A peine élu, Macron fait les poches des fonctionnaires et continue un gel des salaires qui dure depuis 2010

120 000 postes supprimés, gel du point d’indice, fin de l’obligation de recrutement sous statut et précarisation généralisé, attaque contre les retraites (alignement par le bas avec la suppression du taux de remplacement à 75% du salaire des six derniers mois)… Macron a décidé de faire les poches des fonctionnaires pour remplir les coffres du patronat.

C’est par la presse que les fonctionnaires et leurs syndicats ont appris que le ministre des comptes publics (le sarkozyste Darmanin) a décidé de reconduire le gel du point d’indice, poursuivant la politique de diminution du pouvoir d’achat des quelques 5 millions d’agents de la fonction publique. Le tout pour satisfaire aux ordres de Bruxelles et aux critères de Maastricht. Dans le même temps, le gouvernement refuse de toucher aux centaines de milliards de cadeaux fiscaux pour le grand patronat, les multinationales, les banques . Entre l’Euro et les services publics il faut choisir !

 

Les communiqués des syndicats :

CGT Fonction publique

 

FGF-FO

FO Fonction publique a rencontré Gérald Darmanin, Ministre de l’Action et des Comptes publics, accompagné de son Directeur de Cabinet et du Directeur de Cabinet adjoint qui aura plus particulièrement en charge la Fonction publique.

Pour FORCE OUVRIERE, cette première audience avait pour objet de faire préciser par le ministre les différents propos du Président de la République au sujet de la Fonction publique et de ses agents, tout en rappelant nos principales revendications.

Sur les points principaux évoqués, certains sont clairement affichés, d’autres restent encore flous.

Les 120 000 suppressions de postes, le gel de la valeur du point d’indice pour l’année à venir, le rétablissement de la journée de carence, sont hélas confirmés, au nom de l’application du programme, validé par le résultat de l’élection présidentielle.

Concernant le recrutement de fonctionnaires sous statut défendu par FO, le ministre répond vouloir combattre la précarité mais maintient que cela peut se faire dans certains cas par le biais de CDI de droit public.

Pour l’UIAFP-FO, contrairement à ce que dit le ministre, il faut, pour éviter la précarité, des emplois statutaires et non le développement du contrat.

Concernant les retraites, le ministre n’a pas été en mesure de répondre à nos interrogations sur le maintien du calcul sur les six derniers mois et le taux de remplacement de 75 %, argumentant que cette réforme systémique se tiendrait d’abord au niveau de l’Elysée et Matignon. En revanche, elle sera discutée avec les fédérations de fonctionnaires le moment venu.

Au final, un ministre qui confirme les engagements du Président de la République et la nécessité de tenir les comptes publics (critères de convergences européens obligent), même s’il les enrobe d’une volonté de dialogue et d’éventuelles contreparties.

Avant comme après les élections législatives, en toute indépendance, l’Union Interfédérale des Agents de la Fonction Publique FORCE OUVRIERE n’acceptera pas les suppressions de postes, la remise en cause des droits statutaires, et continuera de défendre la revalorisation uniforme de la valeur du point d’indice pour les trois versants de la fonction publique et combattra toutes réformes sur ces points.

Fait à PARIS, le 24 mai 2017

FSU

Gel de la valeur du point d’indice : Courrier adressé ce jour par la secrétaire générale de la FSU au Ministre de l’Action et des Comptes publics

vendredi 30 juin 2017

Monsieur le Ministre,

Nous apprenons par la presse la décision du gouvernement de geler la valeur du point d’indice des fonctionnaires. Cette décision unilatérale du gouvernement est inacceptable pour la FSU et pour tous les agents de la Fonction Publique. Ce n’est pas ainsi que nous envisagions un dialogue social respectueux des agents et de leurs représentants et cela à quelques jours de la tenue d’un Conseil Commun de la Fonction Publique.

Cette mesure est profondément injuste et négative pour la fonction publique : ce n’est pas en portant atteinte aux conditions de rémunération de ses agents que l’on renforce le bien commun et notre modèle social.​

Les fonctionnaires ont subi des pertes importantes de pouvoir d’achat depuis plus de 15 ans. Pendant cette période nombre de postes ont été supprimés, ce qui a alourdi leurs tâches, sans pour autant que cela n’entraîne une revalorisation de leurs rémunérations. Aujourd’hui, geler leur salaire est donc une double peine, inadmissible.

Ce retour en arrière va continuer d’aggraver la dégradation du niveau de vie des plus de 5 millions d’agents de la Fonction publique. Alors que depuis 2010, le point était gelé, une seule revalorisation de 1,2% est intervenue pour 2016. Cette première dynamique serait tout de suite enrayée par votre décision alors même que nous sommes dans un contexte de reprise de l’inflation (prévision d’inflation revue à la hausse à 1,8% pour 2017 et 1,7% pour 2018).

Après six années de disette indiciaire entre 2010 et 2016, avancer à reculons c’est aggraver la dégradation du niveau de vie déjà vécue par plus de 5 millions d’agents de la Fonction publique.

Lors d’une récente rencontre la FSU vous a demandé, monsieur le Ministre, la tenue d’un rendez-vous salarial pour y discuter notamment de la revalorisation de la valeur du point. Elle réitère aujourd’hui cette demande.

Geler le point d’indice revient à nier les missions, les qualifications professionnelles et le rôle que les agents de la Fonction publique jouent pour répondre aux besoins fondamentaux de la société et participer à l’activité du pays. C’est également méconnaitre leur engagement quotidien en faveur de l’intérêt général.

La Fonction publique, ses agents, sont un investissement indispensable pour notre pays si l’on souhaite relever les défis qui sont les nôtres en ce XXIème siècle.

D’autres solutions sont envisageables pour traiter de la dépense publique. Sanctionner 20% des salariés du pays n’aidera en rien à le redresser. Les agents publics ne peuvent servir de variable d’ajustement à la seule vision budgétaire pour traiter des déficits publics.

A la veille du Conseil commun de la Fonction publique, la FSU vous demande de revenir sur cette annonce et d’engager une véritable concertation avec les partenaires sociaux. Pour la FSU, geler le point d’indice des fonctionnaires serait une décision aussi incompréhensible qu’inopérante.

Je vous prie de croire, Monsieur le Ministre, en l’expression de mes salutations respectueuses.

Bernadette Groison

Secrétaire Générale