Info luttes – Macron, il y en a M.A.R.R.E ! – n° 12 – mars 2019

Entièrement aux mains des puissances financières et de l’UE pilotée par Berlin, le pouvoir macroniste brade à tour de bras les biens de la nation, en particulier ses moyens de transport devenus stratégiques dans un pays, la France, qui produit de moins en moins à domicile et qui sert de plaque tournante aux transports de personnes et à la logistique de toute l’Europe occidentale. 

Est déjà en marche la privatisation de la SNCF qui va s’accentuer, sans doute celle d’Air-France/KLM, où l’État néerlandais monte en puissance, sans parler des autoroutes dont la privatisation est un scandale pour le porte-monnaie des automobilistes et pour les recettes de l’État. Ne parlons pas de la casse du ministère de l’Équipement, massivement dégraissé au nom de la baisse des dépenses publiques exigée par l’UE, qui laisse les routes dans un triste état. La privatisation prévue des aéroports de France, et notamment celle de Aéroports de Paris n’en est que plus lamentable quand on pense que :

Aéroports de Paris est une entreprise rentable. Désormais première société aéroportuaire, c’est une entreprise qui verse entre 100 et 200 millions de dividendes à l’État chaque année et sa valeur ne cesse de progresser. Une fois privatisée (pardon, « concédée pour 70 ans », comme l’annonce Le Maire), tout cela partira dans les poches des actionnaires qui, sans rien produire, sans prendre aucun risque industriel, et tout en continuant de délocaliser les usines (pourquoi se fatiguer à produire si l’argent résulte d’un public captif et d’une rente de situation garantie contre toute concurrence ?), s’enrichiront en dormant et en augmentant les tarifs voyageurs.

La loi prévoit que l’État va payer pour privatiser (avec l’indemnisation des actionnaires minoritaires actuels) et payer à la fin d’une concession longue de 70 ans pour récupérer son dû (l’aéroport ne pourra redevenir une entreprise publique qu’après une indemnisation des propriétaires). Nous, communistes, prévenons les pillards capitalistes des biens publics que la révolution socialiste à venir ne respectera pas plus les actions des grands capitalistes que la Révolution française n’a respecté les biens du clergé et que la Révolution bolchevique n’a respecté les emprunts russes liant le tsar aux capitalistes français. 

Plusieurs juristes estiment que la privatisation d’ADP est contraire à notre Constitution, car elle entre en contradiction avec le 9e alinéa du préambule de la Constitution du 27 octobre 1946, qui dit que « tout bien, toute entreprise, dont l’exploitation a ou acquiert les caractères d’un service public national ou d’un monopole de fait, doit devenir la propriété de la collectivité ».

Rappelons qu’en 1945, le programme du CNR appliqué par les ministres communistes a « rendu à la nation les moyens de production monopolisés ». 

– Que les privatisations se traduisent en général par une effarante casse culturelle : le globish est déjà la seule langue de nombre d’aéroports européens privatisés et le français, déjà largement bousculé par l’anglais aujourd’hui, risque d’être tout bonnement marginalisé et éliminé dans les aéroports vendus aux transnationales. Quelle honte en perspective pour la capitale de la France à l’approche des J.O. ! 

Enfin, parce que le désastre de la privatisation des autoroutes et de l’aéroport de Toulouse-Blagnac, dont l’État paie le prix aujourd’hui, est l’illustration parfaite de l’inefficacité de ces privatisations… sauf pour les actionnaires pillards. 

– Plus que jamais, dans un pays où le secteur des transports est devenu décisif pour la production de la plus-value capitaliste européenne, il est capital que les travailleurs des transports, publics et privés, qu’ils soient marins, dockers, aviateurs, routiers, cheminots, traminots et chauffeurs d’autocar, luttent ensemble : Mer, Air, Rail, Route, Ensemble : M.A.R.R.E. !

Pour la commission luttes du PRCF : Georges Gastaud, Gaël Harmand, Jo Hernandez.

Les grèves en cours :

  •  Des bus du secteur d’Arenc à Marseille du 11 au 31 mars 2019
  •  Nationale des douaniers du 8 mars au 1er avril 2019
  •  Nationale des surveillants de prisons dès le 6 mars 2019
  •  Dans les cantines scolaires de Marseille en mars 2019
  •  Nationale des finances publiques depuis le 28 janvier 2019
  •  Préavis de grèves nationales des fonctionnaires pour mars 2019A La Poste des Hauts-de-Seine depuis le 26 mars 2018

Revue de presse :

Des grèves et manifestations :

1 – Loi mobilités : la CGT de la RATP appelle à la grève mardi

Source : La tribune 17/03/2019

La CGT de la RATP appelle les conducteurs de bus à la grève mardi, mercredi et jeudi, à l’occasion de l’examen au Sénat du projet de loi d’orientation des mobilités (LOM), qui porte notamment sur l’ouverture à la concurrence des lignes de bus de la régie.

