Info Luttes – Sarko est inquiet, Ségolène est prête, Montebourg revient, Roussel rabat… mais les travailleurs poursuivent la lutte – n°2 2020

Le roi vacille… Les princes préparent l’alternance. Après la case Totale-FACHO (RN), ils seront là. La nouvelle gauche s’affiche déjà sur les murs de Lyon, PC + PS (Pauvre PCF à 3% ,il remet le couvert…tout ça pour sauver quelques centaines d’élus) Quelle misère!

Les Verts jouent solo… ils sont déjà sur le trône (Jadot le rassembleur droite gauche, l’alternative à Macron contre le Pen). On refait le Match”””(à l’allemande).

Cette “gauche” qui a tant trahi et désespéré les travailleurs et qui participe à cette  construction européenne de malheur. Elle qui en 1981 avait tous les pouvoirs pour ouvrir la voie au socialisme: Président, Députés, Conseillers Généraux, Maires. 

Entendez les aristocrates de l’ENA, leurs faux sentiments patriotiques. Voyez-les préparer de nouvelles chaînes pour les Français. Eux qui commanditent cette extrême violence qui éborgne et mutile tous ces gens qui revendiquent le droit de vivre dignement. 

Les Gilets jaunes ont donné le La, les travailleurs syndiqués dans les lieux de travail continuent la lutte en impulsant l’idée de la gréve générale et du blocage de l’économie capitaliste. 

En France les luttes nous laissent espérer. Honneur aux cheminots, traminots, pompiers, enseignants, personnels soignants, avocats… Aux artistes, aux travailleurs de la culture… etc.. La Marseillaise qu’ils chantent,  jouent sur les places, sonne juste et nous bouleverse. Les milliers de manifestants à Nice ont, eux aussi chanté la Marseillaise et l’Internationale. L’avenir est aux résistants, aux vrais communistes, allons à la rencontre de la classe ouvrière – elle nous attend.

Lorsque nous tendons la main avec un tract d'”Initiative communiste”, chaque sourire, chaque regard approbateur, nous confirme dans notre démarche.

Renforçons le mouvement. Multiplions les collages avec nos belles affiches.

Dans les manifs, popularisons les entreprises,les marchés populaires. Le mot  d’ordre: sortie de l’EU, de l’Euro, du capitalisme de l’OTAN.

Popularisons la nécessité du: F.R.A.P.P.E. : Front de Résistance Antifasciste Progressiste Populaire et Écologique. Travaillons à la renaissance d’un véritable parti communiste,qui fait tellement défaut aujourd’hui. Aidons les syndicalistes de lutte de classe de la CGT, à  sortir de la C.E.S. pour réintégrer la FSM.

Comme l’a dit en son temps Jacques Duclos, « le peuple français ne sera jamais un peuple d’esclaves ». Demain, c’est sûr, dans sa masse et sa diversité, le peuple de France se soulèvera et l’heure de la révolution viendra, et ouvrira la voie au Socialisme. 

Bernard Colovray – commission luttes du PRCF


Revue de presse :

Des brèves :

§ – La mobilisation contre la réforme des retraites se poursuit en France. Il s’agit de la 6e journée de grève interprofessionnelle depuis le début du mouvement. Ce jeudi 16 janvier, des lycéens ont rejoint le cortège à Reims.

§ – Edouard Philippe s’exprime à l’issue du séminaire gouvernemental organisé à Matignon. «Certains de ceux qui sont inquiets ont choisi de manifester ou de faire grève. « Les à la RATP et la SNCF me paraissent sans issue et n’ont que trop duré», a déclaré le Premier ministre au sujet de la mobilisation contre la réforme des retraites.

§ – Six Français sur dix soutiennent toujours les manifestations et grèves contre la réforme des retraites cinq semaines et demi après leur début, selon le baromètre Harris interactive RTL AEF Info réalisé le 13 janvier, après le retrait à court terme de l’âge pivot par le gouvernement. 60% des personnes interrogées disent soutenir ce mouvement, une proportion inchangée par rapport au baromètre du 6 janvier, selon ce sondage publié ce mardi 14 janvier. 

Près d’un tiers (31%) disent «ne pas soutenir ce mouvement» et 9% sont indifférents. 67% des personnes interrogées disent éprouver «de l’inquiétude» sur le projet, une proportion qui varie très peu depuis le 3 décembre, date de début du baromètre sur les retraites.

§ – Plusieurs grands ports maritimes français étaient bloqués mardi à l’appel de la fédération nationale CGT des Ports et Docks, qui a lancé une nouvelle opération «ports morts» jusqu’à jeudi pour protester contre la réforme des retraites.

§ – Le site de traitement des déchets d’Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), plus important centre de traitement de la région parisienne, a été évacué par les forces de l’ordre mercredi matin, après 24 heures de blocage.

§ – À Albi, les acquis sociaux menacés à la VOA : les salariés organisent une journée “usine morte”

Camions à l’arrêt devant l’entrée de l’usine, plus de 100 salariés en grève sur les 300 que compte la VOA. Une crise rare qui suit une colère sourde et diffuse chez les verriers depuis fin décembre.

§ – Au centre de Tri d’Yzeure (Allier), des employés ont fait valoir leur droit de retrait ce mercredi matin. “Trois collègues ont reçu des lettres de blâme pour avoir participé au mouvement de grève contre la réforme des retraites. Nous étions environ 200 personnes lors de ce blocage, pourquoi eux ?”, s’interroge Christelle Hebrard, secrétaire générale CGT FAPT Allier. La déléguée estime que 80 personnes ont fait valoir leur droit au retrait  pour réclamer le retrait des blâmes.

§ – Des manifestants de plusieurs syndicats se sont positionnés devant le portail du dépôt de carburant Lagarde de Cusset (Allier). Ils veulent bloquer le trafic des camions de livraison de carburant.

