Entretien avec Michèle Picard, candidate communiste et insoumise à Vénissieux #vidéo

Dans la 14e circonscription du Rhône, les travailleurs peuvent compter sur une candidate pour les représenter : , l’actuelle maire de (). Pour les défendre du Macroniste Blein, alors que le PS Gérard Colomb – maire de Lyon – a tombé le masque en ralliant de manière totalement ouverte la droite et le gouvernement du jupéiste Edouard Philippe sous les ordres du banquier Macron.

Michèle Picard a accordé un long vidéo aux militants communistes du , pour Initiative Communiste.

 

L’entretien en vidéo

Abonnez vous à la chaine Youtube du PRCF : youtube.com/c/Initiative-communisteFR

L’état des forces en présence dans la 14e circonscription du Rhone.

Rappelons que dans cette circonscription où Jean-Luc Mélenchon a réalisé un score spectaculaire au premier tour de la présidentielle : en pourcentage des inscrits

    • Mélenchon 20,19%
    • Macron 14,71%
    • Fillon 7,95%
    • Le Pen 14,17%
    • Hamon 4,54%

Dès le 10 mai, le groupe local de la France Insoumise dans la 14e circonscription décidait majoritairement de ne pas présenter de candidat face à Michèle Picard. Et le 17 mai, les  militants France Insoumise de Vénissieux, Feyzin, Saint-Fons, Saint-Priest et Solaize se réunissaient pour confirmer la décision. Làs, de façon totalement incompréhensible et irresponsable, la direction de la France Insoumise de JL Mélenchon annonçait maintenir un candidat ! un scandale pour les militants locaux qui passe très mal et démontre que la porte aujourd’hui ouverte à Macron ne l’est pas exclusivement par la direction du PCF, mais que les dirigeants de la France Insoumise devront également faire face à leurs responsabilités.

Le 10 mai France Insoumise Vénissieux a décidé majoritairement de ne pas présenter de candidats dans la 14e circonscription pour ne pas entamer les chances de la gauche représentée par Michèle Picard de l’emporter. Les militants France Insoumise de Vénissieux, Feyzin, Saint-Fons, Saint-Priest et Solaize étaient de nouveau réunis, le 17 mai en soirée, pour arrêter leur décision définitive.

Les militants de la France Insoumise expliquent dans la presse : « La candidate communiste et maire de Vénissieux, Michèle Picard, était la mieux placée pour représenter la gauche, soulignent-ils. Nous ne voulons pas prendre le risque d’un second tour qui opposerait le FN à Yves Blein, l’ex-PS converti au macronisme. Malgré tout, le bureau national de la France insoumise a décidé d’imposer un candidat. Nous ne reconnaissons pas sa légitimité. »

Gérard Médioni, qui était jusqu’à présent coordonnateur du mouvement sur la circonscription, a annoncé qu’il se désengageait.

A l’évidence, le choix des travailleurs, dans la 14e ne sera pas des plus difficiles, le bulletin de vote Michèle Picard s’imposant même pour les militants de la France Insoumise.

Revue de Presse : la campagne dans la 14e du Rhône vue par l’Humanité

Rhône. Avec Michèle Picard, « la gauche efficace » de retour à l’Assemblée ?

Grégory Marin
Vendredi, 26 Mai, 2017
L’Humanité

Sur le marché de Saint-Fons (Rhône), la candidate communiste Michèle Picard, au centre, souhaite convaincre les électeurs qu’élue députée, elle « incarnera une gauche de combat et d’action ». Emmanuel Foudrot

Sur le marché de Saint-Fons (Rhône), la candidate communiste Michèle Picard, au centre, souhaite convaincre les électeurs qu’élue députée, elle « incarnera une gauche de combat et d’action ». Emmanuel Foudrot

La candidate communiste s’appuie sur son bilan de maire de Vénissieux, la plus grande ville de la 14e circonscription du Rhône, pour tenter de la reprendre au député PS sortant, désormais REM, sur fond de recomposition à gauche.

«Ne nous occupons pas des autres candidats, faisons la meilleure campagne possible ! » Ce conseil, la candidate communiste à l’élection législative dans la 14e circonscription du Rhône (1), Michèle Picard, le délivre plusieurs fois par jour à ses soutiens. Il faut dire qu’ici, le contexte national de recomposition politique embrouille la situation : 17 candidats, dont le sortant PS, Yves Blein, qui se représente pour la République en marche (REM), soutenu par un candidat PS de Vénissieux qui a renoncé à se présenter, Lotfi Ben Khelifa, contre un PS « officiel » mais hamoniste, Adrien Drioli… À droite, il y a aussi concurrence, entre un candidat UDI soutenu par « les Républicains », Maurice Iacovella, celui de Debout la France, Franck Muller, ou le FN Damien Monchau.

