A Paris ce 1er mai 2021 des lâches ont agressé des femmes et hommes, ouvriers, employées, salariés, fonctionnaires, infirmières etc… qui avaient tous en commun d’être des syndicalistes, militants de la CGT, la confédération syndicale construite par des décennies de luttes sociales, et à qui l’on doit avec le parti communiste l’essentiel des conquêtes sociales et démocratiques de ce pays.

Cette agression, s’est produite place de la Nation, alors que le cortège de la manifestation du 1er mai arrivait à son point de dispersion, dispersion largement empêchée par les manœuvres policières. Dispersion dans une grande nervosité après que la stratégie de répression du régime Macron a produit ses effets par le harcèlement des charges répétées de la police contre le cortège. Sans qu’il ne soit pour cela être besoin pour elle de prendre prétexte des quelques exactions d’une toute petite minorité imposant sa façon violente de manifester, responsable des quelques vitrines taguées ou cassées destinée à former des images chocs permettant ensuite de légitimer l’opération de propagande médiatique visant à camoufler ces violences policières comme une forme de « maintien de l’ordre ». De maintien de l’ordre capitaliste il est ici bien question, mais cette stratégie policière est un pas de deux s’activant parfois avec des provocateurs dont l’origine est douteuse (souvenons nous de l’hôpital necker « attaqué » en 2016 lire ici) et cela semble une nouvelle fois avoir été le cas ce 1er mai d’après les témoignages que nous avons pu recueillir. Dans cet article nous nous proposons de revenir sur le déroulé précis des faits pour que chacun comprenne bien que ce qui s’est passé est bien une agression tout entière tournée contre la classe des travailleurs (lire les communiqués du PRCF et des JRCF). Car derrière les violences visant la CGT et ses syndicalistes ainsi que de nombreux manifestants, il y a bien eu une opération de propagande. Visant elle aussi à casser de la CGT ce jour même du 1er mai où en dépit de la crise sanitaire grave, les manifestations syndicales unitaires du 1er mai ont réuni de l’aveu même du ministère de l’intérieur beaucoup plus de monde que les précédentes en 2019. La question est bien connue de toutes les enquêtes, à qui profite le crime ? Évidemment pas au syndicalisme de classe, encore moins aux gilets jaunes, et surtout pas à l’ensemble des travailleurs que le Capital cherche à diviser par tous les moyens.

Une enquête preuve des images à l’appui, prenant également en compte le point de vue très contrasté des autonomes se revendiquant du « cortège de tête ».

Nous reviendrons aussi sur ce qui s’est passé à Nantes et à Lyon.

Le déroulé de l’agression place de la Nation

Dans un fil twitter très documenté, le reporter Maxime Reynié explique le déroulé des événements place de la Nation.

Violences sur la CGT lors de la manifestation du #1erMai2021 à Paris.
Sur cette carte on peut retrouver le fil des évènements simplifiés qui ont mené à l’agression de véhicules et militants de la CGT avec plus de 20 blessés.

Avant tout, des tensions sont crées lors de la manifestation alors que la Police sépare le cortège de tête et le reste de la manifestation. Le service d’ordre en ligne protège les manifestants, laissant les autres au contact de la police.

Cette attitude passive et défensive du Service d’ordre qui est en contact avec la préfecture (manif déclarée oblige) ne plait pas à tout le mode. Certains manifestants jugent ça par une « collaboration » avec les FDO en laissant les autres se faire « massacrer » à l’avant.


