légitimité du pouvoir à Cuba ne dépend pas de Washington, mais du peuple cubain.
Le président cubain a invoqué à plusieurs reprises l’histoire de son pays pour justifier la résistance actuelle. Il a cité Antonio Maceo, héros de l’indépendance cubaine, pour rappeler que « quiconque tentera de s’emparer de Cuba ne récoltera que la poussière de son sol, trempée de sang, s’il ne périt pas dans la lutte ». Une référence claire à la doctrine de défense cubaine, fondée sur la mobilisation totale de la population.
3. La doctrine de défense : « Nous sommes prêts à mourir pour la révolution »
Díaz-Canel a détaillé la stratégie de défense cubaine, fondée sur la mobilisation générale de la population et une guerre asymétrique. Il a affirmé que Cuba, malgré sa faiblesse militaire face aux États-Unis, rendrait toute occupation impossible. « Nous sommes prêts à nous défendre, et si nécessaire, à mourir », a-t-il déclaré, reprenant les paroles de l’hymne national cubain : « Mourir pour la patrie, c’est vivre. »
Tout en insistant sur la volonté de paix de Cuba, Díaz-Canel a averti que toute agression aurait des conséquences désastreuses, non seulement pour Cuba, mais aussi pour la région et les États-Unis. « Une invasion serait coûteuse et affecterait la sécurité régionale », a-t-il souligné.
4. Le blocus américain : « Un acte génocidaire »
Le président cubain a consacré une grande partie de l’interview à dénoncer le blocus américain, qu’il qualifie de « génocidaire » et « multidimensionnel ». Selon lui, cet embargo, violant le droit international et qui dure depuis 60 ans en dépit des dizaines de condamnation quasi unanime par l’assemblée générale del’ONU empêche Cuba d’accéder aux crédits internationaux, interdit les investissements, et bloque les importations essentielles, y compris les médicaments et les équipements médicaux.
Interrogé sur les pénuries et les difficultés quotidiennes des Cubains, Díaz-Canel a rejeté toute responsabilité interne, attribuant la crise à l’embargo. « Le peuple cubain souffre, mais la cause principale est externe », a-t-il affirmé, tout en reconnaissant les frustrations de la population. En soulignant les choix de solidarité, d’égalité fait par le gouvernement cubain, ainsi que sa capacité à être disponible pour entendre les manifestations populaires. Quel contraste avec les USA de Trump et sa milice ICE !
5. La résilience du modèle cubain
Díaz-Canel a mis en avant les réalisations de Cuba, malgré les sanctions : un système de santé universel, une éducation gratuite, une faible criminalité, et des avancées scientifiques, notamment dans le domaine de la biotechnologie. Il a cité l’exemple de la pandémie de COVID-19, durant laquelle Cuba a développé ses propres vaccins et équipements médicaux, malgré l’impossibilité d’importer certains composants en raison de l’embargo.
Face à la crise, Cuba mise sur l’augmentation de sa production pétrolière nationale, les énergies renouvelables, et les investissements étrangers. Díaz-Canel a souligné le paradoxe : des entreprises américaines pourraient investir à Cuba, mais l’embargo les en empêche.
6. Le dialogue avec les États-Unis : une porte ouverte à la Havane dans le respect et la coopération, mais fermée coté Washington
Díaz-Canel a affirmé que le dialogue avec les États-Unis était possible, mais sous conditions : respect mutuel, absence de conditions préalables, et reconnaissance de la souveraineté cubaine. Il a exprimé un manque de confiance envers Washington, accusé de ne pas respecter ses engagements passés.
Malgré les tensions, le président cubain a identifié plusieurs domaines où une coopération serait bénéfique pour les deux pays : la lutte contre le narcotrafic, la migration, le terrorisme, les échanges scientifiques, et les investissements économiques.
7. Les droits humains : Diaz Canel met les points sur les i des droits démocratiques
Interrogé sur les accusations largement diffusées dans les médias occidents de « prisonniers politiques » et de restriction à la liberté d’expression, Díaz-Canel a rejeté ces accusations, démontrant que les personnes incarcérées l’ont été pour des actes de vandalisme, non pour leurs opinions, soulignant que l’opposition s’exprime à Cuba et que les élections s’y tiennent permettant aux cubains de choisir leurs représentants et dirigeants bien plus librement qu’aux USA. Il a dénoncé une campagne de désinformation internationale.
Le président a affirmé que les manifestations existent à Cuba et sont gérées par le dialogue. Il a cependant réaffirmé que le système politique cubain n’était pas négociable, car soutenu par le peuple et fondé sur la justice sociale.
8. Cuba se défend, Cuba ne cède rien pour la liberté du peuple cubain.
L’interview de Miguel Díaz-Canel à NBC aura marqué les esprits par son ton à la fois ferme et mesuré. Le président cubain y a défendu avec vigueur la souveraineté de son pays, dénoncé le blocus américain, et affirmé la volonté de Cuba de résister à toute agression, tout en laissant entrevoir une possibilité de dialogue sous conditions strictes.
L’entretien s’inscrit dans une logique de légitimation internationale du régime cubain, face à une administration américaine perçue comme agressive. Díaz-Canel a su mêler références historiques, dénonciation des injustices, et mise en avant des réussites cubaines, pour construire un récit de résistance et de résilience. S’inscrivant dans les pas historiques et reconnus par les peuples du monde entier soucieux de leurs libertés, des Fidel Castro et Che Guevara.
La balle est désormais dans le camp des États-Unis. La question reste de savoir si Washington entendra l’appel au dialogue, ou si la logique de confrontation l’emportera. Une chose est sûre : Cuba, malgré ses difficultés, ne semble pas prêt à céder sur l’essentiel.

Transcription de l’interview et traduction par www.initiative-communiste.fr
KRISTEN WELKER Présidente, bienvenu. Merci beaucoup. Merci à vous pour l’opportunité et merci d’être à Cuba. Merci de nous inviter dans votre beau pays. Merci de nous inviter dans votre beau pays. C’est un honneur. Et pour nous, c’est un plaisir que vous soyez ici. Merci. Merci infiniment. Je voudrais commencer avec le président Trump. Il a dit qu’il avait des plans pour prendre Cuba d’une certaine manière. Il a dit : « Je pense que je peux faire ce que je veux avec Cuba. » Prenez-vous au sérieux les menaces de Trump ?
Il a déclaré qu’il avait l’intention de s’emparer de Cuba d’une manière ou d’une autre. Il a dit : « Je crois que je peux faire ce que je veux avec Cuba. » Prenez-vous au sérieux les menaces de Trump ? Écoutez, je pense que ces derniers jours, beaucoup de choses ont été dites, non seulement par le président, mais aussi par d’autres responsables du gouvernement américain, qui témoignent réellement d’un langage, d’une rhétorique agressive envers Cuba.
