Info luttes – Pour une rentrée sociale à la hauteur de la casse des services publics et des retraites – n° 32 – août 2019

L’Union européenne porte une grande responsabilité dans le démantèlement de nos services publics et également dans la politique d’austérité mise en œuvre par Macron. Mais ce n’est pas la seule institution capitaliste qui pilote les États membres de l’UE. Il y a aussi le Fonds Monétaire International (FMI) qui vient d’épingler la France et lui demande de procéder à un effort budgétaire pour rééquilibrer son budget. Christine Lagarde, ancienne ministre de l’Économie de Sarkozy et ancienne directrice générale du FMI, qui vient d’être nommée directrice générale de la Banque Centrale européenne (BCE) juge que:

« la dette publique de la France est trop élevée et sujette à inquiétude à moyen et long terme et que dans ces conditions, il est nécessaire de procéder à un effort budgétaire structurel et ambitieux afin de placer la dette sur une trajectoire ferme et à la baisse ».

Christine Lagarde

Pour le FMI, « un consensus social » autour des contre-réformes Macron est nécessaire « afin de s’attaquer aux défis économiques de long terme de la France et de renforcer la résilience aux chocs, pour laquelle un effort soutenu doit être consenti. Pour le budget de l’année prochaine, en cours d’élaboration, cela implique de prendre des mesures d’assainissement qui compensent les mesures d’allègement fiscal d’avril dernier, annoncées par Macron à l’issue du grand débat national », insiste-t-il.

Selon le FMI, les prochaines contre-réformes prévues par Macron devraient permettre de « préserver la viabilité des finances publiques françaises, à l’image de la réforme de la fonction publique, de la réforme des retraites ou de la réforme des allocations chômage, susceptible de produire des économies budgétaires à travers une révision des règles de calcul ». Pour le FMI, il faut accélérer le démantèlement de notre République en engageant des mesures supplémentaires, comme la réduction des coûts de la santé, un meilleur ciblage des prestations sociales, ou encore la fusion de petites municipalités et l’élimination de doubles emplois entre les fonctions des collectivités.

Pour le PRCF, il y a urgence à nous mobiliser et à descendre dans la rue avec les Gilets jaunes pour stopper la casse de tous nos services publics (santé, transport, enseignement, énergie, etc.) également pour s’opposer à la contre-réforme des retraites qui sera la fin de notre retraite par répartition pour faire place aux fonds de pension. Assez d’attentisme des grandes centrales syndicales et pour cette rentrée 2019/2020 il faut tout mettre en œuvre pour que les travailleurs se dressent comme un seul homme contre Macron, valet de l’UE, du FMI, et du capitalisme qui nuit gravement à notre santé et à celle des générations futures, et qui plus est, de par sa politique anti-écologique, révèle son caractère destructeur et impitoyable. C’est pourquoi nous préconisons les mobilisations autour d’un Front de Rassemblement Antifasciste Progressiste Populaire et Écologique (F. R. A. P. P. E.)

Jo Hernandez pour la commission luttes du PRCF.

Luttes gagnantes :

source : CGT – juillet 2019

Lutte gagnante : chez Smart (57) 1600 salariés,  la lutte paie ! 
Après 2 semaines de grève, les salarié-e-s des équipementiers (sous-traitants) ont obtenu gain de cause. 
Le groupe DAIMLER, qui imposait l’obligation de «démissionner» pour postuler à un nouvel emploi, a fini par reculer face à la détermination des salariés, cédant également des garanties significatives en matière d’emplois et de salaires.

Luttes gagnantes à l’entreprise d’abattoir BIGARD Castres: La Direction a répondu à l’ensemble des demandes.

