Intervention de Zbigniew WIKTOR, président du PC de Pologne

CONFÉRENCE SUR LES QUESTIONS INTERNATIONALES, PARIS, 4 ET 5 MAI 2013

PC POLONAISC’est un grand plaisir pour moi de vous saluer peu après le premier mai au nom du PC de . Je veux en particulier remercier Georges Gastaud et Annette Mateu Casado pour cette invitation fraternelle. Je vous remercie aussi pour le soutien que vous m’avez apporté face à l’interdit professionnel que je subis.

Cette affaire personnelle n’est qu’un exemple de l’ et de l’antimarxisme qui sont de règle en Pologne et dans d’autres anciens pays socialistes. C’est un exemple concret de la persécution générale des travailleurs par les capitalistes et leurs serviteurs qui contrôlent l’appareil d’Etat.

Jusqu’en 1989 la Pologne était un Etat socialiste de démocratie populaire. La grande propriété foncière et capitaliste avait été abolie dans l’immédiat après-guerre. L’industrie nationalisée fut la base du développement socialiste. Les différences de classe furent abolies. De profondes transformations économiques et sociales se déroulèrent grâce à l’aide fraternelle de l’Union Soviétique et la coopération entre Etats socialistes.

Pays agricole, la Pologne développa de nouvelles branches industrielles comme l’automobile ou la construction navale. Elle avait perdu 6 millions de ses citoyens et 40% de son potentiel économique durant la seconde guerre mondiale. La majorité des grandes villes étaient détruites. La population a presque doublé entre 1945 et 1990. De nouvelles branches industrielles comme l’automobile ou la constructions navales furent édifiées alors que d’autres changeaient radicalement de dimension. Plus de 6 millions de logements furent construits. L’analphabétisme et le chômage disparurent complètement. Alors que plus des deux tiers des polonais vivaient à la campagne en 1946, près des deux tiers vivaient en ville en 1989.

Toute la société bénéficia de services comme la santé ou l’éducation gratuites. Le droit aux vacances apparut. Le travail manuel fut mis au niveau du travail intellectuel et les privilèges des hauts fonctionnaires disparurent.

La politique étrangère de la Pologne socialiste était orientée vers le maintien de la paix. Elle se déroulait dans le cadre du Traité de Varsovie et du C.A.E.M.

La contre-révolution a renversé le polonais en 1989. C’est un mouvement petit-bourgeois dans les syndicats : « Solidarité », qui a joué un grand rôle à cet effet. Il a séduit une partie de la classe ouvrière. Les « titres de gloire » de l’église catholique et de sa hiérarchie anticommuniste sont également importants. Mais c’est la contre-révolution dissimulée dans la direction du Parti qui a joué le rôle le pire. En alliance avec la politique de Gorbatchev, leur trahison honteuse a causé un grand préjudice à la cause du et aux intérêts de tous les travailleurs.

Lorsque nous recherchons la cause de l’effondrement du socialisme réel, il nous faut constater que l’ennemi principal était dans la maison elle-même. Mais le capital international a joué son rôle également. Mais il n’a pas pu atteindre tous ses objectifs. La construction du socialisme se poursuit en République Populaire de Chine, à Cuba, au Viet-Nam et en Corée du Nord. Ceci prouve que les forces de la contre-révolution ne sont pas toutes puissantes. La nouvelle tactique et stratégie du Parti communiste chinois est en particulier intéressante. Il a mis en œuvre une économie socialiste de marché et atteint en 30 ans de spectaculaires résultats. L’opinion progressiste du monde entier voit dans la construction du socialisme en Chine de nouvelles chances et perspectives, non seulement pour les Chinois mais aussi pour l’ensemble des travailleurs et des peuples opprimés et exploité par l’Impérialisme.

Aujourd’hui les forces du capital dominent l’Europe de l’Est et certaines anciennes républiques soviétiques. Elles s’appuient sur l’OTAN et tentent de contrôler totalement l’Ukraine, la Moldavie et les Etats du Caucase. La Fédération de Russie est dominée par les oligarques et dépendante politiquement et économiquement des grandes puissances capitalistes et de leurs monopoles. Toutefois, les forces du socialisme, du patriotisme et de l’antiimpérialisme s’y développent et recherchent la collaboration avec la R.P. de Chine dans le cadre de l’organisation de Shanghaï et des BRICS, ce qui représente une amélioration des perspectives politiques pour la Russie.

