Le macronisme, stade suprême (actuellement) de l’inhumanisme .

Dans une tribune, Fadi Kassem, secrétaire national adjoint du PRCF, revient sur l’inhumanité du mouvement macroniste, un point encore récemment illustré avec le vote LREM sur instruction du gouvernement refusant l’augmentation du droit à congé des parents frappés par la mort d’un enfant. Et ce pour que cela “ne coûte pas un sou” aux entreprises… Un exemple parmi d’autre, des violences policières aux insultes méprisantes déversées par Macron contre le peuple français en passant par la baisse des aides pour le loglement, de ce qu’est le macronisme.

Quand LREM fait l’unanimité contre elle…

            « LREM refuse d’allonger le congé des parents endeuillés. Le rejet à l’Assemblée nationale d’une proposition de loi permettant un congé de 12 jours en cas de disparition d’un enfant a indigné tous les membres de l’opposition ainsi que le Medef, qui y est favorable. » 

Le Monde diplomatique ? L’Humanité ? Un journal complotiste ? Vous n’y êtes pas : il s’agit d’un article du Figaro en date du 31 janvier 2020[i]. Une nouvelle décision « pragmatique » du « Nouveau monde », qui aura réalisé l’exploit peu commun d’émouvoir même le MEDEF (que cette réaction soit sincère ou non, peu importe…). Comme le rapporte le journal :

« Comment parvenir à reprendre le travail cinq jours seulement après la mort de son enfant ? La proposition du groupe UDI-Agir d’allonger à 12 jours le congé pour la perte d’un enfant mineur a pourtant été rejetée, jeudi, de justesse. Pour ne pas le faire « payer à 100 % par l’entreprise », selon les mots de la ministre du Travail, Muriel Pénicaud. Ce refus de la majorité d’étendre le congé de deuil a choqué dans tous les groupes politiques, et jusqu’au patronat : vendredi, le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, a lui-même réclamé un nouveau vote. »

 Réalisant la portée du vote de sa majorité, Emmanuel Macron s’est senti contraint de réclamer à ce que les députés soient capables de « faire preuve d’humanité » : à défaut d’être humanistes ou tout simplement humains, faisons semblant de corriger cette « erreur » !

Le macronisme, mouvement politique déshumanisant

            Simple erreur ? Assurément non, car il s’agit de l’essence profonde du macronisme, celle du mépris de la dignité humaine et des droits fondamentaux. Car ce vote de la honte est en effet promu par une majorité qui passe son temps à éborgner, mutiler, matraquer, pourchasser, traquer et arrêter les lycéen(ne)s et étudiant(e)s, les retraité(e)s, les gilets jaunes, les syndicalistes de classe et de masse, les travailleurs en lutte… et tout simplement tuer, comme le rappelle le cas tragique de Steve Caniço en juin 2019 à Nantes ?[ii] Une macronie qui, faut-il le rappeler, a été pointée du doigt par l’ONU, condamnant à juste titre la féroce répression policière sur les manifestants, à commencer par les gilets jaunes[iii] ; à quoi il convient d’ajouter les indignes conditions d’existence des détenus dans le système carcéral français, ayant valu une condamnation de la part de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) – peine qui vise tout autant les majorités précédentes, la macronie n’ayant fait qu’empirer une situation de plus en plus infâme pour le « pays des droits de l’homme et de la démocratie »[iv].

            Et comme l’indécence n’a plus aucune limite dans la galaxie macronienne, il devient possible, en France en 2020, d’être financièrement sanctionné quand on manifeste en soutien aux morts : c’est ce qui s’est produit « pour les enseignants présents le 3 octobre devant le rectorat de Bobigny, venus manifester leur soutien après la mort de leur collègue Christine Renon » (manifestation à laquelle avait pris part le PRCF[v]), et qui ont eu droit de la part du ministère de l’Education « nationale » (ou plutôt européiste) à… une retenue sur salaire, suscitant l’indignation de « Marie-Hélène Plard, co-secrétaire du Snuipp 93 (principal syndicat du primaire), qui n’en revient pas : « L’institution n’a toujours pas entendu. Elle continue de nous mépriser. » La sidération s’est produite en ouvrant la paye de janvier : les enseignants présents lors de ce rassemblement se sont vu décompter une journée de salaire pour ce fameux 3 octobre… « Un préavis de grève avait été déposé ce jour-là pour permettre aux professeurs de se rendre au rassemblement, par la FSU qui avait expressément demandé au ministère de ne pas retenir une journée de salaire », rappelle Marie-Hélène Plard. Maladresse ? Interrogé, le ministère n’a pour l’instant pas répondu à nos sollicitations. Marie-Hélène Plard n’y croit pas un instant : « On ne peut même pas se raccrocher à cette hypothèse. Si cela avait été fait de façon automatique, le jour aurait été décompté sur la paye de novembre ou décembre. Pas en janvier. » »[vi] Plus qu’une « humanité à géométrie variable » raillée par l’ancienne députée LREM Agnès Thill (experte en retournement de vestes), l’essence profonde du macronisme.

