Après douze ans de dictature du Parti National, le peuple hondurien a imposé une défaite tant par les urnes que dans la rue au régime, permettant la victoire du Parti Libre et la coalition de parti alliés, permettant à Xiomara Castro, la femme de l’ex-président Manuel Zelaya qui avait souffert du coup d’État en 2009, d’accéder au pouvoir exécutif début 2022. Malgré les embuches, la présidente et son parti ont réussi à s’imposer et à mettre en place les premières politiques de transformation du pays. Lors d’un discours à la suite de son investiture Castro avait déclaré vouloir vers un État socialiste au Honduras garantissant le bien-être de la population et  metant fin aux injustices imposées au peuple et aux travailleurs honduriens depuis des décennies. Après les 100 premiers jours de son gouvernement, Castro a donné un discours télévisé pour revenir sur les principales avancées réalisées. La voie socialiste est bien entendu un long chemin et il n’existe pas de moule préfabriqué pour y parvenir

Elle a déclaré avoir reçu le 27 janvier dernier un État coopté par le trafic de drogue et le crime organisé.

La présidente du Honduras, Xiomara Castro, a fait un discours à son peuple, dans lequel elle a présenté un rapport détaillé sur les réalisations de son mandat après avoir tenu ce dimanche 100 jours à la tête du gouvernement du pays. Castro a évoqué les conditions dans lesquelles elle a pris les rênes du pays après avoir vaincu les politiciens conservateurs de la dictature.

« Nous avons gagné contre les forces les plus obscures des secteurs les plus conservateurs et les plus extrémistes du Honduras, qui ont cherché à nous porter un coup précoce en prenant le contrôle du Congrès national », a-t-elle rappelé dans le message diffusé sur la chaîne nationale.

« Mais ils ont échoué grâce à la mobilisation populaire qui m’a accompagné pour défendre ce que nous avons gagné massivement aux urnes », a-t-elle souligné. De l’avis du chef de l’État, le peuple a imposé sa volonté souveraine, marquant une étape dont les générations se souviendront.

Elle a rappelé que la première étape après l’adoption du nouveau pouvoir législatif a été de donner le feu vert à la loi d’amnistie et condamne le coup d’État de 2009 contre l’ancien président Manuel Zelaya, son mari, c’est une étape de justice et de construction du projet de réconciliation.

« Le but du développement économique n’est pas que la plupart se sacrifient, alors que d’autres font de gros profits au milieu d’une mer de misérables », a-t-elle affirmé. C’est pourquoi, en trois mois, son principal défi a été de jeter les bases de la lutte contre la pauvreté et la corruption héritées de l’administration précédente.

 

Lutte contre la corruption et transparence

« Les Pandora (scandale de corruption exposé dans Les Papiers de Pandora), ceux qui ont pillé l’Assurance, les hôpitaux mobiles et certains qui continuent d’appeler au coup d’État par une succession constitutionnelle et ne comprennent pas qu’ils ont brisé l’ordre constitutionnel et coulé le pays en installant une mafia qui nous a pillés pendant 12 ans », a-t-elle commenté.

« Chaque jour, nous découvrons de nouvelles ruses pour éviter les changements, mais nous avançons. Nous les avons vaincus et nous continuerons à remporter des victoires du côté de notre peuple », a-t-elle déclaré, tout en critiquant le modèle de privatisation auquel le pays fait face, qui vit sa phase la plus sauvage, qui détruit tout et accumule impitoyablement les richesses.

Près de 20 milliards de dollars de dette ont été hérités du gouvernement actuel, un argent qui est aux mains de corrompus. « Il faut chercher des moyens de réparer les dommages causés par les partenaires de ce système qui protège corrompus et narcotrafiquants », affirme-t-elle.

La chef de l’État a indiqué qu’ils feraient face à ceux qui continuent d’exercer le pouvoir par la violence. Elle a créé le ministère à la Transparence et à la Lutte contre la corruption en vue de mettre en place à l’avenir la Commission internationale contre la corruption et l’impunité (CICIH) avec le mouvement populaire.

