Une semaine après avoir obtenu le soutien de 90% des électeurs lors d’une consultation sur la continuité de son mandat, mais avec une participation inférieure à 20% qui affaiblit son impact, le président Andrés Manuel López Obrador avance avec un agenda qui cherche des changements dans la matrice énergétique du Mexique, vers une renationalisation de l’énergie qui avait été partiellement privatisée depuis 1982.

Le rejet, à la Chambre des députés, de la réforme de l’électricité, l’un des enjeux les plus forts du gouvernement qui cherchait à limiter à 46 % la participation privée dans la production d’électricité, n’a pas été un bon début. Mais le président du Mexique ne s’est pas figé après la défaite et a ordonné de poursuivre la stratégie.

Ainsi, lundi après-midi, la Chambre des Députés a approuvé la réforme de la loi minière nécessaire pour faire avancer la nationalisation du lithium. La proposition, qui n’avait pas besoin d’une majorité spéciale comme l’électricité, mais simple, a avancé dans la chambre et doit maintenant être traitée au Sénat.

Le rejet de la réforme électrique

Bien que l’initiative ait été soutenue par la majorité du Mouvement Régénération Nationale (Morena), elle n’a pas obtenu les deux tiers nécessaires pour être approuvée par le Congrès : 275 voix pour, 223 contre, aucune abstention. Le président du Mexique a déclaré que le refus des députés opposés à la réforme électrique était une « trahison ».

« Hier [dimanche] a été commis un acte de trahison envers le Mexique de la part d’un groupe de législateurs qui, au lieu de défendre les intérêts du peuple, au lieu de défendre le public, sont devenus de francs défenseurs d’entreprises étrangères se livrant au vol » a dit le président lundi. Il a ajouté que c’était un « triomphe pour la démocratie. Pour montrer que nous vivons dans un véritable État de droit ».

Le député Jorge Romero Herrera, coordinateur parlementaire du PAN, a déclaré lundi que la coalition d’opposition présenterait sa propre initiative de réforme de l’électricité au cours de cette législature. Morena a annoncé lundi une campagne pour exhiber les députés « traîtres »

La réponse ne s’est pas fait attendre. Le Gouvernement a assuré le mouvement suivant : avancer avec la nationalisation du lithium. C’est ainsi qu’une majorité à la Chambre des députés a approuvé lundi la réforme de la loi minière nécessaire pour faire avancer le contrôle du lithium.

« J’appelle les législateurs à protéger le lithium et à commencer à structurer l’entreprise comme la CFE qui va gérer tout ce qui le concerne et avec le soutien des centres de recherche dans le pays », a déclaré Lopez Obrador lundi matin.

Bien que le Mexique n’ait actuellement aucun gisement de lithium en exploitation, il en a trois en exploration dans les États de Basse-Californie, de San Luis Potosi, de Zacatecas et de Sonora, selon la Secrétaire d’État à l’économie.

L’initiative vise à promouvoir la création d’une nouvelle entreprise publique qui sera chargée de contrôler les processus d’extraction, de traitement et de commercialisation du lithium, mais on ne sait pas encore si elle relèvera du ministère de l’Économie ou de l’Énergie.

Le lithium est l’un des métaux recherchés à cette époque. Cet élément est à la base des batteries d’ordinateurs portables, de téléphones et de divers appareils numériques, même pour les voitures électriques. Des pays comme l’Australie, le Chili, l’Argentine, le Mexique, la Bolivie et les États-Unis possèdent les plus grandes réserves au monde.

Le leader de LFI et son dernier rejeton le NUPES, Jean Luc Mélenchon, a déjà échangé avec AMLO, lui rendant même visite au cours d’un voyage diplomatique. Mélenchon a souvent cité AMLO comme un modèle. Il serait heureux que le candidat insoumis aille jusqu’au bout de sa logique car ses dernières déclarations se sont montrées pour le moins contradictoires, notamment sur les livraisons d’armes au régime fasciste de Kiev. Rappelons que Lopez Obrador a refusé les livraisons d’armes à Kiev et a maintenu sa position de non aligné, en faveur de la paix, et ce malgré les menaces de Washington et les accusations de « nid d’espions russes » des faucons du Pentagone. La presse de droite au Mexique a largement attaqué AMLO comme à son habitude.

 

Le titubement mélenchonien vers le social-impérialisme sous pression du PS et la sphère politico-médiatique ne fait pas honneur à ses principes. Affaire à suivre.

 

BD pour initiative communiste.