Retrouvons l’élan révolutionnaire du 14 juillet : place aux travailleurs, à la paix, la liberté !

Déclaration du PRCF à l’occasion du 2017

Par le secrétariat politique national du PRCF

A l’occasion de la fête nationale française, le PRCF salue les militants du mouvement populaire et tous les patriotes républicains de France. Il salue aussi les peuples frères de la Francophonie internationale, les amis de la langue française assiégée, et plus généralement tous ceux qui, de par le monde, font vivre les idéaux de souveraineté nationale, de souveraineté populaire et de fraternité universelle chers aux combattants populaires du 14 juillet 1789, du 10 août 1792, de Valmy, de Jemmapes et de Fleurus.

Pour nous communistes, le 14 juillet renvoie indissociablement à l’élan irrésistible des Sans Culottes et au grand rassemblement populaire du 14 juillet 1935 : c’est à cette occasion que le physicien Jean Perrin prononça le Serment du Front populaire et que Jacques Duclos, mandaté par le PCF et approuvé par l’Internationale communiste, associa solennellement la Marseillaise à l’Internationale et le drapeau tricolore de Valmy au drapeau rouge de la Commune.

La signification populaire, patriotique et combative du 14 juillet prend plus de relief encore en cette année 1917 où les travailleurs conscients du monde célèbrent le 100ème anniversaire de la Révolution prolétarienne d’Octobre : par delà les différences de temps et de lieu, par-delà le fait que la Révolution de 1789, décisivement approfondie par la révolution jacobine, ne pouvait être autre chose qu’une révolution démocratique bourgeoise, Lénine a toujours souligné la dynamique historique profonde qui, relayée par Gracchus Babeuf, par les insurrections populaires de 1830, de 1848 et de 1871 (Commune de Paris), unit les révolutions française et russe, la radicalité démocratique-bourgeoise d’un Robespierre à la radicalité ouvrière et paysanne des bolcheviks : c’est d’ailleurs en entonnant la Marseillaise dans leur langue qu’en 1917, les prolétaires russes ont pris d’assaut les Bastilles du tsarisme et de l’impérialisme mondial. Ce n’est pas pour rien que les diffamateurs de la Révolution d’Octobre et des Soviets en viennent toujours tôt ou tard à calomnier la Révolution française et ses grands dirigeants « montagnards ».

Ce rappel historique est d’autant plus nécessaire que la grande bourgeoisie hexagonale, que personnifie aujourd’hui l’inquiétant Macron, dévoie le 14 juillet pour bafouer les valeurs révolutionnaires de 1789 et pour réduire la « République » à un théâtre d’ombres dans lequel un super-héros construit par les médias du capital et « élu » par 16% des inscrits exerce, au service du MEDEF, de l’UE et de l’OTAN, la quasi-totalité du pouvoir réel en matière exécutive, législative, judiciaire et médiatique.

Macron c’est en effet la liquidation brutale des conquêtes de 1968, de 1945, de 1936, voire de 1905 (droit au repos dominical, séparation stricte de l’Etat et des Eglises…), c’est le viol permanent de la souveraineté nationale (« saut fédéral européen », gouvernement supranational de la zone euro supervisé par Berlin, « défense européenne » soumettant la force de frappe française à la RFA et à l’OTAN, retour prochain du « TAFTA »), le reniement de la langue française (le nouveau président est un acharné du tout-anglais !), l’asphyxie fascisante des libertés démocratiques (inscription dans la loi ordinaire les pires mesures de l’état d’urgence), la régionalisation à l’allemande de feue la « République une et indivisible », la menace permanente sur la paix mondiale et sur le droit des peuples du monde (notamment des peuples d’Afrique et du Proche-Orient) à disposer d’eux-mêmes. Macron entend ainsi solliciter de Trump, ce 14 juillet 2017, la permission pour l’armée de l’air française de frapper – au besoin la première ! – la Syrie souveraine et son armée de conscription. Ce qui violerait grossièrement le droit international, accroîtrait le chaos au Proche-Orient et attirerait davantage encore sur notre sol les attentats terroristes, comme ce fut le cas à Nice le 14 juillet 2016…

