Fête de l’huma 2013 – Débat PRCF – Construire un nouveau CNR

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Sur son stand de la Fête de l’humanité, le PRCF a organisé le samedi 14 septembre un débat sur le thème

« Pour s’en sortir, construire un Front populaire et patriotique pour sortirde l’ et construire un nouveau »

Ce débat présidé par Pierre Pranchère (PRCF) résistant et ancien député réunissait :

Jacques Nikonoff (M’PEP), Marie Christine Burricand (PCF Vénissieux, Faire Vivre et Renforcer le PCF), Gilbert Rodriguez (Front Syndical de Classe ), Jean Luc Pujo (Clubs Penser la France ), Georges Gastaud (Secrétaire National du PRCF)

Voici les interventions en vidéos.

  • Pierre Pranchère (PRCF)

  • Jacques Nikonoff (M’PEP)

  • Marie-Christine Burricand (PCF – faire vivre et renforcer le PCF)

  • Gilbert Rodriguez (FSC)

  • Jean Luc Pujo (CPF)

  • Georges Gastaud (PRCF)

Merci à http://www.prcf22.org/fetehuma2013.html

5 Commentaires de lecteur “Fête de l’huma 2013 – Débat PRCF – Construire un nouveau CNR

  1. REY Paul-Antoine
    27 septembre 2013 at 14:57

    Bonjour, je ne peux malheureusement pas accéder au contenu des conférences, faute d’un internet assez puissant (tel. mobile). Mais je me permettrais néanmoins une observation sur le culte qui se développe, ces derniers temps, autour de la période « CNR »… Ce « paradis perdu » était surtout, semble-t-il, le royaume des bonnes intentions, vite suivi de désillusions, et pour cause… A-t-on sérieusement étudié les causes historiques profondes,
    1)de la mise au pas par la bourgeoisie gaulliste de la résistance prolétarienne : amalgame FTP-FFI, puis FFI- FFL-1ère armée…
    2)de la participation aux gouvernements sociaux-démocrates pro-américains : Ramadier, acceptation du Plan Marshall, éviction des communistes… ?

    Le tout en moins de trois ans…
    En matière d’indépendance le gaullisme avait forcément ses limites : celle d’une bourgeoisie monopoliste subalterne, avide de reprendre son « empire » en voie de décomposition.
    La social-démocratie représentait la même aspiration, avec une dévotion atlantiste supplémentaire…

    Et l’autonomie prolétarienne dans tout ça ?

    Cette étude manquante, quelqu’un l’avait pourtant faite pour nous, en 1947. C’était Andrei Jdanov, lors de la fondation du Kominform. Mais nos dirigeants français (et italiens, aussi…) de l’époque, se sont empressés de la mettre sous le boisseau…

    Aujourd’hui, on peut en retrouver des fragments originaux, et suffisamment parlants, dans :
    The Cominform: Minutes of the three conferences, 1947/1948/1949 (Annali /Fondazione Giangiacomo Feltrinelli)

    1. clement
      27 septembre 2013 at 15:44

      Bonjour,

      Il est bien dommage que vous ne puissiez accéder aux interventions. Celle de G Gastaud en particulier a le souci de répondre à votre interrogation.
      Et ce d’autant que je ne saurais m’exprimer de manière aussi claire et pertinente que les différents intervenants.

      Car non il ne faut pas considérer le Conseil National de la Résistance comme un paradis perdu comme vous dites, ni comme un idéal indépassable. Mais sans doute comme un compromis obtenu par la résistance de la classe ouvrière aidée par un parti communiste puissant, à un moment où la guerre froide commence et où la guerre à peine finie les armées américaines sont encore sur le sol français, à l’heure où la bourgeoisie française n’a pas fini son mouvement de concentration.

      Mais dans cette si courte période, il faut mesurer les conquis sociaux importants mis en place par les ministres communistes Croizat (sécurité sociale, retraites…), Thorez (statut de la fonction publique), Paul (nationalisation de grands monopoles créant de grandes entreprises publiques ….). Il s’agit là de conquis en eux même porteurs de dynamique révolutionnaire car ils montrent ce qu’il est possible de construire en sortant du capitalisme. Ce n’est pas pour rien que le MEDEF a déclaré qu’il voulait revenir totalement sur ces acquis du CNR.

