Capitalisme et impérialisme : l’Amérique Latine à feu et à sang. Réaction à deux infos du journal Le Monde.

Notre camarade Antoine Luci, fin connaisseur de l’ et plus particulièrement du Mexique réagit à deux articles du journal Le Monde. Ses commentaires apparaissent en italiques


En Amérique Latine, un prix du sang très élevé.

Cocaïne et crime organisé

Le tableau n’est pas homogène. Certains pays échappent à cette spirale comme le Chili (3,5 homicides pour 100 000 habitants). Mais le phénomène atteint des proportions inouïes au Venezuela, au Brésil, en Colombie, au Mexique et dans toute l’Amérique centrale, comme en témoigne la caravane de migrants qui tentent de rejoindre la frontière des Etats-Unis pour fuir l’insécurité.

On remarquera combien la présentation de ces terribles statistiques traduisant une violence profonde instillé par le système capitaliste est toujours utilisée contre le Venezuela Bolivarien, mais systématiquement passée sous silence lorsqu’il s’agit de parler de la Colombie du Honduras ou du Mexique. Démontrant combien il s’agit ici de propagande pour attaquer un gouvernement qui déplait à Washington Bruxelles et leurs multinationales.

Sentiment d’impunité

La criminalité coûte aux pays d’Amérique Latine et des caraïbes 3,5 % de leur PIB par an. Soit une addition deux fois plus élevée que dans les pays développés, et six fois plus importante que les budgets consacrés aux budgets sociaux au Mexique ou au Brésil. Au Honduras, le poids financier de la violence est presque multiplié par deux (6,5%) du PIB).

L’Agence Française du développement d’ajouter : « …des cités qui ont grandi de façon anarchique, en à peine deux générations. Certains quartiers poussant à toute allure ont été oubliés de l’Etat et des services publics, créant des poches d’exclusion ». D’autres facteurs s’ajoutent, comme la circulation massive d’armes à feu dans des pays où la législation reste lâche. Qui plus est, un sentiment d’impunité règne, avec moins de 10% de cas d’homicides « résolus » dans certains pays de la région, contre 80%en Europe.

Au Mexique, le calvaire du viol pour les migrantes

À l’heure où les Hondureños/as remontent de Mexico à Querétaro (la ville où fut fusillé le 19 juin 1967 l’empereur d’Autriche Maximilien dans el cerro de las campanas- la colline aux cloches), Antoine réagit à un article écrit par un correspondant du journal Le Monde de Mexico.

La peur ne m’arrêta pas », assure Leiry, une Hondurienne assise dans une immense tente, pleine à craquer de centaines de familles. Comme elle, 4800 migrants centraméricains ont fait halte durant 5 jours dans le stade Palillo, à l’est de Mexico. Leur « caravane » d’une ampleur inédite devrait repartir dimanche 11 novembre, heure française, vers les Etats-Unis.

Et j’ajoute- tandis que les euros atlantistes et néo-Pétainistes rendent honneur à Trump par des cérémonies coûteuses et sans compter, alors que tant de sans-abris en Europe et en France et les mal-logés, -nous avons une pensée pour les familles de sinistrés de Marseille-, auraient bien besoin de cet argent ! –

Depo-Provera, Gytrogen, cyclofémina…Autant de produits à base d’une seule hormone, la médroxyprogestérone, qui sont vendus sans ordonnance dans les pharmacies d’Amérique centrale.

La « caravane » partie le 13 octobre de San Pedro Sula, la deuxième ville du Honduras. Une centaine de migrants, dont des femmes et des enfants, sont portés disparus depuis le 3 novembre dans l’Etat du Chiapas au Sud du Mexique, et j’ajoute, qui-soit dit en passant a donné une aide formidable en alimentaire et en vêtements, sans compter un hébergement chaleureux !

Environ 70 % des Centraméricaines sont agressées sexuellement au Mexique, selon le Mouvement méso-américain des migrants. « Ce taux, réaliste, n’est qu’une estimation car les victimes ne portent presque jamais plainte, souligne Andrea Gonzalez, spécialiste des migrations à l’UNAM, Universidad autónoma de México-j ’ajoute Publique- qui donne des conseils aux migrants sur leurs droits.

À Mexico, Andrea Gonzalez fustige la politique répressive du gouvernement : « le corps des femmes est leur seule monnaie d’échange pour soudoyer les flics ripoux lors des barrages migratoires qui se sont multipliés. » Et j’ajoute c’est la Mordida.

Les jeunes femmes préfèrent une relation consentie à des viols en cours de route. « Je suis là avec ma fille de 14 ans. Je sais que si nous sommes enlevées, j’accepterai d’être violée pour que ma fillette de 14 ans ne le soit pas, dit Jessenia 36 ans. Ce n’est pas de la prostitution, c’est de la survie. »

La directrice de l’Institut pour les femmes en migration Mme Kuhner, félicite la mairie de Mexico pour son effort humanitaire, mais fustige le gouvernement fédéral qui refuse de fournir des bus aux migrants. Cette politique perverse risque de provoquer des drames physiques et psychologiques. »

Qu’il me soit permis de rappeler que sur les 3000 kilomètres qui séparent le Mexique des États-Unis il existe des souterrains de 20 mètres de profondeur et de 4 mètres de large pour faire passer les armes et l’argent de la drogues des narco-trafiquants d’Amérique du Nord (Mexique) et centrale et que cet argent serait par exemple traité par  la Banque HSBC (881 millions d’euros blanchis en dix ans d’après le CADTM), que les sénateurs des USA se voient refuser de dénoncer en leur refusant une commission d’enquête. (Sources : Le Monde Diplomatique de Juillet-Août 2014 et Arte, émission de Novembre 2017.)