§ – A Martigues, pour dénoncer les restrictions de budget et de personnel, les membres du collectif inter-urgences ont jeté leurs blouses blanches aux pieds du directeur de l’hôpital lors de sa présentation des voeux. 

Des grèves et manifestations :

1 – Toulon : une centaine à l’aube, plus de 10 000 en arrivant au port

Source : La Marseillaise – 17/01/2020

A Toulon, du blocage de la base navale avant le lever du jour jusqu’à la mobilisation à 10h30 porte Castigneau et tout au long de la , ils ont à nouveau crié leur détermination.

Jeudi 16 janvier, ils se sont levés de bonne heure. Encore. N’en déplaise à ceux qui pensent que faire grève c’est se contenter de ne pas travailler, lutter collectivement pour une société plus juste et un avenir meilleur réclame beaucoup d’énergie et de sacrifices… Pour l’heure, l’activité économique de la base navale de Toulon est à nouveau bloquée : plus aucun poids lourd n’en a franchi l’entrée  grâce aux salariés de toutes les professions qui sont venus une fois encore tenir le piquet de grève. Des personnels de la Défense bien sûr, mais aussi des cheminots, des infirmières, des agents des Finances publiques, des enseignants…
« Il faut avoir la foi, celle du militant », explique en souriant Carine Sivillano, professeur d’espagnol à Besse, dans le centre-Var, en grève depuis le 5 décembre. « Je continue. Je ne veux pas faire partie de la génération qui a laissé détruire ce que d’autres ont obtenu au prix de tant de sacrifices, je ne pourrais pas regarder mes élèves dans les yeux », poursuit-elle convaincue de la nécessité de se battre. Même si elle avoue que « beaucoup sont fatigués de voir que ça ne se généralise pas plus ». « Il faut qu’on prenne la relève des cheminots. Mais ça bouge ! Trouver de nouvelles actions et bloquer le port comme à Marseille », reprend la militante exaspérée par les propos du Premier ministre : « Tu sais bien, si on est dans la rue, c’est qu’on n’a pas compris… Quel mépris ! » Un engagement qui a pour elle aussi un coût, mais elle relativise : « Financièrement c’est sûr, c’est dur, c’est la galère. Mais les plumes, ça repousse ! »

« Pour ne pas se laisser voler notre retraite »
« On est toujours là », lance Nathalie Marin, la secrétaire générale CGT des cheminots de Toulon. « On éprouve un profond sentiment d’amertume de ne toujours pas être entendus mais on a aussi beaucoup d’espoir que d’autres professions prennent le relais, parce que pour nous, ça devient très compliqué », explique-t-elle.
Il est 10h, beaucoup de monde s’est déjà regroupé devant la porte Castigneau. Parmi les chasubles, celles de l’Unsa Défense. Gilbert, ouvrier d’État, « directement impacté par la réforme », comme il le dit, déclare : « Ce qu’a proposé le gouvernement, c’est juste de suspendre l’âge pivot mais rien ne l’empêche in fine de le faire passer par ordonnance… » « C’est une ineptie, car il s’agit de mettre provisoirement de côté cet âge pivot en mettant en avant l’exigence d’un âge d’équilibre », précise sur ce point Olivier Masini, le secrétaire général de la CGT varoise ; « de toute façon, ça ne change rien puisque le fond de la réforme à laquelle 70 % des Français sont opposés, c’est la retraite par points. On n’est pas près de baisser les bras », confirme-t-il, en précisant que les caisses de solidarité avaient été réactivées pour venir en aide à d’autres professions qui entrent en grève. « Ça commence à arriver ! »

Concernant la conférence sur le financement, Pascal Brun (Solidaires), explique pour l’intersyndicale qu’il sera interdit d’évoquer une hausse des cotisations : « Il ne faut pas faire appel aux patrons et aux actionnaires, forcément ! Il faut qu’ils puissent continuer à s’enrichir sur notre dos », ironise-t-il, en précisant que « le gouvernement voudrait que ce soient les syndicats qui fassent le sale boulot, ne laissant la place qu’à une seule solution : l’allongement de la durée du travail ». S’agissant de la solidarité, par exemple, l’intersyndicale fait remarquer que le projet est quasiment inchangé mis à part quelques rustines avec toujours pas de prise en compte de la totalité de périodes de chômage et de formation. « Quant aux inégalités qui laissent de nombreuses femmes âgées dans le besoin, elles ne sont pas réellement compensées », ajoute Pascal Brun, en invitant chacun « à continuer à se mobiliser pour la grève, pour le blocage de l’économie ». C’est le prix à payer « pour ne pas se faire voler nos retraites, pour pouvoir un jour vivre dignement ».

Bref, après la manif – à laquelle 10 000 personnes ont pris part, annonce la CGT – le combat continue.

2- Marseille : les grévistes bloquent les dépôts de camions-poubelles

Source : La Marseillaise – 16/01/2020

Réunis à partir de 19h à la Bourse du travail à l’appel de l’Union départementale CGT, des grévistes ont décidé de lancer deux actions simultanées la veille de la nouvelle mobilisation intersyndicale .
Objectif : faire un coup d’éclat et accroître la pression sur les pouvoirs publics. Aussitôt mis au courant de la nature de l’action, les présents prennent la direction des dépôts de camions-poubelles de la Métropole situés à La Cabucelle (15e arrondissement) et à Rabatau (10e arrondissement).
Arrivés sur place, ils bloquent la sortie des véhicules et proposent aux agents de tenir une assemblée générale.

« Pour nos enfants »
« Cette réforme nous allons la faire retirer, elle porte tort à tout le monde », affirme Hélène Honde, l’une des secrétaires de l’Union départementale CGT en appelant chacun à étendre la grève pour élever le rapport de force. Dans l’assistance, une syndiquée renchérit : « Ce qui me motive c’est l’avenir de mes enfants, qu’est-ce qu’on va leur laisser ? »

3 – Remade : Un savoir-faire sacrifié.