Source : UD CGT Tarn – 17 juillet 2019

Le mouvement de grève initié par la CGT fin juin, suspendu suite à une première rencontre positive avec la Direction, a connu un dénouement positif après une nouvelle négociation intervenue le 2 juillet. Parmi les nombreux gains obtenus : amélioration des conditions de travail (roulement des jours de repos, semaines hautes de travail passées de 40h à 37h50,…), amélioration des conditions salariales sur les semaines hautes, prise en compte des problèmes de management (formation des responsables, du personnel nouveau), de la discrimination à l’égard des élus CGT,…Une nouvelle rencontre interviendra en septembre.

À noter le comportement de FO, organisation majoritaire sur l’établissement de Castres, qui a tout fait pour empêcher la grève (chantage des élus du CE sur les salariés, diffamation à l’encontre des élus CGT).  

Les grèves à venir :

– Grève des urgences : 211 services mobilisés en France

Source : site – Pourquoi Docteur – 30/07/2019

La grève des urgences continue de s’intensifier avec 211 services désormais mobilisés en France, selon un communiqué publié par le collectif Inter-Urgences.

– La grève des pompiers continue après un mois de mobilisation

Dans l’Indre-et-Loire, le Cher et le Loiret, la grève des pompiers continue, un mois après le début du mouvement. Depuis le 26 juin, des syndicats ont appelé à la grève des sapeurs pompiers et des agents de secours. L’expression d’un “ras-le-bol” dans la profession.

– Grève à la RATP le 13 septembre 2019

Les syndicats des agents de la RATP appellent à une journée de grève le vendredi 13 septembre 2019. Ils dénoncent le projet du gouvernement de réformer les régimes de retraite.

– Grève nationale du Trésor Public le 16 septembre 2019

Plusieurs syndicats appellent les agents du Trésor Public (DGFiP) à se mobiliser lors d’une grève nationale le lundi 16 septembre 2019. Ils dénoncent la possible disparition d’un certain nombre de trésoreries.

– Grève nationale chez EDF le 19 septembre 2019

Les syndicats CFDT, CFE-CGC, CGT et FO appellent les personnels d’EDF à faire une grève nationale le jeudi 19 septembre 2019. Ils dénoncent le projet de réorganisation nommé “Hercule”.

Revue de Presse :

Des grèves et manifestations :

Chronopost adresse son mépris aux sans-papiers 

Source : L’humanité du 1er aout 2019 – par Cécile Rousseau 

Depuis le 11 juin, une quarantaine de travailleurs, sous-traitants de la filiale colis express de La Poste, sont en lutte pour obtenir leur régularisation. 

«Des postiers sans papiers, régularisation ! » Parsemé de tentes vertes, le trottoir devant l’agence Chronopost d’Alfortville (Val-de-Marne) est pourtant loin d’avoir des airs de vacances. Depuis le 11 juin, une quarantaine de sous-traitants de cette filiale à 100 % de La Poste et des dizaines d’autres exploités campent dans des conditions très spartiates pour exiger leur régularisation. 

Recrutés sous Alias par une entreprise de travail temporaire, Mission Intérim, à Corbeil-Essonnes (Essonne) pour le compte de l’entreprise Derichebourg, ces hommes d’origines malienne et sénégalaise étaient ensuite mis à disposition de la société de colis express pour le déchargement des camions et le tri des paquets. Assis sous un arbre, écrasé par la chaleur, Sekou Sissoko, 29 ans, raconte d’une voix fluette son quotidien indigne. L’humiliation pouvait commencer dès l’embauche à 3 heures du matin. « Comme nous n’avons pas de badge, nous devions attendre parfois trente à quarante minutes devant la porte qu’on nous ouvre. Il arrivait aussi qu’on nous dise devant l’entrepôt : “Y a pas be- soin de toi.” Tout le monde savait que nous étions sans papiers. » Ses missions se sont finies en février. Il n’a jamais été rappelé. 

