NI « PERIL JAUNE » NI « PERIL ROUGE » : POUR L’AMITIE, LA PAIX ET LA COOPERATION MUTUELLEMENT GAGNANTE AVEC LE PEUPLE CHINOIS

« Le courage, ce n’est pas d’adhérer au mensonge qui passe ; le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire »

Jean Jaurès, discours d’Albi à la jeunesse

Par le secrétariat national du Pôle de Renaissance Communiste en France – 4 Octobre 2021

Par G. Gastaud, F. Kassem et A. Monvill

Par leurs déclarations et, de plus en plus, par leurs agissements politiques, commerciaux, propagandistes et militaires de plus en plus agressifs, les présidents étatsuniens successifs, d’Obama à Biden en passant par Trump, orientent  leur Etat et ses vassaux du Japon, de l’UE, de l’OTAN et du Commonwealth (Australie, Canada, Nouvelle-Zélande, etc.) vers ce que le général Thierry Burckhard, le nouveau chef d’état-major des armées nommé par Emmanuel Macron, n’hésite pas à nommer publiquement un « conflit de haute intensité ». 

Est principalement visée, outre l’Iran et la Fédération de Russie, la République populaire de Chine. Alors que les « alliés atlantiques de la France » (en réalité, ses suzerains étatsuniens et ses rivaux systémiques au sein de l’OTAN comme la Turquie) provoquent et bafouent la France officielle de la Méditerranée (action de la Turquie d’Erdogan du Liban à la Libye) à la Zone indopacifique (cf. la vente de sous-marins français à l’Australie torpillée par le trio anglo-saxon Washington-Londres-Canberra), l’Elysée et le Parti Maastrichtien Unique, des LR au PS en passant par LREM, le MODEM, les Euro-Ecolos et, de plus en plus, le RN, cultivent cyniquement un esprit de nouvelle guerre froide (en attendant pire…) à l’encontre non seulement du peuple russe – auquel pourtant nous devons tant historiquement[i] –, mais également d’un peuple chinois qui vit si loin de nos frontières, qui ne nous a jamais agressés et que, tout au contraire, le colonialisme français a contribué à surexploiter au long du XIXe siècle aux côtés des colonialistes anglais, allemand, russe tsariste et nord-américain, sans parler du barbare militarisme japonais qui n’eut rien à envier à l’hitlérisme en matière d’atrocités.

A cette sinophobie d’Etat aux forts relents néocoloniaux et impérialistes s’ajoute un anticommunisme de chaque instant. Pas plus qu’il n’est pardonné à la Russie d’avoir été le pays de la Révolution d’Octobre et de Stalingrad, la Chine populaire n’est excusable de s’être dotée d’un Parti communiste de 90 millions d’adhérents qui, après avoir chassé tous les occupants étrangers et entrepris de réunifier son pays, dirige aujourd’hui le pays le plus peuplé du monde ; un pays pourvu d’une économie, d’une science et d’une technologie qui sont ou qui deviennent les moteurs du développement mondial. 

Surtout, il ne sera pas pardonné à la Chine de porter l’initiative géostratégique « Route et ceinture » (dite « nouvelles routes de la soie ») qui prétend offrir au monde, notamment aux pays en voie de développement d’Asie, d’Afrique, d’Amérique latine et d’Europe méridionale, des perspectives de co-développement tournant le dos à l’isolationnisme économique comme au pillage néolibéral et néocolonial des pays de l’Est et du Sud par les transnationales et par les Etats de proie soi-disant « démocratiques » qui les parrainent. 

