Carbone Savoie. La vallée de la Tarentaise c’est aussi des usines ! #vidéo #lutte des classes

Dans la Tarentaise, il n’y a pas que des stations de ski, il y a aussi des usines. Il n’y a pas que des touristes anglais, il y a surtout des travailleurs. Des travailleurs qui luttent pour défendre leurs emplois et le produire en france comme les ouvriers de Carbone Savoie. Ils produisent des cathodes en graphite et en carbone. Propriété de la multinationale Rio Tinto leur usine de la Lèchère en Savoie pourrait être vendue à un fond d’investissement. Bien évidemment les emplois et la survie de la production sont menacés. C’est qu’il y a des raisons d’être inquiet car chacun ne sait que trop comment ce type de fond d’investissement fonctionne : ils mettent la pression sur les travailleurs pour financer les coupes sombres dans les usines et obtenir une rentabilité maximale, tout en s’emparant des technologies et des marchés.

Communiqué commun des syndicats CGT, FO, CFE-CGC  :

Une grève illimitée a démarré le 1er février 2016 sur les 2 sites de Carbone Savoie, à l’appel des syndicats CGT – FO et CGC pour exiger de l’actuel actionnaire RIO TINTO des conditions de cession acceptables.

En effet, RIO TINTO envisage de se séparer de Carbone Savoie en la cédant au fond de retournement, ALANDIA INDUSTRIES. A trois semaines de la fin du processus de cession, aucun projet industriel n’a été présenté au personnel. Les niveaux d’investissement dérisoires programmés ne seront pas suffisants pour assurer la pérennité et le développement de l’usine. Pour les salariés, c’est la mort annoncée à très court terme. Le futur repreneur a déjà donné le ton en annonçant lors d’un Comité Central d’Entreprise que tous les accords collectifs seraient renégociés. C’est une des raisons qui pousse les grévistes à réclamer à RIO TINTO une prime de cession de 10 000 €.

S’ils ne sont pas entendus rapidement par la Direction de RIO TINTO, les grévistes prévoient de ne pas en rester là et de sérieusement perturber les départs en vacances de février.
La CFDT, quant à elle, appelle ses adhérents à rester au travail en attendant une Assemblée Générale prévue jeudi.

Par ailleurs, les syndicats proposeront un nouveau calendrier de négociations à leur Direction pour demander un report de la vente de plusieurs mois afin d’obtenir le projet industriel d’ALANDIA pour CARBONE SAVOIE et des garanties sur l’emploi.

Pour l’Intersyndicale, l’engagement pris de ne pas faire de PSE (licenciements économiques) pendant 2 ans ne représente absolument aucune garantie. Les pressions vont s’exercer sur les individus et les conditions de départ seront celles d’une PME.

Une sera reçue au Ministère de l’Economie, de l’Industrie et du Numérique le 16 février prochain. Pour l’Intersyndicale, le gouvernement doit intervenir.

Qui peut encore accepter qu’un grand groupe comme RIO TINTO continue d’empocher Crédits Impôts Compétitivité Emploi (CICE), Crédit Impôt Recherche (CIR), électricité gratuite et autres exonérations de cotisations sans jamais donner de garanties de pérennité pour les usines dont ils ont la gestion en France ?

Intervention de Michèle Picard, maire PCF de Vénissieux :

Depuis le 1er février, les salariés de Carbone Savoie ont entamé une grève illimitée. Filiale du leader minier international Rio Tinto, l’entreprise vénissiane va être cédée au fonds de retournement Alandia Industries.  Aujourd’hui, les salariés sont inquiets pour leurs emplois et l’avenir du site vénissian. A quelques semaines de la fin du processus de cession, aucun projet industriel ne leur a été présenté.  La direction reste muette et les salariés n’ont aucune visibilité quant aux conditions de reprises de ce patrimoine industriel vénissian.

Cette situation n’est pas acceptable, une fois de plus, les salariés sont victimes de ce monopoly financier, des salariés considérés comme des kleenex que l’on jette après usage. Leurs revendications doivent être entendues

Leurs inquiétudes sont légitimes, leur colère aussi. Depuis plusieurs années, Rio Tinto, leader minier international, s’est engagé dans un vaste plan de cessions d’actifs dans le monde

La France n’a pas été épargnée par cette politique de délocalisation. Après la vente de l’entité emballage en 2010, la cession d’une partie de l’activité aluminium en 2011, la fermeture de l’usine de Lannemezan, et aujourd’hui le site vénissian est menacé

Une situation incompréhensible. Rio Tinto a investi dans l’installation d’un OTR en 2013. Pourquoi investir pour revendre ensuite ? Carbone Savoie a les capacités de se développer. Rio Tinto  doit montrer sa volonté de maintenir un véritable projet économique. Il doit exiger que le repreneur investisse.

L’intersyndicale CGT / FO s’est adressée au préfet de région. Je me suis associée à leur demande pour qu’une table ronde soit organisée, en présence de l’ensemble des partenaires concernés, afin de faire un point de la situation. L’Etat doit prendre ses responsabilités et s’assurer que le repreneur soit porteur d’un véritable projet industriel pour garantir la pérennité de ce fleuron industriel et maintenir tous les emplois. Il doit peser de tout son poids dans ce dossier et refuser le désengagement industriel de Rio Tinto du territoire français. L’Etat doit engager une politique volontariste pour sauver nos emplois et nos savoir-faire sur le territoire national. Il est temps de mettre un terme à 30 années de désindustrialisation, qui n’ont eu de cesse de casser nos entreprises, briser les lieux de transmission. Il est temps d’en finir avec ce gâchis humain et industriel et de tout mettre en œuvre pour sauvegarder notre patrimoine industriel local.

Aujourd’hui, les salariés ont décidé de continuer leur combat et d’occuper l’usine. Plus que jamais ils ont besoin de notre soutien et de notre solidarité. Dans cette bataille, ils peuvent compter sur la mobilisation de notre comité de défense. Comme nous l’avons fait pour Veninov, Bosch, Renault Trucks… nous serons à leurs côtés pour sauvegarder nos emplois et nos savoir-faire

Nous ne laisserons pas encore une fois notre patrimoine industriel vénissian dilapidé.

Carbone Savoie. La vallée de la Tarentaise c’est aussi des usines !