Pôle position du 3 juin 2010.
Le PRCF donne un point de vue franchement communiste sur l’actualité.

Les syndicats de cheminots, y compris ceux qui se réclament de la lutte sociale, sont placés devant leurs responsabilités: pour satisfaire aux diktats de la Commission européenne, qui exige que la SNCF cesse d’être une société nationale pour devenir une EPIC, comme la poste vient de le devenir pour les mêmes motifs (« concurrence libre et non faussée »), le gouvernement Sarkozy aux ordres de Bruxelles vient d’engager une procédure qui conduit à la dénationalisation de l’entreprise nationalisée par le Front populaire.

Il sera désormais difficile aux dirigeants syndicaux, pas seulement à ceux des briseurs de grèves de la CFDT, mais à ceux de la CGT et de SUD, de continuer à raconter aux cheminots qu’ils doivent se battre dans le cadre de l’UE pour une « bonne » construction européenne, pour une « Europe sociale », pour un « service public européen » et autres mensonges destinés à faire passer la casse des acquis sociaux et des services publics construits dans le cadre national. Construire l’Europe capitaliste, c’est détruire la France républicaine et les acquis de 1945. C’est également détruire ce qui subsiste de la Fonction publique, de l’EDF et de l’Education nationale: c’est au nom de la baisse des déficits publics exigée sur l’air de la Walkyrie par Angela Merkel pour « sauver » leur maudit euro, qu’il faudrait qu’EDF vende à bas prix son électricité à ses propres concurrents pour aider à son propre euro-dépeçage; quand à l’Education nationale, 16 000 suppressions de postes par an (de loin le plus gros plan social du pays quand on pense au nombre de jeunes diplômes condamnés au chômage ou à l’hyper-précarité au bout de leurs dures études), c’est aussi au nom de la « baisse des dépenses publiques » commanditée par Bruxelles, c’est aussi au nom de l’alignement du modèle éducatif républicain français sur l’anti-modèle anglo-saxon (pas de statut pour les profs, faible contenu culturel, concurrence à tous les étages, « compétences » à la carte et non diplômes nationaux inscrits dans des conventions collectives) qu’elle est victime de la plus grave attaque depuis le régime vichyste.

Si l’on ajoute à cela que c’est au nom de la survie de l’euro, facteur de vie chère, de destruction de l’emploi industriel et d’austérité salariale, que les europhiles Sarkozy et Strauss-Kahn veulent ensemble casser la retraite par répartition, on voit que notre pays et sa classe ouvrière, public et privé compris, est à la croisée des chemins: rester dans l’UE, dans la « zone euro » en pleine déconfiture, c’est accepter la mort rapide de notre pays et un énorme recul de civilisation pour le monde du travail.

Les dirigeants syndicaux, qui à l’instar de Thibault, ne savent plus quoi faire pour donner des gages à la Confédération européenne des syndicats (la courroie de transmission pseudo-syndicale du patronat européen, qui inscrit totalement son (in-)activité dans le cadre des « traités européené) ne pourront plus tenir longtemps leur langage mensonger.

Que de toutes les manifs à venir montent le slogan popularisé dans le Nord-Pas-de-Calais par les militants du PRCF: « la monnaie unique / n’aura pas le servic’ public » et « les acquis sociaux / val’ent mieux qu’la survie d’l’euro ». Et que partout, comme le demande le PRCF dans le cadre de l’Arc républicain de progrès, monte l’exigence populaire de sortir de l’UE et de reconstruire la France républicaine sur la base des idées de progrès social et d’indépendance nationale qui permirent l’émergence des idées toujours neuves du Conseil National de la Résistance.