L’entreprise, figure sacralisée du macronisme

            En ce sens, la réaction de la députée LREM Sereine Mauborgne à l’occasion du rejet de l’amendement proposé par le groupe UDI-Agir symbolise parfaitement l’absence totale d’humanisme caractéristique de Macron et de ses serviles laquais : « Quand on s’achète de la générosité à bon prix sur le dos des entreprises, c’est quand même un peu facile ! » Ah, l’entreprise, figure sacrée et sacralisée, cœur de toute relation sociale, au sein de laquelle le travailleur (ou plutôt, l’exploité) doit s’accomplir ! Cette « nouvelle raison du monde » a déjà été magistralement analysée par les sociologues Pierre Dardot et Christian Laval, qui ont minutieusement décortiqué le discours néolibéral et son essence fondamentale :

« Le moment néolibéral se caractérise par une homogénéisation du discours de l’homme autour de la figure de l’entreprise. Cette nouvelle figure du sujet opère une unification sans précédent des formes plurielles de la subjectivité que laissait subsister la démocratie libérale et dont elle savait jouer à l’occasion pour mieux perpétuer son existence. Désormais, diverses techniques contribuent à fabrique ce nouveau sujet unitaire, que nous appellerons indifféremment « sujet entrepreneurial » ou « sujet néolibéral », ou, encore plus simplement, néosujet. Nous n’avons plus affaire aux anciennes disciplines vouées, par la contrainte, à dresser les corps et à plier les esprits pour les rendre plus dociles, méthodologie institutionnelle depuis longtemps en crise. Il s’agit de gouverner un être dont toute la subjectivité doit être impliquée dans l’activité qu’il est requis d’accomplir. A cette fin, on doit reconnaître en lui la part irréductible du désir qui le constitue. Les grandes proclamations sur l’importance du « facteur humain » qui pullulent dans la littérature du néomanagement doivent être lues à la lumière d’un type de pouvoir nouveau : il ne s’agit plus tant de reconnaître que l’homme au travail reste bien un homme, qu’il ne se réduit jamais au statut d’objet passif ; il s’agit de voir en lui le sujet actif qui doit participer totalement, s’engager pleinement, se livrer tout entier dans son activité professionnelle. »[vii]

Une novlangue totalitaire pervertissant le vocabulaire

            De fait, le macronisme symbolise parfaitement ce capitalisme totalitaire qui broie les âmes et les corps, qui ne raisonne qu’à partir des « mathématiques financières » (pervertissant au passage l’esprit scientifique et rationnel des mathématiques), qui ne jure que par les logiques de « rentabilité », de « compétitivité », de « flexibilité », d’« efficacité », etc. En somme, qui représente le point d’aboutissement de cette novlangue totalitaire, équivalente à celle utilisée par les nazis et que Victor Klemperer avait finement analysée dans Lingua Tertii Imperii (La Langue du Troisième Reich, 1947). Car le macronisme utilise une langue, celle du capital managérial dont la référence est le « tout-globish », ce langage vanté par le baron Seillière en 2004 comme « la langue des affaires et des entreprises » : que l’on songe à la ministre de la Santé Agnès Buzyn, toute heureuse d’annoncer sur Twitter le 13 janvier 2020 qu’elle est « allée échanger sur la mise en œuvre du plan “Investir pour l’hôpital” au centre hospitalier de Corbeil Essonne @CHSF91 : les avancées en néonatologie, en neurochirurgie, aux urgences avec par exemple le poste de “bed manager” (gestionnaire de lits), se concrétisent. »[viii] Les personnels hospitaliers n’ont « curieusement » pas saisi le message, débouchant sur la démission de 50 responsables de l’Assistance publique des hôpitaux de Paris (AP-HP) pour dénoncer la mise à mort du système hospitalier[ix] ; une mise à mort débouchant sur des conséquences désastreuses, à l’image de la fermeture du service de cancérologie de l’hôpital de Cherbourg pendant les fêtes de Noël… débouchant inévitablement sur le décès de patients parfois présents depuis 10 ans[x].

