Nouvelles révélations sur la campagne de Macron : quelle « légitimité républicaine » pour l’hôte de l’Élysée ?

De récentes enquêtes journalistiques établissent que, non seulement a été massivement lancé, soutenu et porté par tous les moyens dont disposent l’oligarchie euro-atlantique, mais qu’il a bénéficié d’invraisemblables rabais, excédant très largement les 20 % autorisés, de la part de nombreuses entreprises d’évènementiel, de louage de salle, etc. Apparemment, la commission de contrôle des n’a rien vu, rien entendu, rien condamné, et son président s’exprimant sur France-Info le 8 juin a fait piètre figure. Une tête de liste de la gauche populaire menant une liste municipale et travaillant sans filet (= sans conseil juridique et comptable permanent) eût sans doute trébuché pour bien moins si la commission départementale de vérification des était tombée sur d’aussi énormes anomalies !
On peut d’abord remarquer que, décidément, la « démocratie bourgeoise » est une affaire de plus en plus étrange où le principe sportif élémentaire du combat à armes égales est grossièrement bafoué. L’exemple le plus caricatural est celui de la « grande démocratie américaine » où aucun candidat n’a la moindre chance d’accéder à la Maison Blanche s’il ne dispose de milliards de dollars fournis, sur le principe du retour sur investissement, par les firmes capitalistes.

La concurrence libre et non faussée, sauf pour faire gagner le candidat de l’oligarchie capitaliste

Plus conjoncturellement et plus « hexagonalement », force est de constater que les conditions élémentaires de la « concurrence libre et non faussée » entre candidats n’ayant manifestement pas été respectée, la légitimité de ce « président de tous les Français » chouchouté par les milieux d’affaires et par les médias publics et privés n’en est que plus suspecte. D’autant que, rappelons-le, son programme a obtenu le soutien de 18% des inscrits au premier tour, qu’il n’a été élu au second que par rejet de Marine Le Pen (les sondages établissent que tout candidat opposé à celle-ci eût triomphé), que les députés-godillots de Macron n’ont emporté leur siège au second tour de la législative que sur la base de 44% des inscrits, 56% des citoyens boycottant de facto le second tour. Quant à la politique grossièrement antipopulaire que mène Macron depuis son élection, s’alignant sur l’impérialisme américain au Proche-Orient, multipliant les courbettes à l’égard de Merkel en Europe, bafouant les principes constitutionnels en privilégiant l’anglais dans sa communication ou en violant la séparation de l’État et des Églises, multipliant les lois liberticides et piétinant les services publics et les acquis sociaux issus du CNR, elle bafoue l’idée que la démocratie est le gouvernement du peuple par le peuple ET POUR LE PEUPLE.

Par conséquent,

  • On attend toujours avec intérêt l’autocritique des organisations de gôôôche et d ‘ « extrême » gôôôche qui ont appelé à voter Macron le 6 mai en présentant le vote pour cet inquiétant personnage comme un rempart antifasciste
  • On espère encore que toutes les forces progressistes et républicaines dignes de ce nom vont arrêter de chanter sur tous les tons, pour donner des gages de leur « honorabilité », que « Macron est légitime ». On ne peut l’être pleinement quand on est à ce point l’homme des banques, des super-riches (dixit… Hollande !), de la « souveraineté européenne » (en contradiction flagrante là encore avec la Constitution française qui pose la souveraineté du peuple français comme l’origine de toute légitimité politique), du démontage de la SNCF, de l’Éducation nationale et du bac national, des statuts issus de la Résistance, du Code du travail, des retraites par répartition.

G. GASTAUD, PORTE-PAROLE DU P.R.C.F.  – 8 juin 2018

Quelques faits :

  • La Commission Nationale des comptes de campagne dans sa décision du 21 décembre 2018 a validé le compte de campagne de M.Macron, avec des dépenses de 16 698 320 €.  Les plafonds maximum fixés par la loi étaient de 16,851 millions d’euros pour le premier tour et à 22,509 millions d’euros pour les candidats du second tour. Soulignons que le dépassement du plafond est un motif d’invalidation de l’élection et d’invalidation du compte de campagne. Rappelons que la question de la minoration des dépenses dans le compte de campagne est au cœur de l’affaire Bygmalion concernant la dernière campagne électorale de M.Sarkozy. Les autres candidats ont veillé à procéder à une déclaration exacte de la valeur réelle des dépenses engagées aux prix du marché (comme l’a fait M.Mélenchon) permettant tout à la fois à la Commission d’apprécier ainsi le non dépassement du plafond et d’autre part d’évaluer les montants ouvrant droit à remboursement. Une sous-évaluation de 30% des dépenses de campagne de M.Macron engendrerait l’invalidation automatique de M Macron. La décision rendue par la commission ne précise pas si le compte de campagne de M.Macron respectait le plafond des dépenses de 1er tour.
  • D’après cette même décision, les financements de la campagne de M. Macron relève pour 10,8 millions d’euros de l’apport personnel de M. Macron. Pourtant d’après les courriels qui ont fuité lors de la campagne (les fameux Macronleaks), l’équipe de campagne reconnait plus de 11 millions d’euros de dons personnes privées. Durant la campagne, l”équipe de M. Macron a menti déclarant 9 millions d’euros de dons privés. Étrange non ?
  • Les dons financiers ou en nature des entreprises sont interdits par la loi dans le financement des campagnes électorales. Les rabais énormes et les prix dérisoires octroyés par les riches amis de M.Macron pourraient tomber sous le coup de la loi. La commission des comptes de campagne semble n’avoir procédé à aucune vérification détaillée, d’après les différentes révélations de la presse. Pire la commission s’agissant du compte de campagne de M.Macron n’a pas appliqué ses propres règles qui sont de considérer comme abusifs tous rabais supérieurs à 15 à 20%. Rappelons que des rabais jusqu’à plus de 80% ont été découverts dans les comptes de M.Macron.
  • Monsieur François Logerot, président de la commission nationale des comptes de campagne a vu son salaire augmenter de 57% par une décision de M.Macron intervenue en mai 2017. Plusieurs personnalités politiques s’interrogent sur la raison de cette augmentation massive qui peut être rapprochée de la très grande tolérance
  • La Commission Nationale des comptes de campagne refuse de mettre en ligne les comptes de campagne, qui ne sont accessibles que pour une durée limité et sur rendez-vous. Elle a largement communiqué pour entretenir les attaques contre le compte de M.Mélenchon mais a refusé d’effectuer le moindre signalement à la justice contre les irrégularités pourtant observées et listées dans  le compte de M.Macron.