La justice britannique bloque l’extradition d’Assange #LibertéPourAssange

Suite à la décision de justice britannique de bloquer l’extradition de vers les États-Unis, notre camarade , auteur du livre “Julian en danger de mort” a pu dénoncer le climat de terreur que les États-Unis font peser sur la liberté d’expression dans le monde par l’imposition d’un droit extraterritorial. Il a rappelé que la solution la plus avancée est celle du Parlement du grand-canton de Genève qui, à une écrasante majorité, a voté pour l’octroi d’un visa humanitaire à Julian Assange. Notre camarade a enjoint le rapporteur de l’ONU sur la torture, Nils Melzer, ainsi que l’ambassadeur suisse à Londres, de se rendre au plus vite à Londres pour soumettre cette solution à Julian Assange.

RT : C’est une excellente nouvelle pour Assange, son équipe juridique et tous ses supporters dans le monde entier. Est-ce la décision que vous attendiez ?

Aymeric Monville : J’étais surpris, évidemment. Déjà en écoutant George Galloway sur votre antenne, opposé à nombre d’institutions britanniques mais disant que le système judiciaire est peut-être relativement la dernière partie non corrompue de l’État britannique. Mais il est vrai que rien n’est encore joué. Car dans ce cas, nous défendons un homme et nous défendons un principe. Il y a de l’espoir pour l’homme, c’est certain, et je crois que nous devons en profiter. Pour le principe, c’est autre chose. Bien que la demande ait été rejetée, le juge Baraitser a accepté pratiquement toutes les allégations contre Julian Assange. D’une certaine manière, cette décision est également préoccupante, car quelqu’un d’autre pourrait facilement être criminalisé à l’avenir. Je ne suis pas d’accord avec l’évaluation du juge selon laquelle cette affaire n’est pas motivée par des raisons politiques. Je continue de croire que Julian Assange a été visé en tant qu’éditeur et journaliste. La prochaine étape pour Assange serait qu’il se rende à Genève en Suisse avec un visa humanitaire. Cela prend tout son sens maintenant, et c’est à mon avis, la meilleure option.

Parce que je tiens à vous rappeler et que je suis surpris que les médias en anglais n’en parlent pas assez, le Parlement du Grand Canton de Genève avait voté à une large majorité l’octroi d’un visa humanitaire pour qu’il puisse être soigné aux Hôpitaux Universitaires de Genève. Le fait est qu’Assange doit pouvoir en faire la demande lui-même. C’est la seule condition qui manque pour l’instant. Qui peut présenter cette option à Julian Assange pour obtenir son accord ? Le Conseil fédéral suisse devrait rapidement mandater Nils Melzer, le rapporteur de l’ONU sur la torture, ou l’ambassadeur suisse à Londres.

RT international : C’est sans aucun doute une victoire pour Assange – mais le bilan des années passées est immense.  Comment un journaliste peut-il faire son travail sans craindre d’être persécuté ?

Aymeric Monville : Les États-Unis ont réussi à créer un état de terreur et d’impunité. Au-delà d’Assange, il y a la persécution du journalisme. Et au-delà de la persécution du journalisme, il y a l’imposition d’une loi extraterritoriale, et au-delà de cela le fait que les États-Unis se croient au-dessus du droit international, par exemple en votant pour le blocus contre Cuba alors que la grande majorité des pays de l’ONU le rejette.

RT international : Est-ce la fin de la saga de Julian Assange ? Les États-Unis peuvent-ils encore obtenir cette extradition ?

Aymeric Monville : L’avocat d’Assange, Edward Fitzgerald, a déclaré que les procureurs américains ont indiqué qu’ils feraient appel de la décision. Fitzgerald a déclaré qu’il demanderait la mise en liberté sous caution d’Assange mercredi, dans l’attente de cet appel.

RT international : Quelle sera, selon vous, la réaction du gouvernement américain ?

Aymeric Monville : Au-delà de l’appel, je ne me risquerais pas à faire un pronostic. Les États-Unis sont à un tournant de leur histoire et en état de guerre civile latente. Tout peut arriver. C’est une énigme, enveloppée d’un mystère.

RT international : Comment vont se passer les choses à l’avenir ?

Aymeric Monville : Je pense que cette mise en œuvre tardive de Brexit crée précisément le bon moment pour essayer cette solution suisse, étant donné que la Suisse est également en dehors de l’Union européenne.



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les explications de Viktor Dedadj, confrère du site d’infos legrandsoir.info