Ce 18 février 2020, les travailleurs de la RATP, mécanicien conducteurs de bus, de RER, de métro, guichetiers … ils étaient très nombreux en grève avec une revendication simple qui est celle aujourd’hui de tous les travailleurs : augmentation de salaires. Une augmentation plus que légitime à l’heure où les 63 000 travailleurs de la RATP ont produit un résultat net de 200 millions d’euros en 2022 soit 3175 € pour chacun d’entre eux. De quoi largement augmenter les salaires ! Pendant que la patronne de la RATP, aux ordres du régime Macron s’octroie une augmentation de 50 000 €, soit 12.5%, elle se moque des travailleurs en proposant le gel des salaires à +0.4%

2022 va être une année sous haute tension annonce donc Bertrand Hammache, secrétaire général de la CGT RATP. Et pas seulement pour défendre les salaires, mais aussi pour défendre le service public. En effet en application des directives européennes, la libéralisation et la privatisation à la découpe de la RATP est lancée sous l’égide de la Région Île de France et du STIF.

Une grève majoritaire

Hors heures de pointe, pas de métro. Sur deux périodes de 3h le matin et le soir, moins d’un métro sur 3, voir 1 sur 4, à l’exception de la ligne 4 (1/2). Sur les RER A et B, plus de la moitié des trains supprimés. 1 tram sur 3 seulement sur les rails, et le tiers des bus resté aux dépôts, avec des lignes complètement à l’arrêt.

Il est évident que cette grève a été très majoritaire.

 

Les travailleurs de la RATP en grève revendiquent le dû des travailleurs : des hausses de salaires

Ici une action en vidéo, sur le facebook de la CGT RATP :

Pour illustrer le mépris de classe de la direction de la RATP, c’est une hausse de seulement 0.4% qui a été proposée dans les négociations annuelles obligatoires. La CGT RATP revendique un rattrapage de 3% chaque année pendant 3 ans pour rattraper les 9% d’inflation des dix dernières années. Une entrée de grille brute à 2000 €, l’égalité de salaires femmes-hommes, la réduction du temps de travail, l’indemnisation du travail le dimanche et jour férié, la revalorisation des allocations de déplacement et travaux de nuit.

La bataille contre l’europrivatisation de la RATP

Depuis 2018, en application des directives européennes dites des paquets ferroviaires, résultant elles-mêmes des traités européens, la seconde phase de la privatisation de la RATP et de l’ouverture à la concurrence des transports publics d’Île de France est lancée.  En 2018, ce sont les réseaux de bus de la grande couronne qui ont été libéralisés.

Maintenant ce sont les 4700 bus qui desservent la zone dense de l’Île de France qui sont dans le viseur. Exploser en douze lots soumis à concurrence dans le cadre d’un appel d’offre privatisant les lignes en 2025. Privatisés pour dix ans.

Quand on sait que 70% du budget d’une ligne de bus, c’est évidemment le salaires des personnels, on comprend d’autant plus l’inquiétude des travailleurs, déjà au régime sec.

La privatisation des RER et transiliens va suivre. Rappelons que dans les régions de province, de PACA à la Normandie, le processus de privatisation des TER est déjà En Marche, avec la complicité active des LR, du FN et de EELV.

Le 14 février la CGT a lancé un premier rassemblement devant le Conseil régional.

Il est cependant utile de rappeler que pour échapper à la privatisation, et conserver l’efficacité économique et sociale du monopole du service public, il y a un impératif. Sortir de l’Union Européenne. Sans sortie de l’Union Européenne, les directives européennes s’appliquent, et il n’y a pas d’alternative possible : libéralisation, privatisation, exploitation !
À l’évidence un point à mettre de toute urgence à l’ordre du jour de la campagne présidentielle.

JBC pour www.initative-communiste.fr

 

 


 

Le communiqué de presse de l’intersyndicale pour l’augmentation des salaires

Lors de la réunion de négociation salariale qui s’est tenue ce jour à la RATP, la Direction est restée sur les 0,4 % initiaux et n’a pas augmenté l’enveloppe des salaires 2022.

Malgré le coup de semonce qu’a représenté la grève massive ce jour à la RATP et malgré l’expression de centaines de collègues venus au rassemblement et pour s’exprimer devant les représentants de la Direction, les discussions sont au point mort. La Direction est irresponsable.

Concernant les 2,7% en moyenne par agent sur lesquels la Direction communique, elle ne nous a toujours pas fourni les détails de la répartition sur le personnel concerné. A-t-elle des choses à cacher ?

En tout état de cause, pour les agents rien n’a bougé, le compte n’y est toujours pas ! Le discours de la Direction est le même à chaque négociation salariale car lorsque les comptes de l’entreprise sont dans le rouge, il faut se serrer la ceinture. Quand ils sont au vert, il faut encore se serrer la ceinture ! C’est inacceptable !

L’intersyndicale RATP – CGT, FO, UNSA, CFE-CGC, Solidaires et La Base – a déjà prévu de se rencontrer dans les tous prochains jours afin d’élaborer la stratégie syndicale.

Paris le 18 février 2022 – 16h00

sdf