par G. Gastaud, directeur politique d’Initiative Communiste, militant de la langue française 

Avec le soutien de Fadi Kassem, du PRCF et d’Olivier Rubens, de la commission Culture du PRCF 18 septembre 2021

Comme chaque année, les ainsi-dites « Journées européennes du Patrimoine » vont, tout à la fois, ouvrir salutairement et gratuitement certains lieux de culture au public, et imposer d’office le label « européen » à toutes sortes de richesses culturelles accumulées au long des siècles par les DIFFERENTS peuples d’Europe. 

Mais il y a plus grave: pendant que les Bachelot, Lang, Fleur Pellerin, Frédéric Mitterrand et autres ministres de la culture successifs inféodés à Maastricht vont célébrer le « patrimoine » avec des trémolos dans la voix, le linguicide accéléré de notre langue et des autres langues d’Europe sacrifiées au tout-globish envahissant s’accélère chaque jour dans le silence universel des médias complices. Y compris des médias « culturels » comme Télérama, France-Culture et tant d’autres…

Or, quel est le coeur de notre patrimoine si ce n’est cette langue française qui, depuis des siècles, porte notre histoire, nos contradictions, nos peines et nos espoirs collectifs, y compris nos révolutions, à travers une littérature, une chanson, un cinéma, une philosophie, une science, une technologie de niveau mondial? Pourtant cette langue, qui est parlée sur les cinq continents par 300 millions de personnes, et comprise ou parlée peu ou prou par 900 millions d’individus, est systématiquement ARRACHEE au profit du tout-anglais « managérial » que promeuvent, en toute illégalité, l’UE qui bafoue en la matière ses propres traités, les gouvernements français successifs, qui organisent sciemment le contournement massif de la loi Toubon et de la Constitution (art. II-a, « la langue de la République est le français« ) et, à l’arrière-plan de tout cela, l’oligarchie capitaliste: celle-ci, depuis l’époque du Baron Sellières déclarant devant le Conseil des chefs d’Etat européens (2004) que l’anglais est désormais « LA langue des affaires et de l’entreprise », fait tout pour BASCULER notre pays et l’Europe tout entière au tout-anglais invasif en l’imposant aux peuples, SANS LE MOINDRE DEBAT DEMOCRATIQUE, de toutes les manières possibles (enseignes, pubs, chanson, « séries » françaises presque TOUTES accompagnées, désormais, de chansons en anglais, grandes entreprises comme Renault ou PSA basculant toute leur communication technique interne à l’anglais, bain linguistique anglais imposé aux enfants aux dépens de toute autre langue vivante depuis la maternelle, haut niveau de certification en anglais exigé à l’Université et accroissant la ségrégation sociale, prises d’armes en anglais de l’Armée française asservie à l’OTAN, etc.). 

On sait aussi que, illégalement, Mme Ursula von den Leyen, a décidé de faire de l’anglais la SEULE langue de travail des institutions européennes. Or, non seulement Macron se tait, mais les deux derniers « évènements » internationaux qu’il a présidés et organisés en France ont eu pour nom, de manière aussi illégale qu’inconstitutionnelle, « Choose France! » et « One Planet Summit »… 

Or, sans sa langue, de plus en plus humiliée, déclassée, ridiculisée et reléguée, la France ne sera bientôt plus qu’un « couteau sans manche dont on a perdu la lame ». Il en ira alors de même pour le reste du patrimoine français mixé dans l’infect brouet d’une « culture-box » euro-atlantique dont les produits culturels, et bien souvent anti-culturels, concoctés aux Etats-Unis, saturent plus que jamais nos rétines, nos tympans, nos estomacs… et nos cerveaux! 

Or l’humanité vit de ses différences partagées, non pas déniées et concassées par une langue, une « culture » uniques porteuses du totalitarisme insidieux de la pensée, de la politique et de l’économie uniques. Quand donc les défenseurs de l’environnement comprendront-ils enfin que la langue unique imposée par le « marché » est aussi mortelle pour la diversité culturelle mondiale que l’est, pour la nature, l’extinction de la biodiversité provoquée par la quête effrénée du tout-profit? A tous niveaux, la mondialisation capitaliste-impérialiste produit les mêmes effets ouvertement ou insidieusement totalitaires, voire exterministes avec des conséquences relevant de la contre-révolution idéologique, voire anthropologique. 

Allons, amis du Patrimoine, le jour de est arrivé; partout, de manière créative, osons marcher contre la bien-pensance anglomane et américano-maniaque en faisant de ces Journées « européennes » du patrimoine un moment de résistance partagée à l’aliénation euro-mondialisée du tout-globish euro-atlantique !