Pour le Frexit, vive l’abstention citoyenne !

L’abstention et le taux de participation c’est bien l’enjeu qui préocupe la commission européenne et le régime Macron à la veille des élections européennes 2019. Des urnes vides de bulletins, des bureaux de vote boycottés par les électeurs, en un mot une mascarade électorale démasqué par l’abstention citoyenne de la majorité des électeurs de France, c’est la claque qu’ils ne veulent pas vivre. En effet, cela démontrerait qu’une large majorité des travailleurs ne se laissent plus duper sur ce qu’est l’Union Européenne : une institution anti démocratique qui protège et renforce exclusivement le pouvoir des multinationales, des grandes banques, en un mot de la classe capitaliste, contre les travailleurs. Une structure supra nationale visant à détruire la souveraineté des peuples, condition essentielle de la démocratie. De fait le parlement européen n’est pas un parlement au sens démocratique du terme. Il n’a pas le pouvoir de controler l’exécutif d’une part, d’autre part il n’a pas le pouvoir d’écrire la loi. Il ne peut, en application des traités européens, que ratifier les directives écrites par la Commission Européenne qui détient de façon exclusive et conjointe avec le Conseil Européenne la totalité du pouvoir.

En France, comme lors des dernières élections européennes, plutôt que défendre une boutique électorale, les communistes avec le PRCF et les JRCF mènent une campagne dynamique pour l’abstention citoyenne et le Frexit progressiste.

Une campagne qui fait écho à la vague d’abstention, annoncée selon les sondages à plus de 54% , largement majoritaire.

[la preuve par les chiffres ] L’abstention aux élections européennes un acte politique

D’aucun prétendent que l’abstention n’est que l’expression de citoyens dilettantes et irresponsables peu soucieux d’utiliser un droit de vote conquis de haute lutte ou de participer à la vie politique du pays. L’abstention serait anti-citoyenne, la négation de l’engagement politique. Avant d’aller plus loin, constatons que ce sont les même médiacrates qui n’avaient pas du tout cette analyse au sujet des chiffres de l’abstention lors du récent référendum de Crimée…

Cela n’est pas du tout exact.

Retrouvez ci-après, à travers une analyse très argumentée reposant sur une analyse chiffrée et factuelle de l’abstention aux élections française depuis le début du 20e siècles, à travers deux articles de www.initiative-communiste.fr
Analyse que les résultats des dernières élections – marquée par une abstention toujours aussi massive – n’ont absolument pas démentie : Vague d’abstention aux élections européennes : du massif rejet de l’UE à la résistance populaire de masse pour la sortie de l’UE par la voie progressiste – communiqué du PRCF [25 mai 2014]


Pourquoi je ne voterai pas aux Européennes, par Quentin

À quelques mois de glisser un bulletin dans l’urne, nous voyons déjà tous les partis, que ce soit LREM, les LR, la FI, le PCF et même… l’UPR, nous parler des futures élections européennes où chacun tente de se faire élire coûte que coûte.

Toutefois, ce jour-là je n’irai pas voter et je resterai sans doute chez moi à lire.

Pourquoi ?

Qui aime et soutient la construction européenne ? Qui la déteste et s’en méfie ? La première réponse c’est la bourgeoisie, la seconde c’est le prolétariat. Rappelons que plus de 70 % des ouvriers ont voté NON au traité constitutionnel européen (beaucoup aussi lors du traité de Maastricht) ; que l’abstention aux Européennes partout en Europe s’élève de 10 à 89 % (les pays ayant le plus de participation étant aussi ceux ayant le vote obligatoire) ; que le peuple ne se sent pas écouté, et que quand il vote mal on le fait revoter ou on se passe de ses services. À côté, la bourgeoisie sait que l’UE est un espace favorable au développement de son profit par directive sur les travailleurs détachés, libre-circulation des capitaux, délocalisations, privatisations interposées.

Ensuite, à quoi cela sert de voter pour le Parlement européen ?

À l’origine, celui-ci était non élu et servait de parlement croupion. Est-ce que cela a changé ? Il n’a toujours pas l’initiative des lois, seule la Commission l’a. Certes, il vote les lois, mais 1) le Parlement européen a jusqu’à maintenant voté tous les projets de la Commission et 2) il n’est pas le seul à disposer du pouvoir de voter les lois, le Conseil (regroupement des ministres des Etats membres) le possède aussi et peut bloquer un vote.

D’autre part, voter aux Européennes c’est approuver tacitement – et c’est ce que recherche Macron – cette Union, en participant à son alibi démocratique – c’est-à-dire le Parlement européen, censé idéalement représenter le “peuple européen”- dont on vient de voir qu’il ne peut rien faire.

Pour toutes ces raisons, je ne mettrai pas de bulletin dans l’urne. Je souhaite que le peuple retrouve sa souveraineté, dont monétaire, et cela ne pourra se faire dans l’UE.

Alors vive le Frexit progressiste ! Et vive l’abstention citoyenne !

Quentin, militant des JRCF