C’est dans cet esprit de vassalisation euro-atlantique de la France qu’il faut comprendre la navrante invitation adressée par Macron à Donald Trump, le chef de file du bellicisme mondial, du racisme d’Etat et de l’obscurantisme « climato-sceptique », à parrainer le défilé militaire du 14 juillet 2017. Et pourquoi donc ne pas inviter, pendant qu’on y est, le roi d’Arabie saoudite ou les dirigeants fascisants des pays de l’Est (Pologne, Hongrie, Pays baltes, Ukraine…) qui persécutent les communistes et insultent la Résistance antifasciste quand ils ne réhabilitent pas les nostalgiques du IIIème Reich ? A chacun ses amis politiques : la bourgeoisie française devenue « versaillaise » et contre-révolutionnaire dévoie le 14 juillet et courtise Trump, le suzerain de tous les réactionnaires du monde, alors que les progressistes de France honorent Mumia Abu Jamal, Leonard Peltier et tous ceux qui, aux Etats-Unis d’Amérique, affrontent le racisme d’Etat, la violence policière, la réaction puritaine, les atteintes de masse aux droits de l’homme (deux millions de personnes incarcérées, parmi lesquels une majorité de jeunes Noirs, la torture légalisée à Guantanamo…) et les entreprises bellicistes insensées et potentiellement exterminatrices de Trump en Corée, en Ukraine, en Syrie et en Amérique latine. Ce n’est pas Trump que les vrais progressistes de France salueront ce 14 juillet, mais les militants communistes de Cuba, du Venezuela, de Pologne, d’Ukraine et des autres pays, le peuple palestinien héroïque, les pays de l’ALBA qui résistent aux putschistes téléguidés par Washington, les militants grecs du KKE et du PAME en lutte contre l’OTAN et l’humiliation permanente infligée aux peuple grec, les métallos de La Souterraine, bref, tous ceux qui, en France et dans le monde, tiennent bon face au système capitaliste-impérialiste, de plus en plus destructif, prédateur, fascisant, saccageur et exterminateur.

Alors que Macron, inspiré par le MEDEF, cornaqué par Bruxelles, stimulé par les ayatollahs néolibéraux de la Cour des comptes, choyé par une bonne partie des LR et du PS, courtisé par la CFDT voire par Mailly, prépare une assaut thatchérien sans précédent contre le Code du travail, les conventions collectives, les salaires de la fonction publique (et, prochainement, contre les retraites, les indemnités chômage, le bac national, l’emploi public dans les mairies et les hôpitaux), les travailleurs de France (qui se sont massivement abstenus au second tour des législatives en délégitimant d’avance les mesures ultra-patronales de Macron) doivent refuser toute forme d’état de grâce à Macron, l’ennemi acharné de la France de 1789 et de 1945.

Ce n’est pas le défilé d’une armée manœuvrant désormais en anglais, dénationalisée au pas de charge*, tournée avant tout vers les interventions impérialistes et dûment chapeautée par l’OTAN qui peut incarner le pays des Lumières, du 14 juillet 1789 et du CNR. C’est au contraire dans les grèves et les manifestations de combat de la rentrée contre les « OGM²** » que notre peuple rendra corps aux idéaux de liberté, d’égalité et de fraternité tout en relançant la lutte pour une nouvelle République sociale, souveraine et fraternelle, s’émancipant de l’euro, de l’UE et de l’OTAN pour se remettre « en marche » vers le socialisme et vers le communisme.

*Le ministère de la Défense nationale vient de se muer en « ministère des Armées ». Ce qui ne signifie pas, bien évidemment, que nombre de militaires et d’officiers ne souffrent pas, la rage au cœur de ce reniement au principe même d’une défense « nationale ».

** Ordonnances Gattaz-Macron-Merkel