Contrairement au sarko-endormeur Thibault, qui détruit la grande CGT de lutte des classes, Les chauffeurs salariés et le L.K.P. Guadeloupéen nous montrent le chemin

Pôle position – 12 décembre 2009
Le Pôle de Renaissance Communiste en France commente l’actu sur la Toile

Le contraste est saisissant: à Nantes le congrès CGT ultra-filtré par l’appareil confédéral euro-formaté a réélu Thibault, l’homme qui en 2003 a poignardé les luttes pour les retraites en déclarant “la CGT n’a pas vocation à bloquer le pays”; de l’autre côté, les syndicats de chauffeurs routiers salariés viennent de remporter d’obtenir des augmentations de salaires en brandissant la menace de bloquer les entrepôts du patronat des grandes surfaces, les “Carrefour Market”, “Simply Market” et autres pilleurs de consommateurs, de salariés et de petits paysans. Dans le même temps, malgré la répression qui le menace, les travailleurs guadeloupéens du “Liyannaj Kont Pwofitation” (LKP) ont obtenu que la prime dite RSTA soit désormais considérée comme un complément de salaire. Rappelons que le LKP, soutenu par le P.C. de Guadeloupe, n’a pas hésité l’an dernier à bloquer pacifiquement l’économie de la Guadeloupe.

Le recentrage annoncé de la CGT, son alignement sur les exigences de la Confédération européenne des syndicats et de la direction jaunissante de la CFDT, n’ont pas pour autant “marché comme sur des roulettes”. Thibault a eu maille à partir avec une forte partie de la base puisque près de 30% des mandats ont manqué aux orientations confédérales, du jamais vu dans la CGT, et que le “communiste” mutant Thibaut reconverti dans la chasse aux rouges, a eu contre lui, pour la première fois dans un congrès, une candidature se référant officiellement au combat de classe. Dans la bataille du congrès CGT, les militants du Front syndical de classe, qui milite sur la base du syndicalisme de classe et de masse, ont acquis un début de notoriété nationale qui ne sera pas sans lendemain. En outre, la direction CGT en difficultés a dû reculer en plein congrès car elle avait la certitude que Chérèque, le “syndicaliste” favori de Sarko-MEDEF et de Bruxelles, aurait été accueilli par une “bronca” de la base CGT, y compris de la part de ceux qui, sans enthousiasme et par légitimisme d’organisation, ont voté le rapport de la direction sortante, avec son bilan revendicatif catastrophique. *

Aujourd’hui qui peut croire les rodomontades de Thibault sur la défense des retraites, alors qu’en 2003, cet individu qui n’a pas de souci à se faire, a tout fait avec Chérèque et Mailly, pour saboter l’appel à la grève générale qui montait  de la manif monstre du 25 mai 2003; en effet, dès le lendemain, la CGT, la CFDT et FO participaient au congrès d’Helsinki de la CES qui auditionnait Giscard et entérinait la constitution européenne…  Entre la défense de notre classe ouvrière et la “construction européenne du grand capital”, leur choix est fait d’avance!*

Il serait suicidaire que les salariés continuent de suivre de tels “chefs” qui les ont menés de défaite en  défaite depuis des années. Les salariés doivent réfléchir, non pas à “bloquer le pays”, puisque SArko-MEDEF et l’UE s’en chargent en détruisant des millions d’emplois productifs et en sabrant la Fonction publique, mais à BLOQUER LES PROFITS pour SAUVER LE PAYS. Le pays, pour les salariés et les petits producteurs laitiers aux portes de la ruine, ce n’est pas la “Franceurope d’en haut” chère aux archi-milliardaires des familles Bettencourt, Mulliez, Bernard Arnaud et Cie, ce n’est pas “l’identité nationale” xénophobe du pouvoir et de Le Pen, c’est la France des Lumières, de la Révolution française, de la Commune de Paris, du Front populaire, de la Libération et du Conseil National de la Résistance; cette “France des travailleurs” chantée par Jean Ferrat que les “élites” gouvernementales et patronales sont en train de nettoyer au karcher… tout en continuant les odieuses pratiques néocoloniales du passé en Afrique et aux Antilles. *

*    Tous les salariés, tous les petits paysans, -qui ont également menacé de bloquer les entrepôts des grandes surfaces-, voient aujourd’hui de leurs yeux les méthodes qui marchent pour obtenir des victoires sur l’emploi, les salaires, les conditions de vie: /celle du combat déterminé contre le grand patronat et
son gouvernement de combat/. Ils voient aussi de mieux en mieux ce qui conduit à la défaite de la classe laborieuse: le réformisme, la reptation devant l’Europe du capital que propose la fausse gauche politico-syndicale sous le nom mensonger d’ “Europe sociale”.

*    A chacun de faire son choix sur la base de la pratique, l’enjeu est la dignité du monde du travail et de tout l’héritage social et républicain forgé par le Conseil National de la Résistance !*

Discours d’Elie Domota à Pointe-à-Pitre

L’intervention du porte-parole du LKP à l’issue de la manifestation ayant rassemblé plusieurs dizaines de milliers de personnes dans les rues de Pointe à Pitre le mercredi 25 novembre 2009.