Le risque majeur qui guette la gauche

Dans cette circonscription ancrée à gauche depuis des décennies (2), peu de risque que le danger vienne de là. Même si le redécoupage de 2010 y a inclus une bonne partie de Saint-Priest, traditionnellement à droite (« ce qui peut jouer pour Macron », soupire-t-on au PCF), et que les deux plus petites communes de la circonscription, Solaize et Corbas, qui cumulent 7 300 électeurs, ont placé respectivement François Fillon et Marine Le Pen en tête au premier tour de l’élection présidentielle. Dans toutes les autres, Saint-Priest comprise, Jean-Luc Mélenchon est arrivé en tête (30,07 %, soit 16 156 voix sur les 55 420 électeurs). Reste que, dans un contexte national démobilisateur, et une situation locale délicate, il faut réunir 12,5 % des inscrits sur son nom pour être au second tour…

Le risque majeur qui guette la gauche réside dans ses propres divisions. Face à la maire PCF de Vénissieux, Michèle Picard, un autre Vénissian, Benjamin Nivard, se présente pour la France insoumise… contre l’avis du collectif local. Ce dernier a pourtant voté, choisissant, « à 70 % », selon un de ses membres qui parle sous couvert d’anonymat, de ne pas présenter de candidat FI, sans pour autant « envisager d’alliance avec le Parti communiste », précisait Gérard Médioni, le responsable local du mouvement, dans le Progrès du 12 mai. Selon un communiqué du collectif, évoquant le risque d’un « second tour qui opposerait le FN à Yves Blein, l’ex-PS converti au macronisme », la candidate communiste était « la mieux placée pour représenter la gauche ». Le comité national de la France insoumise avait alors décidé d’imposer un candidat, dont les partisans d’un retrait de la FI contestent la légitimité. Une bonne partie d’entre eux « fera campagne avec nous », assure, tranquille, Michèle Picard. Peu importe, « les assemblées locales ne donnent qu’un avis consultatif », tranchait Benjamin Nivard, fustigeant les « alliances qui ne mènent à rien » dans le Progrès. « C’est quoi ce bazar à gauche ? », questionne Lucienne, sur le marché du mardi matin de Saint-Fons, ville dirigée par la droite depuis 2014. « Profondément communiste », elle a « déjà signé » pour le comité de soutien de Michèle Picard. Un engagement « viscéral », mais « réfléchi » : elle a déjà fait ses preuves, peut « incarner une gauche de combat et d’action » à l’Assemblée nationale… La France insoumise ? « Comme le PS, ils m’ont déçu… » Elle veut néanmoins, comme de nombreux autres le laissaient entendre, transformer l’essai de la présidentielle, avec le meilleur bulletin. « Vous avez soutenu Mélenchon ? », demande cette dame voilée. « Oui », répond ce militant en tendant son tract. « C’est la gauche, alors… », dit la dame en le prenant. « La vraie gauche, efficace », conclut tout sourire la candidate.

« Pour l’accès à la culture, aux sports, à la démocratie de proximité… »

« Mais vous êtes qui ? », interroge la dame. « La maire de Vénissieux. » « Ah oui ! C’est bien. Rien à dire, Vénissieux c’est bien. » Cette interpellation, fréquente, n’a rien d’un détail : pour clarifier la situation, il suffit parfois de rappeler le bilan dans sa ville. « On nous dit “vous faites trop de social”, explique Michèle Picard. Mais c’est quoi le social ? Pour moi c’est global : l’accès à la culture, aux sports, à la démocratie de proximité… » Et de pointer la proposition « démagogique » d’Emmanuel Macron de supprimer la taxe d’habitation pour 80 % des ménages. « “On va nous le prendre ailleurs”, disent les gens. Si on veut qu’ils ne s’opposent pas à payer des impôts, encore faut-il qu’ils soient bien utilisés. À Vénissieux, on a par exemple le plein tarif de cantine le plus bas de l’agglomération. C’est du social pour tous », insiste-t-elle, faisant allusion aux électeurs FN qui accusent les élus de faire « du social “pour eux” », en pointant les Français d’origine étrangère.

Sur Radio Pluriel, antenne associative « numéro un sur la diversité », installée en contrebas du château de Saint-Priest, la candidate essuyait mardi après-midi les plâtres de l’émission Moi député. L’animateur, Noël, lui demande si elle sera le « porte-drapeau des villes populaires ». « Bien sûr, répond-elle. D’ailleurs, ça irait mieux si, à l’Assemblée nationale, des ouvriers, des employés, des instituteurs, etc., portaient les aspirations du peuple. » Dans sa ville, elle est connue pour prendre « des arrêtés anti-expulsions, se battre aux côtés des gens » les plus modestes, souligne un autre animateur, Mohand. « Continuerez-vous ce travail à l’Assemblée ? » « Les élus communistes ont porté des lois en ce sens, rappelle Michèle Picard, et il faut encore batailler pour faire respecter les droits fondamentaux qui sont inscrits dans la Constitution : logement, éducation, santé, emploi… Il y a de la place pour une gauche exigeante dans ce pays. »

Outre une loi sur l’encadrement des réseaux sociaux pour assurer la protection des mineurs sur Internet, ce « formidable outil de construction qui peut amener au pire », et la bataille sur le fret, « ferroviaire avec le contournement sud, mais aussi fluvial, car Blein ne s’en est jamais occupé », ce sont surtout ces droits fondamentaux que la future « députée de combat et d’action » veut porter. C’est ce qu’elle rappelle lors des réunions publiques ou des réunions d’appartements, comme mardi dernier, chez Marie-Claude, qui avait réuni ses voisins. Les participants s’arment en feuilles d’inscription au comité de soutien, en dépliants thématiques où se détachent en grosses lettres les priorités : « Droit au logement et dignité pour tous ; services publics pour tous ; emploi-formation-insertion, pour les droits des salariés… » Posant avec son suppléant, le syndicaliste de chez Bosch Vénissieux, Kamal Ahamada, la candidate communiste détaille non seulement la philosophie de son projet, mais également des « pistes d’action » qui seront ramassées en un document unique, sans doute disponible pour la dernière grande réunion publique à Vénissieux, le 8 juin. « Dans le contexte national, ces luttes revêtent une importance capitale. » Une participante acquiesce : « Ce gouvernement n’est ni pour les salariés, ni pour les collectivités, ni pour les gens en général. Si personne ne nous protège, que va-t-on devenir ? »