A travers le monde des grèves massives : Inde, Tunisie, Bangladesh…

Après l’Inde ou s’est déroulé il y a quelques jours l’une des plus grandes de l’histoire, c’est en et au que les travailleurs se sont mis en grève.

En Tunisie, une grève massivement suivie dans les services publics

Le 17 janvier 2019, les écoles, les transports en commun et jusqu’aux vols de Tunisair… étaient à l’arrêt dans la plupart des villes de Tunisie. A l’appel de la puissante confédération syndicale UGT, une grande partie du plus de 1 million de fonctionnaires et employés du secteur public tunisiens a répondu présent pour une journée de grève. Leurs revendication, des auugmentations de salaire. En effet le gouvernement ne propose qu’une quarantaine d’euros d’augmentation, alors que le salaire mouens des fonctionnaires est de moins de 500 € et que l’inflation frappe avec plus de 7,5% en 2018.

Le contexte social est très tendu, rappelant celui des mobilisations sociales de 2011. Le chômage est toujours à plus de 15%. De fait les manifestations se multiplient et les travailleurs se sont emparés eux aussi du symbole des gilets jaunes dès la mi décembre, la colère populaire bouillonnant alors que le pouvoir islamiste en remplaçant le pouvoir Ben Ali n’a fait que conforter la cause des inégalités et des injustices, le système capitaliste.

Dans son discours le dirigeant de l’UGT a dénoncé le gouvernement qui a “vendu la Tunisie, hypothéqué la Tunisie au FMI”. Concluons “nous ne céderons pas”.

Tunisie : Soutien à la grève générale de l’UGTT !
 
La grève générale du 17 janvier en Tunisie a permis aux travailleurs tunisiens d’exprimer leur colère devant la politique économique et sociale du gouvernement de Youssef Chahed .
Massivement suivi, ce mouvement exige une augmentation des salaires : “Nous demandons seulement de compenser l’inflation actuelle [7,5 %] qui détruit notre pouvoir d’achat Les gens sont en train de s’appauvrir.”
Le FMI impose à la Tunisie ses remèdes habituels ceux qui tuent le malade. Le peuple souffre, s’appauvrit mais le capital prospère de la misère populaire.
Ce mouvement, cette grève est donc non seulement une aspiration à la justice et au progrès social mais il a aussi une dimension patriotique de défense de la souveraineté de la Tunisie face aux exigences du FMI et de sa directrice Christine Lagarde , probablement la personne la plus détestée de Tunisie.
L’ UGTT, le puissant syndicat tunisien qui a toujours joué depuis l’indépendance de 1956 un rôle à la fois syndical et politique, s’impose comme le canal naturel d’expression des doléances populaires. Le chômage de masse, les déséquilibres régionaux, la misère qui s’aggrave, les islamistes en embuscade : le n’offre aucun espoir aux masses populaires, ouvrières et paysannes.
2019 sera une année électorale en Tunisie et cette grève peut permettre d’espérer la construction d’une alternative progressiste dans ce pays aux fortes traditions de lutte : de la grève générale de l’Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT), virant à l’émeute réprimée le 26 janvier 1978 ( 200 morts), à la révolution victorieuse contre Ben Ali, le 14 janvier 2011 (338 morts), en passant par les “émeutes du pain” du 3 janvier 1984 (143 morts) et la révolte du bassin minier de Gafsa, débutant le 5 janvier 2008 (trois morts et des centaines d’arrestations).
Solidarité avec la lutte du peuple tunisien !
communiqué du PRCF – 20 01 2019

Immense grève pour les salaires au Bangladesh, répression féroce

des centaines de milliers de manifestants et de grévistes à Daka

Au Bangladesh le principal producteur de , là où sont probablement fabriqués vos vêtements – plus de 26 milliards y sont fabriqués chaque année pour un peu plus de 30 milliards d’euros de marchandise exportés – le salaire minimum est d’environ 80€ par mois, les ouvriers y vivent dans une misère absolu. Ces derniers mois, les prix du logement grimpent et c’est la raison pour laquelle malgré la répression et l’absence des principaux droits élémentaires pour les travailleurs, les ouvriers du textiles viennent de se mettre massivement en grève.

Dans la banlieue industrielle de Dacca, à Savar, c’est plus de 50 000 manifestants qui se sont rassemblés, alors que depuis  le 13 janvier la plupart des 4 millions d’ouvriers du textile se mettaient en grève, coupaient les autoroutes et dressaient des barrages.  Plus de 52 usines parmi les plus grandes du pays ont du stopper leur activité.

Face à l’ampleur de la mobilisation, le régime a immédiatement concédé une augmentation de salaires d’entre 20ct et 8€ mensuel. Mais les travailleurs revendique une augmentation du salaire minimum à 119 dollars.

Les milliers de salariés de l’industrie du textile en grève depuis une semaine ont bloqué les autoroutes dimanche. Ils ont été violemment réprimés par les forces de l’ordre, qui ont usé de gaz lacrymogènes, flashball et de canons à eaux, et n’ont pas hésité à employer la matraque pour faire retourner, par la force, au travail. Ces violences policières ont entraîné la mort d’un manifestant, ainsi que des dizaines de blessés chez les grévistes.

Dimanche le gouvernement a été obligé de reculer face à l’ampleur de la mobilisation ouvrière et a concédé une hausse de salaire allant de 20 centimes à 8 euros mensuels. Cette première concession n’a pas pour autant fait retourner au travail les ouvriers, qui jugent l’augmentation de salaire minime. Des milliers d’ouvriers continuent actuellement la grève pour une hausse de salaire plus importante, le paiement des jours de grève et en protestation contre les violences policières.

la dictature capitaliste, obligés de céder des augmentations de salaires, répond par la violence et la répression pour terroriser les travailleurs

Immédiatement, les travailleurs ont été violemment réprimés par les forces de l’ordre : les attaques à coups de matraques, gaz lacrymogènes, flashball et de canons à eaux ont fait de nombreux blessés et au moins un mort.

Obliger de céder en raison de la grève massive des augmentations de salaire, les capitalistes n’ont qu’une peur que les ouvriers s’organisent plus avant et revendiquent plus. Qui sait, qu’il revendique ce qui leur revient, les usines ! Alors comme le fait toujours le régime capitaliste, il a lancé une féroce repression, pour terroriser les travailleurs en s’attaquant aux meneurs de la grève.  Plusieurs centaines d’ouvrier ont ainsi été placé sur des listes noires et renvoyés.

Ce qui se passe au Bangladesh démontre pour qui en douterait encore que le capitalisme c’est l’exploitation, la violence et la dictature.

JBC pour www.initiative-communiste.fr