Source : correspondant du PRCF – 17/01/2020

Fer de lance français du reconditionnement de smartphones « de haute qualité » et à la pointe dans le secteur au niveau mondial, l’entreprise Remade à Poilley (50) près de Avranches, après avoir été placée en redressement judiciaire en septembre, se voit reprise par la société Fourth Wave Technology, laissant au passage sur le bord de la route 211 travailleurs sur 328.

Durant des semaines et des mois les salariés ont dénoncé la gestion catastrophique de l’entreprise par l’ancienne direction, qui leur a également caché durant toute la première moitié de 2019 que Remade était en sécession de paiement. L’ancien PDG, Matthieu Millet, était aussi en lice pour la reprise de l’entreprise, mais son offre a été « qualifiée de dangereuse et irrationnelle » par le contrôleur des AGS (régime de garantie des salaires). Il a en outre été par le passé interdit de gérer plusieurs autres entreprises. Remade fait par ailleurs l’objet d’une enquête préliminaire pour faux bilan et fausses factures…

Cependant, les salariés ne désarment pas, car les 211 travailleurs licenciés risquent de partir avec le strict minimum légal. En effet, depuis la loi MACRON de 2015, les actionnaires ne sont plus tenus de contribuer au financement des « plans sociaux ». Ils réclament 3 millions d’euros aux actionnaires, sur 200 millions investis dans la boite, pour obtenir la supra-légale et ne souhaitent pas reprendre le travail tant que cette revendication n’aura pas été comblée.

4- Réformes des retraites : les profs organisent un goûter « EHPAD » à Castres

Source : la Dépêche du Midi – 15/01/2020

Des enseignants et professeurs se sont réunis mercredi après-midi pour s’opposer à la réforme des retraites. Une action, en dehors des manifestations pour ne pas pénaliser les élèves.

« On se fait une petite retraite anticipée », lance Sylvia, assise sur un plaid en crochet, la canne à la main. Cette professeure des écoles et membre du syndicat Snuipp s’est mobilisée hier après-midi avec une douzaine de collègues place Jean-Jaurès. Les manifestants armés d’un caddie, d’un déambulateur et d’aiguilles de tricot protestaient contre la réforme des retraites autour d’un goûter convivial.

« Les professeurs risquent de toucher 1 000 euros pour une retraite complète. Donc on va être obligés de partir à 67 à 70 ans pour avoir une retraite convenable », s’alarme Sylvia. Plus généralement le corps enseignant conteste ses conditions de travail. Marie, professeur de français au lycée, déplore une rémunération à l’image du manque de reconnaissance pour son métier. « On va devoir se battre pour obtenir une revalorisation salariale », souffle une autre enseignante. 

5 – Réforme des retraites : les lycéens s’invitent à la 6e journée de grève interprofessionnelle à Reims

Source : Francebleu – 16/01/2020

Pour la sixième fois depuis le 5 décembre, l’intersyndicale (CGT, FO, Solidaires, FSU, CFE-CGC et trois organisations de jeunesse) appelle à “une journée de mobilisation interprofessionnelle massive de grèves et de manifestations” ce jeudi 16 janvier. 

L’enjeu pour ces syndicats est de retrouver une mobilisation conséquente après une journée d’actions locales mardi peu suivie et des journées nationales en recul: le 11, la police avait dénombré 149.000 manifestants après 452.000 jeudi 9 janvier, contre 805.000 lors de la première journée du 5 décembre.

À Reims, le rendez-vous était donné à 10 heures devant la Maison des Syndicats. Selon notre reporter sur place, environ un millier de personnes participent au rassemblement. Ils sont 1500 selon les syndicats et 700 selon la police. Ce matin, les élèves du lycée polyvalent Franklin Roosevelt de Reims ont bloqué l’établissement et rejoint le cortège. 

6 – Réforme des retraites : les professeurs manifestent devant la DSDEN à Albi

source : la dépêche du Midi – 16/01/2020

Depuis 7 heures, jeudi matin, une cinquantaine de profs mais aussi de cheminots et divers opposants à la réforme des retraites bloquent l’entrée de la direction des services départementaux de l’Education nationale (DSDEN) située sur l’avenue Maréchal-Foch.

La porte principale du bâtiment a été “murée” avec de vieux manuels scolaires d’enseignants en colère. “On en a marre du mépris”, lance Bérangère Basset, professeure de lettres classiques au collège Jean-Jaurès. Pendant ce temps, elle fabrique des avions de papiers et les lance sur le parking de l’établissement. Des revendications ont été inscrites dessus : “titulariser les contractuels”, “baisser la prime du Dasen”, “augmenter le salaire des profs”… “On veut montrer qu’on est déterminés à obtenir le retrait de la réforme des retraites”, assure la professeur, membre du syndicat Solidaires. Elle demande aussi le retrait de la réforme du baccalauréat et du lycée qui “angoisse les élèves, les parents, les profs”.

Les personnels de la DSDEN n’ont donc pas pu prendre leur poste. “Je les ai libérés”, indique Jérôme Bourne-Branchu, le Directeur académique des services de l’éducation national (Dasen), devant l’établissement. Ce dernier trouve l’action “regrettable” : “La liberté de manifester des uns devrait être compatible avec la liberté de travailler des autres”.

7 – À Limoges, une retraite aux flambeaux entretient la flamme du rejet de la réforme

Source : Le populaire du centre – 16/01/2020

Ce mercredi soir, à Limoges, les opposants à la réforme des retraites ont innové à Limoges, en organisant une retraite aux flambeaux dans le centre-ville de l’ex-capitale régionale.

 « Macron ne veut pas nous entendre le jour, il va nous entendre la nuit », lance le représentant de la CGT, Arnaud Raffier. L’opération est réussie, plusieurs centaines de manifestants ont défilé, ce mercredi soir, dans une ambiance plus festive, entretenue par les concerts de casserolles.