Face à cette situation qui menace à la fois la paix mondiale, l’environnement planétaire (d’une Troisième Guerre mondiale provoquée par les Etats-Unis contre le pays le plus peuplé du monde sortiraient probablement l’hiver nucléaire et/ou l’emballement irréversible du réchauffement climatique !) et la survie même de notre pays au XXIe siècle (une guerre nucléaire mondialisée serait suicidaire pour l’humanité, l’Europe et la France !), le patriotisme ne consiste nullement à se mettre en ordre de bataille derrière l’OTAN et l’US Army, à envoyer des croiseurs français patrouiller en mer de Chine (comme vient de le faire Macron), à rêver d’une « armée européenne » copilotée par les impérialismes américain et allemand devenu maître de la force de frappe française (et disposant bientôt, par UE interposée, du siège français au Conseil de sécurité de l’ONU comme vient de le proposer le député LREM Roland Lescure), à relayer toutes les infox visant à dénigrer la Chine, à laisser s’installer un climat de chasse aux sorcières militarisée* contre les courageux intellectuels qui défendent le droit à la vérité, parmi lesquels notre ami Maxime Vivas et notre camarade Aymeric Monville. Le courage, c’est aujourd’hui d’étudier de près, sans oeillères anticommunistes, les réalités chinoises et leur évolution, c’est de démasquer les fauteurs de guerre capitalistes gavés de ventes d’armes à l’international. Le courage, c’est aussi de rappeler cette évidence que notre espèce, menacée de mort par nombre de défis irrésolus des XXe et XXIe siècles, ne se sauvera qu’en rejetant l’exploitation capitaliste, la domination impérialiste, le fascisme, l’anticommunisme, le racisme, l’esprit hégémonique, tous fléaux qui mènent la civilisation humaine au sabordage. Mais pour mettre en oeuvre ces valeurs de vie, une lutte conséquente s’impose ici et maintenant pour le socialisme, pour le droit de tous les peuples à disposer d’eux-mêmes sans ingérence, pour la démocratie sociale la plus large, pour l’esprit d’égalité et de coopération entre toutes les nations. C’est à quoi tourne le dos une Alliance euro-atlantique destructive à la fois de notre indépendance nationale, de la paix mondiale et des indispensables coopérations Nord-Sud et Est-Ouest. 

S’agissant de l’évolution chinoise, notre Conférence nationale de juin 2019 avait tout à la fois souligné sa dimension anti-hégémonique, essentielle pour soustraire l’ensemble de la à l' »unilatéralisme » guerrier et fascisant de Washington, et ses contradictions dans le contexte d’une « économie socialiste de marché » prenant le risque, pour attirer en Chine les capitaux indispensables au développement technologique et industriel, de privatiser une large part de l’économie, d’affaiblir lourdement la classe ouvrière occidentale (délocalisations massives), de faire place aux transnationales basées en Occident, de saper les équilibres écologiques, de laisser filer les inégalités sociales et territoriales et de permettre ainsi à la nouvelle classe des capitalistes et des milliardaires chinois émergeants de pratiquer la corruption pour influencer les choix politiques du pays. Nous n’en notions pas moins déjà à l’époque que, confrontés aux crises à répétition du capitalisme globalisé, financiarisé et dérégulé, à l’offensive antichinoise guerrière des Etats-Unis, aux luttes dynamiques de la paysannerie et de la jeune classe ouvrière chinoise, à l’émergence en Chine d’une classe moyenne pouvant servir de socle à un marché intérieur d’un milliard et demi de personnes, la Chine populaire serait de plus en plus amenée à choisir entre l’alignement sur l’ensemble des exigences du capital monopoliste international, au risque de voir tôt ou tard les forces contre-révolutionnaires et séparatistes prendre le pouvoir (comme cela faillit être le cas au moment des évènements de Tiananmen, en 1989, quand l’URSS et le camp socialiste européen pilotés par Gorbatchev, Eltsine et Cie sombraient dans la contre-révolution, la restauration capitaliste mafieuse et la ruineuse « thérapie de choc » néolibérale), ou bien la réaffirmation des principes marxistes et des valeurs du socialisme et du communisme.

Il est alors encourageant de constater que, dans la dernière période, surtout depuis l’accession du camarade Xi Jinping à la direction du PCC, un tournant positif – qui approfondit et qui tend à mettre en cohérence des tendances positives apparues entièrement – se dessine nettement

Sur le plan intérieur, il s’agit désormais de tenir la bride aux capitalistes étrangers (création de cellules du dans toutes les entreprises), de brider les capitalistes chinois (qui doivent mettre la main au portefeuille pour réduire les inégalités et respecter leurs engagements à l’égard, par exemple, du peuple congolais), de châtier les bureaucrates corrompus indignes du nom de communistes, de relever systématiquement les salaires, de rétablir les acquis sociaux en matière d’accès gratuit aux soins et de droit à la retraite (80% du salaire dès 60 ans, 55 pour les femmes, pour tous les fonctionnaires chinois), de parfaire le système éducatif chinois déjà très performant, de privilégier la recherche de pointe en tous domaines. 