La situation est tout à fait différente en Europe où l’U.E. représente désormais un projet multiforme du grand capital dans les domaines économiques, politiques et militaires. Après son extension à l’Est, les états-majors impérialistes cherchent à dépecer la Russie en séparant la partie européenne, la Sibérie et l’Extrême-orient. Ces forces planifient une « Europe » dont les limites excèderaient largement celles du continent. Ils visent un repartage du monde avec les Etats-Unis. Mais il y a un contre-pouvoir à l’influence de l’impérialisme. C’est la République Populaire de Chine et les autres Etats du monde qui cherchent à maintenir la paix.

Le rôle de l’union Européenne est clair. A l’extérieur c’est la poursuite en gants blancs de la vieille politique impérialiste de l’Allemagne durant les première et seconde guerre mondiale, à l’intérieur c’est la détérioration des conditions de vie des travailleurs et la confiscation des souverainetés nationales.

La résistance des travailleurs et des peuples se développe en Grèce mais aussi ailleurs. En Europe de l’Est, il y a eu l’an dernier une manifestation massive des syndicats dans la tranquille République Tchèque. Le balancier politique de ce pays s’est incliné vers la gauche. Après avoir progressé aux élections locales, le parti communiste a soutenu le président de gauche nouvellement élu. Toute autre est la situation en Hongrie où les fascistes ouverts ont désormais pignon sur rue.

 En Pologne, après 6 ans de domination des partis libéraux et paysans, l’Union Européenne et le capital allemand sont comme chez eux. La Pologne participe à diverses expéditions militaires impérialistes. L’irruption de la crise s’est faite chez nous avec retard et le gouvernement présente positivement la situation économique nationale. Mais avec une croissance de 2% en 2012 appelée à se réduire de moitié cette année, elle n’a rien de glorieux. Au-delà de ces statistiques officielles, c’est le chômage et la misère qui s’accroissent ainsi que le nombre de SDF. L’âge de la retraite a été relevé… de 7 ans pour les femmes.

Des grèves et des manifestations sont organisées auxquelles « Solidarité » participe désormais également. Peter Duda, son nouveau Leader s’est distancié de ses anciens camarades qui siègent désormais au gouvernement. Il « déclare la guerre » au gouvernement. Mais c’est du pipeau. « Solidarité » continue l’organisation contre-révolutionnaire de Lech Walesa. Elle demeure une organisation de la grande bourgeoisie au sein du mouvement ouvrier. C’est pourquoi d’autres organisations anticapitalistes se développent en particulier dans la jeunesse. Il s’agit entre autres des altermondialistes, du mouvement des indignés et des mouvements activistes…

Le positionnement des partis et syndicats issus de « Solidarité » est désormais clair. Ils représentent la nouvelle bourgeoisie compradore, au service du capital essentiellement étranger. Les travailleurs qui demeurent à « Solidarité » sous l’influence de l’église agissent pour des intérêts qui leur sont étrangers.

Les actions menées par « Solidarité » sont néanmoins soutenues par d’autres courants, malgré les divergences politiques et idéologiques.  Elles impliquent les travailleurs des services publics, les artistes et même les policiers. Le mécontentement grandit également dans l’industrie. Pauvreté, chômage et absence de perspectives font de la Pologne un nouveau tonneau de poudre. Pour la première fois depuis de nombreuses années, il est possible d’envisager à nouveau un large mouvement des travailleurs contre le parasitaire et brutal, contre l’exploitation.

Un jeune sur deux est au chômage, la majorité de ceux qui travaillent le font au noir. Il y a 2,5 millions de chômeurs et 2,5 millions de polonais ont émigré. Les services publics sont en quasi-faillite. La moitié des enfants qui arrivent à l’école ont faim. Le problème du logement est aigu avec des loyers inabordables.

Pendant ce temps, le budget militaire augmente. La population polonaise réprouve le surarmement et des protestations s’organisent.

Les contradictions économiques et sociales s’aiguisent particulièrement en Europe de l’Est. C’est sous le masque du libéralisme et des droits de l’homme que le socialisme réel a été abattu, il y a 25 ans. Un capitalisme sauvage et parasitaire a pris sa place. Le capitalisme européen a désormais les traits d’une bête féroce.

« A bas le capitalisme des monopoles! »

« A bas l’Union Européenne capitaliste, impérialiste fondée sur l’exploitation et l’injustice! »

« Nous luttons pour la renaissance du socialisme et pour une Europe socialiste! »

« Nous saluons du fond du coeur les forces éprises de paix en Europe, dans le monde et ne particulier dans la R.P. De Chine et les autres pays socialistes ».

« Nous sommes unis derrière le vieux principe communiste: « PROLÉTAIRES DE TOUS LES PAYS, UNISSEZ VOUS ! »