« Il y a beaucoup d’actifs et moins de retraités et de militants que d’habitude, souligne Sylvain Bongrand. Et aussi pas mal de familles, avec les parents et les enfants. Ça montre que cette réforme concerne tout le monde. » « Financièrement, je ne peux pas faire grève et défiler tous les jours, explique Antoine, un primo-manifestant. Mais on soutient les opposants à la réforme. La minorité silencieuse, c’est nous. »

8 – Rencontre entre députés et opposants à la réforme des retraites à Limoges, à l’orée d’une semaine décisive

Source : Le populaire du centre – 16/01/2020

 La rencontre entre les opposants à la réforme des retraites et les députés En Marche, lundi matin, à Limoges, trace les perspectives d’une semaine décisive. « On leur a demandé de dire à leur président, je dis leur car ce n’est pas le nôtre, que la seule alternative, c’est le retrait du projet. » Pour Arnaud Raffier (CGT) comme pour les 200 manifestants limougeauds, rassemblés ce lundi matin devant la préfecture à l’occasion d’un rencontre avec deux députés En Marche, « il n’y a rien à négocier », vitupère un manifestant.

Pour la CGT, FO, FSU et la FSE, c’est le retrait ou rien. Enfin pas tout à fait. « On ne veut pas un statu quo, mais pour discuter sur nos propositions, fait savoir Sylvain Bongrand (Sud rail). Mais on veut une évolution égalitaire, qui ne tire pas tout le monde vers le bas. »

Alors que les négociations débuteront ce mardi à Paris, la majorité En Marche veut faire preuve d’ouverture, même si le gouvernement se montre plus strict sur les pourtours de la discussion que le président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand. Les parlementaires Sophie Beaudouin-Hubière et Pierre Venteau se revendiquent de l’approche du responsable parlementaire. « On est très attaché au dialogue social », rappelle la députée de la 1re circonscription.

« Une fois qu’on a fait le constat que les Organisations présentes, qui ne sont pas toutes les organisations, ont pour préalable le retrait de la réforme, il y a quand même des choses où on a pu discuter, plaide Pierre Venteau. Sur la pénibilité, les carrières longues. Sur l’âge-pivot, par exemple, on n’a pas tant discuté des 64 ans que des bonus et malus autour de l’âge-pivot. » « C’est un sujet qui peut être intéressant à creuser pendant les négociations », plaide sa consœur. « Cette rencontre, concède le représentant de Sud, c’était bien pour le dialogue social. Mais ils portent juste une promesse de campagne et quand on commence à creuser, ils n’ont pas d’éléments précis. »

9 – La CGT a bloqué l’accès à l’usine Blédina de Brive ce lundi 13 janvier

Source : La Montagne – 16/01/2020

Une cinquantaine de manifestants CGT ont bloqué l’accès à l’usine Blédina, à Brive (Corrèze) ce lundi 13 janvier. Ils continuent à réclamer le retrait pur et simple de la réforme des retraites.

Dans le cadre du mouvement social contre la réforme des retraites, une cinquantaine de syndicalistes de l’Union locale de la CGT et quelques Gilets jaunes ont bloqué ce lundi 13 janvier, dès 4 heures du matin  l’accès à l’usine Blédina à Brive.

“Une entreprise du CAC 40”

” On s’est dit qu’il fallait marquer le coup, en venant devant une entreprise qui appartient au groupe Danone, qui fait partie du CAC 40 et dont le patron est un ami personnel du président Macron. Pour nous, le capital et le gouvernement c’est le même combat”, résume Thierry Rousseau, secrétaire de l’Union locale CGT de Brive. 

Face au retrait provisoire de l’âge pivot, la CGT affiche sa détermination  :  “ce n’est qu’un leurre, nous demandons le retrait pur et simple du projet de réforme des retraites”. 

Le piquet de grève devant l’usine Blédina démontre aussi un changement de tactique pour la CGT :  “L’impact est plus important si on vient très tôt dans une zone commerciale que lorsqu’on défile en ville à une heure précise.”

10 – Dans l’énergie, coupures de courant ciblées et actions Robin des bois

Source : l’humanité du 13/01/2020

Les mobilisations de fin de semaine ont été massivement suivies par les salariés de l’énergie élec- trique et gazière. Avec des dizaines d’actions menées sur le territoire et un taux de grévistes re- cord.

Quarante pour cent de grévistes à EDF, 37 % chez Engie, soit au-delà des 50 % des agents de la distribution et de la production mobilisés. Olivier Fegueux, responsable de la Fédération nationale des mines et de l’énergie (FNME) de la CGT en Île-de- France, savoure :« Il faut remonter au mouvement de lutte contre la privatisation d’EDF-GDF de 2007 pour trouver des taux plus élevés. Ce sont des chiffres exceptionnels dans le cadre d’une mobilisation interprofessionnelle, du niveau de ceux de 1995 contre la réforme des retraites Juppé!»

Rarement remerciés par l’exécutif pour leurs interventions jour et nuit sur le front des tempêtes en Corse ou en Nouvelle-Aquitaine en décembre, des chutes de neige dans la Drôme et en Isère en novembre, mais vilipendés par le gouvernement fin décembre pour des coupures de courant, les salariés énergéticiens n’ont rien perdu de leur allant en cette nouvelle année. Leurs actions ne se sont d’ailleurs pas cantonnées aux arrêts de travail. Ils ont poursuivi les coupures de courant ciblées et les actions Robin des bois. Parmi les faits d’armes notables des trois dernières journées de mobilisation, on peut citer les compteurs de 250 000 usagers basculés en « heures creuses » à Clermont-Ferrand, les radars coupés

dans cette même agglomération, le centre commercial O’Parinor d’Aulnay-sous-Bois et ses plus de 200 enseignes privés d’électricité samedi matin ou encore le commissariat de Bordeaux plongé dans le noir à la suite du placement en garde à vue de deux agents durant la manifestation de jeudi.

