#manif28juin 130 actions dans toute la France, pas de vacances pour l’esprit de résistance

La colère des travailleurs gonfle en France. Ce 28 juin, pour la première fois depuis l’arrivée à l’Élysée de Macron, la confédération FO a décidé de rejoindre la CGT pour organiser 130 actions, manifestations, rassemblement dans toute la France. Une manière de prendre date pour la suite et qui tourne la page d’un an de remous alors que le leader de FO, encarté au PS, avait de fait apporté son soutien à la politique de Macron, contre l’avis d’une large majorité des syndicalistes de sa centrale, comme l’a démontré au printemps le congrès de FO qui a chassé Mailly sous les hués. Cependant, le mouvement social, le tous ensemble et en même temps en aura largement pati de l’automne 2017 au printemps 2018. Mais du mouvement des étudiants à la grève des cheminots en passant par celle des électriciens et gaziers, il y a un puissant mouvement de colère qui se lève dans toute la France. Que ce mouvement social se fédère dans l’action, tous ensemble et en même temps pour briser d’une même main les chaînes de l’Union Européenne qui privatise l’éducation, la santé, la , EDF-GDF etc. pour refuser l’euro-austérité qui écrase les salaires et les pensions, pour défendre la Sécu, pour protéger les diplômes nationaux, les conventions collectives, les statuts et le code du travail, et le rapport des forces s’en trouverait immédiatement modifié à l’avantage des travailleurs. Il ne doit pas y avoir de vacances pour les luttes. C’est bien le message qui était adressé, dans l’unité, dans les manifestations de ce 28 juin partout en France

: la mobilisation continue. la moitié des travailleurs d’ENGIE (GDF) en grève le 26 juin

Des taux de grévistes records à ENGIE (ex GDF) menacée de privatisation, des grèves reconductibles qui durent depuis de longues semaines avec occupations de sites dans le réseau de distribution, des actions pour défendre les centrales électriques (Gaz, Charbon, Hydrauliques ou nucléaires…) du service public de l’électricité, des dizaines de milliers d’électriciens et gaziers sont à l’action. Plus de 200 sites sont occupés ou bloqués ou mobilisés à travers la France. La CGT mines energies précise :

  • Les salariés de la distribution de l’électricité (ENEDIS) et du gaz (GRDF), filiales d’EDF et d’ENGIE, occupent plus d’une centaine de sites à l’échelle nationale, revendiquant plus d’emplois, plus de reconnaissance de leurs compétences, de meilleures conditions de travail et de salaire pour pouvoir assurer leurs missions de service public. Ils s’insurgent aussi face à la réforme de l’astreinte que veut imposer la direction.
  • Les salariés de la production d’électricité hydraulique, charbon et nucléaire continuent de se mobiliser pour la défense des barrages, l’arrêt de la fermeture des centrales charbon et nucléaires et surtout pour que l’avenir de la production soit sous maîtrise publique. Des actions ont lieu dans certaines centrales nucléaires et sur des sites hydrauliques comme à Grand’Maison demain (plus grand site de production d’électricité hydraulique de France).
  • Les salariés du Groupe ENGIE sont appelés à une grande journée de mobilisation le 26 juin 2018 pour l’avenir du Gaz en France, quand le choix d’ENGIE est d’abandonner cette énergie. Cette journée fera aussi l’écho à l’annonce du gouvernement de la privatisation totale d’ENGIE.
  • Côté RTE, les salariés se mobilisent contre la fermeture des dispatchings régionaux (sites de pilotage régionaux des lignes électriques). La direction de RTE ayant décidé que tout devait être piloté depuis Paris, peut-être que son PDG désire lui-même actionner les disjoncteurs depuis son bureau à la Défense !

Du côté de ENGIE, GDF suez, le 26 mai a été une journée d’action historique avec près de 1 salarié sur 2 du service “relation client” en grève (43,2%), un chiffre sans précédent, tandis que l’intersyndicale CGT FO, CGC manifestait devant le siège du groupe à La Défense contre le dumping social et les délocalisations d’activités. 30% des activités ont d’ores et déjà été délocalisées ces dix dernières années dans des pays francophones à bas coût de travail (essentiellement au Maroc mais aussi au Portugal et à l’île Maurice) et l’on atteindra bientôt les 50% avec les nouvelles délocalisations programmées sur ces seuls six derniers mois, indique Gildas Gouvazé, FO, secrétaire du Comité central d’entreprise. Depuis sa privatisation à bas prix, ENGIE, résultat de la prise de contrôle de GDF par le groupe SUEZ, 80% de son activité clientèle à des prestataires extérieurs. Ces derniers, sous la pression du groupe qui leur demande de baisser les coûts de 30 %, délocalisent à tout va dans des pays où les salaires sont beaucoup plus faibles et la durée du travail beaucoup plus importante qu’en France. Résultat: des suppressions d’emplois, des baisses de salaires, mais aucun gain pour l’usager qui voit le service se dégrader tandis que les tarifs et abonnements eux augmentent. Les seuls gagnants ? les actionnaires du groupe qui reçoivent d’énormes dividendes : Engie a réalisé un bénéfice de 1,4 milliard d’euros en 2017 et les dividendes ont augmenté de 7%.