Il faut connaître l’histoire de notre pays. Notre pays est un pays dont l’identité est profondément ancrée dans les valeurs de souveraineté et d’indépendance. Pendant 150 ans, Cuba s’est battue d’abord pour se libérer de la colonisation, puis du néocolonialisme. Et avec la révolution cubaine, grâce à son triomphe en janvier 1959, toute une série de dépendances a été effacée, l’asservissement et la subordination à une puissance étrangère ont été balayés, ce qui a entraîné toute une série de conséquences pour le pays, dont le peuple cubain n’est pas disposé à renoncer. L’un des généraux les plus brillants de notre guerre d’indépendance, Antonio Maceo, a dit : « Quiconque tentera de s’emparer de Cuba ne récoltera que la terre, la poussière de sa terre trempée de sang, s’il ne périt pas au combat. » Nous sommes un pays de paix.
Nous ne prônons pas la guerre, nous n’aimons pas la guerre. Nous encourageons la solidarité et la coopération entre les peuples, mais nous sommes prêts à défendre cette paix que nous souhaitons. Par conséquent, nous ne nous laissons pas intimider et nous ne voulons être pris ni par surprise ni par la défaite. C’est l’une des interprétations que l’on peut donner à cette menace.
Quelle est la position de Cuba ? L’autre interprétation possible est celle selon laquelle Cuba s’effondrera d’elle-même et où l’on tente de nous coller l’étiquette d’État défaillant ou de pays voué à l’effondrement, ce que la réalité contredit, car un pays comme le nôtre a supporté pendant 67 ans toutes sortes de pressions, d’agressions et, pendant plus de 60 ans, le blocus le plus long de l’histoire, qui est un blocus criminel et génocidaire.
Il y aurait beaucoup à dire sur ces sujets, mais je tiens à vous dire que le peuple cubain, la révolution cubaine, est prêt à se défendre. Passons donc à la question suivante. Le président Trump veut s’en prendre à Cuba comme il l’a fait avec le président Maduro au Venezuela, comme il l’a fait en Iran, où il a tué le guide suprême.
Pourriez-vous être arrêté ou assassiné par le gouvernement des États-Unis ? C’est une question très intéressante. Je n’aime jamais que l’on établisse des parallèles entre Cuba et d’autres nations, car nous avons notre propre histoire, nous évoluons dans un contexte qui nous est propre, et c’est aussi méconnaître quelque peu notre histoire, la force de notre unité et la solidité de nos institutions.
Ceux d’entre nous qui assumons des responsabilités au sein de la révolution avons un engagement envers la révolution et surtout envers notre peuple héroïque. Et ce sens des responsabilités inclut la conviction que nous sommes prêts à donner notre vie pour la révolution, pour la cause que nous défendons. Par conséquent, pour moi, ce n’est pas une préoccupation.
Si le moment venait, je ne pense pas qu’il y ait de justification pour que les États-Unis provoquent une agression contre Cuba ou pour qu’ils tentent de mener une opération chirurgicale ou d’enlever un président à Cuba. Si cela devait arriver, il y aurait des combats, des affrontements, nous nous défendrions et s’il nous faut mourir, nous mourrons car, comme le dit notre hymne national, « mourir pour la patrie », mais il y a là un malentendu : on a toujours tendance à personnaliser la direction de la révolution cubaine en l’associant à une seule personne.
À un moment donné, on l’a incarnée par le commandant en chef, à un autre moment par le général d’armée. Aujourd’hui, on tente de l’incarner par ma personne, mais nous avons une direction collective où règnent l’unité, la cohésion, l’unité idéologique également, ainsi qu’une discipline révolutionnaire. Par conséquent, éliminer une personne au sein de la structure de direction de la révolution ne résout aucun problème.
Au contraire, il y a des centaines de personnes capables d’assumer cette responsabilité et de prendre des décisions collectives, et nous sommes prêts à faire face à n’importe quelle situation. Ce que vous dites est très fort, mais vous avez peur pour vous-même, pour votre famille. Êtes-vous prêt, comme vous le dites, à faire le sacrifice ultime si vous étiez attaqué ? Je n’ai pas peur, je suis prêt à donner ma vie pour la révolution.
Bien sûr, je n’aimerais pas que ce soit là l’attitude du gouvernement des États-Unis. Je ne pense pas que le peuple américain, qui est un peuple sensible, accepterait ou verrait d’un bon œil que son pays, que son gouvernement envahisse une petite île qui ne représente aucune menace pour la sécurité nationale des États-Unis.
Une île qui aspire à la paix, une île qui souhaite dialoguer, une île dont le peuple souhaite entretenir des relations directes avec le peuple nord-américain, verrait cela d’un bon œil. Mais en outre, quelle serait la justification d’une telle action ? De plus, une agression contre Cuba aurait un coût. Elle entraînerait pour les deux pays des pertes humaines inutiles qui pourraient être évitées.
Elle aurait des coûts matériels, elle affecterait la sécurité et la stabilité des États-Unis, de Cuba et de la région. Je pense qu’il faut aborder les choses avec beaucoup de responsabilité lorsqu’on prend une décision d’une telle ampleur, et surtout quand, avant de prendre cette décision totalement illogique et irrationnelle, il existe une logique plus juste, celle du dialogue, de la discussion, du débat et de la recherche d’accords qui nous éloignent de la confrontation.
Cuba se prépare-t-elle activement à l’éventualité d’une attaque de la part des États-Unis ?
Écoutez, comme je l’ai toujours exprimé lors d’autres rencontres, dans d’autres interviews, et aussi lorsque nous nous adressons au peuple cubain, il est évident qu’il y a une menace, elle est présente dans la rhétorique du gouvernement des États-Unis.
Cuba n’a rien fait qui puisse offenser les États-Unis. Cuba n’a à aucun moment envisagé d’agresser les États-Unis ni de s’ingérer dans les affaires intérieures des États-Unis. Pourtant, on ne cesse de répéter que Cuba est la prochaine sur la liste, qu’elle va être ajoutée à la liste, qu’il y a des plans pour Cuba, qu’ils vont s’en prendre à Cuba.
Par conséquent, du point de vue de la responsabilité à la tête du pays, c’est une alerte et nous devons, de manière responsable, protéger notre peuple, protéger notre projet, protéger notre pays, et nous nous préparons donc à la défense. Maintenant, quel est le concept de notre préparation à la défense ? Nous avons une doctrine de défense qui est totalement défensive, elle n’est pas agressive, elle n’implique aucun danger pour personne.
C’est simplement une doctrine appelée « Guerre de tout le peuple », connue sous ce nom, qui a été élaborée collectivement à partir de l’expérience de notre histoire et dont la conception et la structuration ont été achevées précisément à une période très difficile de notre histoire où nous étions également fortement menacés par le gouvernement des États-Unis, et qui repose sur la participation populaire.
