Manifestation pour les retraites à Monaco : les explications de Alex Falce

Ce 22 juin, les travailleurs de la principauté de sont mobilisés, avec plusieurs cortèges à travers la ville pour faire entendre leurs voix pour leurs droits à la retraite. Initiative Communiste a pu s’entretenir avec , syndicaliste de l’, l’un des organisateurs de la mobilisation


Alex Falce lors d’une manifestation de l’

IC : Pour beaucoup, Monaco a l’image du « bling-bling », occupé par des milliardaires, (méga yatchs, casino, palaces luxueux, …). Mais comme partout, à Monaco il doit bien y avoir des travailleurs, non ? Combien sont-ils ? Quels sont leurs syndicats ?

AF : Effectivement, sur la carte postale c’est ce qui apparaît, mais ce n’est pas que cela et derrière c’est loin d’être aussi idyllique. La richesse de ce petit pays, de 2,7 Kms, est le fruit du travail des 55.000 salariés, dont plus de 40.000 proviennent du département français voisin, (Alpes-Maritimes). C’est ainsi qu’il bénéficie d’un budget excédentaire depuis 5 années consécutives. Le Produit Intérieur Brut (PIB) y a augmenté de 37%.

Les travailleurs réclament donc, à juste titre, une meilleure répartition de cette richesse créée par leur travail. Pour cela, ils ont la possibilité d’adhérer et d’agir avec les 40 syndicats professionnels affiliés à l’Union des Syndicats de Monaco (USM), qui comptent 2.600 syndiqués. C’est un syndicat de , naît, avec l’aide de la CGT, le 6 octobre 1944, soit à peine un mois après la Libération de Monaco (3 septembre 1944). A la retraite, ils peuvent aussi adhérer à l’Union des Retraités de Monaco (URM).

IC : Les travailleurs de Monaco sont appelés à manifester ce 22 juin 2017. Quelles sont leurs revendications ?

AF : En effet, les travailleurs de Monaco sont appelés, par l’USM, à faire grève et à manifester, comme ce fut le cas les 16 juin 2016 et 6 décembre 2016 où, déjà, plus de 1.500 salariés et retraités s’étaient rassemblés dans l’action. Pour ce faire, ils se retrouveront à 4 pré-rassemblements et en autant de cortèges, ils convergeront vers le centre de Monaco pour se retrouver ensuite tous ensemble, et en même temps, près du Port, où se trouvent justement les méga yatchs, pour se faire entendre.

Il faut savoir qu’à Monaco, il n’y a pas de code du travail. Les licenciements ne sont pas obligatoirement motivés, le travail précaire n’est pas du tout règlementé dans la loi, il n’y a pas de comité d’entreprise, … Il existe toutefois quelques textes de loi sociaux, arrachés, comme partout ailleurs, par les luttes des anciens durant ces 73 dernières années. Mais certains font, là aussi comme un peu partout ailleurs, l’objet d’attaques du patronat et de ceux qui les servent. C’est ainsi, par exemple, que la loi sur le salaire qui prévoyait l’obligation d’appliquer au minimum les grilles des salaires de la région économique voisine (région PACA), n’est plus appliquée par les employeurs depuis une vingtaine d’années, sans qu’ils soient pour le moins du monde inquiétés.

Comme on peut le constater, la fléxi-sécurité y est déjà en vigueur, et ce qui se prépare en France n’est pas fait pour rassurer les salariés et retraités de Monaco. A noter, d’ailleurs, que l’Union des Syndicats de Monaco avait participé, à plusieurs reprises, avec la CGT, aux manifestations contre la « loi travail » sur Nice.

IC : Pour préparer cette mobilisation, vous avez fait signer une pétition. Combien de travailleurs et retraités ont signé ?

AF : La pétition, sous forme de cartes-pétition, a été un grand succès. Ce sont 10.000 cartes qui ont été remises, le 8 juin dernier, au Conseiller de Gouvernement monégasque, Ministre des Affaires sociales et la santé ? Au travers de celles-ci, les signataires demandent une meilleure protection sociale et aussi d’être reconnus.

Il est vrai que cette action nous a permis de contacter directement 10.000 salariés et retraités, laissant présager une plus grande mobilisation pour l’action de ce 22 juin, mais aussi celles à venir, car pour les deux organisations, l’USM et l’URM, il n’est pas question d’en rester là. Leur devise, «  Ne pas agir est pire que tout » …
Il faut également souligner que nous avons également le soutien de : Quim Boix – Secrétaire General de l’UIS (Union Internationale de Syndicats) des Pensionnés et Retraités de la FSM (Fédération Syndicale Mondiale).