“Non à la concurrence, pas touche à notre statut” et “à nos conditions de travail”. Les tracts sont déjà prêts. Le syndicat CGT de la RATP appelle “les machinistes-receveurs” des autobus de la RATP en Ile-de-France à se mobiliser mardi “dans les dépôts dès 04H00” mardi “et les deux jours suivants”. L’objectif : manifester leur opposition au projet de loi d’orientation des mobilités (LOM), qui arrive au Sénat mardi 19/03/2019

Contre l’ouverture à la concurrence des lignes de bus de la régie

La CGT-RATP s’oppose au “démantèlement” de la Régie autonome des transports parisiens, “entreprise publique de service public”. Elle dénonce aussi “le transfert automatique du personnel” de conduite et de maintenance des bus “dans les filiales de droit privé ou chez les concurrents”, après l’entrée en vigueur de la concurrence.

Au-delà des seuls conducteurs de bus, la CGT-RATP appelle “l’ensemble des agents” de la régie à faire grève mardi, dans le cadre de la journée d’action interprofessionnelle nationale, a indiqué son secrétaire général, Bertrand Hammache. Le syndicat les appelle aussi à participer à la manifestation parisienne organisée par la CGT, FO, Solidaires et les organisations de jeunes Unef (étudiants) et UNL (lycéens).

Les lignes d’autobus de la RATP en Ile-de-France seront ouvertes à la concurrence à partir du 1er janvier 2025. La LOM doit fixer le cadre social dans lequel s’ouvrira ce secteur, en déterminant les droits des salariés et les modalités de transfert des personnels, en cas de perte d’un marché par leur employeur.

Les lignes de bus en grande couronne parisienne ouvertes à la concurrence en 2021

L’ouverture à la concurrence des autres lignes de bus de la région parisienne (situées en grande couronne et pas exploitées par la RATP) est elle prévue pour janvier 2021.

Le projet de loi d’orientation des mobilités sera examiné en séance au Sénat, en première lecture, à partir de mardi et jusqu’au 2 avril. Les syndicats de la RATP ont “rencontré en février le ministère et les groupes sénatoriaux pour travailler sur la partie de la LOM qui concerne” la régie, a précisé Thierry Babec, secrétaire général de l’Unsa-RATP. “Nous avons défendu nos attentes vis-à-vis des conditions de travail et du futur sac à dos social”, c’est-à-dire l’ensemble de garanties dont bénéficieront les personnels transférés, a-t-il ajouté. Après le vote du Sénat, ce projet de loi arrivera en juin à l’Assemblée nationale. Son adoption définitive est prévue pour juillet. 


2 – Après 4 mois de «gilets jaunes», CGT et FO unis mardi pour reprendre la main 

Source : Libération 17/03/2019

La CGT et FO se retrouvent dans la rue mardi lors d’une rare journée commune de manifestations et de grèves, avec l’espoir de reprendre la main et de faire entendre leurs revendications sur le pouvoir d’achat, après quatre mois de «gilets jaunes».

Solidaires, la FSU et les organisations de jeunesse Unef (étudiants) et UNL (lycéens) ont également appelé à participer à cette mobilisation nationale qui touchera aussi bien le public que le privé afin d’«amplifier le mouvement social». 

Le 5 février, près de 300.000 personnes avaient manifesté dans 200 villes selon les organisateurs, 137.200 d’après le ministère de l’Intérieur. Les cortèges s’étaient formés à l’appel notamment de la CGT, mais aussi avec la participation de «gilets jaunes» qui, jusqu’à présent, avaient regardé les syndicats avec méfiance. 

Des militants Force ouvrière étaient présents dans ces manifestations. Mais pas la confédération de l’avenue du Maine en tant que telle, qui ne s’est jointe qu’une fois à la CGT pour appeler à manifester depuis le début du quinquennat. C’était en octobre dernier, juste avant que des «gilets jaunes» ne commencent à occuper des ronds-points et manifester chaque samedi. 

Mardi, à Paris, les manifestants – salariés du privé, agents publics, étudiants, lycéens – défileront du boulevard Saint-Michel au Champ-de-Mars à partir de 13H00, avec en tête Philippe Martinez pour la CGT (2e syndicat français) et Yves Veyrier pour FO (3e). 

«Nous avons de très bons échos de la mobilisation», s’est félicité Yves Veyrier il y a quelques jours devant la presse. 

«Nous sommes déterminés à nous mobiliser car nous ne voulons pas être spectateurs, ni caution de décisions qui pourraient être prises en matière sociale à l’issue du grand débat», a-t-il fait valoir. 

– Revalorisation du Smic – 

Pour la CGT, «depuis plusieurs semaines, les questions de pouvoir d’achat (et donc des salaires), de justice fiscale, d’accès aux services publics sont clairement posées sous différentes formes d’expression», mais «le gouvernement reste enfermé dans ce qu’il pense être un véritable débat». La centrale de Montreuil «compte placer le débat où il doit être», notamment par «des actions dans l’entreprise et dans la rue». 