Chaque Cubaine et chaque Cubain a une mission, un but, un objectif à défendre, une place et une position à occuper dans la défense, et cela passe par la participation populaire, la participation volontaire et, bien sûr, la préparation à la défense à tous les échelons et à tous les maillons qui composent notre défense territoriale ; mais il s’agit d’une démarche purement défensive et non agressive.
Et aussi parce que nous partons du principe que se préparer à se défendre est le meilleur moyen d’éviter la guerre et le meilleur moyen de préserver la paix. Je dirais même plus : je crois que ce que méritent tant le peuple américain que le peuple cubain dans leurs relations, ce n’est ni l’agression ni un discours de guerre.
Ce que méritent les peuples américain et cubain, c’est la paix. Une paix qui nous permette de vivre dans un climat de confiance, de coopération, de collaboration, mais aussi de solidarité et, bien sûr, de compréhension. L’armée cubaine pourrait remporter une victoire dans un affrontement contre les États-Unis si celui-ci venait à se produire. Lorsque nous parlons de la défense de Cuba, nous parlons de nos glorieuses forces armées révolutionnaires, mais aussi de notre peuple, qui est structuré en différents maillons de cette défense territoriale. Oui, nous serions victorieux.
Oui, nous pouvons réussir. Il n’y a pas d’ennemi qui ne puisse s’opposer aux États-Unis, la plus grande puissance mondiale. Les États-Unis ont une certaine conception de la guerre. Notre guerre, notre conception de la défense territoriale repose sur une guerre irrégulière, asymétrique, où ils pourraient remporter des victoires à un moment donné, mais il leur serait impossible d’envahir et d’occuper le sol cubain, car il y a une décision, et cette décision, cette conviction me ramène à nouveau à la phrase de Maseo : ils ne récolteront que la poussière de leur sol baigné de sang si le conflit ne prend pas fin. Et ce n’est pas un slogan, ce n’est pas une devise. Si vous sortez maintenant dans la rue et que vous en parlez ou que vous montrez la première phrase, la première partie de cette phrase, à un enfant, à un vieillard, à un Cubain, à un jeune, il la complétera immédiatement, car c’est ainsi que nous avons été formés et cela fait partie de notre sentiment.
Je vous répète que ce n’est pas ce que nous souhaitons. Nous ne souhaitons pas la guerre, nous ne souhaitons pas d’affrontement, cela aurait un coût trop élevé pour tout le monde. Je vais vous interroger sur ce moment extraordinaire.
Les États-Unis ont suspendu leurs livraisons de carburant à Cuba, mais la Russie les a reprises. Pensez-vous que les Russes ont obtenu l’autorisation d’aider Cuba ?
Comment cela s’est-il passé ? Eh bien, je pense qu’aucun événement aussi banal que ce que l’on peut voir dans « El Comercio de Dos País » n’avait jamais été autant suivi par les médias et par la population aux quatre coins du monde que l’arrivée du navire russe transportant du carburant, qui s’inscrivait dans le cadre d’une aide humanitaire, c’est-à-dire qu’il ne s’agissait pas d’une relation commerciale. Je pense que Cuba a le droit, comme n’importe quel pays, d’importer du pétrole et que tous les pays ont également le droit d’exporter du pétrole vers Cuba.
Par conséquent, ce blocus énergétique est très injuste, car il aggrave encore davantage le blocus américain contre Cuba. En d’autres termes, le fait d’avoir déclaré un blocus énergétique contre Cuba démontre une fois de plus qu’il existe une véritable agression multidimensionnelle de la part du gouvernement américain envers Cuba, avec une guerre économique qui dure depuis 67 ans, un blocus qui dure depuis plus de 60 ans, avec un blocus qui s’est intensifié en 2019 sous la première administration Trump, qui a été maintenu par l’administration Biden même dans le contexte de la COVID, et qui se traduit aujourd’hui à nouveau par une pression maximale causant des dommages dévastateurs à la population cubaine avec ce blocus énergétique. La Fédération de Russie a pu envoyer ce navire dans le cadre d’une aide humanitaire. Les États-Unis continuent d’imposer le blocus énergétique ; par conséquent, nous ne savons pas quand un autre pétrolier pourra entrer à Cuba, alors que c’est notre droit.
Et ce navire qui vient d’arriver ne doit pas non plus susciter de faux espoirs : certes, il apporte une aide importante dans une période comme celle-ci, nous en sommes conscients, mais il ne couvre qu’un tiers des besoins mensuels en carburant de Cuba. En d’autres termes, nous ne pouvons pas non plus croire que cela ait déjà sauvé la situation.
Il s’agit maintenant d’un pétrole brut que nous devons raffiner, que nous devons distribuer dans tout le pays, et dont nous allons consacrer une part importante à exploiter une capacité de production d’électricité de plus de 100 MW qui est restée inutilisée pendant 4 mois et qui pourrait nous permettre d’améliorer la situation en matière d’approvisionnement énergétique et de soutenir certaines activités économiques.
Combien de temps pouvez-vous tenir jusqu’à l’arrivée de la prochaine cargaison de pétrole russe ?
C’est une question extrêmement intéressante à laquelle il faut répondre dans un moment très difficile. Aucun pays au monde ne peut développer une économie prospère sans carburant. C’est pourquoi je vous dis qu’il y a là un élément de perversité, de malveillance.
Lorsqu’une puissance qui joue le rôle d’agresseur impose une situation comme celle-ci à une petite nation qui est constamment agressée, nous ne sommes toutefois pas restés les bras croisés. Sur quoi avons-nous misé ? Nous avons toute une stratégie et un programme de revitalisation du secteur énergétique dans le pays.
Tout d’abord, il s’agit de dépendre davantage du pétrole national plutôt que des importations. À Cuba, nous disposons de gisements de pétrole ; ceux-ci ne suffisent pas à couvrir tous nos besoins, mais nous pouvons – et nous sommes d’ailleurs en train de – augmenter la production de pétrole, nous explorons de nouveaux gisements et nous sommes ouverts aux investissements étrangers à Cuba dans le domaine du forage et de l’exploration pétrolière.
Ce serait une opportunité pour les entrepreneurs américains qui pourraient également participer à des investissements dans le secteur énergétique à Cuba. Le problème, c’est que c’est l’embargo qui les en empêche, mais Cuba accueillerait sans aucun préjugé les entreprises américaines souhaitant participer au secteur énergétique cubain.
C’est une piste. D’autre part, nous nous sommes tournés vers la science et l’innovation. Nos scientifiques ont découvert et mis au point des technologies permettant de raffiner ce pétrole cubain, qui est très lourd en raison de sa forte teneur en soufre. Par conséquent, si nous augmentons la production, nous pourrions disposer d’une certaine quantité qui ne couvrirait pas l’ensemble de nos besoins, mais d’une quantité dont nous ne disposons pas aujourd’hui, grâce aux produits issus du raffinage de ce pétrole cubain. D’autre part, nous avons élaboré toute une stratégie de transition énergétique reposant sur une utilisation plus intensive des énergies renouvelables et, bien sûr, sur une stratégie d’efficacité énergétique. Tout cela combiné va nous mener, ou nous mène déjà, vers une situation différente. C’est encore complexe, cela prend du temps, mais nous pourrons tenir bon.
