Contre l’austérité européenne Plus de 120 000 manifestants à Bruxelles : « Ensemble, nous allons faire plier ce gouvernement » – Parti des Travailleurs de Belgique

LOGO-PRCF+INILe PRCF affirme sa solidarité totale avec les travailleurs belges en lutte contre l’ultra-austérité du gouvernement (dont un ministre affiche sa « compréhension » pour les SS belges de la Seconde Guerre mondiale !). Le PRCF est particulièrement solidaire des actions de masse conduite par le PTB et par d’autres communistes belges à l’avant-garde de ce grand mouvement.

En Angleterre (fonctionnaires de la Santé), en Allemagne (grève dure de la Deutsche Bahn), mais aussi en Grèce à l’appel du PAME, en Italie (contre les projets d’ultra-précarisation du Valls italien, Renzi), en Espagne, au Portugal, de grandes luttes se mènent.

En France, même si de nombreuses luttes locales ont lieu, même si les travailleurs d’Air-France, de la SNCM et de la SNCF font plus que résister, les états-majors confédéraux n’impulsent aucune résistance sérieuse à l’échelle nationale ; pourtant, TOUS les acquis salariés sont menacés par la Troïka formée par l’UE, Valls-MEDEF et l’UMP en proie aux surenchères thatchériennes. Aucune vraie réaction non plus après le meurtre d’un jeune homme pacifique dans le Tarn suite à une répression sauvage.

Au contraire l’état-major confédéral de la CGT offre le spectacle de luttes internes dérisoires, indignes du grand syndicat de Monmousseau, Sémard, Croizat, M. Paul, Frachon, Krazucki…  Certains, à la confédé, semblent plus pressés de s’allier à la jaunissante CFDT et à la Confédération européenne des syndicats (pro-Maastricht), que de fédérer les secteurs en lutte !

Il est plus que temps de revenir au syndicalisme de classe et de masse qui a fait les grandes conquêtes de 36,  45, 68… C’est une condition majeure pour que les travailleurs de France, qui ont tant apporté au camp mondial du progrès, sauvent leurs acquis et leur emploi, défendent leur pays cassé et reprennent dignement leur place dans le « front » !

Ce jeudi, c’est une manifestation monstre comme rarement vue qui a envahie les rues de Bruxelles. Contre l’austérité européenne, plus de 120 000 manifestants, près de 1 belge sur cent, réunis pour dire NON aux réformes structurelles imposées par le gouvernement.

A quand la même chose à Paris, avec une grande manifestation unitaire contre l’euro-austérité et l’UE, contre les guerres, pour la souveraineté de la France, l’emploi, les salaires, la protection sociale, les services publics, les libertés démocratiques et la paix comme le propose le PRCF ?

Car à Bruxelles comme à Paris, au nom de la “compétitivité” et des “réformes structurelles” chères à Bruxelles, au nom du Marché Libre et de la concurrence libre et non faussée inscrites dans le traités de Rome, il faut faire les poches des travailleurs. Leur faire payer la dette publique résultat du sauvetage des banques privées.Diminuer les salaires, augmenter l’age de départ à la retraite selon les standards prévus par les accords de Lisbonne, liquider les services publics

A peine mis en place, le gouvernement de coalition droite / extrême droite pro UE, essaye d’imposer les mesures suivantes :

  • Report de deux ans de l’âge de la retraite qui passe à 67 ans
  •  Un saut d’index, c’est-à-dire la stagnation des revenus dont notre système social garantissait l’augmentation dès franchissement de la ligne rouge de l’indice des prix, une mesure déjà chipotée en soi en n’y incluant ce qu’on veut bien y inclure dans cette image en 3D qu’est « le panier de la ménagère « . Une mesure qui coûtera plus de 500 euros à chaque travailleur, 120 répond le Ministre national mais flamingant des Affaires dites Sociales. Disons donc 300 pour éviter les exagérations des deux côtés
  • L’engrenage redoutable de la mise au travail forcé des chômeurs avec, pour seul bout du tunnel le renvoi au secours social basique
  • Le renchérissement sans compensations de tous les services publics pour le consommateur
  • Une allégeance totale au monde des hauts dirigeants d’entreprise dont on veut diminuer les cotisations sur salaire au nom de la compétitivité internationale, en clair un alignement sine die sur les législations européennes les plus dures de cette Europe au service du seul grand capital.
  • La diminution drastique des subsides culturels, près de 30 % dont la Ministre dit suavement qu’elle discutera de ses modalités pratiques avec les directeurs d’institution, ce qui veut dire en clair, sans toucher aux gros salaires des ploucs administratifs aux commandes mais bien, et pas qu’un peu aux petits qui font vivre cette culture si nécessaire mais dont on répond qu’elle ne sert à rien alors qu’elle est la dernière expression de la liberté de création, donc de la liberté tout court.

