LEPAON : un recasement syndical compromettant, une insulte au syndicalisme authentique ! par JP Page

C’est Médiapart qui a rendu le scandale public : l’ex secrétaire général de la , Thierry , va être nommé, sur ordre de Macron, à l’inspection générale de la jeunesse et des sports. Une nomination de complaisance qui doit poser des questions de fond. Car l’ex leader de la CGT est un personnage choyé du pouvoir. En 2016, Valls le bombarde à la tête d’une mission chargée de mettre en place une agence de la langue française pour la cohésion sociale, avant de le placer président de l’Agence Nationale de Lutte contre l’Illettrisme. Problème, Edouard Philippe veut revoir les contours de la bonne place. Il faut recaser l’ex apparatchik qui a beaucoup brillé par son refus du syndicalisme de lutte et son militantisme pro Confédération Européenne des Syndicats, et fait dérivé la principale confédération syndicale derrière le réformisme et la CFDT, remplaçant le syndicalisme de lutte gagnant, par le syndicalisme rassemblé qui n’a donné au mouvement social que des défaites.

Observons, pour être juste, que ces “recasages” ne concernent pas que l’ex dirigeant de la CGT. L’ex patron de , , débarqué au congrès de 2018 avec pertes et fracas après le soutien honteux qu’il a apporté à Macron, brisant le mouvement de résistance aux ordonnances Loi Travail, s’est vu immédiatement offrir un confortable fauteuil européen au conseil économique et social européen. En juillet 2018, il rejoint Alixio, société de conseil patronale de Raymond Soubie… ancien conseiller social de Nicolas Sarkozy. La place étant tellement bonne et le scandale un peu gros, il annonce renoncer au CESE… où pourtant la ministre du travail Penicaud aurait, selon les connaisseurs du dossier, apporté son appui pour qu’il en prenne la présidence.

LEPAON : un recasement syndical compromettant, une insulte au syndicalisme authentique ! par JP Page

Nous n’avons pas l’habitude de nous délecter des dénonciations vengeresses qui font habituellement  le buzz sur les réseaux. Préférant privilégier les informations de fonds et d’intérêt général, au-delà de tout fracas moutonnier.   Mais le fait que Thierry Lepaon soit pressenti à l’initiative du pouvoir macronien pour occuper un poste de complaisance , bien rémunéré, une fonction pour laquelle il n’offre aucune espèce de compétence ne peut être passé sous silence. D’autant que cette amabilité du pouvoir actuel succède à son égard à la même amabilité du temps de Hollande et Valls.   Amabilité, bienveillance que l’on a pu constater par ailleurs largement à l’égard de nombreux dirigeants de la CFDT.   VOIR par exemple : http://www.frontsyndical-classe.org/article-chereque-flexibilite-et-retraite-assuree-114300568.html   Nous touchons donc là, par delà les changements politiques à une attitude bienveillante des classes dominantes à l’égard des dirigeants syndicaux partisans du “dialogue social“, de la culture du compromis, réfutant l’antagonisme de classe opposant travailleurs et patronat/pouvoir politique.   A ce niveau et à cette fréquence nous touchons par conséquent à ce qui s’apparente à une véritable des “élites” syndicales dirigeantes par les dirigeants politiques … et patronaux.   Ce n’est pas nouveau !   De tous temps, après avoir longtemps interdit le droit même des travailleurs de se coaliser face aux exploiteurs, dès ce droit reconnu (1884 en France) les capitalistes ont consacré d’importants moyens pour diviser et corrompre les organisations.   On se souvient du trésor secret du patronat de la métallurgie (Plus de 600 millions d’euros) servant entre autre à “fluidifier les rapports sociaux” comme ils disent, arrosant le plus souvent contre la CGT les représentants syndicaux pour les amener à signer des accords conformes aux souhaits et aux intérêts des détenteurs du capital.   Mais au fil du temps les choses se sont banalisées finissant par affecter gravement la crédibilité des organisations syndicales considérées globalement -malgré l’engagement et le dévouement des militants de terrain, frappés souvent par la répression – comme institutionnalisées, complices du système de domination et d’exploitation.   Critiques que l’on retrouve sur les ronds points chez un certain nombre de gilets jaunes et qui au-delà de la marque et du poids de l’idéologie dominante repose que ça plaise ou non sur des réalités objectives, sur le constat  que le syndicalisme, CGT comprise dans ses organes de direction, s’est laissé enfermer dans le cadre imposé par la classe dirigeante et ses instances de contrôle.   Institutionnalisation incontestable quand on constate par exemple que la CGT et la CFDT ont perçu en 2017 18 millions d’euros attribués par subvention publique et patronale au titre du financement du “dialogue social”   VOIR : http://www.frontsyndical-classe.org/2018/12/financement-du-dialogue-social-en-finir-avec-le-salaire-de-la-honte.html   Pour retrouver toute son autorité et son prestige auprès du peuple le syndicalisme et la CGT en particulier doivent opérer un véritable retour aux sources et aux fondamentaux. Et faire le ménage en leur sein pour écarter les corrompus et les opportunistes des responsabilités. Et on est très loin du “trop d’idéologie” qui serait responsable du discrédit syndical, de la perte d’adhérents et du recul aux résultats électoraux comme l’avance Philippe Martinez!   Il en va de l’avenir du syndicalisme et de celui des travailleurs eux-mêmes. Le 52e congrès de la CGT doit en être l’occasion pour peu que les militants prennent le taureau par les cornes : en finir avec l’institutionnalisation, mettre réellement la lutte des classes aux commandes, renouer concrètement avec l’objectif inclus dans la Charte d’Amiens d’associer étroitement la lutte quotidienne revendicative et la lutte pour une transformation radicale et anticapitaliste de la société.

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