Mais que dire de la solidité du régime cubain à l’heure actuelle, alors qu’il a besoin du soutien de la Russie pour survivre ?
Nous devons avant tout compter sur notre propre peuple et sur nos propres capacités. Je pense que la première chose à souligner, c’est la créativité avec laquelle notre peuple a fait face aux épreuves que lui impose le blocus, ce blocus qui s’est durci et qui s’accompagne désormais d’un blocus énergétique.
Je décris toujours l’attitude de notre peuple, dont je suis totalement fier, car il donne constamment des leçons de résistance, son attitude étant une résistance créative. Le peuple cubain ne résiste pas en endurant, en supportant et de manière humiliée. Au contraire, il résiste et s’épanouit, il est capable d’innover, il est capable de créer et, grâce à cela, il peut surmonter l’adversité.
C’est donc le peuple, et notre force réside dans notre peuple, dans son unité et dans l’unité que nous avons avec ce peuple. Aujourd’hui, pour nous, l’aide de la Russie, l’aide de la Chine, l’aide du Vietnam, l’aide du Mexique, l’aide d’autres pays sont les bienvenues. Les États-Unis pourraient également avoir une autre vision de Cuba que celle de la confrontation, de l’agression et du blocus, et pourraient eux aussi aider Cuba.
Qu’est-ce qui empêche Cuba de se développer ?
Le président Trump affirme que ce pays est au bord de l’effondrement. C’est toujours très curieux, car dans les relations entre Cuba et les États-Unis, surtout dans les moments qui retiennent l’attention, on recourt beaucoup aux constructions médiatiques, aux représentations stéréotypées, et on impose presque, y compris à l’opinion publique mondiale, certaines visions, et dans ce cas-ci, c’est celle de l’effondrement.
Je poserais la question suivante : quel pays au monde serait capable, comme l’a fait Cuba, comme l’a fait le peuple cubain, de supporter 67 ans d’agression continue et soutenue de la part de la puissance la plus puissante du monde, avec plus de 60 ans de blocus, les six ou sept dernières années avec un blocus renforcé et maintenant avec un blocus énergétique, sans s’effondrer ?
Nous ne nous sommes pas effondrés, nous maintenons un pays organisé, un pays en harmonie. En 67 ans de révolution, nous avons remporté de nombreuses victoires sur le plan social et on nous critique parfois sur le plan économique, mais c’est que nous avons dû faire face à une économie de guerre et, au milieu de cette économie de guerre, notre économie a été capable de résister et d’avancer dans des projets sociaux.
Nous menons plus de 32 projets sociaux visant à lutter contre les vulnérabilités et les inégalités. Ces 67 années de révolution ont permis au pays de ne pas s’effondrer, et il ne s’effondrera pas. Et le pays a réalisé de grandes avancées. Nous disposons d’un système de santé universel qui couvre tout le monde, avec des soins gratuits pour l’ensemble de la population. Nous avons un système éducatif, de l’enseignement général à l’enseignement universitaire, qui inclut tout le monde et qui est également gratuit.
Nous avons des réalisations dans les domaines de la culture et du sport. Nous sommes l’un des pays qui remporte le plus de médailles olympiques par habitant. Nous avons développé nos ressources humaines et disposons également d’un potentiel de main-d’œuvre qualifiée et scientifique. Nous avons développé la science et l’innovation. Les progrès de la biotechnologie et de l’industrie biopharmaceutique cubaine sont reconnus.
Nous avons atteint l’équité, la justice et l’égalité. Nous avons une société où règne la sérénité, une société sûre, une société qui ne tolère ni la corruption, ni le trafic de drogue, ni le crime organisé, une société capable d’offrir sa solidarité à d’autres peuples grâce à ses potentialités, et cela ne peut être considéré comme un effondrement. On tente de nous imposer le schéma de l’effondrement alors qu’une politique agressive, une politique génocidaire de blocus, nous conduit à vivre une situation complexe.
Nous traversons une situation complexe. Notre peuple vit chaque jour des épreuves très dures qui relèvent du domaine national, mais que l’on peut aussi transposer au niveau familial ; pourtant, notre pays n’est pas au bord de l’effondrement. Personne ne contesterait que le blocus, l’embargo, a eu un impact. Mais parlons un peu de la situation ici, à Cuba.
Le peuple cubain souffre. Il y a des pénuries d’énergie, de nourriture. Avez-vous une part de responsabilité dans les souffrances que subit le peuple en ce moment ? En tant que président, ne vous sentez-vous pas responsable de cela ?
Voyons voir, le peuple cubain souffre et cette souffrance, comme je vous le disais, se manifeste à deux niveaux : au niveau national et au niveau familial.
Car tout se passe au quotidien. Maintenant, quelle est la cause fondamentale de cette souffrance ? Est-ce dû aux erreurs que j’ai pu commettre ou, comme je te le disais, à une direction collective, ou bien cette souffrance est-elle due avant tout à la politique de blocus renforcée et maintenue par les États-Unis ?
Je pense que c’est le peuple qui peut apporter la réponse, la majorité de notre peuple ; la réponse réside dans cette politique d’hostilité permanente menée par le gouvernement américain. Écoutez, au niveau national, nous sommes un pays qui, depuis 2019, lorsque le blocus s’est durci, lorsque l’administration américaine a appliqué 240 mesures qui ont renforcé ce blocus et nous a en outre inscrits sur une liste fallacieuse accusant Cuba d’être un pays qui soutiendrait le terrorisme, s’est vu couper toutes ses sources de financement extérieur. En d’autres termes, nous n’avons pas, nous ne recevons de crédit d’aucune banque. Il y a une persécution financière et énergétique. Quiconque vient effectuer une opération commerciale, financière ou bancaire avec Cuba se voit appliquer des mesures coercitives, subir des pressions. Ils font de même avec les compagnies maritimes, ils le font avec les agences pétrolières.
Tu veux me poser une question ? Tu allais me dire quelque chose ? Ils font la même chose avec les agences pétrolières, avec les agences bancaires. Ils ont fait pression et pris des mesures pour freiner le tourisme à Cuba. Par exemple, un citoyen européen dispose d’un visa appelé « visa ESTA » pour se rendre aux États-Unis. Si ce citoyen européen vient en visite à Cuba en tant que touriste, les États-Unis lui retirent automatiquement son visa ESTA.
En d’autres termes, il s’agit d’un ensemble de situations qui ne s’appliquent à aucun autre endroit ni à aucun autre pays au monde. Par conséquent, nous manquons de moyens financiers pour acheter de la nourriture, pour acquérir les intrants nécessaires à nos principales productions et à nos services, pour disposer des médicaments dont nous avons besoin, pour effectuer les réparations indispensables sur notre réseau électrique national et dans nos installations industrielles.