      Mais le sujet du débat n’était pas de célébrer le CNR, ni même d’étudier en détail cette période de l’histoire, mais bien de réfléchir dans la situation politique actuelle à la construction d’un large front populaire patriotique et progressiste pour remettre la classe des travailleurs à l’offensive via la sortie de l’UE, de l’euro, de l’OTAN et du capitalisme.

      Je vous engage à lire sur ce site le texte suivant qui apporte un autre éclairage sur la question : https://www.initiative-communiste.fr/archive/une-reflexion-politique-du-prcf-sur-les-conditions-de-la-mise-en-place-dun-nouveau-cnr/

  2. REY Paul-Antoine
    27 septembre 2013 at 21:10

    Bonsoir, camarade Clément,

    Je vous remercie d’avoir répondu à mon post, et notamment pour la référence à l’article sur « la mise en place d’un nouveau CNR ». Je trouve l’article assez peu clair quant à sa base idéologique, mais à bien y regarder il contient effectivement quelques éléments essentiels, voire révélateurs, qui vont dans le sens que vous indiquez, et qui n’est pas vraiment le mien… Extrait :
    « Cette voie est celle de la constitution d’un nouveau Conseil National de la Résistance adoptant un programme d’action et de gouvernement analogue, dans les conditions actuelles, à celui qu’adoptèrent en 1943 les forces plurielles de la Résistance sur la proposition du communiste Pierre Villon, mandaté par Jacques Duclos. Encore faut-il saisir qu’à notre époque, les forces oligarchiques sont si massivement et si résolument fascisantes, antinationales et antisociales qu’un nouveau CNR fédérant les classes populaires et les couches moyennes – y compris les petits et moyens entrepreneurs patriotes, républicains et indépendants des trusts– se heurtera frontalement à l’oligarchie capitaliste « franceuropéenne » ainsi qu’aux institutions despotiques du désordre capitaliste mondial : FMI, OMC, OTAN, etc. Par conséquent, loin d’aboutir à une reconstruction « socialement tempérée » du capitalisme français, la perspective ouverte par ce nouveau CNR serait clairement celle d’une nouvelle Révolution française accouchant d’une nouvelle République indépendante, sociale, laïque et démocratique dans laquelle, conformément aux vœux formulé par le programme du CNR-1943, le monde du travail jouera un rôle central, conduisant le pays vers un socialisme de nouvelle génération. »

    Le programme du CNR ne comportait aucune allusion à un passage au socialisme, quel qu’il soit… ! L’auteur de l’article introduit ici une confusion qui peut difficilement être fortuite… D’autant plus qu’il propose à ce « nouveau CNR » un « programme analogue »…
    Je comprends bien qu’il s’agit d’une version « actualisée », mais analogue, donc, dans son principe, celui-là même qui a conduit à ce que l’on peut véritablement considérer comme un échec face à l’expansionnisme de l’impérialisme US, qu’Andrei Jdanov espérait combattre avec le Kominform.

    Du reste, il me semble, camarade Clément, que vous glissez vous-même totalement dans la même confusion que l’auteur de l’article en me répondant :
    « Il s’agit là de conquis en eux même porteurs de dynamique révolutionnaire car ils montrent ce qu’il est possible de construire en sortant du capitalisme. Ce n’est pas pour rien que le MEDEF a déclaré qu’il voulait revenir totalement sur ces acquis du CNR. »

    Il est clair qu’à la Libération la bourgeoisie était prête à des concessions sociale pour reconstruire son « empire », et que cette relative tolérance n’a duré que le temps utile, pour elle, jusqu’à la crise du 1er choc pétrolier des années 70. Depuis elle n’a cessé de les « détricoter », patiemment, au rythme des différentes capitulations de nos « grands dirigeants de gauche», de tous poils. Avec l’accélération de la crise, sa patience s’émousse, simplement. Il serait vain de voir dans ces tristes restes les vestiges d’une révolution avortée, il y a déjà plus d’un demi-siècle…
    Pour ce qui est des leçons que l’histoire nous lègue, il me semble que la liquidation de la résistance prolétarienne et l’éviction des ministres communistes pour faciliter l’acceptation du Plan Marshall ne sont pas d’insignifiants détails de l’histoire, mais bien des symptômes révélateurs d’une stratégie désastreuse fort justement critiquée par le Kominform.

