Info luttes – Le PRCF appelle à un F.R.A.P.P.E. – n° 1 – janvier 2019

F.R.A.P.P.E. : Front de Rassemblement Antifasciste Progressiste Populaire et Écologique

Le Rassemblement National (ex FN) et consorts surfent sur la vague de la colère populaire en la détournant d’une visée progressiste. Ils mélangent volontairement, pour tromper le peuple, les notions d’impôts progressifs utiles à la mise en œuvre des services publics (hôpital, école, transports, eau, énergie…) avec les taxes qui rackettent proportionnellement davantage les plus modestes et les « charges sociales » qui ne sont que des salaires différés, fruit de la valeur ajoutée produite par les travailleurs et destinées au bien-être de tous. En même temps, ils surfent sur la vague de la migration et du sécuritaire, les deux allant de pair, pour détourner la colère, exemptant ainsi les capitalistes, les seuls vrais responsables exploitant ici et là-bas tous les peuples en les dressant les uns contre les autres. Notre regretté camarade Henri Alleg nous avait prévenus en son temps que le peuple revendicatif serait assimilé au terrorisme, justifiant « l’état d’urgence » l’empêchant de manifester !

Il est à noter aussi que Chenu, le second couteau de Marine Le Pen, a déclaré à la télé que le RN n’était pas pour le Frexit et que son intention était de regrouper au « niveau européen » tous les mouvements d’extrême droite. Il a ajouté qu’il ne fallait pas être trop sévère avec les Brexiteurs britanniques. Évidemment, c’est un Brexit de droite mis en œuvre par des politiques qui trouvaient que l’Europe n’était pas encore suffisamment impérialiste à leurs yeux.

D’où la cohérence de notre orientation vers les quatre sorties :

– Sortir du carcan européen qui, de fait, est de plus en plus fascisant et impossible à modifier vu qu’il faudrait l’unanimité des 28 États. C’est bien pour cela que nous avons dit non à la supériorité du droit européen et à la concurrence libre et non faussée le 29 mai 2005.

– Sortir de l’euro qui ne préconise qu’austérité et casse des services publics à l’instar du FMI qui a conduit bon nombre de pays à la faillite. La Banque Centrale européenne dominée par Berlin n’est pas réorientable.

-Sortir de l’OTAN et de ses guerres impérialistes qui, via une défense européenne aux ordres des USA, nous impliquent dans de nombreuses opérations extérieures.

– Sortir du capitalisme, car le néolibéralisme a montré sa nocivité, nocivité qu’il appliquerait aussi dans l’hexagone.

Pour cette mise en œuvre, il nous faut donc initier un Front de Rassemblement Antifasciste  Progressiste Populaire et Écologique. D’où la nécessité non pas de récupérer la juste colère des Gilets Jaunes mais de l’accompagner sur le champ syndical et politique. Car, quoiqu’en disent les gilets jaunes, l’élaboration de cahiers de doléances nous rappelle 1789 préfigurant la fin de la monarchie. Car, quoiqu’en disent les Gilets Jaunes le Référendum d’Initiative Citoyenne ressemble à ce que nous nommons, nous communistes, « la dictature du prolétariat » synonyme non pas de dictature d’une personne, mais au contraire symbole de davantage de démocratie par opposition à la dictature du fric !

C’est bien parce que certains se sont évertués à casser ce formidable outil qu’était le PCF au service des travailleurs et des opprimés, c’est bien parce que la « fausse gauche » a trahi le peuple de France, c’est bien parce que le syndicalisme rassemblé a flirté avec la compromission auprès du patronat que nous sommes sur la pente de la perte de nos conquis. N’abandonnons pas cette colère populaire aux mains des fascistes. Agissons ici et maintenant, tous ensemble et en même temps, avec les salariés et tous ceux qui vivent de leur travail, qu’il soit physique, intellectuel ou artistique pour des jours heureux et construire la route vers le socialisme.

André Riera pour la commission luttes du PRCF

Samedi 5 janvier : Acte 8 de la mobilisation des Gilets Jaunes


Les dernières grèves :

Plusieurs grèves régionales SNCF depuis le 22 décembre 2018
DuRER D (Île-de-France) dès le 26 décembre 2018
Des bus et trams LiA au Havre dès le 26 décembre 2018
De La Poste en Poitou-Charentes et Haute-Vienne du 17 au 31 décembre 2018
Grève SNCF en Occitanie depuis le 3 décembre 2018
Grève nationale de la Fonction publique du 9 au 31 décembre 2018
Revue de Presse

Des grèves et manifestations

1 – Transavia France : trafic normal malgré l’appel à la grève de la CGT

Source : La Minute – du 24/12/2018

Lundi, le trafic de la compagnie Transavia France était normal et mardi, malgré la poursuite de la grève, la direction prévoit d’assurer 100% de ses vols. Le programme des vols de Transavia France, filiale à bas coût d’Air France-KLM, était normal lundi, malgré l’appel à la grève lancé par la CGT à l’attention des hôtesses et stewards de la compagnie aérienne, a-t-on appris auprès de la direction.

« Tous les vols sont maintenus et assurés », a déclaré un porte-parole de Transavia France, tout en notant que « des perturbations de dernière minute ne sont pas à exclure ». La direction « ne communique pas sur le nombre de grévistes », a-t-il ajouté.

