Bien entendu le premier réflexe face à la catastrophe qui frappe Haiti doit être la solidarité.

Elle aura l’occasion de s’exprimer de mille façons. Il est dramatique que ce peuple martyr, qui fut très récemment aux premières loges de la famine artificielle créée en 2008 par la spéculation sur les produits alimentaires, soit à nouveau aux premières loges du malheur. Quand on voit l’enfer qu’était déjà, et que devient encore plus Haïti après le tremblement de terre, on comprend que les mots « damnés de la terre » et « forçats de la faim » qu’évoque l’Internationale, n’ont rien à voir avec une exagération rhétorique de la parti d’Eugène Pottier!

Cela étant il est nécessaire de voir aussi les causes politiques qui font qu’une catastrophe naturelle prend une telle ampleur dans tel ou tel pays. *

Déjà à l’occasion des tornades qui ont frappé cette région on a pu constater combien le nombre de victimes est différent selon que l’Etat protège ou non le peuple.*

La comparaison entre Cuba et Haiti fut éloquente.** D’autant plus que Cuba qui, bien que toujours soumise à l’impitoyable blocus du « gentil » Obama malgré les deux cyclones qui l’ont frappée l’an dernier, a immédiatement proposé son aide médicale au peuple haïtien frère.

Le séisme qui vient de frapper le malheureux peuple d’Haiti voit son impact se démultiplier du fait des conditions sociales qui règnent dans ce pays soumis à une véritable tutelle étasunienne.

* Un pays où les conditions de logement sont innommables.

* Un pays où l’analphabétisme est massif.

* Un pays où la couverture médicale est inexistante.

* Un pays où 78% de la population vit sous le seuil de pauvreté avec moins d’un euro par jour.

* Un pays où l’Etat n’est là que pour assurer la domination d’une infime minorité privilégiée. Et qui n’assure aucun service public aux masses : pas de pompiers, pas d’hôpitaux, pas d’écoles…

Et la présence de milliers de représentants de l’ONU ne change rien, l’aide internationale ne change rien car la structure de la société haitienne reste inchangée grâce au « protecteur » américain dont les intérêts sont liés à ceux d’une bourgeoisie et ses « maccoutes » qui font régner la terreur contre le peuple et les forces progressistes.

La catastrophe qui frappe le peuple d’Haiti est aussi un crime de l’impérialisme. Un de plus.

AM