« On était les seuls à soulever des colis de 40 kilos » 

Après une heure trente de bus de nuit depuis Grigny (Essonne) pour re-joindre le centre aux aurores, Moha- med Kanté, 36 ans, subissait comme ses compagnons de galère les coups de pression des cadres. « On avait trente minutes pour décharger les camions, on nous disait : “Si tu te dépêches pas, il y en a d’autres qui at- tendent derrière.” On était les seuls à soulever des colis de 40 kg. Et si on faisait des heures supplémentaires, même au moment de Noël, ils ne les payaient pas. » Le jeune homme de 36 ans a toujours en tête ce jour où il s’est blessé à un doigt au travail. « On m’a dit : “Si tu pars, ce n’est pas la peine de revenir .” Je ne suis allé chez le médecin que le soir. » C’est donc sans hésitation qu’il a laissé tomber son gilet vert et ses chaussures de sécurité, achetés à ses frais, pour rejoindre le piquet de grève. Les salariés, payés en moyenne 500 à 600 euros par mois, mûrissaient cette action depuis plusieurs mois. 

Les quinze premiers jours de la lutte, ils ont occupé l’enceinte de l’agence avant qu’une décision de justice ne les pousse en dehors. « Ils ont passé beaucoup de nuits sous la pluie, on les empêchait d’accrocher leurs vêtements trempés pour les faire sécher. Les vigiles avec leurs chiens venaient les harceler. Pendant un moment, ils n’ont même pas eu de point d’eau », dénonce Jean-Louis Marziani, secrétaire adjoint de Solidaires Val-de-Marne, qui arrive tout juste avec des bouteilles d’eau. Autour des grévistes, l’élan de solidarité a grandi. La municipalité socialiste, le conseil général communiste soutiennent le mouvement depuis le premier jour. Le collectif des sans-papiers de Vitry-sur-Seine, Solidaires, SUD PTT, l’union locale CGT, la CNT-SO, la FSU ainsi que des citoyens viennent aussi prêter main-forte. 

Pourtant, les travailleurs se heurtent à l’indifférence. Le 9 juillet, une délégation a rencontré le directeur des ressources humaines de Chronopost. « Nous avons plein de cas de dumping social, mais il nous a affirmé que eux aussi étaient victimes de cette situation ! Chronopost doit leur faire une promesse d’embauche », affirme Jean-Louis Marziani. Pour la société, leader du colis express, contactée par l’Humanité : « Aucun salarié de notre site d’Alfortville n’est en situation irrégulière ni n’est engagé dans ce mouvement. Il n’est donc pas de notre ressort de répondre aux demandes formulées. » 

À l’agence Mission Intérim, « on ne les connaît pas » 

Malgré sa condamnation pour abus de sous-traitance, le 8 juillet, suite au décès de Seydou Bagaga, travailleur non déclaré de Coliposte tombé dans la Seine en 2012, La Poste n’a pas remis en cause ce modèle économique basé sur la plus grande précarité. Chez Chronopost, le chiffre d’affaires explose. Le recours aux prestataires va crescendo. Il atteint même 92 % pour les livraisons. Comme le dénonce Jean-Louis Berlatier, secrétaire départemental de SUD PTT : « Les profits se construisent à travers ce système d’exploitation. C’est bien un dispositif organisé pour effacer les traces entre les donneurs d’ordres et les salariés. Ces hommes n’ont pas le droit à des pauses, parfois pas de fiches de paie. Depuis le XIXe siècle, rien n’a changé. » 

Sur le dossier, chacun se renvoie la balle. Lundi dernier, les travailleurs sont allés demander des comptes à l’agence Mission Intérim. « Nous sommes restés deux heures pour exiger la régularisation, mais ils persistent dans le déni total, s’exaspère Jean-Louis Berlatier. Ils ont dit : “On ne les connaît pas.” Il y a même eu des provocations physiques. C’est insupportable, cette attitude générale qui consiste à nier l’existence de ces collègues. » 

Après un rendez-vous avorté à l’inspection du travail, le 18 juillet, les grévistes attendent donc d’urgence des solutions: «Nous voulons une négociation avec la préfecture et voir quelles garanties nous pouvons obtenir pour ces travailleurs», assène Jean-Louis Marziani. 