Nous profitons pour souhaiter au préfet FABRE la bienvenue au pays LKP. Malgré toutes les abominations déversées sur notre compte, malgré les mille et une choses dites à notre encontre, aujourd’hui, nous étions plus de 25 000 manifestants dans les rues !

Le camarade NOMERTIN a déjà salué toutes les camarades handicapés présents à la manifestation. Et nous tenons également à saluer toutes les femmes présentes, car la base du LKP ce sont les femmes. Et parce qu’aujourd’hui c’est aussi la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. Et nous les hommes présents, il faut aussi que nous cessions, car il y en a qui le font. En paroles, en  pensée, avec leurs mains, leurs pieds et tout ce qu’ils trouvent… Que dans ce pays, nous respections les femmes !

Jodila , après l’organisation de leurs états généraux, après avoir raconté qu’ils avaient apporté des  réponses aux revendications, (il y a à la télé une bande annonce affirmant que les réponses ont été apportées ; dans le quotidien France Antilles, il y a aussi une pleine page sur leurs prétendues réponses)… nous voyons bien qu’ils ne cherchent qu’à nous couillonner !

Hier, au Sénat, les élus UMP ont voté un amendement gouvernemental assurant que le RSTA est un complément de salaire : c’est une première victoire ! Mais nous ne devons pas nous y arrêter ! Et dans la foulée, le spécialiste du communiqué [NDR : Victorin LUREL, président PS du Conseil régional de Guadeloupe], en a pondu un autre assurant que c’est grâce à son action que cette victoire a été obtenue…
Nous nous lui disons que si ceci a été reconnu, c’’est bien parce que nous sommes débout dans les rues à manifester ! Et nous ne devons pas nous arrêter ! Car la clause de convertibilité, les problèmes de la jeunesse, les questions du prix des carburants et du prix des marchandises… ne sont pas réglées ! Les problèmes du chlordécone, de l’éducation… ne sont pas réglés ! Nous n’avons pas le droit de nous arrêter !

Bien évidemment que cela est difficile, nous savons que ça l’est. Mais c’est parce que c’est difficile que nous sommes debout dans les rues, et que nous ne devons pas reculer ! C’est pour cela qu’il nous faut continuer ! Alors d’ores et déjà, nous prenons vendredi soir un nouveau rendez-vous de bilan, là où chaque camarade pourra s’exprimer ! Et comme l’a dit le camarade NOMERTIN, nous n’avons pas à faire marche arrière : dès l’instant où nous entendrons qu’ils ont décidé d’augmenter le prix de l’essence, nous serons en grève dès le lendemain matin pour manifester dans tous les coins de Guadeloupe !

Nous prenons cet engagement aujourd’hui, car nous ne pouvons laisser Mme PENCHARD venir en Guadeloupe pour nous couillonner ! Et nous avons bien compris que si SARKOZY fait donner raison à Victorin LUREL au Sénat – alors que tous ses amendements ont été refusés à l’Assemblée nationale – c’est bien là un désaveu pour Mme PENCHARD. Un désaveu, car lors de ses venues en Guadeloupe, elle n’a pas cessé de raconter qu’il s’agissait d’une allocation. Aujourd’hui, son propre gouvernement doit reconnaitre que le RSTA n’est pas une allocation mais bien un complément de salaire ! Dorénavant le candidat de SARKOZY en Guadeloupe c’est LUREL et non la ministre PENCHARD.

C’est pourquoi beaucoup de politiciens se taisent sur ces questions et préfèrent tirer à boulets rouges sur le mouvement social. Car la seule chose qui les intéresse, ce sont les fauteuils… Nous nous ne sommes pas là pour occuper des fauteuils, mais pour défendre une plateforme de revendications et un accord qu’ils ont signé !

Hier, nous avons fait le choix de refuser l’affrontement car ils étaient venus [NDR : référence aux milliers de force de répression arrivés en Guadeloupe dans les semaines précédentes] pour livrer nous livrer bataille, faire en sorte que les choses dégénèrent et arrêter les dirigeants du LKP, afin de démanteler le Liyannaj Kont Pwofitasyon. Et nous emmener ce matin en comparution immédiate [NDR : 4 nouveaux substituts du procureur sont en place ; pas des juges d’instruction, mais bien des substituts].

Donc, volontairement nous leur avons laissé les supermarchés, les magasins d’HAYOT, les stations-services… Et aujourd’hui nous pouvons nous applaudir pour leur avoir démontré que nous avons la capacité de descendre dans les rues par dizaines de milliers. Parce que nous an balan é an konsyans. Parce que nous n’avons mis ni une feuille de tôle ni une roue ni une palette dans les rues.

Et encore une fois nous disons au préfet FABRE : bienvenu au pays LKP !

Elie DOMOTA, Meeting LKP Pointe à Pitre le mercredi 25 novembre 2009