Alors qu’en ces temps de fascisation galopantes les bonnes nouvelles se font rares, en voilà une qui n’a pas été reprise par la presse officielle aux ordres : la CGT a repris la première place à la RATP. Alors qu’elle avait subit un revers aux élections précédentes, en 2018, laissant la première place à l’UNSA, elle a progressé de 38 %, soit 2.295 voix de plus qu’en 2018 !

 

Son positionnement d’une limpide clarté lors du mouvement contre la contre-« réforme » des retraites imposée par le trio Macron/MEDEF/Union-Européenne de 2019/2020 a, très sûrement, largement joué dans cet excellent résultat. En effet, alors qu’une partie des travailleurs de la RATP avaient joué cavalier seul le 13 septembre 2019 (soit le vendredi où avait lieu la fête de l’Humanité…) en appelant à la grève (qui, par ailleurs, avait été très suivie), la CGT RATP n’entendait pas jouer la même partition pour la suite du mouvement. Et lors de l’annonce de la nouvelle date de mobilisation du 5 décembre 2019 de l’intersyndicale RATP emmenée par l’UNSA, la CGT s’en désolidarisait et ce pour une bonne raison : constatant que la contre-réforme allait toucher l’ensemble des travailleurs et que l’union fait la force, elle indiquait qu’elle n’appelait pas à la grève si elle ne s’inscrivait pas dans une mobilisation interprofessionnelle la plus large.

 

De la sorte, elle mettait la pression sur la confédération CGT (et les autres organisations syndicales chantant les louanges du pseudo « dialogue social »), obligée de prendre une position et surtout sa responsabilité d’organisation de la lutte. Face à la pression, la CGT et les autres, étaient bien obligées d’appeler à la grève à partir du 5 décembre. Malheureusement, sans appel à la grève reconductible dans les autres secteurs et pour faire simple, d’appel à la grève générale (mot d’ordre tabou chez nombre de responsables CGT), les travailleurs de la RATP et de la SNCF se trouvaient désespérément seuls malgré des mobilisations importantes lors des « journées d’action » saute-mouton qui ont montré depuis longtemps leur totale incapacité à faire gagner le mouvement ouvrier…

 Néanmoins, ce grand mouvement à permis de renouer avec les grèves reconductibles, la construction d’un mouvement unitaire à la base entre tous les travailleurs et à fait trembler le régime Macron qui n’aura pas osé remettre à l’ordre du jour sa contre-réforme des retraites avant la fin du quinquennat, démontrant ainsi toute la pertinence du « tous ensemble et en même temps » que le PRCF appelle de ses vœux depuis des décennies.

 Dans ce contexte, la commission lutte du PRCF adresse ses chaleureuses félicitations à la CGT RATP et voit dans cet excellent résultat le signe de la grande explication qui vient entre le grand capital et le monde du travail, autrement dit, du tous ensemble et en même temps, seul à même d’arracher de nouveaux conquis sociaux aussi bien pour les travailleurs de la RATP que de France !

 La commission lutte du PRCF – 30 novembre 2021