A bas les casseurs de France

A bas les casseurs, c’est le titre de l’éditorial du 200e numéro d’Intiative Communiste (cliquez ici pour retrouver le sommaire) le journal mensuel des communistes par et pour les travailleurs .

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La provocation du porte-parole du gouvernement Grivaux, appelant à des méthodes plus radicales, ne vient pas de nulle part : Macron lui-même, en bon ” Young Leader” de la French-American Foundation, multiplie les déclarations de ce type depuis son élection pour habituer le peuple de France à un discours de “winner” et imposer sa “start-up nation”.

Mais pour cela, il faut aussi réprimer. Castaner s’y emploie : des policiers et des gendarmes ont témoigné anonymement de leur écœurement devant les ordres de répression brutale et indiscriminée qu’ils ont reçus.

Parallèlement, le “grand débat” concocté par l’Elysée ne trompe personne, tant il est grossièrement truqué – rien sur le pouvoir d’achat, mais une question sur la meilleur façon de réduire les services publics, par exemple. Sans parler de ce procédé cher à l’extrême-droite qui consiste à traiter conjointement de la laïcité et de l’immigration…

La Une de IC n°200

Les progressistes conséquents ne condamnent donc pas à priori la violence de certains Gilets Jaunes, tant elle est négligeable en regard de celle qu’exerce le capital en généralisation le chômage e, la précarité, et les bas salaires. Le cœur du problème, c’est la conversion des directions syndicales nationales à l’idéologie du “dialogue entre partenaires sociaux” censé remplacer la lutte des (alors que le multimilliardaire Buffet déclarait cyniquement sur CNN en 2005 : “il y aune guerre des classes, c’est un fait, mais c’est ma classe, la classe des riches qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la gagner”).

En France, la dernière lutte syndicale nationale victorieuse date de 1995 : les cheminots n’étaient alors pas seuls à se battre contre le plan Juppé. juste après, pour pouvoir adhérer à la CES, la direction de la CGT décidait de rayer de ses statuts l’objectif de l’expropriation du Capital.

Depuis, la seule grande victoire fut celle contre le CPE en 2006 : les lycéens, qui ignorent les bonnes manières, entrèrent en grève illimitée. Quand, après des semaines, les syndicalistes de lutte réussirent enfin à entraîner leurs organisations dans le conflit, le gouvernement reculât aussitôt…

En dehors de cette belle, exception, aucun mouvement de masse durable n’a réussi à se construire en France depuis le début du siècle ! Du coup, la vapeur de la colère s’échappe par des soupapes que les syndicats ne maîtrisent pas. Ce furent d’abord les “autonomes” et autres “black blocks”, qui s’en prennent souvent aux symboles du grand capital ‘banques, assurances, magasins franchisés…) et aux policier sur les parcours des manifs. Parfois, ils attaquent un hôpital (ou brulent un drapeau du PRCF !) sans qu’il soit possible d’y mesurer la part de provocoation et d’infiltration policière. Aujourd’hui, ce sont des Gilets jaunes et des lycéens qui allument le feu. Comme de juste, le pouvoir en profite pour donner un nouveau tour de vis fascisant, et certains dirigeants syndicaux y voient la preuve que la violence de la est contre-productive.

Mais si ces manifs faisaient jonction avec celles de centaines de milliers de salariés en grève reconductible, elle feraient enfin cesser la violence incalculable de Macron, du MEDEF et de l’UE – ces gigantesques casseurs d’acquis sociaux et de souveraineté nationale. Et les tentatives de dévoiement de la contestation par les fascistes, qui agitent l’épouvantail du Pacte de Marrakech sur l’immigration (lequel n’a rien de contraignant pour les États), feraient long feu. Dans cette bataille, les vrais communistes (qu’ils soient au PCF) ou non un un rôle clé à jouer.

Vincent Flament -rédacteur en chef


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