#GiletsNoirs, Aymeric Monville, interviewé par RT, appelle à la solidarité !

Les rassemblant travailleurs , travailleurs , occupent le Panthéon le 12 juillet 2019

Invité sur le plateau de international à commenter l’irruption des gilets noirs dans le Panthéon, notre camarade, , a appelé à la régularisation de tous les travailleurs, au refus d’une société à deux vitesses, à la condamnation de la division de la Nation par le FN, mais aussi au respect de la souveraineté française notamment au niveau de ses frontières, ce qui implique une sortie de l’UE et un arrêt des guerres impérialistes.

L’interview de A. Monville (PRCF) par RT international

La synthése de son intervention

RT : Pensez-vous que cette occupation soit une bonne chose?

Tout dépend de la question de savoir si les personnes qui travaillent ici doivent être traitées comme des citoyens de seconde zone dans ce que nous pourrions appeler une société à deux niveaux ou pas.

Des travailleurs sans papiers se sont déjà réunis il y a un mois devant une grande entreprise de restauration collective, pour dénoncer des conditions de travail illégales. Il faut stopper ce système, les entreprises doivent être mieux contrôlées. Bien sûr, personne ne dit que la France n’a pas à contrôler ses frontières. Mais il est inacceptable que la France traite si mal ces travailleurs qui contribuent à la richesse du pays.

RT : En même temps, il s’agit de l’occupation d’un monument très visité par les touristes…

Les monuments ne sont pas seulement faits pour les touristes. Le Panthéon est le monument qui incarne le mieux les valeurs républicaines en France, qui remontent aux Lumières et à la Révolution française. On y trouve le symbole de la résistance au fascisme, de même que l’artisan de la seconde abolition de l’esclavage, Victor Schoelcher.  La valeur républicaine ultime me semble l’égalité de tous devant la loi. Donc lorsque les migrants sans papiers dénoncent les conditions actuelles d’exploitation comme un esclavage du travail, ils n’ont pas tort de venir ici. Ils mettent le doigt sur une vraie contradiction.

RT : Comment réagit le gouvernement?

Pour le moment, le gouvernement a préféré la manière forte. Surtout depuis les gilets jaunes, nous assistons à un déplacement de l’électorat macronien à droite et à ce que nous pourrions appeler un fascisme rampant de l’opinion politique française. La police a annoncé que trente-sept interpellations avaient été effectuées. Des affrontements ont eu lieu en début de soirée alors que les manifestants étaient restés massés devant le monument. Il est important de souligner le courage et peut-être le désespoir de ceux qui manifestent lorsqu’ils risquent d’être expulsés à tout moment.

RT : Quel avenir pour ce type de revendications? 

Nous discutons beaucoup ici de la profonde division de la société française entre les riches électeurs de Macron des grandes métropoles, les citoyens de la périphérie de la France et les banlieues des grandes villes, où de nombreux immigrés constituent une main-d’œuvre bon marché et parfois illégale pour la riche bourgeoisie. L’union au moins symbolique (avec le symbole du gilet) des de la France périphérique et des gilets noirs des banlieues va dans le bon sens: la dénonciation d’une France injuste qui ne respecte plus l’état de droit. Au contraire, la stratégie du parti d’extrême droite, le Rassemblement national, qui consiste à susciter des divisions entre immigrés et travailleurs français, ne peut que profiter au président Macron. Mais bien sûr, je le répète, il ne peut y avoir de régularisation massive sans un contrôle renforcé des frontières pour les nouveaux arrivants. Personne ne dit que la France n’a pas à contrôler ses frontières. Mais pour retrouver ces éléments de souveraineté, l’essentiel est que la France puisse sortir de l’Union européenne et en finisse avec les guerres impérialistes comme la Libye et la Syrie.