« Notre pays a été utilisé comme laboratoire pour mettre en œuvre le plan de démembrement du territoire et de la nation avec le plan des ZEDE », a regretté Castro.

La gouvernante a appelé à la construction d’une nouvelle société, un processus qui n’est possible que si l’on démantèle les structures obsolètes qui sont une école de corruption et qui protègent la permanence de l’ordre injuste actuel, a-t-elle souligné.

 

Situation en matière d’énergie et de carburants

Selon Castro, près de 1.300.000 familles qui consomment moins de 150 kilowatts par mois, sans distinction politique, reçoivent actuellement l’énergie gratuite dans leurs foyers suite au décret sur l’accès à l’énergie.

Les coûts des combustibles sont subventionnés, 10 lempiras (0,50 dollar) ayant été abaissés au prix coûtant. Plus de 7 milliards de dollars par an seront investis par l’État dans cette prestation sociale, a-t-elle souligné.

Castro a fait approuver par le Congrès un projet de nationalisation de l’électricité et la recherche d’exploitation publique des hydrocarbures avec l’aide de l’entreprise d’État mexicaine PEMEX qui possède un long savoir faire en la matière.

Rappelons à nos chers lecteurs aux sensibilités écologistes que pour un pays sous-développé qui a souffert du pillage de ses ressources pendant des siècles, l’exploitation des hydrocarbures est un élément important pour la croissance économique et la souveraineté énergétique sur le moyen terme, il est facile de donner des leçons depuis un pays « développé » impérialiste qui a bénéficié pendant 400 ans du colonialisme mais qui ne fait absolument rien contre la destruction de la planète (c.f Macron)

Éducation et scolarité

Parmi les priorités de Castro pour ces trois mois de gouvernement figurait la garantie de la gratuité des frais de scolarité et de l’alimentation scolaire pour les enfants, dans l’intérêt de la reprise de l’éducation. À cet égard, le budget de l’éducation et des infrastructures éducatives a été augmenté.

Le retour à l’école de 1,7 million d’enfants, après deux ans de pandémie, a également été mentionné comme une réussite. Avec la réinsertion dans la vie scolaire, une vaccination massive des élèves a également été encouragée sans menace, ni « pass » ou politique d’obligation vaccinale.

Ressources naturelles

La loi sur les zones d’emploi et de développement économique (ZEDE) a été abrogée par décret législatif. Avec ce projet, largement rejeté par les citoyens, des territoires étaient cédés directement aux firmes capitalistes multinationales, violant la Constitution.

« Ce modèle privatisant que je dois affronter (…) est le même qui nous laisse sans forêts, sans eau et même sans oxygène, et celui qui vend notre territoire. Nous devons lutter pour le changer parce qu’il est matériellement non viable et moralement injustifiable », a-t-elle déclaré.

En outre, la présidente a déclaré le pays exempt d’exploitation minière à ciel ouvert. Elle s’engage ainsi à préserver les ressources naturelles, en particulier les 30 % restants de la forêt du Honduras.

En conséquence, 2000 soldats seront déployés dans les zones protégées pour éviter l’abattage illégal.

Travailleurs et violence à l’égard des femmes

Xiomara Castro a indiqué qu’ils travaillaient sur une loi globale contre la violence à l’égard des femmes qui serait débattue au Congrès.

Elle a également indiqué que la Banque centrale avait réduit les taux d’intérêt pour encourager la production et que l’emploi à l’heure avait été supprimé en faveur des travailleurs et leur avait rendu leurs droits en matière d’emploi en restaurant le droit du travail pratiquement abrogé par la dictature du Parti national.

De même, elle a appelé le peuple à récupérer le pays, ses ressources naturelles, à donner de l’équité et à changer de direction vers le bien-être collectif, à partir de ses propres efforts quotidiens.

Elle a indiqué que la situation difficile du pays était aggravée par la guerre en Ukraine et que des mesures d’urgence avaient été prises pour protéger la sécurité alimentaire.

« L’avenir est à nous. Rien n’est immuable. L’histoire est faite par les peuples et tend toujours vers la libération des plus défavorisés », a affirmé la mandataire dans son message télévisé.

 

BD pour initiative communiste