Violences policières et provocations : la stratégie de la tension comme seul argument du gouvernement !

Faire peur, terroriser les manifestants et les travailleurs. C’est là la stratégie gouvernementale – s’inscrivant dans la logique du coup de force parlementaire avec l’utilisation totalitaire du 49.3 2016_04_23_InfoComCGT_LoiTravail_AfficheGreve_500pxà l’Assemblée Nationale – pour tenter à la fois de discréditer le mouvement social, mais d’éviter la contestation dans la rue.

Cette stratégie repose à la fois sur l’utilisation massive de la répression policières : gazage systématique, fouille, interpellations massives, violences physiques à l’origine de très nombreux blessés parfois très graves mais également de l’utilisation de provocateurs permettant de justifier la répression des manifestations.

Le but ? interdire la rue au manifestants, faire peur pour empêcher que les 70% de la population, ces dizaines de millions  de travailleurs ne se rejoignent tous ensemble dans la rue, bloque le profit et puissent ainsi prendre conscience de leur force. Le gouvernement – avec ses forces de l’ordre capitaliste et l’aide des provocateurs – cherche à diviser le mouvement social. Le 12 mai, des provocateurs cagoulés ont ainsi attaqué le cortège de la CGT et de FO. Sans aucune intervention de la police. Cette dernière prend au contraire prétexte de la présence de ces quelques dizaines d’agitateurs pour systématiquement attaquer les manifestations.

L’organisation de la lutte et la protection des cortèges est comme toujours dans l’histoire du mouvement social une nécessité impérative pour l’unité et l’efficacité de la lutte.

Les services d’ordre de la CGT et de FO attaqués par des provocateurs cagoulés.

violence policières valls cazeneuveLe PRCF avait dénoncé les et les provocateurs au lendemain des manifs dès le début du mouvement contre la Loi Travail.

Les événements parisiens du jeudi 12 mai confirment nos dires.

Les agressions contre le SO de la CGT, qui compte des blessés, rappellent combien il est nécessaire pour les manifestants d’organiser des Services d’Ordre solides capables de protéger les manifestations et d’éviter le vandalisme des provocateurs cagoulés ainsi que les provocations policières.

Cette question d’organisation est une question politique. L’absence de SO (ou des SO inopérants) est révélateur du “syndicalisme rassemblé” qui désarme les travailleurs tant sur le plan de l’action syndicale que de la sécurité des manifestations.

La dénoncée par les syndicats de la CGT

Communiqué de la CGT éducation Nord Pas de Calais

Les syndicats CGT Éduc’Action 59 et 62 réunis en Conseil Syndical, en présence des représentants de la CGT Éduc’Action Picardie, condamnent avec force les provocations et les violences policières qui se sont exprimées hier à Lille, Amiens et dans plusieurs autres villes de France.

Selon un scénario, aujourd’hui bien rôdé, prétextant la présence de casseurs au sein de la , les forces de l’ordre ont chargé les jeunes (lycéens et étudiants) présents au milieu du cortège et ont scindé la en deux, empêchant celle-ci d’atteindre son terme. Il ne s’agit pas de débordements dus à la colère légitime des manifestants, mais bien d’une stratégie de la tension mise en place par un pouvoir aux abois pour tenter d’étouffer la contestation grandissante de la politique sociale du gouvernement en général, de la loi El Khomri de casse du code du travail en particulier.

Il s’agit d’une atteinte inadmissible au droit constitutionnel de manifester.

Les syndicats CGT Éduc’Action 59 et 62 et les représentants du la CGT Éduc’Action Picardie appellent à faire des 17 et 19 mai de grandes journées de mobilisation, étapes de la construction d’un puissant mouvement social répondant à l’ampleur du mépris et de la gouvernementale et patronale.

Les syndicats CGT Éduc’Action 59 et 62 et les représentants du la CGT Éduc’Action Picardie exigent que les forces de l’ordre assurent, comme c’est leur devoir, la sécurité de tous les manifestants.

Ils exigent la libération immédiate de tous les manifestants arbitrairement interpelés.

Fait à Lille le 13 mai 2016

Quand le prefet de police de Paris tente de diviser les manifestants : témoignage de Solidaires

En publiant un communiqué suggérant que les syndicats collaboraient avec la police, la préfecture de police de Paris a contribué à provoquer les affrontements qui ont entaché la manif du 12 mai. Une manipulation qui a exaspéré au sein de Solidaires. Un camarade témoigne.