Avec le macronisme, on retrouve nombre de caractéristiques que Victor Klemperer avait relevées dans le langage des nazis, à savoir la langue d’un petit parti qui s’impose totalement à une société, utilisant tous les canaux médiatiques – et pouvant pour cela compter sur le soutien des éditocrates et autres chiens de garde[xi] – et réduisant les opposants à des « riens », des illettrés, des « complotistes », etc. ; en bref, en exprimant une violence de classe décomplexée et sans limite, pervertissant la langue et instituant la « nouvelle raison du monde » strictement financiarisée. Mais pour parvenir à imposer son emprise linguistique, le macronisme exproprie (comme tout bon capitaliste) le langage historiquement constitutif des forces de gauche. C’est ainsi que le gouvernement proposerait une « réforme » (en réalité, une contre-réforme réactionnaire) des retraites visant à créer un système « universel » pour une véritable « équité » et une « justice sociale », alors que les opposants farouches font preuve d’« immobilisme » et d’« archaïsme » face aux véritables « progressistes ».

Capitalisme managérial et fascisme : des liens étroits

            D’aucuns rétorqueront qu’il est exagéré d’établir une analogie avec le nazisme. C’est oublier que le macronisme ne jure que par un management dont les racines remontent… dans la gestion (au moins partielle) des entreprises sous le nazisme, ce que relève l’historien Johann Chapoutot dans son tout récent ouvrage Libres d’obéir. Le management, du nazisme à la RFA, dont les éditions Gallimard proposent le résumé suivant :

« Reinhard Höhn (1904-2000) est l’archétype de l’intellectuel technocrate au service du IIIe Reich. Juriste, il se distingue par la radicalité de ses réflexions sur la progressive disparition de l’État au profit de la ‘communauté’ définie par la race et son ‘espace vital’. Brillant fonctionnaire de la SS – il termine la guerre comme Oberführer (général) –, il nourrit la réflexion nazie sur l’adaptation des institutions au Grand Reich à venir – quelles structures et quelles réformes ? Revenu à la vie civile, il crée bientôt à Bad Harzburg un institut de formation au management qui accueille au fil des décennies l’élite économique et patronale de la République fédérale : quelque 600 000 cadres issus des principales sociétés allemandes, sans compter 100 000 inscrits en formation à distance, y ont appris, grâce à ses séminaires et à ses nombreux manuels à succès, la gestion des hommes. Ou plus exactement l’organisation hiérarchique du travail par définition d’objectifs, le producteur, pour y parvenir, demeurant libre de choisir les moyens à appliquer. Ce qui fut très exactement la politique du Reich pour se réarmer, affamer les populations slaves des territoires de l’Est, exterminer les Juifs. Passé les années 1980, d’autres modèles prendront la relève (le japonais, par exemple, moins hiérarchisé). Mais le nazisme aura été un grand moment managérial et une des matrices du management moderneLa question que pose Johann Chapoutot, c’est celle de l’adaptabilité des mêmes formes d’organisation productives à des régimes politiques qui peuvent être résolument opposés, dès lors que cesse la réflexion sur la nature sociale du travail. »[xii]

            Bien évidemment, cette thèse ne pouvait que provoquer le courroux des chiens de garde à l’image du dandy Guillaume Erner[xiii]. C’est oublier que les forces du capital, sans sentiment réel (si ce n’est feint), ne reculent devant rien pour satisfaire la seule loi qui leur convienne, celle du profit. Dans son ouvrage Le vin et la guerre. Comment les nazis ont fait main basse sur le vignoble français (2017), l’historien Christophe Lucand démontre les liens consanguins entre valorisation de la rentabilité et collaboration avec le nazisme :

« Avec le retour à la paix et l’intégration de la France au monde atlantique américain, toutes les conditions sont réunies pour que le commerce et la viticulture, si rapidement convertis à l’ordre allemand en 1940, après des décennies de crise, se tournent cette fois résolument vers les marchés extérieurs construits ou restaurés par le nouveau maître à l’Ouest. Mais en créant les conditions d’un gigantesque pillage de l’économie vitivinicole français clos et hiérarchisé, principalement tourné sur lui-même, pour le placer durablement sous la dépendance de marchés extérieurs. Dès lors, tout ou presque orientera les négociants et les viticulteurs français vers des exportations en constante expansion, dans une logique d’accumulation capitalistique renouvelée et affranchie de contraintes réglementaires, conduisant à l’émergence d’un paysage vitivinicole français complexe, traversé par de profondes contradictions.

