POLE POSITION du 13 décembre 2017 – Le PRCF commente l’actu

POLE POSITION du 13 décembre 2017 – Le PRCF commente l’actu sur son site internet www.initiative-communiste.fr

 

International. La rage de Trump se heurte aux résistances !

En choisissant de transférer à Jérusalem l’ambassade étatsunienne en Israël, Trump a fait le choix irresponsable, non seulement de piétiner le droit international (attitude à rapprocher du retrait américain ouvert ou rampant de l’UNESCO et de l’ONU), non seulement d’humilier une fois de plus les Palestiniens et le monde arabe, mais d’attiser les braises de plus en plus incandescentes des conflits mondiaux.

 

 

Dans son livre récent intitulé Servir (Fayard, 2017), l’ex-chef d’état-major des Armées, le général Pierre De Villiers, montre arguments irréfutables à l’appui, que le niveau de la conflictualité mondiale ne cesse de croître rapidement partout. Pendant ce temps, la première puissance mondiale, à laquelle l’UE/OTAN et la France macronienne s’accrochent de manière suicidaire, menace d’araser la Corée du nord, elle encercle la Chine et la Russie de bases militaires et navales, elle encourage les Etats grossièrement bellicistes que sont l’Arabie saoudite et Israël (où l’extrême droite raciste est au pouvoir dans l’indifférence de nos médias « humanistes », sic), elle rompt les accords avec l’Iran, elle finance les gouvernements fascisants d’Ukraine et d’Europe de l’Est…

« Hommes veillez ! »… sans vous tromper de cible : l’ennemi principal de la paix mondiale et des peuples reste plus que jamais l’impérial-capitalisme avec, en son cœur, l’impérialisme US et ses vassaux européens, Merkel et Macron en tête !

 

Climat. Le pollueur n°1, c’est le capital !

A défaut de dépolluer l’air (la loi Macron adoptée sous Hollande accélère le démantèlement du rail au profit des autocaristes ; en outre, le transport routier des marchandises « made in ailleurs » est la principale cause de pollution atmosphérique en France, loin devant les usines en voie de disparition !), Macron aura une nouvelle fois réussi à polluer notre langue puisque le « sommet climatique » de Paris s’appelait scandaleusement le « One Planet’s summit » à la demande du chef de l’Etat…

Loin de mettre en accusation la course au profit maximal, qui est la principale source du réchauffement climatiques et des autres gravissimes dérèglements environnementaux qui nous menacent, Macron a mis l’accent sur le rôle de l’entreprise capitaliste dans la lutte contre le climat. A en croire les gens du « Summit », le rôle de l’Etat serait partout, non pas de réguler l’économie, encore moins de la planifier en fonction des besoins, mais pour finir, d’ « assurer », de « dé-risquer » l’ainsi-dit « capitalisme vert » (sic) selon la vieille logique : au capital les profits, à l’Etat les dettes si ça tourne mal…

En attendant, les milieux gouvernementaux s’affairent pour imposer une nouvelle réduction de la vitesse sur les routes françaises. Nous ne sommes évidemment pas des fans de la vitesse routière et au contraire, nous militons pour le développement maximal de transports publics, si possible ferroviaires, et aussi peu polluants que possible. Et plus globalement, nous militons pour la relocalisation des productions en France et contre la spéculation immobilière qui éloigne les travailleurs du lieu de travail en rendant indispensable pour beaucoup l’emploi quotidien prolongé de leur auto. Mais comment ne pas dénoncer la démagogie du « tout-répressif » choisi par nos gouvernants alors même qu’ils désossent sans fin le Ministère de l’Equipement, destiné initialement à entretenir la voirie nationale ?

 

SMIG : on ne débat pas avec des odieux !

La manœuvre est aussi raffinée qu’odieuse : à l’approche des fêtes de fin d’année, où les travailleurs qui survivent avec le SMIG sont en droit d’espérer un « coup de pouce » pour passer ce qui est pour eux un cap difficile (eh oui !), les médias gouvernementaux sortent fort opportunément un « rapport » d’experts néolibéraux. Il y expliquent doctement qu’en France, le salaire minimum est trop élevé, « ce qui nuit à l’emploi ». Et en effet, si le travail était gratuit, comme au bon vieux temps de l’esclavage, il n’y aurait plus de chômedu ! Puis, quelque jours plus tard, le trop généreux Bruno Lemaire explique que, « soucieux de maintenir un niveau de vie décent pour les travailleurs payés au SMIG » (qu’il vive donc avec le SMIG puisque pour lui ce salaire est « décent »), le gouvernement ne diminuera pas le SMIG ni ne le désindexera du coût de la vie… Quelle noblesse ! Quant au coup de pouce, allez vous « faire péter les yeux »…

Dans le même temps, on apprend que les PDG de Région, pardon les présidents de conseils régionaux, vont copieusement s’augmenter « pour atteindre le niveau salarial de leurs collaborateurs » (tiens, pour le coup, c’est l’alignement des acquis sociaux PAR LE HAUT : personne ne pense curieusement à abaisser les salaires mirobolants de ces très hauts fonctionnaires, souvent issus du privé !) et que, bien entendu, les innombrables cadeaux au MEDEF et aux grandes fortunes consentis successivement par Sarko, Hollande et Macron, ne seront évidemment pas remis en cause !

Faut-il alors, comme y consentent certains économistes progressistes, discuter sur les antennes avec les SALES TYPES qui conseillent la baisse du sMIG (éventuellement « compensée » par une allocation d’Etat : ah si l’Etat, c’est-à-dire le contribuable pouvait payer l’intégralité des salaires pendant que les patrons n’encaisseraient que les bénéfices…) du haut de leur train de vie de pacha et de mercenaires du MEDEF ?