Cela ne vous rappelle rien? sinon les mesures décidées par Sarkollande en application des diktats de l’Europe du Capital… Prendre dans les poches des travailleurs pour garantir de remplir toujours plus celles du patronat, des financiers se planquant au Luxembourg et autres paradis fiscaux. Alors que la crise systémique du Capitalisme n’en finit pas de s’aggraver, la classe capitaliste – forte de la force que lui donne ses armes d’exploitation massive que sont l’UE et l’€uro – accélère la lutte des classes contre les travailleurs.

Face à l’ampleur du mouvement social qui se lève immédiatement l’extrême droite belge, alliée du FN, appelle le gouvernement à la fermeté contre les travailleurs. S’en prenant au passage à ce mauvaise exemple de ces travailleurs français qui ne sauraient se laisser tondre sans rien dire.

Tel le maire d’Anvers, Bart De Wever, l’âme damnée de l’extrême-droite flamingante:

“Les syndicats n’ont aucune alternative: ils veulent que nous copiions la France, mais ce pays est dans une situation infiniment pire” que la nôtre, a déclaré jeudi soir, à la télévision publique néerlandaise, le président de la N-VA Bart De Wever en réaction à l’impressionnante manifestation.

“Notre pays a une importante organisation syndicale qui est forte pour mobiliser”, reconnaît le bourgmestre d’Anvers. “Mais il n’y a pas d’alternative à notre politique. Nous devons maintenant persévérer et créer des perspectives pour les gens. D’autres pays qui nous ont précédés sont aussi passés par ces moments difficiles.”

Dans le même temps, les chiens de garde médiatiques déversent – à l’image de nos médias contre les opposants aux barrages de Sivens – un torrent d’insultes contre les manifestants. Comme cet article, caricatural, digne de je suis partout les présentant comme des brutes alcooliques. Personne ne sera d’ailleurs étonné d’apprendre que derrière les violences qui ont perturbé cette manifestation exemplaire se cache selon la presse belge des membres des milieux nationnalistes (pour ne pas dire néonazis) flamand….

Nous voyons donc là, avec la politique conduite par les nationalistes de la NVA très proches alliés du FN, en application ce que serait la politique du FN s’il arrivait au pouvoir. Derrière le masque le vieux FN, une politique ultra-capitaliste au service de l’oligarchie, appliquant avec zèle l’austérité voulu par l’UE, expliquant la promotion inlassable du FN dans nos médias. Car face à la contestation populaire, partout l’UE patronale pousse à la manière forte, activant les feux de la fascisation pour diviser les travailleurs en faisant monter la xénophobie.

En Belgique, pris en tenaille entre l’austérité européenne et l’extrême droite fascisante, la classe des travailleurs réagit. Et nous donne l’exemple.

Pour nos salaires, pour nos emplois, pour la paix et contre le fascisme, pour la démocratie, brisons les chaines de l’Union Européenne.

 

Plus de 120 000 manifestants à Bruxelles : « Ensemble, nous allons faire plier ce gouvernement »  – Parti des Travailleurs de Belgique

6 Novembre 2014 – d’après le site web du PTB  http://ptb.be/articles/plus-de-120-000-manifestants-ensemble-nous-allons-faire-plier-ce-gouvernement

Plus de 120 000 personnes ont manifesté dans les rues de Bruxelles ce jeudi 6 novembre. Des travailleurs venus des quatre coins du pays, Flamands, Wallons et Bruxellois. Ceux qui ont marché côte à côte dans les rues de la capitale disent clairement non au plan Michel-De Wever.