Voilà ce qu’expriment certains totos

Lors de ce 1er mai, les flics ont renouvelé la méthode Lallement, déjà expérimentée le 12 décembre (voici l’analyse de manif qu’on avait écrite à ce moment-là) qui consiste à multiplier les charges inattendues très tôt dans la manif et à rester le plus possible au contact du cortège. Dans des moments pendant lesquels le niveau de conflictualité ne semble même pas particulièrement élevé, le cortège est coupé en plusieurs parties. La tête de manif est d’abord séparée du reste au niveau du SO de la CGT qui, toujours aussi bon élève, laisse le champ libre aux forces de l’ordre pour isoler une bonne partie des manifestant.e.s. 

https://paris-luttes.info/analyse-de-la-manif-du-1er-mai-14988

Observons que d’autres beaucoup plus lucides réfutent en tout point cela : certains autonomes (tout à leur désorganisation permettant toutes les infiltrations et manipulations) se laissant en pratique entrainer par la police et isoler sur les terrains où l’affrontement est le plus facile pour elle


Arrivé à Nation, des manifestants dont certains en Gilets Jaune ou non scandent des slogans contre la CGT. « La CGT c’est dégueulasse » etc. De là, un camion est bloqué par des militants.
 Ça se dispute et des insultes fusent alors que le camion tente de passer. Alors que la monte, le Service d’Ordre arrive et se positionne autour du camion sans violence. Des militants en noir eux observent la scène sans intervenir.
La CGT essuie ensuite des jets de canette et de bouteille d’eau en direction du SO. Le SO se regroupe alors et pousse en force pour faire avancer le camion et le cortège.
Les premiers coups partent. Le SO répond avec des matraques télescopiques et des gazeuses au poivre. Des manifestants masqués répondent ensuite aussi avec des coups de barres. Il n’y a plus de GJ présents sur les images à ce moment alors qu’une petite bagarre éclate.

Une personne présente me raconte avoir essuyé plusieurs coups de poings de la part du Service d’Ordre en essayant de s’interposer entre les groupes. Elle ne participera pas à l’attaques des camions mais en veut réellement au SO (ndlr cf le témoignage publié par paris lutte info). Les insultes reprennent dans tous les sens, c’est tendu mais pas encore le gros bordel. On entend des manifestants reprocher au SO son attitude en manif depuis des années.

C’est a ce moment là que la Police intervient pour interpeller un manifestant. Le SO se recule pour éviter l’affrontement alors que les militants masqués échangent des coups avec les FDO pour récupérer la personne interpellé.

Cette scène est vécue comme de la trahison de la part de certains manifestants qui pensent que le SO a collaboré avec la Police pour l’interpellation et n’a rien fait pour l’empêcher. Chacun pensera ce qu’il veut. Instantanément avec la montée de la suite à l’intervention de la police et le bruit qui court que le SO a aidé la Police (plus les tensions le long du cortège) ça part en ruée sur les camions et militants CGT.

Maxime Reynié résume : « On a donc un fond de entre certains militants et le SO depuis des années. Des manifestants dont certains GJ qui s’embrouillent avec la CGT. Le Service d’ordre débarque, ça se tend, ça se tape. La Police intervient. Certains pensent que le SO est complice de l’interpellation et ça part en ruée sur des militants pacifiques, des véhicules et sur le SO. Un mélange de pleins de petits éléments, de différents groupes, d’insultes, de tensions anciennes et d’interprétations des faits qui ont poussé à cet acte violent et regrettable. Aucun manifestants ne méritent de recevoir des coups comme ça et encore moins ceux de la CGT 93 et autres qui luttent depuis des années pour leurs droits sociaux peu importe l’attitude du SO. En clair un gros merdier sans aucun sens dans un gloubiglouba de gens et d’évènements pour un résultat qui efface les revendications sociales de toutes et tous pour cette journée. Tout ce résumé a été fait grâce à des dizaines de videos, des lives et des témoignages de militants en tout genre. Ces tweets résument l’ensemble des événements mais ils ne peuvent suffire pour expliquer le fond des tensions, les différents groupes et les ‘petits’ évènements non-cités qui ont participé a cette escalade bien triste. Et si l’envie de me soutenir pour ce travail vous vient, vous pouvez participer à ma cagnotte qui me permettra de continuer ce travail et celui sur http://maintiendelordre.fr« 

Le photo reporter qui avait pris les images de l’agression par Benalla le 1er mai 2018, confirme totalement le reportage de Maxime Reynié