GDF, le service public privatisé, bradé, démantelé. C’est le résultat de l’Union Européenne.Un contre-exemple qui démontre qu’il faut se battre contre la réforme ferroviaire.
En 2004, Nicolas Sarkozy, alors ministre des Finances, jure que la transformation de l’établissement public Gaz de France en société anonyme n’entraînerait –jamais– sa privatisation.Cette réforme est réalisée pour appliquer les directives européennes du paquet énergie imposant la libéralisation, l’ouverture à la concurrence et la privatisation du secteur de l’énergie.
Deux ans plus tard, une nouvelle promesse prenait le relais : l’État doit obligatoirement garder un tiers du capital pour protéger les actifs. En 2014, cette règle est subrepticement modifiée : l’État ne doit plus détenir 33 % du capital mais 33% du droit de vote, ce qui en réalité minore la part du capital public, puisqu’il existe des droits de vote double. Aujourd’hui, le projet de loi Pacte programme la disparition pure et simple de cette disposition et le gouvernement actuel indique simplement que l’État n’envisage pas de céder ses parts « rapidement ». Entre temps, GDF a été fusionné avec le groupe privé Suez en 2008, puis le groupe GDF Suez est devenu Engie en 2015.
C’est exactement la même chose qui se passe pour la SNCF
Aujourd’hui, le régime Macron prétend qu’il peut vendre ses actions dans ENGIE sans perdre le contrôle de ce qui reste du service public du gaz. En effet, il détiendrait des “golden share” ou “action spécifique” qui lui permettrait de controler l’entreprise tout en restant ultra minoritaire au capital. Mais c’est un énorme mensonge. En effet l’Union Européenne et ses traités interdisent les actions spécifiques. Plusieurs arrêts de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) ont statué que les golden shares sont de nature à dissuader les investissements étrangers dans les sociétés concernées et constituent donc des restrictions à la libre circulation des capitaux prévue par les traités européens.

Pour la CJUE l’utilisation de l’action spécifique par un État pour bloquer une OPA ne peut donc être justifiée que par des motifs d’ordre public, de sécurité publique ou par des raisons impérieuses d’intérêt général.

Grève des cheminots, la mobilisation continue, appel à la grève les 6 et 7 juillet

La CGT principal syndicat de la SNCF, majoritaire avec SUD, appelle à continuer la grève les 6 et 7 juillet et durant tout l’été. L’UNSA, second syndicat de l’entreprise, n’appelle pas à cesser la grève mais bien à se tenir prêt à relancer le mouvement. Non la grève n’est pas finie à la SNCF. La mobilisation des cheminots a déjà permis de repousser pour un temps la fermeture de dizaines de lignes de train. Mais tant que la réforme ferroviaire et l’ouverture à la concurrence imposée par l’Union Européenne ne seront pas définitivement écartées, c’est bien ce qui attend le réseau ferroviaire. Elle aura aussi obligé le gouvernement à tomber le masque. Annonçant que les Français devront conserver la dette du ferroviaire, tandis que le régime Macron aux ordres de la Commission Européenne va privatiser les parties les plus rentables de la SNCF. Pour les travailleurs, usagers et cheminots, il faudra payer et trimer dur pour payer la dette, pour les actionnaires et multinationales ce seront les bénéfices avec les augmentations de tarifs programmées. Alors que le régime et ses chiens de garde médiatiques se repaissent du lancement du dépeçage de la SNCF, patrimoine commun de la Nation, de l’autre coté de la Manche, le Royaume Uni est obligé de renationaliser une société de chemin de fer privatisée. Car ce n’est plus un secret, l’ouverture à la concurrence, le morcellement du service public ferroviaire, sa privatisation, cela est inefficace, dangereux et coûteux. Ça ne marche pas, sauf pour remplir les coffres du Capital. La mobilisation doit donc continuer.
Les militants du PRCF étaient ce jour dans les cortèges interpro et avec les 10 000 cheminots en manifestations partout dans toute la France.

Info lutte n°49, le communiqué de presse de la CGT Cheminots

Le chiffre du jour

• 10 000, c’est le nombre de cheminots présents dans les cortèges interprofessionnels de ce jour.

Au cours de ces 18 premiers préavis, nous avons, ensemble, fait preuve d’un engagement, d’une lucidité et d’un sérieux sans faille.
La Fédération CGT, consciente de ce que cela représente, redit toutefois que la période estivale doit être placée sous le contrôle des cheminots.