Dans ce moment tourmenté de notre Histoire, les vignobles français ont donc vécu Le chagrin et la pitié, un monde où le cynisme commercial et la cupidité ont côtoyé l’opportunisme le plus obscène et, parfois, la réserve, voire quelques rares résistances. C’est le temps où la loi du profit et la cupidité l’emportèrent largement sur le sens patriotique. Face aux discours dominants qui, dans ce domaine, ne font toujours état que de faits de résistance, l’accent est mis sur les vérités désagréables. Par-delà le « miroir brisé » et la démythification inachevée de l’événement, les rapports entre le vin et la guerre durant l’occupation nazie nous ouvrent les portes des arrière-boutiques de la France. »[xiv]

Le macronisme, tapis brun pour la fascisation de la France[xv]

C’est exactement le discours de Macron était déjà porté par… les tenants du Redressement français, fondé par le magnat du pétrole Ernest Mercier en 1925, dans le but de « rassembler l’élite et éduquer les masses ». On y trouve alors tout un tas d’industriels et de banquiers désireux de « moderniser » la vie politique – c’est-à-dire d’en finir avec le parlementarisme – et économique, et d’en finir avec le syndicalisme « archaïque ». L’esprit est résumé par le comte Edmond de Fels, fondateur de la Revue de Paris nouvelle version, qui présente le mouvement dans un article du 1er mai 1926 : « C’est un groupement fondé par des “industriels et des intellectuels inspirés par un sentiment de patriotisme“, qui se “donnent pour mission la défense des intérêts généraux de la France“, menacés par “une crise morale, financière et sociale, provoquée par les erreurs de l’Ecole dirigeante“. Ces erreurs seront réparées grâce à “un esprit dégagé de toute passion politique, de toute influence de parti“, grâce à “leur compétence de directeurs de grandes affaires, leur habitude du pragmatisme“. “Voilà la nouveauté, voilà l’originalité du Redressement français“. »[xvi]

Un grand nombre de ces messieurs[xvii], désireux de faire une vraie « révolution » – de Fels lui-même publie en 1925 La Révolution en marche… – afin de transformer le pays, adeptes d’un « ni droite-ni gauche » les amenant à soutenir l’extrême droite (que l’on songe au parfumeur François Coty[xviii] qui fonda Solidarité française…), convaincus que la technocratie est l’avenir et que l’ordre et l’autorité de l’Etat doivent être restaurés, européistes favorables à une entente et un partenariat avec l’Allemagne, profondément anticommunistes et antisyndicalistes, finissent pour l’immense majorité… à Vichy. Que l’on songe à Jean Bichelonne, industriel, haut fonctionnaire et technocrate réputé avoir « la tête la mieux faite de son époque »[xix], et qui signa avec Albert Speer – le ministre de l’Armement et de la Production de guerre du IIIe Reich – les accords de Berlin de septembre 1943 pour mettre la production française au service de l’Allemagne nazie… On est d’autant plus frappé de l’écho avec les idées de « Jupiter », auteur en 2016 de Révolution dans lequel il reprend toutes les idées développées par ces technocrates persuadés que l’Etat se portera mieux s’il est dirigé par des « experts » et des personnalités de la « société civile » (de fait, la bourgeoisie macroniste) :

« D’autres imaginent que la France peut continuer de descendre en pente douce. Que le jeu de l’alternance politique suffira à nous faire respirer. Après la gauche, la droite. Les mêmes visages et les mêmes hommes, depuis tant d’années. Je suis convaincu que les uns comme les autres ont tort. Ce sont leurs modèles, leurs recettes qui ont simplement échoué. […] Nous devons tous sortir de nos habitudes. L’État, les responsables politiques, les hauts fonctionnaires, les dirigeants économiques, les syndicats, les corps intermédiaires. C’est notre responsabilité et ce serait une faute que de nous dérober ou même de nous accommoder du statu quo. »[xx]