Maintenant, comment cela se répercute-t-il sur notre peuple ? Et pourtant, le peuple cubain dit qu’on ne peut pas seulement blâmer les États-Unis, car depuis dix ans, l’économie est en déclin. Des milliers de personnes ont quitté le pays. Cuba. Je te disais donc, je te disais comment cela se passe aujourd’hui dans la vie familiale. Il y a une pénurie de nourriture, il y a une pénurie de médicaments.
Les aubes deviennent des aubes laborieuses, car quand on passe 20 heures sans électricité à cause d’un blocus, et non pas d’une incapacité du gouvernement, alors à cette heure-là, il faut s’occuper des tâches ménagères. Mais c’était avant, je ne vais pas vous expliquer. Il y a là une confusion d’approche.
Il y a là un malentendu. Nous vivions déjà sous le régime du blocus, mais celui-ci s’est intensifié et a pris une autre dimension au second semestre 2019, avec ces 240 mesures et l’inscription de Cuba sur une liste de pays censés soutenir le terrorisme.
Par conséquent, tout s’est aggravé. On a donc ici l’effet cumulé du blocus, auquel s’ajoute l’effet de son intensification, ainsi que l’effet que ce blocus énergétique vient désormais accumuler et amplifier. Je vous le dis en toute responsabilité, ce n’est pas la faute du gouvernement cubain. Ce n’est pas la faute du gouvernement cubain.
Et il y a aussi des gens qui ont créé un malaise parce que, ayant vécu ces dix dernières années dans des conditions extrêmes par rapport à d’autres périodes, le peuple cubain a des frustrations, le peuple cubain a des désagréments, le peuple cubain subit des situations très très complexes, mais la majorité du peuple cubain n’en attribue pas la faute au gouvernement.
Il y a aussi eu beaucoup de manipulation dans les médias. Eh bien, il s’agit de nier les effets que ce blocus a eus pendant toutes ces années. Et je vais te donner des exemples concrets pour que tu voies la brutalité de ce blocus et ce qu’il a impliqué pour le peuple cubain ; et pourtant, quelle a été la réponse de ce gouvernement que l’on veut soi-disant condamner comme étant le coupable ? Et je vais évoquer la période de la COVID.
Lorsque la COVID est arrivée dans notre pays, nous avons très vite compris que nous n’aurions pas accès au marché mondial des vaccins, dominé par les grandes multinationales. De plus, compte tenu des restrictions économiques que nous subissions déjà en raison du durcissement du blocus, nous n’avions pas les moyens financiers nécessaires pour acheter ces vaccins.
L’acquisition de vaccins nous était donc impossible. Nous avons dû nous tourner vers la science cubaine. Ce gouvernement, condamné par certains, a consacré tous ses efforts à protéger la vie des Cubains et des Cubaines. Nous avons fait appel à nos scientifiques et ceux-ci ont rapidement réussi à mettre au point des vaccins cubains qui nous ont permis d’obtenir l’un des meilleurs résultats dans la lutte contre la COVID.
Nos indicateurs d’efficacité dans la lutte contre la COVID sont meilleurs que ceux des États-Unis, qui sont une puissance qui n’est bloquée par personne. Nous avons ensuite connu une crise due à une panne dans l’usine de production d’oxygène médical. Le gouvernement des États-Unis a alors refusé que des entreprises puissent nous vendre de l’oxygène, ce qui était tout à fait criminel, mais grâce à la solidarité internationale et à toute une opération d’organisation, nous avons réussi à surmonter cette épreuve.
Et lorsque nous avons dû agrandir nos services de soins intensifs, le gouvernement américain a interdit la vente de respirateurs artificiels à Cuba. Nous avons fait appel à de jeunes scientifiques, qui ont mis au point ces appareils. Or, comme tu le sais, la fabrication d’un respirateur artificiel nécessite des pièces et des composants américains.
L’embargo empêche la vente à Cuba de tout équipement contenant plus de 10 % de composants américains. Il a donc fallu aller un peu partout pour acheter une petite pièce, un conducteur, un servomoteur, afin de pouvoir fabriquer ces appareils.
Ces contraintes n’ont été imposées à personne d’autre dans le monde. Le blocus est très agressif, il est véritablement génocidaire. C’est donc injuste. Il est injuste de blâmer un gouvernement dont la seule vocation est de se consacrer à son peuple, de rechercher la justice sociale, de trouver des solutions – et nous trouvons des solutions complexes –, pour l’accuser de ces maux.
Je pense que le gouvernement des États-Unis devrait revoir à quel point il a été cruel envers Cuba et envers ce peuple courageux, et qu’il ne vienne pas se présenter comme le sauveur de la situation cubaine. Il n’en a pas le droit. Il n’en a ni le droit ni la légitimité morale. Mais en ce qui concerne ce que le peuple cubain est en train de vivre, nous l’avons vu de nos propres yeux.
Il y a des gens qui souffrent dans les rues de La Havane, la capitale. Il est grand temps que Cuba prenne ses responsabilités, qu’elle se regarde dans le miroir et qu’elle change son système économique en faveur de ceux qui souffrent. Nous, nous faisons toujours une analyse très autocritique de nos réalités et nous essayons constamment de transformer, de révolutionner ce que nous faisons pour chercher à nous améliorer.
Mais cela n’a rien à voir avec le système politique. Notre système politique n’est pas celui qui embrasse cette impossibilité d’avancer. Je vous le répète, le responsable, c’est le blocus imposé par le gouvernement des États-Unis. Ce même peuple qui souffre aujourd’hui de ces situations et dont une partie importante comprend qui est le véritable coupable, c’est ce peuple qui a approuvé, à plusieurs reprises lors de consultations populaires et de référendums, le système politique que nous défendons.
Notre système politique est au service des personnes, il est au service de la justice sociale, il est au service de notre progrès à tous, et il semble que cela dérange certains dans le monde en raison de ce qu’il pourrait représenter, car c’est un système qui nous appartient, ce n’est pas un système que nous voulons imposer à qui que ce soit, et c’est pour cela qu’ils le traitent ainsi, qu’ils le bloquent de cette manière.
Car voyez-vous, il ne s’agit pas seulement d’un blocus, mais d’un blocus hors du commun, le plus long de l’histoire de l’humanité, le plus sévère. Un blocus qui, de surcroît, ne vise pas seulement le peuple cubain, mais aussi le peuple américain, et qui s’est en outre internationalisé.
Les entrepreneurs américains ne peuvent pas investir à Cuba. Pourquoi ?
Les citoyens américains ne peuvent pas se rendre librement à Cuba, car les citoyens d’autres pays, les entrepreneurs d’autres pays, sont eux aussi soumis à ces restrictions. Mais vous, vous pouvez commercer avec d’autres pays. Nous, nous ne pouvons commercer qu’avec de nombreuses restrictions, car les lois du blocus se sont internationalisées avec l’application du titre III de la loi.