    1. admin
      30 septembre 2013 at 18:47

      Je voudrais ajouter quelques points à cet interessant débat.

      Que le CNR n’ai pas abouti à une révolution communiste en France n’est un secret pour personne, et ce n’est pas le sens que l’on donne aujourd’hui au “nouveaux CNR”. Je ne crois pas qu’il y est la moindre illusion là dessus. Ce travail militant que produit aujourd’hui le PRCF n’est pas non plus son seul ouvrage et nous ne comptons pas arriver au communisme par cette unique voie. Comme on dit, il faut bien commencer par quelque chose, mais ausi avoir plusieur fers au feu.

      Cela dit, je ne crois pas que l’on puisse parler d’échec “désastreux” lorsque l’on parle du CNR. Les acquis sociaux de l’époque sont énormes, et 70 ans après le capitalisme n’a pas réussi à tout démonter. Il s’en est passé des vies en 70ans, tu ne crois pas ? Ceux qui ont profité et qui profitent encore des restes du CNR sont bien content qu’ils existent! Alors ne crachons pas dans la soupe.

      Sans entrer dans un débat historique sans fin, je crois aussi qu’il faut reconnaître que la France était occupée à la fin de la seconde guerre mondiale par les USA, qu’ils ont installé De Gaulle et que le statut de vainqueur pour la France dans la seconde guerre mondiale n’a pas tenu à grand chose. Il y avait un rapport des forces et bien que la résistance communiste ait comptées des forces importantes, les communistes en France n’avaient pas les moyens d’aller plus loin.
      L’URSS, bien que vainqueur du facsisme était en ruine avec des millions de morts, les USA devenait une puissance nucléaire… Je ne crois pas que le tableau ait besoin d’être plus alourdi.
      Donc le bilan du CNR que tu critique n’est pas loin sans faut négatif, dans ce contexte historique.

      Cela dit, les raisons qui poussent au “nouveau CNR” sont aujourd’hui nombreuses et comparables à celle de l’époque.
      Le capitalisme a vaincu le l’URSS, il a divisée et déboussolée la classe ouvrière par sa propagande et son bourrage de crâne quotidien, il est en train de faire sauter ce qu’il reste des démocraties et des souveraintés populaires par:

      -Une intégration dans des conglomérats supranationaux tel que l’UE, l’OTAN, le FMI, l’OMC, etc…
      -Et par une division via les nationalismes régionaux.

      En bref l’ogre impérialiste gagne du terrain de tout côté.

      La classe ouvrière doit se rappeler des victoires même partielles. Le siège de ces victoires est l’union sur un programme de lutte progressiste. Et le mot est lancé, le “nouveaux CNR” c’est l’union des progessistes sur une barricade commune, c’est la relance et le marqueur de la lutte de classe, et une barricade n’a que deux côtés. La fausse gauche et les populistes seront démasqués par leur positionnement réactionnaire.

      Le “nouveau CNR” ce sont des mots d’ordre que les sociaux traitres destinaient aux oubliettes, comme l’indépendance et la souverainté populaire par la sortie des organisations impérialistes capitalistes que sont l’UE, l’OTAN, le FMI, la banque mondiale, etc.; les nationalisations sans dédomagement; la défense de tous les travailleurs; la planification des objectifs progessistes de production etc…

      En ne se positionnant pas uniquement sur des revendications sociales, on échappe aux récupérations réformistes des collabos de classe;
      En ne se positionnant pas uniquement sur une ligne patriotique, on échappe au récupérations populistes des abrutis à tendance nationaliste.

      Alors cette barricade du CNR plantée, la lutte de classe révélée, les communistes continuerons d’être la force d’avant garde, et pousseront vers la révolution, mais aujourd’hui, il faut d’abord arrèter de battre en retraite, s’unir et combattre, et là le communisme tracera son avenir.