Line Press a également diffusé les images de l’agression. On y voit comment le service d’ordre de la CGT est confronté à quelques dizaines d’agresseurs ultra violents, après que les camions de la CGT se sont retrouvés totalement bloqués sur la place de la Nation par la police, celle ci permettant à ces agresseurs d’agir durant de très longues minutes. De fait on voit bien ici où est la complicité entre police de Macron et ces provocateurs agressant les syndicalistes de la CGT.
Chacun pourra féliciter la réaction très mesurée du service d’ordre (qui sur les images ne réplique jamais à la violence) -malgré la virulence et la lâcheté des attaques causant des dizaines de blessés dont plusieurs graves dans ses rangs – une réaction qui incontestablement a permis d’éviter le pire.

Parmi les personnes ayant revendiqué l’attaque de la CGT, le prétendu « groupe révolutionnaire Charlatan » soit GRC paname sur twitter.

Soit disant libertaires, soit disant révolutionnaires, ces gens non identifiés ont en réalité et dans les faits agressé le cortège de la CGT 78 qui abritait le défilé des travailleurs sans papiers.

Ces lâches, démasqués sur les réseaux sociaux ont ensuite refusé d’assumer les actes qu’ils ont pourtant revendiqués.

Une partie de la mouvance anarchiste, elle, sur ses sites internets cautionne les agressions. Sur le site LaMeute.info on peut ainsi lire une légitimation de l’attaque lancée contre le service d’ordre de la CGT

A l’arrivée à Nation, les premier-s arrivant-es guettent le reste du cortège.

Deux altercations verbales débutent lorsque le premier camion de la CGT fait son arrivée sur la place. Un manifestant qui observe la scène décrypte : « les syndicats représentent le monde d’avant même si l’on a besoin d’eux en ce qui concerne le monde du travail. Par contre, il n’y a pas une pointe de révolutionnaire chez eux« . » puis « Dans la sphère militante, les critiques envers le Service d’Ordre de la CGT vont bon train depuis longtemps, lui reprochant sa brutalité et sa proximité avec les forces de l’ordre. Alors que l’on pense assister à un chahut anecdotique et sans gravité, la situation dégénère lorsque des membres du SO font usage de gazeuses à main. »

https://www.lameute.info/posts/a-paris-un-1er-mai-au-gout-dapres

Le site lundi.am lui revendique dans un article intitulé « cgt collabos » au relents anticommunistes assumés sa haine des syndicat

On pourrait commencer par s’intéresser à ce que racontent celles et ceux qui ont vécu la manifestation un peu plus loin de leurs smartphones et un peu plus près de la tête du cortège. On entendrait parler de morceaux de cortège encerclés, poussés, tapés et empêchés de refluer vers l’arrière par les sympathiques vigiles qui assuraient « la sérénité de leur cortège ». On se dirait que ce n’est pas bien nouveau, voire récurrent. On se souviendrait que d’aucuns ont fait un métier de l’art de négocier la mise au pas de la rue. Que ces petits arrangements ont régulièrement donné lieu à des échanges de baffes. Et on se demanderait : pourquoi tant de larmes cette fois-ci ?

https://lundi.am/CGT-collabos

De fait ces groupes soi-disant autonomes ont un reproche en commun – déjà exprimé par le passé par les anars de Paris lutte Info : le service d’ordre de la CGT refuse à ceux qui viennent provoquer, casser et servir de prétexte à la répression policière tout azimut de la manifestation de venir infiltrer la dite manifestation. Car ces curieux « autonomes » ne le sont pas. Ils prétendent investir une manifestation organisée par d’autres, en l’occurence ici la CGT – qui en assume au demeurant la responsabilité légale – pour imposer leur mode d’action ultra minoritaire, et revendiquent que ce serait aux organisateurs de la manifestation et tout particulièrement au service d’ordre de les protéger ensuite des charges des CRS et de la gendarmerie. On pourrait facilement objecter à ces gens, qui se prétendent représenter la majorité de la manifestation, que si la manière de manifester de la CGT ne leur convient pas et s’ils sont si nombreux qu’ils le disent, il leur est possible d’organiser ailleurs et par eux même leur propre manifestation… Le compte rendu de la manifestation du 1er mai par ces même « autonomes » est édifiant visant d’ailleurs bien au-delà que le seul service d’ordre de la manifestation y compris ceux qui s’organisent pour faire respecter l’efficacité de la non violence.

