Etudiants :de la précarité des Antilles à l’Hexagone [Dossier spécial : La France et le système colonial – l’exemple des Antilles françaises 4/4]

Dans une série d’articles, nos jeunes camarades des reviennent à travers l’analyse de différentes questions très concrètes concernant la et la Guadeloupe sur le système néocolonial qu’est toujours au XXIe siècle l’ français. Le 4e article de la série revient sur la misère étudiante, frappant tout particulièrement certains étudiants venus d’ Outre mer étudier en métropole.

Le 5 mars dernier, une étudiante guadeloupéenne de Lorient, en Bretagne, a publié une lettre anonyme[1] faisant part de l’extrême précarité dont elle souffre : bourse de 455 euros par mois, pas de logement CROUS, elle loue un 18m² pour 350 euros par mois tout en bénéficiant de 282 euros d’APL. Généralement, la fin du mois se termine avec 50 modiques euros en poche…

Cette étudiante hésite même à se prostituer car sa situation ne lui permet que difficilement de vivre en même temps qu’étudier !

C’est d’autant plus difficile qu’elle est partie de Guadeloupe sans bénéficier de l’aide de l’agence gouvernementale LADOM dont nous parlions dans un précédent article, chargée d’organiser la mobilité des étudiants antillais en métropole, ce qui signifie que les billets d’avion ne sont normalement pas pris en charge.

L’existence d’une telle lettre démontre encore une fois l’extrême précarité de la majorité des étudiants en France, qui vivent de plus en plus mal, à tel point qu’en novembre dernier l’un d’eux s’était immolé par le feu en dénonçant « Macron, Hollande, Sarkozy et l’UE », alors même qu’un conseiller du programme présidentiel d’En Marche a prévu de précariser encore davantage les études en proposant de faire payer l’entrée à l’université. C’est aussi un exemple de ce qui attend beaucoup des Antillais faisant le choix de partir pour la métropole, poussés par le chômage de masse et par l’empoisonnement du territoire insulaire : une double exploitation.

Nous sommes révoltés de cette situation, comme nous sommes révoltés de l’existence de l’ensemble des emplois précaires qui attendent les primo-arrivants du monde du travail. Nous n’en pouvons plus de ces CDD à outrance, de l’exploitation par les plateformes de sous-traitance, et plus récemment, de la mise en danger des précaires face au coronavirus. Les JRCF sont résolument en faveur d’une véritable hausse des bourses étudiantes, d’une politique véritable de logement universitaire et d’un enseignement universitaire de qualité, gratuit et accessible à tous.


[1] « Précarité : l’émouvante lettre d’une étudiante antillaise dans l’Hexagone », Outre-mer 1er, 11/03/2020.

http://jrcf.over-blog.org/2020/03/de-la-precarite-des-antilles-a-l-hexagone.html