Pas plus qu’avec des fascistes, on ne discute avec des individus, et encore moins avec des « intellectuels » sans cœur qui n’ont pas honte d’appeler à voler les travailleurs les plus exploités, des pensionnés, des chômeurs de moins en moins indemnisés, des étudiants bénéficiaires d’APL en chute libre. Ces monstres moraux, on les combat et on les dénonce pour ce qu’ils sont : des prostitués théoriques de la finance, des ennemis de la France utile, la France des travailleurs !

 

Corse : un nouveau laboratoire macronien pour casser la France ?

Le Premier ministre (il s’appelle Edouard Philippe…) va recevoir à Matignon MM. Talamoni et Siméoni. Lesquels annoncent fièrement leur volonté de conquérir l’ « autonomie » de la Corse, c’est-à-dire le premier pas de la marche vers l’indépendance (par rapport à « Paris », pas rapport à Bruxelles, Berlin ou Washington : « la souris ne connaît pas d’animal plus dangereux que le chat »). Que ceux qui en doutent regardent du côté de Barcelone…

Or, loin d’appeler la majorité des Corses insulaires et continentaux à lutter pour une France franchement insoumise à l’UE reprenant sa marche au progrès social POUR TOUS, la fausse gauche regarde ses chaussettes, enlisée qu’elle est dans sa dénonciation inepte du « jacobinisme » (confondu avec le bonapartisme – que ne dénoncent bizarrement jamais les « natios » corses ! ). Mais tout le monde sait bien ce que va cacher la comédie de Matignon : à l’abri de son « pacte girondin » (= tout le pouvoir aux collectivités territoriales dialoguant directement avec Bruxelles et la BCE), Macron et Philippe n’ont qu’une idée en tête : faire de l’indépendantisme corse le ban d’essai de la désarticulation finale de TOUT le territoire ex-national, débité en euro-régions quasi-souveraines, désétablir encore un peu plus le français, en apparence au profit des langues régionales (BIEN COMMUN de toute la nation), en réalité, au profit du tout-anglais transatlantique. Lequel, imitant le chat de la fable (faut-il le rebaptiser Raminaglobish ?) ne fera alors qu’une bouchée, non seulement de la langue de Molière, mais du corse, du breton, de l’occitan, etc.

Il ne s’agit pas de contraindre qui que ce soit à rester français s’il hait notre pays et n’a pas la moindre gratitude envers ces pompiers qui, chaque été, débarquent de Dijon, de Rennes ou de Strasbourg pour éteindre les incendies insulaires.

Il s’agit simplement de rappeler à tous, y compris à ceux qui veulent ethniciser et segmenter périlleusement la citoyenneté française, émietter son territoire, déstabilisé son unité linguistique et son ancrage francophone, le principe sur lequel est fondée la République une et indivisible léguée par les Sans culottes : l’égalité devant la loi de tous les citoyens, le fait qu’aucune portion du peuple, régions « en marche » contre régions « en panne », privilégiés du capital contre pauvres, n’a droit à aucun privilège. Qu’on le dise en corse, en alsacien ou en catalan, c’est le B.A.-BA, le socle archi-minimaliste pour qui voudra marcher au socialisme dans notre pays !

Dire ce que nous disons, c’est être fidèle au meilleur de l’héritage corse, celui des républicains corses qui firent appel, à la fin de l’Ancien Régime, à Jean-Jacques Rousseau (le précurseur du jacobinisme de Robespierre !) pour écrire le premier projet démocratique et républicain de Constitution de la Corse.

 

France-Télévision : soutien aux grévistes, mais pas de satisfecit à l’information sur le « service public » !

Enfin voilà de « bons grévistes » qui ne « grognent » pas, qui ne « prennent pas les Français en otage ». Des grévistes dont les AG sont toutes « nombreuses », dont les grèves sont « largement majoritaires », dont les manifs et les conférences de presse sont toutes dignes d’être retransmises en direct… Enfin des gens qui ne « bloquent pas les réformes », qui ne luttent pas « pour des intérêts corporatistes » sous la direction de « syndicats ringards ». Et certes, il est curieux de voir combien d’un seul coup, quand ils sont eux-mêmes la cible du capital et de son gouvernement, certains journalistes retrouvent soudain la « langue de bois » de la lutte des classes alors qu’ils sont d’ordinaire si sarcastiques quand ils parlent des ouvriers de la Souterraine, des enseignants défendant le bac ou des cheminots tentant de freiner la casse de la SNCF !

Cependant, nous communistes, ne nous tromperons pas de camp et nous appuierons la grève des travailleurs salariés de la télévision d’Etat. Parce que nous sommes toujours du côté des salariés agressés par le capital et par l’Etat bourgeois. Parce que la CGT-médias, qui a combattu dignement la Loi travail, mérite d’être soutenue. Parce que la casse de ce service public de l’audiovisuel, si défaillant, menteur, euro-béat, atlantiste, indifférent à la casse du français, anti-cégétiste, antisoviétique, anti-cubain, belliciste et anticommuniste, ne pourrait dans les conditions actuelles qu’apporter une télévision encore plus médiocre, encore plus réactionnaire, encore plus commerciale, vulgaire et américanisée.

Et cela ne nous empêche pas de dire aux journalistes de base, aux techniciens, aux employés en grève de France-Télévision, soutenons contre Macron-Thatcher, contre Delphine Ernote, et derrière eux, contre l’UE et son austérité à perpète pour les services publics, le camp du travail contre celui du capital (dont l’Etat-patron n’est qu’un rouage), mais NE SOUTENONS PAS TOUS CES « JOURNALISTES VEDETTES » qui sont l’image des chaînes publiques et qui combattent jour et nuit la France des travailleurs !