EDF et Engie portent systématiquement plainte lorsque de telles actions sont menées.« Une quinzaine de collègues ont été convoqués en gendarmerie sans que cela ne donne lieu à des poursuites, relève Olivier Fegueux. Ce que l’on pratique est considéré comme illégal mais toutes ces initiatives sont votées en assemblées générales. On n’acceptera donc pas que certains d’entre nous servent d’exemple et on leur a bien signalé. »

Une quinzaine de permanences parlementaires LREM privées d’électricité

« On a toujours un peu mené ce genre d’action, mais là on a vraiment repris en main notre outil de travail à la suite des AG », abonde Patrick Rousset, délégué CGT à Enedis (ex-ERDF), où il travaille depuis trente-deux ans.« Aujourd’hui, si on se bat pour que ce projet de réforme soit retiré, ce n’est pas que pour nous mais pour tout le monde ! »conclut-il.

Côté production, la baisse s’élevait à 16 200 mégawatts sur la seule journée de jeudi, selon Sébastien Menesplier, secrétaire général de la FNME- CGT.« Une baisse historique, jamais atteinte dans la profession », selon lui. Stéphane Dauphin, ancien responsable du CHSCT à la centrale de Saint-Laurent (Loir-et-Cher), a contribué à ce résultat :« Dans la nuit du 8 au 9, on a réalisé une baisse de charge de 500 MW sur notre réacteur de 900 MW. Par ces actions, on force l’entreprise à acheter son électricité plein pot à l’étranger afin qu’elle fasse à son tour pression sur le gouvernement »,explique cet agent en poste depuis trente ans.

« Une quinzaine de permanences parlementaires LaREM ont été momentanément coupées », confie Sébastien Menesplier. Des actions là encore décidées sur le terrain, qui, selon lui, « vont sûrement se reproduire cette semaine à l’approche du débat parlementaire. La mobilisation est repartie plus forte qu’en décembre et on en a encore sous la pédale pour la semaine à venir » ! ■

11 – Quarante jours de grève au compteur, les cheminots poursuivent le bras de fer

Source : l »humanité du 13/01/2020

À Marseille, ils sont toujours aux avant-postes des manifestations. Rencontre avec des grévistes de la SNCF, qui s’organisent pour tenir bon.

En grève sans discontinuer depuis le 5 décembre, les cheminots de Marseille ne comptent plus les sacrifices personnels et familiaux pour maintenir le cap de la lutte. Tous ont désormais vu les effets de ce mouvement en bas de leur fiche de salaire, même les quelques agents qui ont pris une semaine de congés protocolaires im- posés par la direction durant les fêtes. Mais, si elle est chère payée, la durée de ce mouvement renforce leur détermination à poursuivre leur arrêt de travail reconductible pour obtenir le retrait total de la réforme des re- traites.

« On ne pouvait pas imaginer que nous nous engagions dans un conflit aussi long et aussi dur. Au vu de l’enjeu, les cheminots ont fait une croix sur leur salaire. Ils serrent leurs dépenses, rognent sur les loisirs, mais ils savent que s’ils perdent là quelques milliers d’euros, ils en perdront beaucoup plus durant leur re- traite si la réforme passe »,explique Rémy Hours, conducteur de locomotive et responsable CGT des cheminots de Marseille.« On est sur le terrain tous les jours. On sait que la méthode du gouvernement, c’est l’usure, on l’a vu lors du mouvement de 2018. Cette fois, on s’organise pour tenir dans la durée. »

« Une paye proche de zéro fin janvier »

Eliott Daï a intégré la SNCF il y a quatre ans.« J’ai déjà perdu 872 euros sur le salaire de décembre, mais l’essentiel des retenues se fera fin janvier, avec une paye qui sera proche de zéro, nous raconte cet aiguilleur de 24 ans qui a adhéré à la CGT en septembre 2019.J’ai un peu d’argent de côté pour faire face à mon crédit logement, mais il faut s’adapter : pas de folies, pas de sorties, je me restreins au strict minimum, je change mes habitudes… Le week-end, je vais chez mes parents. Ça me fait une coupure avec la grève et un soutien financier avec des repas en moins. » Ce fils d’un routier et d’une femme au foyer incarne cette nouvelle génération de syndicalistes fraîchement entrés à la SNCF, devenue société anonyme depuis le 1er janvier. À ses côtés, Adam Laynet, cheminot de 31 ans, fait face comme il peut lui aussi.« Ma femme, qui travaille à la CAF, est également dans le mouvement avec la CGT, alors on fait attention pour ne pas se retrouver sur la paille le mois prochain. »

Dans ce contexte, les caisses de grève qui s’organisent apportent surtout un soutien financier et moral aux grévistes. Le quotidien régional la Marseillaise a récemment proposé l’une de ses éditions à 2 euros, la moitié étant reversée à ces caisses. La CGT est également en train d’organiser pour février deux concerts de soutien, avec Bernard Lavilliers à Martigues et Massilia Sound System à Marseille, dont le montant des places à 5 euros sera reversé aux travailleurs en lutte.

Face à cet engagement total, difficile pour eux d’encaisser l’image de « privilégiés » et de « preneurs d’otages » que veut leur coller à la peau le gouvernement.« Ça nous touche, même si globalement l’opinion publique ne tombe pas dans le panneau »,souligne Rémy Hours, qui rappelle que les salariés de la SNCF sont entrés dans cette entreprise avec des salaires bas en échange d’un système de retraite financé par des charges à 44 % contre 24 % dans le régime général.« D’ailleurs, la SNCF commence à avoir des problèmes pour embau- cher à cause de ces bas salaires ». David Benhamou, conducteur gréviste après avoir œuvré dans plusieurs métiers de la SNCF, résume :« On est en train de tout perdre, notre statut, notre régime de retraite… On n’a pas d’autre choix que de se battre. » ■

12 – Opération « Port mort » : « Une bouffée d’oxygène dans la bagarre »

Source : l’Humanité du 15/01/2020

À Nantes-Saint-Nazaire, portuaires et dockers sont montés d’un cran dans leur mobilisation, en réitérant, cette semaine, un arrêt de travail de 72 heures. Un appui pour les autres secteurs en lutte.