Sur le plan extérieur, la Chine a réaffirmé maintes fois sa solidarité politique avec Cuba socialiste, y compris à travers des voyages de Xi Jinping à La Havane, et elle a déployé des relations économiques et industrielles multilatérales, indépendantes des options politiques, avec la plupart des pays du monde, y compris avec certains pays européens. 

Sur le plan sanitaire, alors même qu’elle était initialement l’épicentre d’une épidémie imprévisible, elle a donné au monde l’exemple d’une réponse planifiée et coordonnée à l’épidémie alors qu’à l’inverse, les Etats capitalistes occidentaux, Grande-Bretagne, Brésil et Etats-Unis en tête offraient le contre-exemple mortifère de l’abandon des populations, de la casse des systèmes de soin, de prévention, de production des vaccins et traitements, de la gestion chaotique de l’épidémie sous la férule du grand capital égoïste dominant le secteur chimique et pharmaceutique. Symboliquement, depuis le 1er janvier 2021, l’espérance de vie moyenne d’un Chinois est supérieure à celle d’un Etats-Unien.

Sur le plan idéologique, le a réaffirmé, lors de son grandiose centième anniversaire, l’orientation socialiste-communiste à long terme de son pays, son attachement à l’oeuvre de Marx, et il a récemment réuni près de soixante partis communistes et progressistes pour défendre la paix, la souveraineté des nations, leur droit au co-développement et à un « destin partagé ». Quelle différence avec le capitalisme-impérialisme occidental qui, 38 ans après cette « crise des euromissiles » de 1983 (qui faillit s’achever en conflagration universelle et qui n’aura pas peu contribué à l’accession délétère du social-capitulard Gorbatchev à la direction de l’URSS) prend à nouveau l’humanité en otage d’un conflit de « haute intensité » à dimension nécessairement nucléaire et exterministe, pour tenter de protéger son hégémonie déclinante ! 

Tout cela s’opère à une époque où : en Russie, la légitime nostalgie des masses, y compris de la jeunesse, à l’égard de l’URSS, l’emporte à nouveau, et où le PC de la Fédération de Russie fait un grand bond en avant électoral ; des centaines de millions d’ouvriers et de paysans indiens répondent aux mots d’ordre combatifs des communistes de ce pays ; la jeunesse américaine elle-même est séduite, fût-ce de manière confuse, par le mot « socialisme » ; en France, la « marmite bout » au sein du peuple contre une « construction euro-atlantique » destructive ; partout dans le monde, de plus en plus de gens se réveillent du long hiver contre-révolutionnaire et de nouvelles avant-gardes s’ouvrent à nouveau au message fondamental de Lénine: à une époque où le capitalisme-impérialisme signifie la « réaction sur toute la ligne », le monde du travail, l’humanité et la elle-même n’ont pas d’avenir sans un socialisme- de nouvelle génération. Un socialisme n’hésitant pas à mettre la classe laborieuse au coeur du changement social, organisant dans des formes modernes et démocratiques la socialisation des grands moyens de production et d’échange. Un socialisme impulsant la coopération rationnellement planifiée des nations en lieu et place de la ravageuse « concurrence libre et non faussée » menée au nom du tout-profit déchaîné !

C’est pourquoi, au nom de la paix, de l’indépendance de la France, de l’avenir du progrès social, en définitive au nom du bonheur commun que méritent de partager tous les humains, le PRCF appelle les travailleurs et la jeunesse de notre pays, les patriotes républicains, les internationalistes et les militants anti-impérialistes dignes de ce nom, à refuser la haine antichinoise et la marche au « conflit de haute intensité » que fomentent en permanence les conjurés du grand capital. Non à l’Alliance atlantique de guerre et de mort, oui à l’Alliance Pacifique des peuples pour la vie !


[i] Souvenons-nous du mot de de Gaulle déclarant à Moscou en 1944: « les Français savent que la Russie soviétique a joué le rôle principal dans leur libération ».