Dès le 11 mai au soir, les réseaux sociaux frémissaient d’une nouvelle sensationnelle : les syndicats allaient collaborer, main dans la main, avec la flicaille, durant la manif du lendemain. D’où venait l’info ? De la police elle-même bien sûr.

Le préfet Michel Cadot est pourtant connu pour sa façon sciemment approximative de diffuser des informations.

Malheureusement la manipulation a fonctionné puisque, le lendemain, les cortèges syndicaux ont dû subir pendant quelques temps les insultes et les provocations (« flics », « collabos »…) d’un groupe de manifestant.e.s qui avaient visiblement gobé la communication policière. A hauteur des Invalides, les manifestants qui ont affronté le SO de la CGT avaient les mêmes invectives à la bouche.

« Une décision unilatérale »

Mais de quelles sombres tractations la préfecture de police de Paris a-t-elle bien pu être le théâtre, la veille de la manif ? Un camarade de Solidaires témoigne :

« Que les choses soient claires, nous avons été reçus par le préfet Cadot à deux reprises.

La première fois, c’était le 28 avril, suite à la protestation de l’intersyndicale francilienne (CGT, FO, Solidaires, FSU, Unef) contre la répression et les violences policières. L’intersyndicale a alors rencontré le préfet pour lui demander des explications sur le déploiement des forces de l’ordre dans les manifs. A cette occasion nous avons dénoncé les méthodes des flics (couper les cortèges, ne pas nous laisser aller au bout du parcours, gazer, faire du zèle…) et affirmé que nous ne ferions pas de différence entre les « bons » et les « mauvais » manifestants. Bien sûr, avec des nuances selon les syndicats, comme l’a relevé le préfet lui-même : « Vous vous exprimez de manières différentes. »

La deuxième fois, c’était en allant déposer le parcours de la manif du 12 mai. Là, surprise, les services de la préfecture nous disent que le préfet en personne veut absolument voir l’intersyndicale. Intrigués, nous le rencontrons. On le sent quelque peu paniqué par le 49.3, redoutant qu’il entraîne explosion de violence. Il nous explique qu’il veut cadenasser la manif avec des flics, en particulier autour du cortège de Solidaires. Évidemment, nous refusons. Il nous dit alors que ses hommes souhaitent aller chercher les « casseurs » qui se cacheraient dans nos cortèges. La CGT lui rétorque que nous ne sommes pas des auxiliaires de police.

En désespoir de cause, il nous informe que ses hommes formeront un « U inversé » devant le carré de tête. Il s’agit là d’une décision unilatérale, ne laissant aucun choix dans le dispositif.

La soi-disant « relation étroite » mentionnée à la fin du communiqué se limite à un officier de liaison imposé à chaque syndicat, qui vient nous dire de temps à autre si ça avance ou pas – une sorte de régulation de la circulation qui ne nous est guère utile, puisqu’on sait très bien, par nous mêmes, si ça avance ou pas… Le mec, ça le fait clairement chier de venir nous parler, et on ne devient pas copains au fil de la manif… »

Conclusion : la préfecture dit ce qu’elle a envie de dire, que ce soit pour se faire bien voir de la Place Beauvau ou pour jeter la suspicion sur les organisations syndicales. Mais on n’est pas obligé de la croire sur parole. Ni de faire circuler les cancans policiers sur les réseaux sociaux en croyant partager une révélation sensationnelle.

Suite à cette échauffourée, qui a fait des blessé.e.s de part et d’autre, ça cogite ferme au sein des organisations syndicales pour éviter une redite. Dans tous les cas, suite à cette affaire, il y a de fortes chances qu’au moins la CGT, la FSU et Solidaires refusent de se retrouver dans la même pièce que le préfet… pour éviter toute velléité de manipulation !

