VIVENT LES VACANCES  POUR  TOUS  !

Par Georges Gastaud et Jo Hernandez, militants du PRCF, syndicalistes.

Vacances CGT
Près de 80 ans après l’été 1936, où les occupations d’usine impulsées par le et la imposèrent la grande avancée des annuels, 50% des Français ne partent toujours pas en faute de moyens financiers. Et avec la montée du chômage, de la précarité, du mal-logement, de l’austérité salariale, avec le recul des pensions soumises à « décote », l’envol des droits d’inscription universitaires, la diminution des indemnités chômage et des minima sociaux, avec le déremboursement d’un nombre croissant de médicaments, l’envol des tarifs SNCF, EDF, etc., les inégalités devant les vacances et l’accès aux loisirs ne cessent de s’aggraver. Dans certains quartiers transformés en ghettos de l’exclusion, 80% des enfants n’ont d’autre horizon désespérant que la cité plus ou moins délabrée ; c’est d’autant plus vrai qu’avec la purge infligée aux communes par l’Etat-Maastricht (au nom de la « dette » et du sauvetage sans fin du sacro-saint euro), le nombre de colos et de « centres A » ne cesse de diminuer, ainsi que la qualité et la quantité des activités-jeunesses concernées.

Ajoutons à cela que le tourisme, y compris certaines institutions de vacances qui doivent leur existence aux syndicats ouvriers et aux comités d’entreprise (institués par Croizat à la Libération), s’adapte de plus en plus aux riches et aux couches moyennes supérieures (les omniprésents « bobos »), sans parler des endroits où, en violation de la loi littorale, des espaces publics et notamment des plages sont privatisés de fait au profit des nantis. Alors que la France, première destination touristique mondiale, tire 20% de son PIB des activités touristiques (bien plus hélas que des activités industrielles en capilotade !), n’est-il pas honteux que la majorité des ouvriers, des employés et bon nombre de travailleurs indépendants de la ville et de la campagne, peinent à prendre un minimum de vacances enrichissantes, distrayantes, voire tout bonnement reconstituantes ?

Quitte à heurter les préjugés anticommunistes et antisoviétiques que les médias et l’école « républicaine » entretiennent à plaisir, il faut alors rappeler ce que faisaient en matière de vacances, de culture et de loisirs les anciennes démocraties populaires tant décriées chez nous. Tout était fait alors pour qu’aux frais de l’entreprise socialiste ou de la ferme collective (les fameux kolkhozes), chaque salarié et chaque agriculteur puisse partir annuellement au bord de la mer, sur le lac Balaton, dans des campings, des centres de vacances, où le professeur rencontrait la vendeuse et où le métallo randonnait aux côtés du médecin. A comparer avec les richissimes USA, où le droit aux vacances n’existe pas (sauf pour ceux qui ont les moyens) ou avec le Japon où les salariés ont fort peu de jours de congé… qu’il est d’ailleurs très mal vu de prendre tous !

Rien ne montre mieux combien le se soucie peu de l’homme et combien le , même s’il a subi parfois des distorsions diverses selon les temps et les pays, est au contraire centré sur l’homme-travailleur. Et nous n’avons encore rien vu hélas, en matière de régressions, puisqu’avec la loi Macron et les surenchères en la matière de la droite décomplexée (les prétendus « républicains » de l’ex-UMP), c’est feu roulant sur le repos dominical et sur les jours fériés, feu sur les 35h, parcours du combattant pour obtenir des chèques-vacances, exaltation de la « valeur-travail » (pour les autres, quant aux milliardaires, leur « travail » est d’empiler les yachts, il suffit pour s’en convaincre d’arpenter le littoral méditerranéen livré aux embarcations de luxe)…13 Wolinski classe ouvriere

Les congés payés, le droit aux vacances, comme le droit au travail inscrit dans la Constitution et si peu respecté, ne sont pas tombés du ciel ; ils ne sont pas des « acquis » immémoriaux mais des conquêtes sociales historiquement datées, résultant de luttes précises dont certaines ont coûté du sang ouvrier. Quand la classe laborieuse baisse les bras, quand elle cesse de lutter solidairement parce que ses organisations politiques et syndicales traditionnelles se sont compromises dans le « dialogue social » bidon et dans le soutien sans issue à la « construction » européenne patronale, quand certains travailleurs jalousent davantage les travailleurs étrangers ou ceux des autres branches d’activité qu’ils ne luttent contre le grand patronat, ces « acquis » fondent comme neige au soleil… et l’horizon devient aussi triste pour TOUS qu’une série de boîtes aux lettres cassées dans un hall d’immeubles à l’abandon.

Alors pas de vacances pour l’esprit de lutte et rendez-vous à la rentrée pour exiger tous ensemble notre dû en matière d’emploi, de salaire, de pension, de services publics, en un mot,  de dignité humaine pour tous !

 

11-8-15