En finir avec le macronisme et sa vision du monde déshumanisante

            Le 23 avril 2017, le soir du premier tour de l’élection présidentielle, Emmanuel Macron a été présenté comme le « rempart antifasciste », y compris par des naïfs et/ou godillots dits de gauche tels Pierre Laurent, Benoît Hamon, et même Philippe Martinez, expliquant qu’aurait lieu le combat contre Macron après avoir vaincu Le Pen. Près de trois ans de macronisme ont révélé ce que le PRCF ne cessait déjà de dire en 2017 en appelant à l’abstention au deuxième tour : le macronisme révèle jour après jour son visage dénué du moindre sentiment d’humanisme, accélérant l’euro-décomposition de la France et de la République, l’euro-destruction des conquêtes sociales et démocratiques et l’euro-fascisation qui arase nos libertés publiques. Vecteur du capitalisme euro-atlantique et de l’européisme fascisant, le macronisme vise à imposer par tous les moyens (intimidation, stigmatisation, répression, destruction…) la domination d’une « nouvelle raison du monde » glorifiant les esprits dociles et les serviteurs zélés et matraquant les opposants à un ordre profondément déshumanisant, ne respectant même pas sa jeunesse et ses seniors – que l’on se souvienne de Geneviève Legay[xxi]. Un pouvoir d’essence totalitaire, comme l’affirmait déjà Herbert Marcuse en 1968 :

« De la manière dont elle a organisé sa base technologique, la société industrielle contemporaine tend au totalitarisme. Le totalitarisme n’est pas seulement une uniformisation politique terroriste, c’est aussi une uniformisation économico-technique non terroriste qui fonctionne en manipulant les besoins au nom d’un faux intérêt général. Une opposition efficace au système ne peut pas se produire dans ces conditions. Le totalitarisme n’est pas seulement le fait d’une forme spécifique de gouvernement ou de parti, il découle plutôt d’un système spécifique de production et de distribution, parfaitement compatible avec un « pluralisme » de partis, de journaux, avec la « séparation des pouvoirs », etc. »[xxii]

            La négation de la dignité humaine, le macronisme européiste et fascisant le pratique tous les jours, violant systématiquement la Déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH) de décembre 1948, en attestent les articles 22 à 25 (bien entendu non respectés) :

« Article 22 : Toute personne, en tant que membre de la société, a droit à la sécurité sociale ; elle est fondée à obtenir la satisfaction des droits économiques, sociaux et culturels indispensables à sa dignité et au libre développement de sa personnalité, grâce à l’effort national et à la coopération internationale, compte tenu de l’organisation et des ressources de chaque pays.

Article 23 : 1. Toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions équitables et satisfaisantes de travail et à la protection contre le chômage.

2. Tous ont droit, sans aucune discrimination, à un salaire égal pour un travail égal.

3. Quiconque travaille a droit à une rémunération équitable et satisfaisante lui assurant ainsi qu’à sa famille une existence conforme à la dignité humaine et complétée, s’il y a lieu, par tous autres moyens de protection sociale.

4. Toute personne a le droit de fonder avec d’autres des syndicats et de s’affilier à des syndicats pour la défense de ses intérêts.

Article 24 : Toute personne a droit au repos et aux loisirs et notamment à une limitation raisonnable de la durée du travail[xxiii] et à des congés payés périodiques.

Article 25 : 1. Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires ; elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d’invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté.

2. La maternité et l’enfance ont droit à une aide et à une assistance spéciales. Tous les enfants, qu’ils soient nés dans le mariage ou hors mariage, jouissent de la même protection sociale. »[xxiv]

Voilà pourquoi il est plus que jamais urgent d’en finir avec le macronisme et ses corollaires, l’européisme destructeur des libertés publiques, des conquêtes démocratiques et sociales, des services publics, de la France et de la République, au service des amis de Macron et du patronat en deuil depuis l’officialisation du Brexit (ce qui d’ailleurs donné lieu à une scène digne d’une secte en plein Parlement européen[xxv]). Face aux possédés et fanatiques comme les macronistes, totalement dénués de sentiments humains, aucun compromis n’est possible : il faut les combattre et les abattre ! C’est également la conclusion de Frédéric Lordon dans un article au titre saisissant, « La précarité tue, le capitalisme tue, le macronisme tue » :

