La régression sociale et la criminalisation syndicale ne se négocient pas, elles se combattent !

Répressions anti- syndicale, procès politiques des opposants de classe à la régression sociale permanente, depuis deux ans, la répression syndicale devient systématique et s’amplifie Les antagonismes s’aiguisent face à un gouvernement et un patronat qui veulent neutraliser le fait syndical.

L’offensive du patronat se traduit par une augmentation des demandes de licenciement de salariés “protégés”, voire par la “criminalisation” de leur action comme à la SNCF, chez Ford Blanquefort, chez PSA, Goodyear, Air France…

  • À Brive, la direction de la SNCF a mis en place la fin des autorisations de départ de train par un agent de quai. Les représentant du CHSCT dénoncent les risques pour les voyageurs et demandent que soit réalisée une expertise. Réponse de la direction ? Elle fait traduire devant les tribunaux ces responsables qui dénoncent le manque de sécurité.
  • À Saint-Etienne, pour avoir accroché une banderole à une permanence d’un député PS lors d’une manifestation contre la loi travail, trois militant-e-s CGT ont été condamné-e-s à verser entre 3000 et 4000 euros d’amende et d’indemnités, et même à 4 mois de prison avec sursis pour l’un d’entre eux pour « rébellion ».
  • Pour avoir distribué des tracts sur le stand de Ford au salon de l’automobile en 2012, Philippe Poutou et deux autres militants de la CGT ont été condamnés à verser 431 et 231 euros de dommages et intérêts avec inscription au casier judiciaire. Ils ont comparu ce lundi 17 janvier 2018 devant la 28e chambre correctionnelle du tribunal de Paris pour dégradation du stand Ford. La décision a été mise en délibéré pour le 29 janvier.
  • Loïc Canitrot de la compagnie Jolie Môme a été poursuivi suite à l’occupation du siège du MEDEF le 7 juin 2016. Faussement accusé de « violences en réunion » par un cadre du syndicat patronal. Pour rappel, en juin 2016, une centaine d’intermittents et d’opposants à la Loi Travail-n°1 s’invitent au siège du MEDEF. Propositions en main, ils réclament un régime d’indemnisation mieux adapté à leurs métiers et des allocations décentes pour tous les chômeurs. Après de multiples renvois, Loïc Canitrot a été finalement innocenté grâce aux images vidéos tournées par les manifestants (lire ici) : combien d’autres manifestants injustement accusés ont été condamnés sur la base des mêmes méthodes ?

Ces quelques exemples récents montrent que nous assistons à la criminalisation sans cesse croissante du mouvement syndical afin de décourager la lutte de classe.

Le véritable enjeu de ces procès est de créer une jurisprudence pour imposer la loi du silence dans les entreprises et pour cause, dans le conseils d’administration, plus de points abordés concernant l’emploi, les mesures salariales ou le développement industriel. Seule l’augmentation des titres boursiers et dividendes est leur principale motivation

Dans ce contexte, le droit social est considéré comme une anomalie, et la moindre contestation devient une arme de guerre utilisée par ce pouvoir et un patronat de combat afin de mâter toutes actions revendicatives. À l’inverse, la justice est plus que clémente, voire totalement absente pour les exactions des naufrageurs de l’économie française qui s’hébergent dans les paradis fiscaux ou pour d’autres qui mettent leur main dans le « pot de confiture ». Voilà où se niche la justice de classe.

Nous devons donc apporter toute notre solidarité de classe à tous les militants injustement traduits devant les tribunaux.

Pour sa part, le PRCF et sa commission “Lutte” condamnent les atteintes au droit de grève et de manifestation et apportent un soutien sans réserve à tous les militants victimes de la répression gouvernementale et patronale.

Jo Hernandez pour la commission Lutte du PRCF