«Rien ne rentre, rien ne sort. » Dès l’aube, ce mardi, et pour 72 heures, les portuaires et dockers du Grand Port maritime de Nantes-Saint-Nazaire sont regroupés sur les ronds-points, coupant ainsi l’accès au site. Après une courte pause, l’opération « Port mort », lancée jeudi dernier, est repartie dans toute la France. Et,« outre la fermeture des accès, aucun bateau n’est déchargé »,affirme Yannick Joly, secrétaire général ad- joint du Syndicat général des ports et docks Nantes-Saint-Nazaire. Pétroliers, méthaniers ou porte-conteneurs restent au large. En grève, dès le 5 décembre, les ouvriers des ports et docks sont montés crescendo. Après 24 heures de grève à l’occasion des journées d’appel interprofessionnel et la « suppression des heures supplémentaires et des horaires exceptionnels », ils sont montés d’un cran, toute la semaine dernière.

« Personne n’y comprend plus rien, à part qu’on a tous à y perdre »

« Depuis le 5 décembre,22 navires ont été détournés et, ce week-end, 15 étaient en mouillage », comptabi- lise le responsable syndical.« À la té- lé, on dirait qu’il n’y a que deux entreprises en France : la SNCF ou la

RATP », s’amuse Daniel Guibert, délégué syndical du Groupement de main-d’œuvre des ouvriers por- tuaires, en grève à 100 %. Les manœuvres du gouvernement sur l’âge pivot sont un exemple de plus qui montre à quel point« leur réforme n’est pas préparée ». « Cette loi devait soi-disant être universelle et ils négocient profession par profession »,leur réforme« personne n’y comprend plus rien, à part qu’on a tous à y perdre », analyse-t-il. Si leur convention collective, après trois années de luttes intenses, leur permet – depuis 2011 et selon les métiers – de partir trois ans avant l’âge légal de départ à la retraite, aucun ne se voit travailler une année de plus.« À 46 ans, je ne m’imagine déjà pas sur les quais à 59 ans, alors faire deux ans de plus…confie Daniel Guibert. Les anciens, avec l’amiante, on les voit partir, puis mourir quelques années après. Ils sont rares ceux qui dépassent les 65 ans. Toutes les études montrent que notre espérance de vie est de huit ans inférieure à celle des autres salariés. »Yannick Joly, électricien, appuie les propos de son camarade.« Faut voir ce qu’on respire. On ne sait jamais ce qu’il y a dans les conteneurs avant de les ou- vrir. » Quant à la proposition de reconversion martelée par l’exécutif, ici, personne n’y croit.« Nous sommes plus de 500 travailleurs portuaires et dockers, alors des postes doux, il ne peut en exister pour tout le monde. D’ailleurs, aucune entreprise n’est capable de reclasser l’ensemble de ses salariés. Et ce n’est pas à 50 ans qu’on va changer de métier. Sans compter que le port, c’est le port. Quand on y rentre, ce n’est pas pour en sortir, même nos retraités restent des ouvriers du port. » Pour la suite, les deux responsables syndicaux attendront la réunion de leur fédération qui se tient chaque lundi. Même si le secrétaire général des Dockers de Nantes-Saint-Nazaire, Levy Guérin, souhaite franchir une nouvelle étape, dès la semaine prochaine, et« partir en illimité pour un arrêt total des ports afin d’élever le rapport de forces ».

À quelques kilomètres de là, la grève des portuaires converge avec celle des travailleurs de la raffinerie Total, à Donges, qui ont cessé le travail depuis vingt jours, avec un taux de 80 % de grévistes dans les équipes postées (en trois fois huit – NDLR).« Une bouffée d’oxygène dans la bagarre. Elle est un amplificateur du mouvement, tant les conséquences sur l’économie sont immédiates,analyse David Arnaud, élu CGT au CSE de la raffinerie. Ce dimanche, du fait de la grève des portuaires et dockers, la raffinerie n’a pas pu être approvisionnée en pétrole brut. Ce qui a conduit à l’arrêt de l’unité de distillation. ■

13 – La grève déborde sur le traitement des ordures

Source : l’Humanité » du 15/01/2020

Les personnels des trois centres d’incinération de déchets ménagers de Paris et de la petite couronne ont fait une entrée fracassante dans l’action.

La mobilisation a débuté, dans la nuit de lundi à mardi, lorsque les trois unités chargées de transformer les ordures ménagères en électricité et en vapeur pour le chauffage urbain de Paris et sa banlieue ont progres- sivement diminué leur production. C’était notamment le cas du site d’Ivry-sur-Seine – le plus important d’Europe – où sept salariés grévistes ont supervisé l’opération, qui a débuté à 22 heures.

Dans la salle de contrôle, le cadran numérique affichant le débit de vapeur est passé de 200 à 0 tonne par heure en une trentaine de minutes. Le temps de la manœuvre, les discussions se sont lancées entre les sa- lariés et deux responsables de la fédération nationale des mines et de l’énergie de la CGT venus les soutenir pour l’occasion :« La CFDT et l’Unsa vont perdre gros avec le numéro qu’ils nous jouent sur l’âge pivot, on fera tout ce qui est possible pour converger vers le retrait de cette réforme qui ne va mener qu’à plus de précarité »,assène l’un d’eux.« Ils vont se retrouver débordés par la base ! »abonde un salarié. Assis dans leur siège avec vue panoramique sur la gigantesque fosse de 9 000 m3 dans laquelle transitent 2 400 tonnes de déchets par jour, Jérémy et Axel pilotent un énorme grappin, qui sert à alimenter les fours.« Quand on en- tend les gens se plaindre des grèves, ça nous fait rigoler »,commentent- ils.«Il ne faut par rentrer dans le piège de la division, ni entre générations, ni sur les régimes spéciaux,

c’est pour tout le monde que l’on se bat. »Les salariés resteront en poste jusqu’à 6 heures du matin afin d’as- surer la sécurité du site. Ils sont normalement payés au prorata de la production.

