Intervention de Faleh JEDAY, représentant du Front Populaire de Tunisie

CONFÉRENCE SUR LES QUESTIONS INTERNATIONALES, PARIS, 4-5 MAI 2013

Front Populaire TunisienLe Front Populaire de Tunisie, appelé également, le Front populaire pour la réalisation des objectifs de la révolution, est une coalition politique qui regroupe autour d’un programme politique courageux la majorité des partis politiques et associations progressistes et révolutionnaires. Construit le 7 octobre 2012 dans le feu de l’action pour poursuivre le processus révolutionnaire initié par la glorieuse révolte du peuple tunisien le 14 janvier 2011, il offre pour les tunisiens une alternative à la troïka, au pouvoir dirigé par les islamistes depuis les élections du 23 octobre 2011 et contre le recyclage du Rassemblement Constitutionnel Démocratique (RCD) éclaté après sa dissolution le 9 mars 2011. Le contournement du processus révolutionnaire et la confiscation de son élan par la bipolarisation de la vie politique tunisienne entre les libéraux recyclés et les islamistes, sont actuellement dans la ligne de mire du Front populaire.

Nous remercions chaleureusement le PRCF de nous avoir invités à cet évènement important, à cette conférence sur les questions internationales qui mérite vraiment son nom, dans des circonstances où l’ et son bras armé l’ multiplient les agressions odieuses contre les peuples opprimés et accentue l’encerclement du mouvement ouvrier international.

Vous avez certainement suivi le tapage médiatique orchestré par les chiens de garde de l’impérialisme sur le , et entendu les voix à tue-tête qui retentissent de toutes parts pour glorifier à la fois l’irénisme des musulmans modérés et leur wahhabisme légendaire prônant le paradis sur la terre. Ce printemps arabe, pollinisé par les puissances impérialistes et leurs laquais réactionnaires, s’est avéré en réalité un cauchemar pour la population arabe, un hiver islamiste où on touille un mélange volcanique « talibanisé » fait de gaz, de pétrole, de dollars et de marécage idéologique. Des assassinats politiques en Tunisie et en Egypte, de la barbarie en Syrie et en Lybie, de la répression et la dictature en Arabie Saoudite et au Qatar, le retour de l’ordre colonial au Mali et en Côte d’Ivoire, le garrotage de la Grèce et du Portugal….. Voilà le menu d’une recette bien préparée et cuisinée dans les gargotes de l’occident impérialiste. Malgré cette nouvelle redistribution dramatique des cartes dans notre région, conduite par le sang et le carnage, on continue toujours de parler de révolution et de printemps arabe, alors qu’en réalité le soulèvement populaire tunisien dont la fougue est captée et confisquée d’emblée par une réaction ignominieuse et rétrograde, avait provoqué une déhiscence qui a libéré une pensée carcinogène menaçant sérieusement notre patrimoine progressiste arabe et notre civilisation.

Mais comme il a dit Marx “un peuple qui en opprime d’autres ne peut pas être libre”. Pour les camardes du PRCF l’intellection de cette dialectique violente doit être un truisme d’autant que la politique de la canonnière exercée contre les peuples opprimés, affecte ipso facto les conditions sociales et économiques des classes laborieuses à l’intérieur des pays impérialistes. Le pillage des ressources des colonies et mi-colonies amplifie téléologiquement leur ploiement sous le faix du capital multi-nationalisé. Il est donc nécessaire et cardinal que les forces révolutionnaires de nos pays respectifs, dans le Sud et dans le Nord, croisent leurs réflexions et leurs luttes et intensifient leur solidarité pour combattre le capitalisme et son âge impérialiste pourrissant.