Sarkozy et Macron n’ont rien à faire aux Glières, par Léon Landini et Pierre Pranchère – résistants initiateurs de l’appel de Thorens Glières

Au cours de leur parade commune (largement relayée sur des médias), ni Sarkozy ni Macron n’ont  évoqué, ne serait-ce qu’une fois, l’Association des « Citoyens Résistants d’Hier et d’Aujourd’hui » qui, depuis 2008, organise chaque année au Plateau des Glières une manifestation regroupant plusieurs milliers de personnes.

Comment peuvent-ils penser ces Messieurs, que les Anciens Résistants, qui après avoir chassé le dénommé Sarkozy à cause de la façon indécente dont il s’était comporté au cimetière de Morette, dans ce haut lieu de la où repose une centaine de nos frères de combat, puissent, sans que nous ne protestions énergiquement, retourner en ces lieux, même accompagnés par un Président de la République (mal élu).

Qu’ils sachent tous, que les sacrifices consentis par nos compagnons ne doivent pas être dévoyés au profit de misérables opérations politiciennes visant à fédérer toute la réaction, de Sarkozy à Macron, pour créer une union sacrée des modernes Versaillais contre ces nouveaux Communards que sont les Gilets Jaunes.

Mais plus encore, parce que la politique menée par le Parti Maastrichtien Unique des Sarkozy, Macron et autre Hollande, entièrement soumis aux diktats du MEDEF et de l’UE dominée par Berlin , est aux antipodes des orientations du CNR, dont la Résistance des FTPF et des -MOI fut le fer de lance.

Ceux qui cassent tous les acquis sociaux des ministres communistes de la Libération, qui dissolvent la France, y compris sa langue, dans l’UE supranationale, préparent la revanche à Stalingrad et à la guerre antirusse dans le cadre d’une armée germano-européenne affiliée à l’OTAN, démolissent le droit de manifester en mutilant des Gilets Jaunes et autres manifestants pacifiques, sont-ils  qualifiés pour parler au nom des Maquis ?

Plus que jamais, nous anciens résistants, qui avons parfois supporté l’insupportable avec la conviction que allions mourir pour une France Libre, Forte, Indépendante, Démocratique et Souveraine, appelons à conjuguer le verbe résister au présent en soutenant le mouvement populaire en cours, en combattant les mesures fascisantes de Macron, en dénonçant la dictature européenne du capital  et en luttant pour de nouveaux JOURS HEUREUX pour notre pays.

Léon Landini. Signataire de l’ Appel de Thorens-Glières, le 14 mai 2011.

  • Officier de la Légion d’Honneur – Médaille de la Résistance – Grand Mutilé de Guerre suite aux tortures endurées au cours de mon arrestation par la Gestapo.
  • Président de l’Amicale des Anciens FTP-MOI des bataillons Carmagnole Liberté.

Pierre Pranchère. Signataire de l’Appel de Thorens-Glières, le 14 mai 2011.

  • Anciens Résistant. Ancien député honoraire du Parti Communiste Français et ensuite député Européen.

L’appel de Thorens-Glières

Samedi, 14 Mai, 2011

Le 8 mars 2004, treize vétérans des mouvements de Résistance et des forces combattantes de la France libre lançaient un « Appel aux jeunes générations » dénonçant notamment « la remise en cause du socle des conquêtes sociales de la Libération ». Cette tendance régressive s’accélère dramatiquement. Nombre de citoyennes et citoyens s’en indignent. Partout la prise de conscience que les valeurs, toujours actuelles, incarnées en 1944 dans le programme du Conseil National de la Résistance (CNR), ouvrent l’espoir qu’un mieux-vivre ensemble est possible. Il est aujourd’hui concevable de définir un nouveau “programme de la Résistance” pour notre siècle. Au lieu de cela, le débat public qui s’annonce avec les élections de 2012 semble privilégier les manœuvres politiciennes au service d’intérêts particuliers sans traiter des causes politiques des injustices sociales, des raisons des dérégulations internationales, des origines des déséquilibres écologiques croissants.