Il faut beaucoup chercher, il faut beaucoup se documenter, car le discours relayé par les médias et les discours diffusés sur les réseaux sociaux, qui attisent la haine et sèment la confusion, ne sont pas réalistes. Je pense que nous devons également porter un regard critique sur cela, et notre gouvernement, en collaboration avec notre peuple, reste déterminé à se transformer et à aller de l’avant, notamment pour surmonter ces situations.
En ce qui concerne l’avenir, la Chine et le Vietnam ont adopté le système à parti unique et ont procédé à des changements. Pourquoi Cuba ne pourrait-elle pas en faire autant ?
La Chine et le Vietnam sont des pays qui construisent le socialisme, tout comme Cuba. Il faut dire que, depuis quelques années, nous avons beaucoup étudié les réformes menées en Chine et au Vietnam, et nous les avons prises comme référence pour Cuba.
La Chine et le Vietnam ont eux aussi subi à un moment donné les conséquences de mesures coercitives et de sanctions de la part des États-Unis et ont été bloqués. Ces blocages ont duré moins longtemps, environ une décennie. Une fois sortis de ces blocages, ils ont alors eu toute latitude pour développer leurs capacités de construction socialiste.
Ils ont mis en œuvre un ensemble de réformes et, grâce à celles-ci, ont démontré que le socialisme dirigé par un parti unique est viable et permet de réaliser d’importants progrès économiques, sociaux et technologiques. La Chine est aujourd’hui une puissance majeure dans le monde. Nous entretenons des échanges permanents. Nous sommes des pays frères.
Nos partis entretiennent des relations partisanes et interpartis profondes, et nous échangeons constamment sur nos processus. Mais Cuba a aussi ses particularités. Cuba est un État insulaire. Cuba est un pays situé à 90 milles des États-Unis. Cuba est un pays qui a subi une agression et dont le blocus n’a pas été levé depuis plus de 60 ans, comme je te le disais.
Par conséquent, nous n’avons pas pu construire ce dont nous rêvions ni ce que nous voulions être. Nous avons beaucoup de choses en suspens parce que le blocus l’a empêché, même si certaines personnes ne le comprennent pas. Je voudrais aussi te dire autre chose que j’ai beaucoup apprécié lors de notre dernier voyage en Chine et au Vietnam : quand on étudie les moments de réforme et les moments où la Chine et le Vietnam ont pu se renforcer davantage, ils sont partis d’une situation moins favorable en matière d’infrastructures et de développement que celle que connaît peut-être Cuba aujourd’hui. Alors, il fallait se demander : « Supprimez le blocus. » Il faudrait dire au gouvernement : « Supprimez le blocus, et on verra comment ça se passe. » Supprimez le blocus. On verra comment ça se passe. Voyons si Cuba, avec tout ce potentiel qu’elle possède, si, même bloquée, elle a été capable de réaliser des avancées, que ne ferait-elle pas si elle n’était pas bloquée ? Car nous avons même été capables de faire preuve de solidarité alors que nous étions bloqués.
Pourquoi les États-Unis devraient-ils dépenser autant si nous sommes si incapables, si nous sommes aussi stupides qu’ils veulent bien le croire, si nous sommes si bornés, si nous manquons tant d’esprit d’innovation ? Pourquoi alors se sont-ils obstinés pendant tant d’années à dépenser des millions – des millions provenant des contribuables, c’est-à-dire du peuple américain – pour financer des plans subversifs, des blocus, afin d’écraser la révolution cubaine ? Pourquoi ne nous laissent-ils pas tomber tout seuls si c’est ce qu’ils croient ? Ou pourquoi ne seraient-ils pas disposés à reconnaître que Cuba, sans embargo, serait capable d’atteindre des niveaux de développement économique et social ayant un impact considérable et de démontrer que d’autres solutions sont possibles dans le monde, que d’autres modèles sont possibles dans le monde.
Y a-t-il eu des discussions entre Cuba et les États-Unis ? Pensez-vous qu’il soit possible, qu’il soit viable de parvenir à un accord avec le président Trump des États-Unis ?
Voyons voir, je pense que nous pouvons adopter une approche qui parte de ce qui est possible et de ce qui est difficile.
Je pense que le dialogue et les accords avec le gouvernement des États-Unis sont possibles, mais difficiles. Où réside cette possibilité ? Cuba a toujours fait preuve, tout au long des années de la révolution, d’une volonté et d’une position historique d’entretenir une relation civilisée En tant que voisins des États-Unis, cela nous permettrait, dans toute une série de domaines, d’avoir une coopération, des échanges, une relation normale. Et nous avons toujours demandé que cette relation soit construite sur la base du respect, de l’égalité, sans imposer, sans conditions, car les conditions ne mènent pas au dialogue. L’imposition ne mène pas à la négociation. Pour qu’il y ait une conversation, pour qu’il y ait un dialogue, pour qu’un accord de négociation puisse être conclu, il faut une volonté, il faut une capacité à dialoguer et à écouter de part et d’autre.
Il faut qu’il y ait du respect, il faut qu’il y ait de la décence et il faut qu’il y ait de la reconnaissance. Par conséquent, toutes les conditions et toutes les possibilités sont réunies, si les deux parties sont d’accord, pour avoir ce dialogue. Qu’est-ce qui rend ce dialogue difficile ? Tout d’abord, la politique menée par les États-Unis envers Cuba au cours de ces 67 dernières années a été une politique totalement hostile.
Les États-Unis ont toujours adopté, en tant que grande puissance, la position de l’agresseur, tandis que Cuba a dû, à plusieurs reprises, endosser le rôle de la petite île victime d’agressions. C’est là un autre élément historique qui favorise l’émergence d’un dialogue. À plusieurs reprises, des accords ont été conclus, des discussions ont eu lieu avec différentes administrations américaines et des compromis ont été trouvés.
Cuba a toujours respecté ses engagements. Les États-Unis, quant à eux, ont manqué à bon nombre de ces engagements. Les États-Unis, par exemple, ont récemment engagé des discussions avec d’autres pays, puis, au beau milieu de ces discussions, les ont agressés. Tout cela engendre donc une grande méfiance, et nous savons qu’il existe aux États-Unis des forces qui, dès qu’elles entrevoient une occasion de discuter, de dialoguer, tentent systématiquement de saboter ces négociations.
Mais j’insiste, je suis convaincu que nous pouvons dialoguer avec respect, avec décence, que nous pouvons trouver, par le biais du dialogue, une solution à nos différends bilatéraux, et que nous pouvons identifier des domaines de coopération dans lesquels nous pourrons développer des projets. Il existe de nombreux sujets sur lesquels nous pouvons travailler.