« Nous avons besoin de cette force car on n’a jamais vu les violents s’arrêter d’eux-mêmes de violenter. Nous sommes d’ailleurs déjà prévenus : « Des gens vont mourir ». C’est un pneumologue du CHR de Lille qui avertit. Ça va être une « tuerie ». Là on est déjà plus ébranlé parce que c’est Laurent Berger de la CFDT qui parle de la réforme de l’Unedic. Bien sûr, Laurent Berger, croit encore parler au sens figuré. Ça fait pourtant un moment que le capitalisme est passé au sens propre. Le macronisme, n’en parlons pas. Et tout ça est somme toute assez logique : quand il y a des politiques criminelles, « des gens vont mourir ». Nous avons besoin de cette force car, à ce sujet, l’histoire est assez formelle : on n’arrête pas les violents avec des fleurs. Nous avons besoin de cette force parce que, si les violents ne s’arrêtent jamais d’eux-mêmes, alors il va falloir les arrêter nous-mêmes. »[xxvi]

C’est pourquoi le PRCF œuvre à la fois pour la renaissance d’un Parti communiste franchement marxiste-léniniste, la reconstruction d’une gauche patriotique et populaire en lutte contre le fascisme, l’européisme et l’impérialisme, et le rassemblement dans un large Front antifasciste, patriotique, populaire et écologiste, un Fr.A.P.P.E associant les drapeaux rouge et tricolore, l’Internationale et la Marseillaise, portant l’héritage révolutionnaire de 1789 et 1793, de 1848 et 1871, de 1936, 1945 et 1968, en plaçant le monde du travail au cœur de ce rassemblement ouvert aux communistes, aux militants franchement insoumis, aux progressistes et aux patriotes antifascistes. Face à la destruction de la civilisation et de la dignité humaine par un pouvoir fanatique et inhumaniste s’impose le Frexit progressiste, nécessitant de sortir de l’euro, de l’UE, de l’OTAN et du capitalisme, autant d’outils au service de la destruction de la terre, des travailleurs et tout simplement de l’humanisme pour assouvir les intérêts de l’oligarchie financière et technocratique mondiale.

Rejoignez le PRCF pour en finir avec le macronisme européiste et inhumaniste, et ainsi conduire la République sociale, démocratique, laïque, souveraine, une et indivisible, la France et tous les citoyens et travailleurs vers de nouveaux « Jours heureux » !


[i] Voir le lien suivant : https://www.lefigaro.fr/actualite-france/lrem-refuse-d-allonger-le-conge-des-parents-endeuilles-20200131

[ii]  Pour rappel sur ce sujet, voir le lien suivant : https://www.initiative-communiste.fr/articles/luttes/interdiction-de-manifester-rapport-igpn-le-regime-macron-veut-cacher-ses-crimes-justicepoursteve/

[iii] Voir le lien suivant : https://www.lepoint.fr/societe/violences-policieres-l-onu-met-la-france-a-l-amende-15-05-2016-2039508_23.php

[iv] Voir le lien suivant : https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/01/30/surpopulation-dans-les-prisons-la-france-condamnee-par-la-cour-europeenne-des-droits-de-l-homme_6027767_3224.html

[v] Pour rappel sur ce sujet, voir le lien suivant : https://www.initiative-communiste.fr/articles/luttes/blanquer-tue-leducation-nationale-et-ses-agents-en-paient-le-prix/

[vi] Voir le lien suivant : https://www.liberation.fr/france/2020/01/31/suicide-d-une-directrice-d-ecole-les-profs-penalises-pour-lui-avoir-rendu-hommage_1776475?fbclid=IwAR0RXgTKXdp7Dh4KVDdvfL6KFDDILndRTB-yxg4k-m8rcODPTB_g60FqwrA

[vii] Lire Pierre Dardot et Christian Laval, La nouvelle raison du monde, Paris : La Découverte, 2009, p. 407-408.

[viii] Voir le lien suivant : https://twitter.com/agnesbuzyn/status/1216757229430497283 On appréciera l’unanimité des commentaires au sujet de cette « mesure » …

[ix] Voir le lien suivant : http://www.leparisien.fr/val-de-marne-94/sante-cinquante-responsables-hospitaliers-de-l-ap-hp-demissionnent-en-bloc-29-01-2020-8247681.php

[x] Voir le lien suivant : http://www.leparisien.fr/societe/l-hopital-de-cherbourg-ferme-le-service-de-cancerologie-pendant-les-fetes-01-01-2020-8227056.php?fbclid=IwAR1vlmaKHzLxMOc2Xj6zv5z4R0ct77Ufb_1cWaGHWvgCJVhmduNNh9uyG7E