«Évidemment», si les autres organisations «s’étaient associées, cela aurait donné plus de force», a regretté Yves Veyrier à propos de la CFDT, devenue il y a trois mois le premier syndicat français tous secteurs confondus, de la CFE- CGC et de la CFTC. 

Souvent considéré comme épousant une ligne plus «réformiste» que son prédécesseur Pascal Pavageau, Yves Veyrier juge cependant nécessaire de «ré- habiliter la question de la grève». C’est «le seul moyen pour les syndicats quand ils n’ont pas été entendus. Dans les entreprises, on observe que la grève, quand il y a revendication sur les salaires, permet d’obliger les employeurs à se mettre autour de la table», relève-t-il. 

FO demande en particulier une revalorisation du Smic pour qu’il atteigne 80% du salaire médian, soit 1.450 euros mensuels net, et l’ouverture de négociations au niveau interprofessionnel permettant d’aborder l’ensemble de ses revendications. 

De son côté, la CGT réclame notamment un Smic à 1.800 euros brut, la revalorisation de toute l’échelle des salaires, et des pensions de retraite au minimum à 1.200 euros net. 

Les organisations appelant à l’action mardi n’oublient pas «les jeunes», pour qui «les difficultés ne cessent de croître». 

La «réforme du lycée et de la voie professionnelle», la «progression de la précarité étudiante» et le «gel des prestations sociales ne font qu’attaquer le droit d’étudier», soulignent-elles. 

 3 – BOURGES : La résistance à la contre-réforme de la SNCF s’organise

Source : France Bleu 18/03/2019

Huit mois après le vote de la réforme ferroviaire, ce comité de vigilance ferroviaire vise à opposer un front uni à la transformation de la SNCF que le gouvernement veut rendre plus efficace.  

Pas de surprise, on retrouve entre autres, dans ce comité, la France Insoumise, le Parti Communiste ou Europe Ecologie les Verts, mais aussi trois associations d’usagers. Chacun apportera ses informations pour une réaction plus efficace explique Stéphane Démarre, secrétaire des cheminots CGT de Bourges : “

La CGT peut apporter des informations techniques aux associations d’usagers. Cette mise en commun va aussi nous permettre de bénéficier du réseau d’élus des partis politiques qui se sont battus contre le pacte ferroviaire. En fait, pendant le conflit du printemps dernier, la SNCF, avec le soutien du gouvernement, a menti en faisant croire à l’opinion publique que la réforme ne changerait rien pour le usagers. Or on voit les conséquences qui arrivent.” 


Des réductions d’horaires aux guichets liés à des non remplacements de personnels, et des moyens de paiement restreints : les chèques et les chèques vacances sont aujourd’hui refusés dans toutes les gares du Cher, sauf à Vierzon et Bourges.

La SNCF veut privilégier les paiements par carte bancaire : “ Le but , selon Stéphane Démarre, c’est de supprimer notamment la caisse principale à Orléans, qui traite ces chèques. Une dizaine de postes sont menacés à court terme.

C’est incontestable qu’il y a une révolution digitale, mais on peut quand même garder des moyens de paiement pour tous types d’usagers.” Les chèques vacances permettent notamment de bénéficier jusqu’à 50 % de réduction sur le billet congé annuel, ce que n’autorise pas le paiement par carte bancaire dénonce la CGT

Commentaire de lecteur “Info luttes – Macron, il y en a M.A.R.R.E ! – n° 12 – mars 2019

  1. alainet
    23 mars 2019 at 10:01

    * la conception macroniste du maintien de l’ordre.. ou rétropédalage dans le passé ! Cette photo publiée par 1 militante de LFI a fait le tour du web : https://www.facebook.com/photo.php?fbid=369241577242194&set=a.107058600127161&type=3&theater
    On y voit des casseurs avec brassards cassant 1 vitrine , la semaine dernière ! Pensez-vous vraiment que des flics honêtes chargés du maintien de l’ordre se livrent à ceci ? Vu la remontée qu’a prise l’affaire Benalla/Crasse jusqu’à l’Elysée.. on pourrait très bien penser ( à vérifier ) qu’il y aurait eu reconstitution de réseau de police parallèle ?? Les + anciens se souviennent de la dissolution du SAC en 1981 avec l’arrivée de Mitterand ! Sur la photo de gens portant brassards ; il ne s’agit plus de blacks blocs quelconques ; mais de résurgence d’affidés 1 peu spéciaux du Pouvoir ? Méfiez-vous dans les manifs….
    https://www.francetvinfo.fr/politique/video-ch-pasqua-je-romps-avec-le-sac-quand-pompidou-va-succeder-a-de-gaulle_984819.html?fbclid=IwAR1rfHhzxZR5D6tyydSmui2wBZhPi-RTAW9qUmcrb6bGsbEEmzps5Iw9bA4
    https://www.youtube.com/watch?v=5kR-25roPLk