Interview d’un délégué syndical au piquet de grève des travailleurs sans-papiers de Chronopost Alfortville

Le 18 juillet 2019, les militants franchement communistes du PRCF Île de France sont venus soutenir les travailleurs en de Chronopost . Ces derniers tenaient un piquet de grève devant la DIRECCTE 94 (Ministère du Travail). L’occasion pour Initiative Communiste de donner la parole à ces travailleurs pour leur permettre de faire entendre leurs revendications. Des revendications qui ne sont d’ailleurs que la stricte application de la loi : paiement des heures de travail, y compris les heures supplémentaires, CDI, et bien sûr régularisation des titres de séjour.

Entretien avec Sissokho, délégué syndical des grévistes Chronopost d’Alfortville, et représentant de ses camarades en grève :

Quelles sont vos revendications principales et les motifs de votre grève ?

Sissokho : Nous désirons obtenir une régularisation de nos titres de séjour, ainsi qu’une amélioration de nos conditions de travail, notamment par la stricte application du code du travail, ainsi que le paiement de nos heures supplémentaires non-payées. Nous demandons également tous un CDI et une embauche stable et définitive.

Depuis combien de temps êtes-vous en grève ?

Sissokho : Nous sommes en grève depuis un mois, plus précisément le 11 juin, et il n’y aura pas d’arrêt de grève sans satisfaction de nos revendications. Nous sommes déterminés à aller jusqu’au bout de notre combat. Il est scandaleux que Chronopost, qui est une filiale de la Poste, et qui à ce titre est toujours une entreprise publique (malgré son démantèlement partiel par les gouvernements successifs), nous emploie dans une telle illégalité, et dans des conditions aussi indignes.

Pourquoi avoir choisi de vous rassembler ici, devant la DIRECCTE 94, aujourd’hui ?

Sissokho : Nous avons choisi ce lieu car nous voulons faire pression sur le ministère du Travail afin de le faire intervenir dans cette affaire. La direction de Chronopost reste sourde, et puisque La Poste appartient toujours à l’État, il vaut mieux s’adresser au Bon Dieu qu’à ses saints…

Vous avez aussi contacté la Prefecture du 94 ?

Sissokho : Oui, nous les avons rencontrés à la mairie d’Alfortville le 2 juillet, mais elle n’a pas donné de nouvelles depuis.

Avez-vous eu des problèmes avec la Police ou des pressions de la part de la direction ?

Sissokho : Oui, la direction essaie de nous faire plier avec un chantage au travail, mais nous restons soudés. Elle nous envoie aussi souvent des vigiles. Tout comme avec la Police, il y a souvent des disputes et des échanges tendus, mais nous n’avons pas constaté de violences.

Avez-vous recu des soutiens, notamment syndicaux ?

Sissokho : Oui, la CTSPV bien entendu, ainsi que la CGT et sa section du 94, de la FSU, de SUD et de la CNT. Il y a aussi beaucoup d’associations locales qui nous soutiennent.

Où pourra-t-on vous trouver jusqu’à la fin de la grève pour venir vous soutenir ?

Sissokho : Nous serons tous les jours à partir de 11h, et pour toute la journée devant l’agence Chronopost d’Alfortville. Vous êtes bien entendu les bienvenus. Mais n’oubliez pas la caisse de grève, qui est et reste indispensable pour mener à bien la jusqu’au bout.