[xi] Pour rappel sur ce sujet, voir le lien suivant : https://www.initiative-communiste.fr/articles/billet-rouge-2/sur-la-neutralit-des-chiens-de-garde-mdiatiques-qui-critiquent-le-journalisme-militant-par-f-k/

[xii] Voir le lien suivant : https://www.franceculture.fr/histoire/faut-il-organiser-un-nuremberg-des-drh

[xiii] Voir le lien suivant : https://www.franceculture.fr/histoire/faut-il-organiser-un-nuremberg-des-drh

[xiv] Christophe Lucand, Le vin et la guerre. Comment les nazis ont fait main basse sur le vignoble français, Paris : Armand Colin, 2017, p. 298-299.

[xv] Pour rappel sur ce sujet, voir la vidéo suivante : https://www.youtube.com/watch?v=tmJEzm5UnH8

[xvi] Extraits de la fiche Wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Redressement_fran%C3%A7ais Précisons que le manque de sources est facile à combler avec les recherches sur Internet…

[xvii] On ne peut que conseiller de lire l’extrait de l’ouvrage de Jean-Pierre Rissoan, Traditionalisme et Révolution, disponible au lien suivant : https://books.google.it/books?id=97AZAgAAQBAJ&pg=PA18&lpg=PA18&dq=comte+de+fels+revue+de+paris+1er+mai+1926&source=bl&ots=YwM2AsP-s-&sig=4hfySUoCmx6Ua_SsAiUIIORay8I&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwiA2K6DwM3cAhVCJBoKHYVaA40Q6AEwAHoECAAQAQ#v=onepage&q=comte%20de%20fels%20revue%20de%20paris%201er%20mai%201926&f=false Et surtout, se reporter aux excellents ouvrages d’Annie Lacroix-Riz sur ce sujet : Le Choix de la défaite : les élites françaises dans les années 1930, Paris, Armand Colin, 2006 ; Industriels et banquiers français sous l’Occupation, Paris, Armand Colin, 2013.

[xviii] Dont la fiche Wikipédia indique entre autres : « C’est un bonapartiste, nationaliste, fervent défenseur d’une République forte avec une prépondérance du pouvoir exécutif. Comme un certain nombre de ses concitoyens, il est un farouche adversaire du parlementarisme. » Voir le lien suivant : https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Coty

[xix] Cité dans Jean-Pierre Azéma et Olivier Wieviorka, Vichy, 1940-1944, Paris, Perrin, 2004.

[xx] Ces extraits sont disponibles au lien suivant : https://storage.googleapis.com/en-marche-fr/revolution/Revolution.pdf On remarquera au passage que les « dirigeants économiques », eux, ne sortent pas trop de leurs « habitudes » de réclamer de la « flexibilité », de licencier, d’exploiter, de délocaliser, etc.

[xxi] Voir le lien suivant : https://www.francetvinfo.fr/economie/transports/gilets-jaunes/affaire-genevieve-legay-le-procureur-de-nice-avoue-avoir-couvert-le-chef-de-l-etat_3551059.html

[xxii] Herbert Marcuse, L’Homme unidimensionnel, Paris : Minuit, 1968, p. 28-29.

[xxiii] Ce qui ne satisfera pas Patrick Drahi, ami d’Emmanuel Macron qui, inquiet que « les Chinois travaillent 24h/24 et les Américains ne prennent que deux semaines de vacances… », ajoutait aussitôt : « Mon modèle, ce n’est pas les deux semaines de congés payés, mais par rapport à ceux qui travaillent plus, on avance moins vite : ce sont les lois de la gravitation, si vous le permettez… ». Pour plus de précision, voir le lien suivant : http://www.lcp.fr/actualites/la-lecon-de-management-de-patrick-drahi-lassemblee

[xxiv] Le texte complet est disponible au lien suivant : https://www.un.org/fr/universal-declaration-human-rights/

[xxv] Voir le lien suivant : https://www.ouest-france.fr/europe/grande-bretagne/brexit/ce-n-est-qu-un-au-revoir-pour-le-brexit-les-eurodeputes-chantent-dans-le-parlement-europeen-6712809?fbclid=IwAR3rSrgm8WaJxkySs5cYHOJLXz_Wju9emg6ZA36vE7NzeGktKB2FnWvXL50

[xxvi] Voir le lien suivant : https://blog.mondediplo.net/la-precarite-tue-le-capitalisme-tue-le-macronisme