ÉTÉ 2018 : SOUS SURVEILLANCE

Le Gouvernement et la direction de l’entreprise ne mesurent pas encore ce qu’ils ont semé. On ne fait pas de réforme régressive contre les salariés sans passer à la caisse tôt ou tard.

Les cheminots, fer de lance de la contestation sociale depuis près de 3 mois, ont à nouveau pris une place significative dans les cortèges interprofessionnels des manifestations en territoire ce 28 juin.

Si les cheminots conviennent, à juste titre, que les modalités d’action doivent s’adapter à la période estivale, ils restent cependant convaincus qu’il faut continuer à marteler les exigences portées au cours de ces 18 séquences de grève de 2 jours sur 5.

La Fédération CGT entend bien être au rendez-vous et appelle d’ores et déjà les cheminots à faire des 06 et 07 juillet prochains une nouvelle séquence de temps forts afin de rappeler au-delà du seul vote de la loi, que bien des pages de l’histoire restent à écrire.

Après avoir prélevé des jours indus de grève qu’elle doit aujourd’hui rembourser, la direction doit maintenant s’atteler à nous donner l’argent qu’elle nous doit après 3 ans de gel des salaires. La table ronde de négociation salariale, prévue dans la première quinzaine de juillet, doit donc être à la hauteur des attentes.

Le patronat ferroviaire doit, quant à lui, répondre à l’équation posée par Edouard PHILIPPE lui-même, concernant les garanties sociales des cheminots liées aux contraintes de nos métiers et qui doivent faire l’objet de contreparties.

Le Gouvernement n’en a pas fini avec la réforme et doit maintenant apporter des éléments concrets sur la reprise partielle de la dette, de même qu’il doit entendre et prendre en compte ce qui doit faire le contenu des décrets et ordonnances à venir.

La Fédération CGT appelle donc les cheminots à maintenir un bouillonnement revendicatif et à débattre des suites que nous donnerons ensemble et sur le long terme à l’action engagée pour la sauvegarde et le développement du service public ferroviaire en tous points du territoire.

Notre fierté quotidienne : être VOTRE Fédération CGT,
NOTRE force commune : être Cheminots !

En route vers la prochaine séquence de grève des 06 et 07 juillet 2018.

28 juin, une date pour poursuivre l’action :

On n’est pas là pour faire un chiffre, on est là pour prendre date, souligne Pascal Pavageau, le tout nouveau secrétaire général de FO a qui le congrès confédéral d’avril 2018), a ordonné de construire la perspective d’une mobilisation interprofessionnelle, y compris par la grève interprofessionnelle et en lien avec toutes les confédérations syndicales.. Les organisations syndicales et de jeunesse à l’origine du mouvement, ont invité les autres syndicats à se réunir dès fin août pour analyser la situation sociale et envisager les initiatives à prendre.

Les militants du PRCF étaient mobilisés dans les cortèges ce 28 juin, et mobilisés à la veille des congés d’été pour appeler à poursuivre la lutte, à fédérer toutes les colères, et pour proposer une perspective politique, un programme indispensable pour donner l’espoir aux travailleurs et relancer l’espérance pour la victoire des travailleurs. Avec un tract intitulé Pas de vacances pour l’esprit de résistance qui va circuler durant cet été.

 

28 JUIN En perspective de la rentrée – communiqué de la CGT

jeudi 28 juin 2018

Avec plus de 130 initiatives, sous formes diverses, recensées pour l’ensemble des départements – manifestations régionales, grèves et débrayages, pique-niques revendicatifs, distributions de tracts, tenues d’assemblée générale, péages gratuits, etc. – le 28 juin a permis à de nombreux salariés, jeunes, retraités, d’exprimer leur mécontentement face à une vieille politique d’austérité.
L’objectif de cette journée est de démontrer que la contestation sociale est toujours présente et que des alternatives sociales sont possibles.
Les luttes continuent à l’Energie, chez les Cheminots, pour les Hospitaliers, etc. et dans de nombreuses entreprises ou services.
Si cet été, chacune et chacun a droit à des congés mérités, conquis par les luttes, la CGT et ses militants ne seront pas pour autant en vacances.
Ils occuperont le terrain, à travers leur présence dans les festivals, sur les routes du tour de France, sur les lieux de villégiature ou encore au contact des saisonniers, du monde du travail et dans les initiatives qui seront décidées en territoire.
Dans la suite du 28 juin, il s’agit de préparer une rentrée offensive pour gagner l’augmentation des salaires et des pensions, la réduction du temps de travail, pour relancer nos industries et services publics, pour une protection sociale et des retraites dignes de notre siècle.

Montreuil, le 28 juin 2018