Alors que le temps s’étire sans fin devant l’agence d’Alfortville, sous la canicule, puis le crachin, Sarrdem Ba, 40 ans, tombe de fatigue. Quand le moral flanche, le Sénégalais puise la motivation dans la littérature. L’ouvrage “Lettre à Adama” l’incite à continuer. « On a souffert ici, on a été mal- traités. On ne bougera pas », sourit- il. Pour maintenir la pression, tous manifestent ce jeudi devant le siège de la Banque postale, à partir de 16 heures. 

Communiqué de presse syndicat CGT SNCF Tarn- du 26/07/2019

Source : UD Cgt Tarn – 29/07/2019

Les cheminots du Tarn ont levé 1 des 3 préavis de grève qui court sur tout  le territoire du Tarn.

Le préavis en question est celui qui impactait les circulations le vendredi. Aujourd’hui, notre direction ne pourra plus justifier ses suppressions de trains sous couvert de notre mouvement. Le manque de personnel, de matériel et les avaries techniques dus a une politique interne de destruction seront les seules causes des suppressions des circulations.

La direction SNCF Occitanie continue son travail de “Sabotage” de la convention signée avec notre région.

La présidente Mme Carole Delgas et le vice président M. Jean Luc Gibelin, nous soutiennent et sont au fait de la situation. Après avoir dénoncé, a plusieurs reprises par voix de presse, le comportement intolérable de la direction SNCF Occitanie ; rien ne bouge!!! C’est encore une preuve de la volonté féroce de notre direction, de mettre en place la destruction du service de transport écologique public.  

Les suppressions de postes sont toujours d’actualité et les conditions de travail se durcissent pour tous les agents en place. La souffrance au travail est de plus en plus forte avec aussi un management de plus en plus agressif et intrusif.

La direction SNCF Occitanie doit aussi assumer ses responsabilités face aux usagers de notre réseau qui sont rendus esclaves de leur politique.La FNME CGT dénonce les attaques outrancières de la Cour des comptes.

Source : Fédération Nationale Mines Energie CGT – 17 juillet 2019

Sans surprise, la Cour des comptes roule pour le gouvernement Macron en publiant un rapport totalement à charge contre les régimes de retraite des IEG, de la SNCF et de la RATP.
Alors que les frasques de l’ancien ministre de Rugy s’étalent dans la presse, le président Macron et son bras armé Migaud (Président de la Cour des comptes) cherchent à opposer les salariés en voulant faire passer les agents des IEG, de la SNCF et de la RATP pour des nantis. 

Outre un rapport plein d’erreurs, et d’omissions dirigées, ce brûlot contre les 42 régimes spéciaux s’attaque principalement aux statuts des salariés des IEG, de la SNCF et de la RATP mais aussi à leur pouvoir d’achat. 

Des préconisations ultra-libérales : 

ne plus recruter dans les IEG, à la SNCF et à la RATP que des personnels hors statut et pour les personnels déjà en fonction, les sortir progressivement de leurs statuts; 

payer les pensions à terme échu et non plus à échoir au sein des régimes de la SNCF et des IEG; 

niveler PAR LE BAS les droits familiaux de retraite et les pensions de réversion des agents des trois régimes spéciaux ainsi que ceux des fonctionnaires; 

supprimer progressivement LES SERVICES ACTIFS et LES DÉPARTS ANTICIPÉS;
supprimer pour les retraités les avantages en nature liés aux différents statuts : gratuité du train à 

la SNCF, du métro à la RATP, tarif réduit de l’électricité et du gaz dans les IEG; 

supprimer pour les retraités des IEG un certain nombre de prestations familiales propres aux agents des IEG (aide aux frais d’études, sursalaire familial…); 

revoir À LA BAISSE l’indemnité de départ à la retraite dont le montant est déterminé en fonction du dernier salaire mensuel et de l’ancienneté dans les IEG (entre 1,5 mois et 5 mois). 