Mais les grévistes ont décidé de se faire entendre. C’est pourquoi leur assemblée générale a voté le blocage de l’entrée de l’incinérateur afin qu’aucun camion poubelle ne puisse déverser sa collecte et alimenter les deux fours qui engloutissent 100 tonnes de déchets par heure. Le pari a été tenu puisque, mardi, plus d’une centaine de travailleurs en lutte, éboueurs et égoutiers de la ville de Paris, mais aussi de la RATP, de la SNCF, des énergéticiens de l’électricité et du gaz ainsi que des enseignants, des personnels hospitaliers et des gilets jaunes, sont venus les soutenir dès 8 heures pour occuper le site. Tous ensemble, ils ont réussi à forcer le barrage de police mis en place devant l’entrée des camions afin de les empêcher d’occuper leur lieu de travail. Une fois à l’intérieur, certains ouvriers ont renforcé les portails fermés en y soudant des barres métalliques fixées au sol, en plus des chaînes et cadenas. Ils y déploient une banderole sur laquelle on peut lire« Macron nous traite comme des déchets. Et on ira jusqu’au retrait ! ».

Des employés déterminés à occuper le lieu nuit et jour

Avec cette action, les grévistes entendent peser sur les recettes de leurs entreprises.« En coordonnant les trois sites, on leur fait perdre 1,5 million d’euros par jour auxquels il faut ajouter 100 000 euros pour le non- traitement des déchets ! » s’exclame Julien Lambert, membre du bureau fédéral de la FNME CGT. À Ivry-sur- Seine, c’est Suez, dont Engie est actionnaire à 33 %, qui est en charge de l’exploitation du site pour le compte du Syndicat mixte central de traitement des ordures ménagères (Syctom). L’incinérateur de Saint-Ouen, lui aussi bloqué ce jour-là, est quant à lui exploité par Dalkia, une filiale à 100 % du groupe EDF, tout comme celui d’Issy-les-Moulineaux.

« Les déchets vont aller dans d’autres centres en attendant. Ils pourront entasser ça un certain temps, mais pas éternellement », commente l’un des salariés devant la file de camions, bien obligés de rebrousser che- min.« De notre côté, on a un peu de stocks, mais dans deux jours c’est fini. Si la centrale s’arrête, il faut compter vingt-quatre heures pour la redémarrer », ajoute-t-il. Les salariés sont déterminés à occuper le lieu nuit et jour jusqu’à leur prochaine assemblée générale qui devrait se tenir vendredi, en présence de Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT. ■

14 – L’art de la grève

Source : l’humanité du 15/01/2020

Le monde de la culture est à pied d’œuvre. Grèves sporadiques dans les musées, théâtres, opéra, bi- bliothèques, monuments nationaux… De nombreux acteurs culturels sont entrés dans la danse initiée par les ballerines de l’Opéra Garnier. Si la grâce de ce ballet à ciel ouvert a fait le tour du monde, devenant un symbole des mobilisations contre la réforme des retraites, c’est qu’il dit toute la beauté et la profondeur de ce mouvement social, que le pouvoir macroniste voulait réduire à un combat d’arrière-garde de prétendus « privilégiés ». Comme l’ensemble de la société, les artistes, déjà échaudés par les politiques d’austérité qui les précarisent chaque jour un peu plus, ne veulent pas mourir sur scène.

D’autant que cette « réforme » n’est que l’acte final d’un scénario qui fait passer la France de l’exception à l’exécution culturelle. Emmanuel Macron a placé sa marque sur de nombreuses nominations dans les grandes institutions culturelles, espérant, ici aussi, imposer les critères de rentabilité de la « start-up nation ».Mais les artistes résistent, s’engagent, et offrent leur créativité à leurs camarades de luttes, cheminots ou infirmières.

« L’art lave notre âme de la poussière du quotidien », disait Picasso. Il faut avoir vu ces larmes d’émotion en bas des marches de l’Opéra Bastille, un 31 décembre, pour saisir l’importance de ces irruptions artistiques

dans le mouvement social, qui redonnent de la dignité à des grévistes traînés dans la boue à longueur d’an- tennes. C’est le propre d’une grève de cette ampleur de voir dialoguer dans un même élan ouvrier ubérisés, artistes, intellectuels, pour redonner du sens au métier de chacun et la place de tous dans cette œuvre col- lective qui tisse la République sociale. Ce sont ces « œuvriers », selon la belle formule de trois Amis de l’Humanité, dont l’un, Roland Gori, s’exprime dans nos colonnes aujourd’hui, qui permettront de remettre l’imagination nécessaire à de nouveaux jours heureux au pouvoir. ■

15 – Retraites : manifestations du 16 janvier 2020

Source : IDJ -(Info du jour) – 15/01/2020

Rien n’est réglé après l’annonce du Premier ministre de retirer « sous condition » l’âge pivot de la réforme des retraites. Avocats, médecins, enseignants, cheminots etc. demandent « le retrait du projet ».

S’il est vrai que le nombre de grévistes, notamment à la SNCF et à la RATP a fortement diminué après 40 jours de grèves et de mobilisation, la colère contre la réforme des retraites reste intacte pour de nombreuses professions. C’est le cas, par exemple, d’une bonne partie des 68.000 avocats de France qui sont en grève illimitée ce qui perturbe singulièrement les audiences dans toutes les juridictions.
Les cadres de la CFE-CGE appellent à une journée de grèves et de manifestations pour exiger « le retrait du projet de retraite ». Le syndicat des cadres donne rendez-vous à ses adhérents aux lieux suivants :

16- Éboueur licencié : les grévistes de la ville de Paris demandent sa réintégration

Source : rapporte de Force – 15/01/2020

« Nous exigeons la réintégration immédiate d’Adama Cissé, la remunicipalisation de la gestion des déchets à Paris, et un encadrement de l’application DansMaRue afin qu’elle ne serve pas à la délation ». Ainsi se termine la motion adoptée à l’unanimité ce mercredi par l’assemblée générale des agents de la ville de Paris, réunissant des grévistes contre la réforme des retraites et les syndicats CGT, FO, FSU et UCP.