Cette opposition est profonde, de toute évidence et se ressent dans tous les secteurs de la société. Il y avait d’importantes délégations des grosses entreprises du pays : Audi, NLMK, Van Hool, DAF, Delhaize… Mais il y avait aussi beaucoup de travailleurs de plus petites entreprises ainsi que ceux du secteur public, des enseignants, des transports publics. « Je ne m’attendais pas à ce qu’il y ait autant de monde mais ce n’est pas étonnant quand on sait que tous les travailleurs, de tous les secteurs, vont être touchés », déclare Marc Ancion, Militant MWB-FGTB Techspace Aéro. « Dans beaucoup de secteurs, comme le transport et la logistique, les dockers, etc. nous n’avons eu aucun problème pour mobiliser nos affiliés. Aujourd’hui, les cheminots doivent travailler mais ils sont en colère : en plus des mesures du gouvernement fédéral qui vont les toucher de plein fouet, leur patron, Jo Cornu, n’arrête pas de faire des provocations dans la presse », rajoute Katrien Verwimp, Présidente de la CSC-Transcom.

« Pour beaucoup, c’était leur première manifestation »

Stefaan Walgrave, professeur en sciences politiques à l’Université d’Anvers, analyse : « Il s’agit d’une exceptionnelle grande manifestation qu’on ne vit qu’une fois tous les dix ans. » Ces milliers de personnes sont les porte-parole de centaines de milliers d’autres qui expriment leur opposition au gouvernement. C’est une lame de fond de tous les secteurs de la société qui refusent le projet de société de l’équipe Michel-De Wever. « Ce qui me frappe, c’est la présence de personnes qui ne manifestent jamais d’ordinaire », déclarait Marie-Hélène Ska, secrétaire générale de la CSC.

Effectivement, pour beaucoup de participants, c’était leur première manifestation. Plus de 400 jeunes avaient d’ailleurs passé la nuit Place Aneessens (au centre de Bruxelles) à l’appel des jeunesses syndicales et ils étaient encore beaucoup plus nombreux dans la manifestation. Il est d’ailleurs frappant de voir que la plupart des organisations de jeunesse ont soutenu l’action syndicale (la KAJ, la FEF…).

A noter aussi la présence importante de nombreuses associations de lutte contre la pauvreté, du secteur culturel, comme Hart Boven Hard, le front citoyen qui s’est créé en Flandre. Karim Zahidi, philosophe, membre du Vooruitgroep, en fait partie : « Grâce à Hart boven Hard, des gens qui n’ont pas pour habitude de marcher derrière un drapeau syndical sont quand même venus à Bruxelles. Moi-même, je suis ici pour chanter avec le Chœur Brecht-Eisler, le Omroerkoor et La Canaille. Nos tubes ? Bandiera Rossa et L’Internationale. Des classiques ! Ce n’est guère étonnant. La plateforme Hart boven Hard est nouvelle, mais il existe une continuité avec le passé. Les générations précédentes ont aussi mené la lutte sociale, elles ont aussi dû se battre pour leurs droits. » Le mécontentement est profond. Et c’est l’ensemble du projet de société individualiste et asocial du gouvernement Michel – De Wever qui est rejeté. « Le capitalisme, on en a marre », pouvait-on même lire sur le panneau d’un manifestant.

Un gouvernement sans légitimité… sauf celle d’être au service des actionnaires

Le gouvernement Michel-De Wever n’a pas la légitimité politique qu’il prétend avoir : personne n’a voté pour un parti qui avait le recul de la pension à 67 ans dans son programme électoral. Des ministres comme Johan Van Overtveldt qui affirment qu’un saut d’index n’est pas « dramatique » sont loin de la réalité de Belges qui ont difficile à finir leur mois. « La manière dont les économies sont actuellement réparties est déséquilibrée, confirme Raf De Weerdt, secrétaire général de l’ACOD (CGSP) Enseignement. 90 % des mesures se font sur le dos des travailleurs, et le reste concerne le démantèlement des services publics. C’est tellement disproportionné que les patrons ne peuvent faire autrement qu’applaudir ce gouvernement. Tant que ce déséquilibre ne sera pas modifié, nous devrons continuer à descendre dans la rue, c’est clair. »

Pour Marc Leemans, président de la CSC, ce gouvernement est au service des actionnaires et des fortunés : « Le gouvernement n’épargne personne, il frappe même les plus pauvres. Mais je me trompe ! Le gouvernement épargne les plus puissants. Les Bentleys, BMW, Range Rovers, Porsche Cayenne continueront à rouler. Et il existe peut-être même des Porsche “Caymans”… »

« Nous écrivons ici dans la rue l’histoire sociale de notre pays »

Raoul Hedebouw, député fédéral du PTB, était présent pour soutenir les manifestants. Au podium du PTB avec Peter Mertens, président du PTB, il a répété : « Nous écrivons ici dans la rue l’histoire sociale de notre pays. Nous allons faire plier ce gouvernement ». A 14h, il a dû quitter précipitamment la manifestation pour se rendre en vélo au Parlement.