Il y a les questions de la lutte contre le trafic de drogue, contre le terrorisme, les questions migratoires, ainsi que la lutte contre la criminalité transnationale. Nous pouvons faire avancer les négociations, nous pouvons attirer des investissements et des entreprises américaines à Cuba. Nous avons une communauté cubaine résidant aux États-Unis à laquelle nous devons également offrir des facilités, tant aux États-Unis que dans notre pays.
Nous avons un peuple américain qui pourrait venir visiter Cuba. Nous pouvons avoir des échanges culturels, sportifs, sanitaires, et tout cela nous permettrait alors de construire des espaces de compréhension qui nous éloignent de la confrontation, qui garantissent la paix et la sécurité non seulement aux États-Unis, mais aussi dans la région de l’Amérique latine et des Caraïbes.
Et c’est l’avenir auquel nous aspirons : entretenir des relations de bons voisins, des relations civilisées, indépendamment de nos différences idéologiques. Et je pense que ce serait une opportunité, c’est ce que méritent nos peuples. Je vais vous raconter une anecdote. On me dit que nous manquons de temps. C’est dommage. C’est dommage.
S’il vous plaît, laissez-nous terminer avec les questions.
C’est dommage que nous manquions de temps, car nous avons beaucoup à discuter. Je vous propose donc de nous revoir une autre fois pour en reparler. Mais bon, je vais vous raconter deux anecdotes. Deux, mais ça ira.
Nous avons encore beaucoup d’autres questions. Je voulais vous laisser le temps de répondre pour que tout le monde puisse vous entendre, d’accord ? Cuba et les États-Unis.
Très bien.
D’accord. Alors, par exemple, deux anecdotes qui vous donnent une idée de tout ce dont nos deux peuples pourraient profiter si nous parvenions à des accords et à des réalisations, à des espaces permettant tout cela. Eh bien, un organisme cubain spécialisé dans la science, la technologie et la biotechnologie pharmaceutique mène depuis des années un essai clinique avec un prestigieux centre de recherche sur le cancer aux États-Unis.
Un essai clinique sur un vaccin cubain contre le cancer du poumon. Cet essai clinique dure depuis près d’une décennie. Il faut dire que les résultats de cet essai clinique sont extrêmement encourageants. Tant la partie américaine que la partie cubaine ont une confiance énorme dans le succès de cet essai clinique et dans ce qu’il pourrait représenter pour la santé aux États-Unis et pour la santé à Cuba.
Depuis peu, je rencontre chaque semaine des scientifiques cubains, car nous essayons d’aborder, par le biais de la science et de l’innovation, la résolution des problèmes du pays. On m’a présenté les résultats obtenus jusqu’à présent dans le cadre d’un essai clinique portant sur un médicament cubain très novateur destiné à lutter contre la maladie d’Alzheimer.
Dans le cadre de cet essai clinique, il existe une collaboration avec une clinique du Colorado, aux États-Unis, où des patients américains viennent recevoir le traitement à Cuba, puis rentrent aux États-Unis pour poursuivre leur traitement. Il faut voir en quoi le directeur de cette clinique du Colorado explique que ses patients ont vu leur état s’améliorer et ont obtenu des résultats supérieurs à ceux de n’importe quel autre médicament.
On ne peut donc pas priver nos deux peuples de la relation qu’ils pourraient entretenir à cause d’une politique de blocus qui répond aux intérêts de minorités, qui répond aux intérêts des élites. Et c’est à cela que j’appelle : qu’il y ait de la compréhension, qu’il y ait de la sensibilité, que nous voyions des opportunités dans notre relation et que nous n’encouragions pas la confrontation, la guerre et l’agression.
J’aimerais bien continuer à parler de l’avenir des négociations. Pensez-vous que le président Trump parviendra à un accord ?
Mon ami, si nous sommes en pourparlers, c’est parce que nous espérons parvenir à un accord. Et je vous le disais justement à ce sujet : pour parvenir à un accord, il faut que les deux parties soient disposées à trouver ces domaines de collaboration et de coopération, à créer ces espaces de compréhension, à aborder cela avec sensibilité, avec responsabilité et aussi avec beaucoup de sérieux.
Monsieur le Président, êtes-vous en pourparlers directs avec le secrétaire d’État, Marco Rubio ? Avez-vous confiance ?
Nous sommes en pourparlers et nous le resterons tant que les États-Unis seront disposés à discuter avec le représentant du gouvernement américain désigné par ce pays pour entretenir des relations avec nous. Quant aux détails…
Voyons voir, les processus de dialogue sont des processus complexes, ce sont des processus où l’on établit d’abord des canaux de dialogue, puis il faut construire des agendas qui permettent de débattre et de concilier les intérêts communs.
Mais avez-vous parlé avec le secrétaire Rubio ?
Non, je n’ai pas parlé avec le secrétaire Rubio. Je ne connais pas le secrétaire Rubio.
Une fois les programmes établis et les débats menés, si la volonté est là, on peut parvenir à des accords. Mais ce sont des processus qu’il faut mener avec beaucoup de tact, beaucoup de responsabilité, beaucoup de décence et beaucoup de discrétion afin de ne pas susciter de faux espoirs, d’éviter toute manipulation de l’information et de ne pas dénaturer les objectifs.
C’est pourquoi je préfère ne pas entrer dans les détails sur ces sujets. Parlons de certaines des principales revendications des États-Unis. Eh bien, la reconnaissance de la liberté de la presse, la libéralisation des prix, la tenue d’élections équitables. Eh bien, pour l’instant, il n’y en a aucune, personne ne nous a demandé cela, ces points, et nous avons établi que l’ordre interne, l’ordre constitutionnel cubain, notre respect de notre système politique sont des sujets qui ne font l’objet ni de négociations ni de discussions avec les
États-Unis. Et je pense qu’il faut dépasser, Cristi, je pense qu’il faut dépasser toute une panoplie de concepts qui ont existé sur des sujets concernant Cuba, la démocratie, les droits de l’homme, la question de savoir si nous sommes une tyrannie ou une dictature ou non, la liberté d’expression, l’existence de syndicats dans lesquels il y a beaucoup de manipulation et de préjugés que je pense que nous devons surmonter.
et cela prendrait… nous n’avons pas le temps maintenant, cela prendrait beaucoup de temps, mais nous avons tous les arguments pour démontrer à quel point nous sommes démocratiques, comment fonctionne le système électoral aux États-Unis, qui est un système issu de la base, comment nous exerçons le pouvoir avec le peuple, comment nous agissons si nous sommes, euh, si nous sommes des défenseurs des droits de l’homme, comment nous ne sommes pas une dictature.
Il faudrait que je t’explique tout ça plus longuement et je te demande qu’on puisse en parler une autre fois, mais il y a beaucoup de préjugés qu’il faut surmonter et éliminer.
Encore deux questions. Il y a encore plus de 100 prisonniers politiques à Cuba. Michael Sorbo est en prison et il a remporté 12 Grammy Awards latinos.