On a également remarqué l’apparition d’un «Blok de Protection» (…) composé d’hommes cis et d’une femme blanc.he.s avec des brassards «Blok 2 Protection». Qui, sous prétexte de faire baisser le niveau de violence, forment une ligne bras dessus, bras dessous pour empêcher les «débordements» et dégradations matérielles et ont ainsi fait obstacle à la diversité des tactiques et des moyens d’action. Nous pensons qu’il est possible d’organiser une défense qui ne prenne pas la forme d’un service d’ordre viriliste qui reproduit la police à l’intérieur du cortège. Ceux qui choisissent de maintenir l’ordre, c’est-à-dire d’encadrer nos manifs, semblent vouloir les cantonner à des marches convenables sur le milieu de la route. Ils choisissent d’empêcher toute action, qu’elle soit de blocage économique ou de casse, qui engendre des notes de frais salées aux entreprises qui font tourner ce monde capitaliste, raciste et sexiste. Ils cherchent à pacifier nos rages, oubliant au passage qu’un rapport de force ne s’établit jamais en restant tranquillement à sa place. Ils négocient et abandonnent la rue dès qu’ils peuvent ramasser des miettes pour leur propre corporation. Toutes ces personnes prennent le parti de l’ordre et ne doivent pas s’étonner d’être traités comme tel. La rue est aussi et surtout à celleux qui la tiennent et sont prêt.e.s à la défendre ensemble contre le maintien de l’ordre établi, quel que soit le corps qui l’organise.

Surtout on y trouve confirmation que le guet-apens lancé contre le SO de la CGT vient de la frustration ressentie par ces « autonomes » qui auront été manipulés comme des pantins tout au long de la manifestation, autorisés de loin en loin à quelques dégradations bien utiles pour que la classe capitaliste se pose en défenseure de la sûreté, et sans aucun impact sur l’extraction du profit capitaliste, et auront trouvé plaisir à tourner leur plaisir de violence contre la CGT, certes plus facile à atteindre, à l’endroit où la préfecture de police de Paris avait décidé de livrer ces syndicalistes aux violents :

j’ai été juste abasourdi.e par l’absurdité de la scène, l’absurdité de voir un type de 16/17 piges en veste en jean/slim courant sur des syndiqué.e.s pendant la ruée aux cris de « CGT Collabo », des syndiqué.e.s qui n’avaient RIEN À VOIR avec le SO qui m’a agressé. Eux se sont barrés vite fait, ce qui même maintenant fait persister un petit doute dans ma tête sur leur affiliation politique ou syndicale réelle, mais je vais pas faire une Mélenchon, tout porte à croire que c’était bien le SO CGT, aussi surréaliste que ça puisse me paraître. Mais dans la ruée, il y avait surtout des gens qui avaient des antécédents avec la CGT : les baffes, les comportements de bacqueux à base d’insulte sexiste et homophobe, les coups de pression à la gazeuse ou à la barre en bois, tout ça on le sait, c’est récurrent dans ce SO. En essayant — encore — de m’interposer entre la CGT et mes camarades quand quelques un.e.s revenaient les provoquer 10 min après la ruée environ (il n’y a pas eu de confrontation physique à ce moment-là), j’ai vraiment eu le sentiment que y’avait un atmosphère de lâcher-prise, comme si cette colère avait été intériorisée pendant très longtemps; et qu’au terme d’une manif qui a été difficile à vivre tant les keufs ont instauré un rapport de force dès le début du trajet, trajet qui de par sa longueur était plus épuisant qu’autre chose, et évidemment manif au cours de laquelle la CGT n’a fait preuve d’aucune solidarité à l’égard du cortège de tête; tout avait explosé.