Il a à nouveau dénoncé le désastre social et l’impasse économique des plans du gouvernement : « Monsieur le Premier ministre, vous revenez régulièrement sur le fait que les gens ne comprennent pas vos mesures. Je pense que c’est en fait juste le contraire : les gens comprennent très bien vos mesures. Ils comprennent très bien qu’il est illogique qu’on leur demande de travailler plus longtemps alors qu’il y a autant de jeunes qui n’attendent rien d’autre que de pouvoir enfin commencer à travailler. Les gens comprennent très bien qu’un saut d’index ne va pas créer d’emplois parce que, dans notre pays, ce ne sont pas les salaires qui sont le problème, ils sont justement une partie de la solution. La Banque nationale dit clairement que le problème, en Belgique, c’est la baisse du pouvoir d’achat, et que l’économie est donc à l’arrêt. Or ce que vous faites, c’est simplement appliquer les mêmes mesures que l’Allemagne et les Pays-Bas. Et que se passe-t-il actuellement dans ces pays ? Moins 4 % de Produit national brut aux Pays-Bas, et une stagnation de l’économie en Allemagne ».

Le retrait total du plan

« Nous allons faire reculer le plan du gouvernement Michel-De Wever », annonce Peter Mertens. Beaucoup ont terminé la manifestation convaincus que c’est effectivement possible. « Maintenant, place aux grèves régionales. Et le 15 décembre, ce sera la grève générale », annonce Paul Lootens, secrétaire général de la Centrale Générale (FGTB). Fort du succès de la protestation du 6 novembre, tous les dirigeants syndicaux l’ont annoncé : « Nous allons poursuivre le plan d’actions contres les mesures de droite du gouvernement. » Comme celles qui concernent l’allongement de la carrière qui, de toute évidence, sèment la colère. En témoignent la manière dont se sont arrachées les pancartes du PTB « travailler jusqu’à 67 ans ? Pas question ! ». Durant la manifestation, les membres du PTB ont d’ailleurs recueilli 12 446 nouvelles signatures de la pétition sur le sujet (www.ptb.be/petition-pension).

Hedwin De Clercq, délégué principal FGTB-Métal Audi, le confirme : « Le problème qui revient le plus souvent dans nos discussions est l’attaque contre les prépensions. Chez nous, cette année encore, nous pouvons partir à la prépension à 56 ans. Mais ce droit va nous être retiré. Mais les autres points, comme l’index ou le gel salarial, ne passent pas non plus. »

Les attaques contre le pouvoir d’achat fâchent en effet tout autant. Marc Goblet, secrétaire général de la FGTB l’a rappelé en fin de manifestation : « Il faut supprimer le saut d’index. Tant qu’ils ne l’auront pas entendu, il n’y a aura pas d’autres réponses que la mobilisation. » La question du pouvoir d’achat doit être mise en rapport avec le fait que les profits, les fortunes et les bénéfices, eux, ne sont pas touchés. Marc Leemans : « Les salaires sont bloqués mais les dividendes peuvent continuer à couler à flots pour les actionnaires. C’est inacceptable! » Car, contrairement à ce qu’affirment M. Van Overtveldt, Michel et De Wever, il y a en effet une alternative. La Belgique n’a jamais produit autant de richesses qu’aujourd’hui. Le scandale #LuxLeaks montre, une nouvelle fois, comment les plus fortunés de ce pays profitent des largesses de notre système fiscal. Le problème est que la richesse se concentre dans les mains d’une minorité de plus en plus étroite. Et c’est cette richesse que nous voulons activer via entre autres notre taxe des millionnaires », explique Peter Mertens. Et le PTB d’avancer son plan Cactus de renouveau social, écologique et démocratique (www.ptb.be/plancactus).

Le PTB soutient pleinement le plan d’action syndical à venir, mais aussi les nombreuses initiatives citoyennes et associatives qui contribuent à exercer une pression toujours plus importante sur le gouvernement.

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