Pendant une pause réglementaire en septembre 2018, cet employé d’une filiale de l’entreprise sous-traitante Derichebourg explique s’être déchaussé et allongé sur un trottoir pour soulager des douleurs aux pieds. Pris en photo par un passant, dénoncé sur les réseaux sociaux, il est licencié un mois plus tard par son employeur pour faute grave. Le 19 juin prochain, le tribunal des prudhommes rendra sa décision suite à l’audience de mardi 14 janvier, où Adama Cissé a réclamé l’annulation de son licenciement.

En attendant, les grévistes de la ville de Paris rappellent qu’ils ont « besoin de repos » pendant les pauses, dénoncent l’absence « d’accès à un local » à l’occasion de celles-ci et une « surcharge de travail ». Outre le marché du nettoyage pour la ville de Paris, le Groupe Derichebourg, opérateur de services aux entreprises a déjà été pointé du doigt pour l’emploi de travailleurs sans-papiers au bénéfice du groupe La Poste, notamment à Alfortville dans l’agence Chronopost.

17 – LUXFER : Démantèlement illégale, 160 licenciements, l’état complice !

Source : CHSCT Luxfer – 20/01/2020

LUXFER nous trahi et l’état s’en rend complice. Celui à qui nous avons tant donner, nous assassine. Luxfer a décidé de sacrifier son unique site en France voilà un an. Un fleuron industriel, ex- PECHINEY, ancienne entreprise d’état. La fermeture de cette usine très rentable a été permise par les lois Travail du gouvernement Hollande et Macron. Sans aucun fondement et sans problème économique, la fermeture de cette usine a pour unique but d’augmenter le profit des actionnaires.

En effet, l’usine de Gerzat étant la seule usine du monde à proposer des bouteilles de gaz haute pression de très haute qualité pour nos pompiers, nos hôpitaux et nos malades LUXFER profite de sa position de monopole pour baisser la qualité de ses produits et augmenter ses prix de vente.

Les acheteurs finaux de nos produits sont majoritairement les états dont l’état Français (Assistance respiratoire pour les hôpitaux, Oxygénothérapie remboursée par la sécu, les ARI des pompiers, etc…).

La destruction du bassin de l’emploi avait aussi pour but de permettre à des sociétés comme BlackRock ou BNP de faire du profit à court terme en spéculant sur notre plan de licenciement.

LUXFER dans l’illégalité :

Aujourd’hui pour ne pas respecter ses obligations de revitalisation du bassin de l’emploi, LUXFER décide de faire détruire l’outil de travail dans la plus parfaite illégalité. Ce qui empêchera de recréer de l’emploi sur le bassin Gerzatois. Pourtant, la situation des emplois industriels est critique dans le département avec 239 licenciements à la SEITA, 85 chez Flowserve, 136 chez LUXFER, 70 chez DIETAL (Peut-être 140 de plus prochainement), 47 chez les ACC, 96 chez Bourdon, 207 chez MSD, sans compter les milliers d’emplois supprimés chez Michelin ces dernières années !

L’état complice ! :

L’état sensé aider le pays à se revitaliser, se place aujourd’hui du côté des financiers qui ferment leur dernière usine Française ! Le Ministère de l’économie et des finances n’a pas voulu utiliser les leviers juridiques dont il dispose pour stopper cette mascarade. Il laisse LUXFER détruire un secteur industriel illégalement.

Après 2 réunions début 2019, la préfète du Puy de Dôme ne fait plus les comités de revitalisation de l’usine de Gerzat. Après un an de demande, toujours aucune réponse. Le président de Région, lui aussi ignore les salariés de LUXFER malgré de nombreuses demandes. Pourtant un véritable projet de revitalisation existe ! Ce projet construit par des salariés, des experts techniques et comptables est viable mais ne rencontre aucune aide de qui que ce soit ! Pire encore, lors d’une négociation avec LUXFER, notre direction nous a indiqué qu’il avait reçu des consignes du Ministère de l’économie et des finances de ne pas permettre à ce projet de voir le jour. L’état nie, nous ne savons plus que croire !

Du CICE encore et toujours ! :

Toujours et toujours plus de cadeau au patronat ! LUXFER a touché du CICE les années du plan de licenciement (pour fermeture définitive) et risque de continuer à en toucher ! Ce crédit d’impôt sensé servir à investir et créer de l’emploi, continu à être versé à LUXFER même après qu’il décide de quitter le pays ! L’état précise que ce crédit d’impôt d’une valeur de 250 000€ par an est versé sans condition et qu’il ne peut être remboursé à l’état !

Des pratiques monstrueuses ! :

LUXFER au-delà de toutes ses magouilles financières a décidé de se comporter comme un tortionnaire, poussant au bout de leur force les salariés. Notre direction anglaise venait sur les postes de travail pour dire aux salariés « Vous ne vous êtes pas donné les moyens de réussir dans la vie, c’est normal que vous soyez licenciés », « Contrairement à nous les dirigeants, en tant qu’ouvriers vous ne vous êtes pas donnés les moyens d’entretenir correctement votre famille » etc… pour tenter de faire craquer les salariés. Ils ont fait venir des « gardes du corps » non assermentés qui suivaient les représentants du personnel dans Gerzat pour leur mettre la pression.

Ils ont monté plusieurs fausses accusations diffamatoires pour tenter de faire licencier les salariés pour faute lourde afin de ne pas payer leur indemnité de licenciement !

Nous annonçons donc l’occupation de l’usine de Gerzat jusqu’à ce que l’état sauve cette usine et fournisse des explications ! Toute aide est la bienvenue !