Bon, eh bien, c’est un autre sujet sur lequel ces préjugés s’appliquent également. On parle de prisonniers politiques à Cuba. À Cuba, comme vous le disiez vous-même, le peuple vit une situation difficile. Il y a des gens à Cuba qui ne sont pas tous favorables à la révolution. Il y a des gens qui n’adhèrent pas à la révolution, qui manifestent chaque jour de différentes manières contre la révolution et qui ne sont pas emprisonnés.
Cette image qu’ils ont créée, selon laquelle Cuba emprisonnerait tous ceux qui s’expriment contre la révolution et en ferait des prisonniers politiques, est un mensonge et une calomnie ; elle s’inscrit dans une campagne visant à discréditer, à déstabiliser, à diaboliser et à assassiner la réputation de la révolution cubaine.
Maintenant, que se passe-t-il à Cuba, par exemple ? Il y a des manifestations, surtout quand il y a de longues coupures d’électricité, quand il y a des problèmes d’approvisionnement. Quand les gens manifestent, que font-ils ? Ils se rendent dans les institutions de notre gouvernement, dans les institutions de l’État, et là, ils discutent avec les dirigeants qui les reçoivent, qui leur donnent des explications, et les problèmes sont résolus ou les arguments sont présentés.
C’est un exercice tout à fait démocratique et personne n’est emprisonné pour cela. Or, on confond souvent les choses et on incite des personnes qui ont une certaine aversion ou un certain mécontentement à en profiter pour commettre des actes de vandalisme ou des actes qui perturbent notre ordre constitutionnel, qui perturbent également l’ordre intérieur ou qui portent atteinte à la tranquillité des citoyens.
Des programmes d’agences gouvernementales américaines qui encouragent la subversion contre Cuba, souvent mis en œuvre notamment par l’ambassade des États-Unis à Cuba. Et ces personnes ne sont pas emprisonnées pour s’être manifestées, elles sont emprisonnées comme elles le seraient partout ailleurs dans le monde, dans un pays qui respecte sa constitution et ses procédures judiciaires, pour avoir commis des actes de vandalisme et des actes condamnables partout dans le monde.
Il n’y a pas de prisonniers politiques à Cuba.
Je dois mettre un terme à cette conversation, je dois vous poser cette dernière question. Seriez-vous prête à quitter le pouvoir, pour sauver Cuba, le peuple de Cuba, ?
vous êtes une journaliste importante et reconnue, avez-vous posé cette question à un autre président dans le monde ? Si on vous le demandait, si on vous le demandait aux États-Unis, car c’est l’une des conditions imposées par les États-Unis.
Je t’explique. Tu aurais posé cette question à un autre président dans le monde. Tu l’as posée à un autre président.
Je pose des questions,
tu pourrais la poser à Trump ou à d’autres présidents.
Je pose des questions.
Cela montre-t-il que c’est une question de votre part ou une question du Département d’État ou du gouvernement des États-Unis ? Ma question est : pourquoi est-ce l’une des choses que nous avons entendues de la part du gouvernement ? Je vais supposer que si Cuba le demandait, par souci de sincérité, je vais supposer que vous le faites précisément pour ces raisons.
Tout d’abord, à Cuba, les personnes qui occupent des postes à responsabilité au sein du gouvernement ne sont ni élues ni désignées par le gouvernement des États-Unis. Nous sommes un État souverain et libre, libre. Nous jouissons de l’autodétermination, nous sommes indépendants et nous ne nous soumettons à aucune volonté du gouvernement des États-Unis.
D’autre part, les dirigeants cubains ne sont pas arrivés là où ils sont parce qu’ils représentent une élite au pouvoir. Vous pouvez voir mes origines, où je suis né, dans quelle famille je suis né, ce que j’ai fait dans la vie. C’est le peuple qui nous élit, même si certains tentent de le nier.
Pour occuper une fonction, chacun d’entre nous doit être élu à la base, dans une circonscription électorale, par des milliers de Cubains, puis les Cubains qui représentent ces autres à l’Assemblée nationale du pouvoir populaire élisent ces postes par vote indirect, comme c’est le cas dans d’autres pays du monde. Comme c’est le cas dans d’autres pays du monde.
En d’autres termes, nous avons nous aussi un système électoral qui repose entièrement sur la participation populaire. Par conséquent, lorsque nous assumons une responsabilité, nous ne le faisons ni par ambition personnelle, ni par ambition corporative, ni même pour occuper un poste au sein du parti, car notre parti n’est pas un parti électoral.
Nous agissons sur mandat du peuple, et l’idée de capituler n’entre pas dans la conception des révolutionnaires. Si le peuple cubain estime que je suis incapable, que je ne suis pas à la hauteur, que je ne le représente pas, c’est à lui de décider si je dois ou non faire partie de la direction ou occuper le poste de président. Mais rappelez-vous aussi qu’il ne faut pas réduire la direction du pays, la direction de la révolution et la continuité de la révolution à une seule personne : il existe une direction collégiale, et c’est cette direction collégiale qui entretient un lien étroit avec ce peuple. Ce ne sont pas les États-Unis qui peuvent nous imposer quoi que ce soit ni nous demander de changer. Le gouvernement des États-Unis, qui a mené cette politique hostile contre Cuba, n’a pas la légitimité morale d’exiger quoi que ce soit de Cuba. Il n’a pas non plus la légitimité morale de dire qu’il est préoccupé par la situation du peuple cubain et que c’est le gouvernement cubain qui a conduit Cuba à cette situation, alors que c’est lui qui en porte l’entière responsabilité.
Je pense que le plus important serait qu’ils adoptent une position critique, une position sincère, qu’ils reconnaissent combien ce qu’ils ont fait en matière de politique a coûté au peuple cubain en souffrances et en privations, et dans quelle mesure ils ont privé le peuple américain d’une relation normale avec Cuba.
Qu’ils se disposent, comme nous l’avons demandé, comme nous l’avons sollicité et comme nous le souhaitons, à dialoguer, à débattre de n’importe quel sujet, sans poser de conditions, sans exiger de changements à notre système — de la même manière que nous n’exigerions pas de changements du système américain, sur lequel nous avons d’innombrables doutes et critiques.
Et que nous nous concentrions sur ce qui peut nous unir, sur ce qui peut favoriser des espaces de compréhension et de coopération, afin, une fois de plus, d’éviter la confrontation et de construire un avenir bénéfique pour les deux peuples, fondé sur la relation, l’amitié et la solidarité.
Merci beaucoup à vous.
Merci beaucoup, merci à vous.
Merci à vous de nous avoir donné cette opportunité de nous adresser au peuple américain.


![Vidéo – L’ÉCOCIDE CAPITALISTE – avec Alain BIHR [ Café Marxiste]](https://www.initiative-communiste.fr/wp-content/uploads/2026/04/maxresdefault-3-350x250.jpg)