https://paris-luttes.info/a-propos-des-incidents-parisiens-14981

De fait observons que lorsqu’ils regardent leur propre violence en face, ces autonomes ne peuvent que constater que cette agression du SO de la CGT et des militants CGT, agression qu’ils célèbrent, est en réalité une agression en bonne et due forme de la classe ouvrière organisée, telle que la pratiquent les fascistes :

si vous êtes pas foutu de faire la différence entre la base de la CGT et la centrale, je sais pas, juste faites un truc. Parce que pendant la ruée c’est des gens de la base qui se sont fait dépecer, des vieux qui étaient dans une attitude passive et dans une logique de désescalade. Franchement quand je vois les coups de parapluie sur des militant.e.s de 60 piges qui essaient de protéger les camions qu’ils financent avec leurs cotisation en ne répliquant même pas, ça me donne la gerbe. Voir des militant.e.s qui ont deux fois mon âge en larme un premier mai, ça me donne la gerbe. Mais vraiment. C’est quel niveau d’absence d’empathie qui peut vous pousser à faire des trucs comme ça?

https://paris-luttes.info/a-propos-des-incidents-parisiens-14981

Un traquenard mis en place par la police du préfet Lallement : la CGT veut porter plainte ?

P Martinez, secrétaire général de la CGT veut porter plainte contre le préfet de police de Paris, à la tête de la sanglante répression du mouvement social, après les violences du 1er mai. Valérie Lesage la SG de l’URIF CGT demande elle la révocation de Lallement car « il a failli à de nombreuses reprises à la protection des manifestants et à l’exercice du droit de manifester ».

De fait, la CGT demande une enquête parlementaire pour faire toute la lumière sur la façon dont la police agit contre les manifestations depuis 2016 et tout particulièrement contre celle du 1er mai. On se souvient de la répression ultra violente du 1er mai 2019, et aussi celle du 1er mai 2018 avec tout particulièrement les violences du sbire de Macron, Alexandre Benalla.

De fait, la CGT dénonce l’organisation par la préfecture de Paris d’un blocage de la sortie initialement prévue pour le cortège place de la Nation. Or comme le démontrent les syndicalistes de la CGT récépissé de la déclaration de manifester à l’appui, c’est bien le cours de Vincenne – bloqué délibérément par des barricades de la police – qui devait servir de sortie.

Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin se réjouissait lui d’une « bagarre entre des gilets jaunes et la CGT » . Et ce alors que sur les images filmées diffusées sur les réseaux sociaux on ne voit guère de gilets jaunes. Tandis que le préfet de Police, responsable de la sécurité des manifestations faut il le rappeler pérorait dans un communiqué scandaleux « sur la place de la Nation, ce sont des manifestants qui ont attaqué d’autres manifestants. (… ) En aucun cas, la Préfecture de police n’a la charge de la bonne organisation du déroulement interne des manifestations, qui relève des déclarants responsables de l’appel à se rassembler ». Après avoir permis l’infiltration d’éléments violents – et nous verrons que des témoignages suspectent des provocateurs directement issus de la police (à lire ci-dessous) – puis semé le désordre et la en harcelant la manifestation par des charges et tirs de lacrymogène incessants, puis bloqué les issues de la manifestation, qui peut ignorer que le but est bien atteint pour le préfet de police de Paris avec ses violences lors de la dispersion ?

La CGT pointe, elle, des violences commises par « l’extrême droite ». « Le mode opératoire », avec « quelque chose de prémédité » et les « slogans racistes, homophobes, xénophobes » entendus place de la Nation sont « caractéristiques de cette violence d’extrême droite », a estimé M. Martinez mercredi.