      Mais de toute façon, il n’y a pas de mot d’ordre qui fomente des révolutions, ni une idéologie qui illumine les masses de sa sagesse, il n’y a que des militants communistes qui réflechissent ,s’organisent et labourent le terrain ensemble, et plus ils sont nombreux, plus le germe de la révolution sera vivace. Les puristes de l’idéologie et les puits se sciences restent stériles sans l’action. Alors rendez-vous sur la barricade camarade.

      1. REY Paul-Antoine
        1 octobre 2013 at 07:50

        L’intérêt du débat historique réside précisément dans les conséquences qui nous font agir.
        La question de fond est non seulement l’appréciation du rapport de force, mais celle de sa gestion politique, tant en amont qu’en aval :
        A tel moment, qu’est-ce qui nous a amené à telle situation ?
        Par exemple, en Septembre 1944, les communistes acceptent de rentrer au GPRF avec seulement deux ministres, cautionnant déjà ainsi la mainmise déjà effectuée par De Gaulle, depuis Alger, dès Juin 44.

        A partir de telle situation, quelle action peut faire favorablement évoluer ce rapport ?
        L’histoire de la gestation du CNR est particulièrement complexe… Mais reflète-t-elle vraiment l’évolution du rapport de force sur le terrain ? Les options des dirigeants communistes sont-t-elles à la hauteur des efforts et des sacrifices des combattants de la base prolétarienne ?

        Une alliance tactique avec le Gaullisme naissant, en 1940-41 était certainement nécessaire pour développer la résistance de manière unitaire, mais elle était destinée à évoluer plutôt dans un sens inverse, d’un point de vue marxiste-léniniste. A savoir, vers plus d’autonomie de la résistance prolétarienne… Plus de garanties d’autonomie et de pouvoir, et surtout de pérennité pour les organisations de base et de masse, même unitaires, comme les comités de libération, où les communistes avaient vocation à développer un projet d’alternative au capitalisme.

        La constitution d’un statut permanent, avec un rôle particulier de garantie de l’indépendance nationale et de sécurité républicaine, pour les forces de la résistance intérieure, aurait pu, et aurait dû, à mon sens, être une revendication tout à fait légitime et sur laquelle ne pas céder dans les négociations.

        Dans un tel cadre, il eut été possible de conserver, (même avec l’apparence d’une mise en sommeil, réellement provisoire et d’ordre tactique) le potentiel combattif des réseaux de résistance prolétarienne, en vue de l’évolution prévisible des rapports de force, tant nationaux qu’internationaux.

        L’histoire nous rappelle fort bien qu’une fois le plus gros de la déferlante US passée sur notre territoire la lutte de classe n’a pas tardé à se réveiller…

        Et l’on en revient à la situation de 1947, et à la fort juste analyse critique effectuée par le Kominform…
        Elle traduit l’incapacité des dirigeants PCF et PCI à réagir précisément à l’évolution nouvelle des rapports de force, et à répondre aux aspirations des masses, alors à l’initiative d’une reprise des luttes.

        Cette incapacité est la conséquence manifeste des choix et options politiques de toute cette période.
        Sans négliger l’importance des conquêtes sociales nouvelles, je persiste à penser que le bilan de cette période CNR-1943-1947 est donc politiquement négatif, par rapport à l’implication humaine des milliers de combattants de la base prolétarienne…

        Je persiste donc à penser que toute cette hagiographie de la période CNR est à double tranchant, le côté réformiste étant nettement le plus lourd, tant elle est utilisée également par la direction actuelle du PCF, et pour cause !

        Il serait plutôt temps, un bon demi-siècle après, d’en faire une critique assez radicale pour retrouver nos racines marxistes-léninistes d’où peuvent surgir de nouvelles poussées révolutionnaires.
        L’idée du PRCF, de combiner lutte de classe et lutte anti-impérialiste, pour l’indépendance nationale, est évidemment, à la base, un apport positif et nécessaire, aujourd’hui comme hier, face à l’hégémonie de l’impérialisme US. En cela, il va bien dans le sens déjà indiqué, en 1947, par le Kominform. Une mise à jour tardive, mais qui commence à s’imposer… En cela, je l’espère bien, nous sommes du même côté de la barricade.
        Mais cet apport ne peut prendre tout son sens qu’avec une clarification de ces eaux troubles où se mêlèrent réformisme, collaboration de classe, et pour finir, capitulation au diktat US du Plan Marshall…