Une seule recommandation relative aux régimes des IEG, de la SNCF et de la RATP dans la perspective de la mise en place d’un système universel d’appauvrissement généralisé de la retraite (la retraite par point… dont la valeur du point sera fixée tous les ans !) : 

supprimer toutes les particularités de ces régimes ! 

Pour la FNME CGT ce rapport est tellement à charge qu’il en est grotesque et discrédite totalement ceux qui l’ont écrit et commandé. 

Urgences en colère » au CHU de Nice

Source : L’Humanité du 30/07/2019 – par Pierre-Adrien Dagnelies 

En grève depuis le 17 juillet, le personnel de l’hôpital lance aujourd’hui la première de son pro- gramme d’actions. 

Une insuffisance de moyens qui touche tous les hôpitaux, et particulièrement le CHU de Nice, deuxième service d’urgences de France, en taille. «En plein mois de juillet, je crois que la ville triple sa population, l’activité augmente, mais l’effectif reste constant », dénonce Stéphane Gauberti. Les patients pris en charge voient, eux, les heures défiler. « lls restent parfois 24 heures sur des brancards. On ferme des lits parce qu’on n’a pas assez de personnels, pas assez de médecins, pas assez d’anesthésistes », déplore Michel Fuentes, secrétaire général de Force ouvrière au CHU. 

« Tout le monde est épuisé, à bout de souffle » 

En cette saison de fortes affluences, les deux syndicalistes pointent les risques provoqués par cette attente excessive. « Quand vous avez quel- qu’un de votre famille hospitalisé sur un brancard des heures et des heures, certains pètent les plombs, et cela met en péril la sécurité du personnel », reconnaît le secrétaire général de la CGT.«Pas plus tard qu’il y aune dizaine de jours, on a eu une agression au couteau, une attaque à l’extincteur et une autre à main nue », alarme Stéphane Gauberti. Dans ce contexte, le personnel « n’en peut plus, il a du mal à suivre. Les conditions de travail sont déplorables, tout le monde est épuisé, à bout de souffle », poursuit-il. 

Les syndicats ont donc organisé une plateforme revendicative, portant sur les effectifs, le matériel, mais aussi des préoccupations plus immédiates comme la gestion de la canicule. « Il n’y a même pas de plan d’aide pour faire face aux chaleurs extrêmes », s’est étonné Michel Fuentes. « On nous a proposé une multitude de réponses : des bouteilles d’eau, des frigos, des carafes, du matériel », ironise Stéphane Gauberti. Mais rien sur la prime canicule, demandée nationalement par Force ouvrière. Les syndicats ont néanmoins obtenu que la direction négocie avec la préfecture pour avoir un policier présent 24 heures sur 24 par mesure de sécu- rité. Elle promet également d’embaucher 19 personnes supplémentaires « qui permettront de pourvoir 100 % des postes vacants au 9 septembre », affirme la direction. 

300 postes supplémentaires sont nécessaires 

« Cela ne suffira pas, estime le secrétaire général de la CGT, c’est une goutte d’eau dans l’océan. » Les syn- dicats jugent en effet que 300 postes supplémentaires sont nécessaires pour assurer le bon fonctionnement 

du CHU… De plus, pour Michel Fuentes, la prime de risque accordée par la ministre de la Santé à destina- tion unique des urgentistes « divise plus le personnel qu’autre chose ». Elle ne concerne en effet que 368 personnes sur les 6 500 agents du CHU, et devrait être attribuée à tous, car « tout le personnel se charge de l’accueil des clients », rappelle le secrétaire général de FO. Face aux difficultés de manifester au mois d’août, la CGT appelle à une grande journée d’action de l’ensemble du secteur hospitalier et des Ehpad le 11 sep- tembre. 