« On est en train d’analyser les images, les photos, certains sont connus sur les réseaux sociaux pour leur appartenance, leur soutien au milieu d’extrême droite effectivement », a-t-il assuré.


Les provocations organisées de la police : témoignage troublant d’un camarade

C’est un témoignage édifiant que nous a confié un camarade, militant internationaliste, présent dans la manifestation du 1er mai.

PARIS 1ER MAI 2021 : CE QUE J’AI VU DE LA CONNIVENCE AVEC LES CRS ! SOLIDARITÉ TOTALE AVEC MES AMIS ET CAMARADES DE l’UD 94 !

Il est 13h15 ce samedi 1er mai 2021. Arrivé à République par le métro, j’emprunte le boulevard Voltaire pour rejoindre le carré de tête, là où Cuba Si France a donné rendez-vous aux organisations de solidarité avec Cuba et l’Amérique Latine Progressiste, pour protester contre le blocus et l’impérialisme étasunien.

À une trentaine de mètres du carré de tête, une dizaine de CRS déjà harnachés en robocop campent sur le trottoir. Ils semblent détendus. Je les observe quelques instants…

Et voilà qu’apparaissent dans le groupe, deux hommes jeunes, minces, entièrement revêtus de noir, sans brassard de police, le masque au-dessous du menton, l’un châtain, l’autre roux. Ils déposent leur sac à dos à terre. C’est alors que je vois deux CRS remplir leurs sacs de bouteilles de liquide rose et de matériel suspect. Ils jettent des coups d’œil furtifs autour d’eux, mais ne me voient pas les observer. Puis ils endossent leurs sacs, se « checkent » et se dirigent calmement vers le carré de tête, trente mètres plus loin. Je décide de les suivre. Arrivés à la hauteur du carré des dirigeants, ils s’arrêtent et attendent en se concertant tout près du cordon de sécurité installé par le SO de la CGT, mais à l’extérieur.

Dès que j’arrive à leur niveau, je me colle devant eux et les dévisage, enfin ce que je distingue de leur tête masquée. Ils me regardent à leur tour sans rien dire mais un peu gênés. Je décide de les entreprendre :

« Vous n’êtes pas des manifestants, vous ? »…

Interloqués, l’un d’eux me répond : « Comment vous savez ça, vous ? »… 

« Oh c’est simple, je vous ai vus avec vos potes CRS remplir vos sacs de matos… » Ils se regardent un peu embarrassés. « J’ai même pris une photo ! … »

C’est alors qu’ils s’énervent et exigent que je leur montre la photo. Il n’en est pas question… Vite fait je me carapate et me faufile parmi les camarades du SO de la CGT. N’osant pas franchir le cordon de sécurité, ils abandonnent la poursuite et leur exigence. Après, je ne les ai plus revus.

Mais de quelle nature est donc cette connivence entre les CRS, la police et ces jeunes « anonymes » qui ressemblent à s’y méprendre à des Blacks Blocks ?

Ce que j’ai vu, je l’ai bien vu !

A Nantes et à Lyon

A Nantes la tension a été vive, sans toutefois atteindre les violences de Paris. En cause, la stratégie de la tension adoptée en miroir de la police de Macron par des groupes gauchistes et anarchistes. Qui a abouti à permettre à la police de détruire l’action culturelle prévue à l’arrivée de la manifestation par les travailleurs de la culture et provoquer une condamnation exprimée publiquement par la sono de la CGT 44. Résultant en de la tension entre les syndicalistes organisateurs de la manifestation – rappelons le – et ces groupes « autonomes » qui s’y greffent pour y développer une forme d’action minoritaire, parfois violente, en prétendant obliger la manifestation et tout particulièrement les syndicalistes à protéger ces groupes. A leurs risques et périls et au mépris de leur libre choix de revendication et forme de manifestation.

A Lyon, des cagoulés racistes ont agressé des syndicalistes de la CGT Ubereats deliveroo.

https://twitter.com/johanjrd_

JBC pour www.initiative-communiste.fr