La grève en France au XXIe siècle – par Stéphane Sirot

Après avoir abordé les pratiques de pacification des relations sociales, voire de domestication du fait syndical par l’ordre dominant
que représentent le “dialogue social” et “l’institutionnalisation du syndicalisme”,  – historien spécialiste du mouvement syndical –  fait paraître une troisième brochure  dans la collection “Problématiques sociales et syndicales”. elle sera consacrée  à “La en France au XXIe siècle”.

Une brochure à paraître fin février-début mars et qui peut déjà être commandée

Sur la longue durée de notre histoire sociale, la grève tient une place originale. Confronté à l’hostilité durable de l’État et du patronat, forgé par une identité mêlant les influences anarchistes et marxistes, imprégné de lutte des classes, le syndicalisme français s’est tout particulièrement appuyé sur le rapport de forces, tant pour faire valoir les revendications quotidiennes des travailleurs que pour envisager l’avènement d’une société débarrassée du capitalisme.
Les métamorphoses les plus récentes des organisations de salariés et des rapports sociaux, assises sur une montée en puissance du « dialogue social », lui-même nourri par l’institutionnalisation du fait syndical, paraissent avoir relégué, sinon au second plan, tout au moins à un positionnement moins central l’action gréviste. Les statistiques tendent à démontrer son affaissement, au moins dans le secteur privé. Son efficacité paraît en outre érodée, si l’on s’en tient à recenser les échecs récurrents des mobilisations d’ampleur nationale depuis quinze ans. Ces données sont-elles le symptôme d’un irrémédiable déclin de la grève en France ? Cette pratique est-elle à ranger dans le tiroir des archaïsmes, dépassée qu’elle serait par une modernité incarnée par la recherche du consensus ? Ou au contraire, tout comme elle s’est en permanence adaptée à la conjoncture de son temps, la conflictualité sociale serait-elle de nouveau en phase d’adaptation aux circonstances de notre XXIe siècle ? Auquel cas ne pourrait-elle faire souffler un vent de renouveau sur un mouvement syndical confronté aux limites de ses modalités d’intervention, qu’elles prennent la forme de la recherche constante du compromis ou de la journée d’action ritualisée ?


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