Le manque de matériel, le manque d’effectif et les plannings surchargés ne permettent plus au personnel de maintenir sa mission de service public. Les syndicats, en grève reconductible depuis le 17 juillet, appellent donc le personnel à se mobiliser à partir d’aujourd’hui et chaque semaine lors des « mardis Urgences en colère ». Tous les ans, le CHU de Nice renvoie chez eux 1 500 usagers. «On ne peut pas accueillir les pa- tients dans leur totalité, on est obligé de les diriger vers un autre secteur médical, celui des secteurs privés, lucratifs », regrette Stéphane Gauberti, le secrétaire général de la CGT du centre hospitalier. 

Ce mardi 30 juillet 2019 journée rouge pour les pompiers en colère 

Source : L’Ardennais – 30/07/2019 – par Corinne Lange 

Trois semaines que les pompiers professionnels ont entamé une grève. Une action nationale relayée dans les Ardennes par la CGT. Le syndicat, majoritaire localement, lance une nouvelle action ce matin devant la préfecture des Ardennes: un barbecue «de lutte» pour, selon Kevin Topin secrétaire CGT, «sensibiliser les Ardennais sur les raisons de ce mouvement de grève». 1 – Les raisons de leur colère Pour la CGT, «c’est clairement la qualité des secours qui est en danger. Par exemple, le rallongement des délais d’intervention. Ar- river sur les lieux d’un incendie, 30minutes après le déclenchement de l’alerte, c’est juste inconcevable», lâche Kevin Topin. Cela passe par la nomination de 5 adjudants et de 4 sergents. La CGT a chiffré le coût de ces nominations: 27000€. «Depuis 2012, le SDIS a déjà consenti des ef- forts afin de se mettre en conformité avec la réforme de la filière des sa- peurs-pompiers professionnels qui doit être appliquée dès le 1er janvier 

2020. Mais c’est insuffisant». Et de dire que le financement existe: «Un commandant, nommé colonel, qui assure la sécurité de la centrale de Chooz est aujourd’hui payé par EDF. Allez, en gros cela fait 100000€ d’économie». 2 – Les grévistes réquisitionnés Les appels au 18 ne resteront pas sans réponse ce mardi. Pas plus aujourd’hui que depuis le 8 juillet, date du début du mouvement dans les Ardennes. Le préfet réquisitionne tout simplement les pompiers professionnels grévistes. «Une garde jour à Charleville, c’est 12 pompiers. Le matin, en arrivant, les grévistes se font connaître à leur hiérarchie. Pour assurer le service, il faut un effectif minimum de 10 professionnels, les réquisitions permettent de l’obtenir. À Sedan, il est de 6 pour un effectif normal de 7». 3 – Une com’ bien ficelée? À défaut de ne pas (encore) avoir convaincu les financeurs de mettre la main au porte-monnaie, les pompiers grévistes ont d’ores et déjà gagné le cœur des Ardennais. Depuis lundi matin, des pancartes fleurissent aux quatre coins de la cité de Gonzague. L’auteur déclare sa flamme aux soldats du feu et annonce dans la foulée, l’action menée aujourd’hui par la CGT devant la préfecture. Un com’ bien ficelée? «Absolument pas! s’en défend, un brin amusé, Kévin Topin. «Cela fait plaisir, d’autant que la CGT n’est pas l’auteur de ces affiches que l’on peut également voir à Sedan». Une cote de popularité qui ne passe pas non plus inaperçue sur la page Facebook «CGT du SDIS08». Ce qu’explique l’organisateur de cette action, déclarée et acceptée en préfecture. «On a dépassé les 50000 vues.» Un succès qui devrait également s’afficher dès 11 heures ce mardi: «Nous organisons un barbecue auquel nous convions tout le monde et à 14 heures, une délégation sera reçue en préfecture». 

Commentaire de lecteur “Info luttes – Pour une rentrée sociale à la hauteur de la casse des services publics et des retraites – n° 32 – août 2019