L’appel à la grève couvre aussi le jour de Noël, jusqu’à 23h59 heure de Paris, mais le trafic est prévu normal : « pour demain (mardi), 100% des vols sont maintenus », même si « des perturbations de dernière minute sont possibles », a indiqué le porte-parole, invitant les voyageurs à consulter le site internet de la compagnie.

Selon Elodie Gomes de la CGT, « sur les 54 vols prévus lundi, 25 ne sont pas assurés par du personnel de cabine Transavia » mais « affrétés » auprès d’une autre compagnie, ce qui est « très coûteux ». La mobilisation est « identique » à celle constatée lors des « précédentes grèves », a affirmé Elodie Gomes.

Pour un « retrait immédiat » d’une « procédure de licenciement ». Dans son préavis, la CGT réclamait « le retrait immédiat de la procédure de licenciement » à l’encontre d’un de ses délégués syndicaux, qu’elle juge victime d’un « acharnement », ainsi que « la mise en place de discussions syndicales honnêtes et respectueuses ». « On déplore le manque d’intérêt de nos dirigeants sur notre principale revendication : l’arrêt de la procédure de licenciement contre notre délégué syndical », a déclaré Elodie Gomes. « Ils ne sont toujours pas revenus vers nous. On veut retrouver un climat social serein, ce qui sera impossible tant qu’ils n’abandonneront pas cette procédure », a-t-elle expliqué. « La grève est notre dernier recours. Il est possible que nous décidions de recourir de nouveau à la grève », a-t-elle prévenu.

La semaine dernière, la direction avait « déploré cet appel à la grève durant cette période de fêtes de fin d’année » et avait assuré que « la voie du dialogue social est toujours (sa) priorité ». Selon la direction, ce représentant du personnel CGT est visé par une procédure disciplinaire après « des propos insultants à caractère sexiste et des faits violents tenus en réunion à l’encontre d’une collègue de travail ». Transavia France compte environ 500 hôtesses et stewards sur ses 1.100 salariés.

2 – De la scène de crime à la grève revendicative

Source : l’Humanité du 27//12/2018 – par Alexandre Fache

Les personnels de la police scientifique sont appelés à débrayer à partir de ce jeudi. Objectif : ob- tenir un statut plus conforme aux contraintes de leur métier. Ils sont devenus l’un des rouages essentiels de la résolution des crimes, et pourtant, ils ont toujours le sentiment d’être « méprisés » par leur hiérarchie, à savoir le ministère de l’Intérieur. Les personnels de la police scientifique, représentés par les trois syndicats de la profession (Snipat, SNPPS, Snapatsi), ont lancé un préavis de grève illimitée qui doit débuter ce jeudi. Un mouvement qui pourrait conduire à une nuit de la Saint-Sylvestre chômée par ces agents. « Depuis le début du mois, le ministre Castaner a ajourné trois fois le rendez-vous que nous avions avec lui. Et aucune nouvelle rencontre n’est prévue. Pourtant, il a trouvé le temps, la semaine dernière, de recevoir nos collègues gardiens de la paix et gradés. Et en quelques heures, ceux-ci ont obtenu les hausses de salaires qu’ils réclamaient… », remarque, amère, Soazig Henrio, la déléguée du Snipat pour le nord de la France.

Les personnels de la PTS (police technique et scientifique), eux, ne réclament même pas de revalorisation financière, mais une simple reconnaissance statutaire : considérés comme « sédentaires » dans la fonction publique, ils demandent depuis huit ans à passer dans la catégorie « active ». Un statut accordé aux agents dont l’activité présente des risques ou des contraintes fortes (manipulation de produits dangereux, horaires variables, astreintes…). Les gardiens de la paix, les surveillants pénitentiaires, les douaniers armés ou les infirmières en bénéficient déjà… mais pas les PTS, malgré deux grèves menées en 2010 et 2015.

«Pourtant, nous sommes de plus en plus sur le terrain, avec des missions élargies », relève Soazig Henrio. À l’origine destinée aux seuls homicides, la police scientifique se trouve mobilisée désormais sur des affaires de viol, de terrorisme, d’incendie, mais aussi de simples vols, des prises d’empreintes, ou des assistances pendant des autopsies. « On est confronté à la mort au quotidien et ce n’est pas toujours facile à gérer », confie la syndicaliste. Qui souligne aussi combien le travail des PTS est devenu central. « Nous sommes seulement 2 400 agents, soit 2 % des effectifs de la police nationale, mais nous contribuons à la résolution d’un tiers des affaires », relève la déléguée du Snipat.

3 – Grève du principal site logistique d’Ile de France – Geodis Calberson

Depuis le 26 décembre, les travailleurs de l’entrepôt de GEODIS à Gennevilliers sont massivement en grève. Ils revendiquent une prime de fin d’année de 1000 €, l’augmentation de salaire de 200 € pour tous et 100€ supplémentaires pour ceux qui n’ont jamais été augmenté, la revalorisation à 50€ de leur prime transport et l’embauche en CDI de 30 travailleurs précaires. 9 travailleurs sur dix sont en grève, dont des chefs d’équipes.
Geodis est une filiale de droit privée de la SNCF qui a remplacé le transport ferroviaire de marchandise par le transport routier et cet entrepos de Genevilier est l’une des plus grosse plateforme logistique de France. C’est un site stratégique d’Ile de France.

Pour les soutenir, une caisse de grève en ligne a été lancée : https://www.lepotcommun.fr/pot/x6tt2a10.