Guillaume Davranche (AL Montreuil)

La CGT police dénonce la dangereuse stratégie de la tension : “Tout est mis en place pour que ça dégénère”

entretien avec Alexandre Langlois secrétaire général de la CGT Police, gardien de la paix, publié par l’Humanité le 4 mai 2016

2016_05_04_LoiTravail_Affiche_mon_œil_500pxComment analysez-vous les violences policières qui ont marqué les dernières manifestations contre la loi El Khomri ?
Alexandre Langlois Tout est mis en place pour que les manifestations dégénèrent. Côté renseignement, on constate depuis une dizaine d’années une double évolution, avec des manifestants beaucoup plus pacifiques qu’avant, mais des casseurs toujours plus violents, organisés de manière quasi paramilitaire. Certains de ces groupes sont identifiés avant qu’ils intègrent les manifestations. Mais aucune consigne n’est donnée pour les interpeller en amont.
Vous parlez d’une « volonté délibérée » que les manifestations dégénèrent. Comment cela se traduit-il pour vous, sur le terrain ?
Alexandre Langlois Prenons l’exemple du 9 avril. En fin de journée, nous savons qu’un groupe de casseurs dangereux vient d’arriver gare du Nord pour aller perturber Nuit debout, à République. Une compagnie de CRS se trouve sur leur passage, prête à intervenir. Mais l’ordre leur est donné par la préfecture de se pousser dans une rue adjacente ! Les collègues leur signalent l’imminence de l’arrivée du groupe de casseurs. Mais ordre leur est confirmé de les laisser gagner place de la République, avec les conséquences que l’on connaît ! Par contre, quand il s’est agi d’aller protéger le domicile privé de Manuel Valls, ce soir-là, cette fois les ordres ont été clairs…
Au-delà des casseurs, comment expliquez-vous les ruptures de cortèges, l’usage systématique de gaz lacrymogènes, voire les brutalités policières gratuites ?
Alexandre Langlois C’est important de rappeler que, dans les manifestations, tous les collègues sur le terrain n’interviennent que sur ordre. Si certaines, comme le 1er Mai, se terminent en « souricière » place de la Nation, c’est que l’ordre en a été donné. Le message qui est passé, c’est « casseurs venez, vous pourrez agir en toute impunité, et manifestants ne venez plus avec vos enfants, car c’est dangereux pour vous ». Et à la fin de la journée, les médias ne parlent que des violences, et surtout plus des raisons pour lesquelles les citoyens manifestent. Le pouvoir politique instrumentalise la police, qui sert de bouc émissaire. Cela permet au gouvernement de faire diversion.
Comment les policiers vivent-ils cette situation ?
Alexandre Langlois Nous sommes épuisés. Les collègues souffrent d’une perte de sens de leur métier. Aujourd’hui, on leur demande du rendement statistique et d’exécuter des ordres qu’ils jugent incompréhensibles ou injustes. La police est déshumanisée. On compte un suicide en moyenne par semaine dans notre profession. À la CGT police, nous défendons l’idée d’une force publique à l’usage du peuple, celle de la déclaration des droits de l’homme de 1789, une « force pour l’avantage de tous, et non pour l’utilité particulière de ceux auxquels elle est confiée ».

La violence contre le mouvement? par le Front Syndical de Classe :

Hier encore au vu de ce qui s’est passé dans plusieurs manifestations et notamment à Paris on peut s’interroger sur le rôle de ceux qui en marge des manifestations sous couvert de lutte anti-flic s’en prennent au service d’ordre chargé de la sécurité des manifestants. (10 blessés parmi les camarades).

Et sur leur rôle effectif en convergence avec le dispositif policier mis en place par la préfecture et le ministre de l’intérieur.

 

Car depuis le début du mouvement on a pu noter le caratère totalement inhabituel du dsipositif policier en contact direct avec les manifestants et le blocage/nassage des manifestants pacifiques en particulier le 1er mai matraqués et gazés copieusement!

Le syndicat CGT police comme le syndicat Alliance notant la volonté certaine du pouvoir socialiste de déconsidérer le mouvement à partir de l’organisation des violences relayées en boucle par la presse favorable aux contre-réformes.

Cf notre article du 2 mai dernier : “Favoriser et provoquer les violences pour contrer le mouvement social ?”

http://www.frontsyndical-classe.org/2016/05/favoriser-et-provoquer-les-violences-pour-contrer-le-mouvement-social.html

Hier encore la presse réactionnaire se chargeant photos à l’appui de mettre l’accent sur les désordres au détriment du contenu de la colère populaire et de l’annonce des grèves dans des secteurs stratégiques qui se profilent la semaine prochaine et qui sera un moment décisif.

Alors soyons lucides sur ce qui se passe!

 

La violence contre le mouvement?
La violence contre le mouvement?