Comme en 2004, nous souhaitons que tous les citoyens, tous les partis, tous les syndicats, toutes les associations participent à l’élaboration d’un projet de société du XXIe siècle en repartant du programme du CNR, Les jours heureux, adopté le 15 mars 1944. Ce programme politique constitue toujours un repère essentiel de l’identité républicaine française.

Avec l’association Citoyens Résistants d’Hier et d’Aujourd’hui (CRHA), nous appelons tous les partis politiques, toutes les candidates et candidats à un mandat public dans le cadre des élections présidentielle et législatives de 2012 à prendre trois engagements qui mettront réellement en application la devise républicaine « Liberté, Egalité, Fraternité ».

  • Premièrement, afin de garantir l’égalité :

Lancer immédiatement le travail législatif et réglementaire qui permettra de reconstituer les services publics et institutions créés à la Libération pour aller vers une véritable démocratie économique et sociale. Possible en 1944, cette démarche l’est d’autant plus aujourd’hui, alors que le pays n’a cessé de s’enrichir depuis. Droit à la santé pour tous, droit à une retraite, droit à l’éducation, droit au travail, droit à la culture demeurent les seuls véritables garants de l’égalité républicaine. Une égalité qui n’a de sens que dans le respect du droit des étrangers.

  • Deuxièmement, afin de garantir la liberté :
  1. Approfondir la forme républicaine du gouvernement afin de séparer clairement les pouvoirs et renforcer la démocratie parlementaire au détriment de notre régime présidentiel personnalisé.
  2. Développer de nouvelles pratiques de la démocratie dans laquelle l’action de la société civile sera reconnue, et restaurer les conditions du principe d’ailleurs défini à l’article 2 de la constitution actuelle : « Gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ».
  3. Garantir la qualité du débat démocratique et la fiabilité des contre-pouvoirs, en assurant à nouveau la séparation des médias et des puissances d’argent comme en 1944.

Ces 3 axes de débats devront aboutir à une démarche souveraine d’« Assemblée constituante » vers de nouvelles pratiques républicaines.

  •  Troisièmement, afin de garantir la fraternité :
  1. Travailler les coopérations avec les peuples et les pays, en refusant l’actuelle dictature internationale des marchés financiers qui menace la paix et la démocratie.
  2. Favoriser résolument des solutions soutenables pour les équilibres écologiques, dans les limites de développement compatibles avec la survie humaine.
  3. Ecarter de la marchandisation totale les besoins vitaux de l’être humain comme l’eau, la nourriture et l’énergie.

Il est temps de bien vivre ensemble, dans la haute nécessité de l’épanouissement du plus grand nombre et d’offrir une perspective d’avenir prometteur aux jeunes générations. Plus que jamais, comme le proclamait en 2004 l’Appel des Résistants aux jeunes générations, à ceux et celles qui font ce siècle qui commence, nous voulons dire avec affection : « Créer c’est résister. Résister c’est créer ».

Premiers signataires :

Raymond Aubrac, résistant ; Stéphane Hessel, résistant déporté ; Marie Jo Chombart De Lauwe, résistante déportée, présidente de la Fondation pour la mémoire de la déportation ; Daniel Cordier, résistant, secrétaire de Jean Moulin ; Georges Séguy, résistant déporté ; Walter Bassan, résistant déporté ; Henri Bouvier, résistant déporté ; Léon Landini, résistant FTP MOI ; Pierre Pranchère, résistant ; François Amoudruz, résistant déporté, membre de la présidence nationale de la FNDIRP ; Jean Marinet, résistant déporté, président de la FNDIRP de l’Ain ; Noella Rouget, résistante déportée ; Odette Nilès, résistante, petite amie de Guy Môquet ; Charles Paperon, résistant, co-président de l’ANACR Finistère ; Pierre Moriau, résistant.

Lancé le 14 mai, à 15 heures, à Thorens-Glières (Haute-Savoie), à l’initiative de l’association Citoyens résistants d’hier et d’aujourd’hui (CRHA).