La Pologne au cœur de l’euro-fascisation, son moteur l’anticommunisme

Les militants du PRCF ont été parmi les premiers en France à alerter sur les dérives gravissimes du régime de plus en plus autoritaire et violent en Pologne, où avec le soutien de l’Union Européenne, le vent nauséabond de la fascisation souffle avec virulence. www.initiative-communiste.fr ne cesse depuis des années de se faire l’écho des appels à la solidarité internationale lancés par les communistes polonais en but à une violente répression – arrestations arbitraires et procès politiques, tentative d’interdiction, censure de leurs médias… mais également de relayer la mobilisation en France des Polonais qui s’indignent de l’éradication des noms des héros de la résistance anti-fasciste en Pologne sous prétexte d’effacement des traces de la République Populaire de Pologne. Cela tandis que paradent dans les rues des hordes de groupes fascistes. Le 11 novembre ce sont 60 000 militants d’extrême-droite qui ont défilé sur les boulevards de Varsovie en arborant des symboles fascistes et scandant des slogans comme “sang pur, esprit libre” ou “l’Europe sera blanche ou inhabitée…”

Le 25 novembre, plusieurs dizaines de fascistes polonais déployés dans les rues de Katowice, l’une des principales villes de Pologne dans le sud du pays, ont mis en scène la pendaison des effigies de six euro-députés de la Plateforme Civique,parti social-démocrate opposé au régime. Après les communistes, c’est toute l’opposition au régime nationaliste qui est clairement dans le viseur.


Pologne : nouvelle terre de l’

République Sociale, le blog d’un jeune étudiant en histoire fait le point sur la situation

Depuis novembre 2015, la Pologne et son gouvernement ultraconservateur du PiS (Droit et Justice), mènent une politique visant à éradiquer les symboles communistes et le passé de la République populaire de Pologne. Cette politique s’accompagne de condamnations des militants et dirigeants du Parti communiste polonais actuel mais aussi, en parallèle, d’une montée en puissance du nationalisme qui inquiète, à juste titre.

Un gouvernement réactionnaire pour éliminer un passé progressiste

Au pouvoir depuis 2015, le PiS n’a pas tardé à appliquer son programme libéral, ultraconservateur, et anti-immigration, qui correspond à la vague nationaliste qui sévit en Europe, dans les pays Baltes, en Hongrie, ou en Allemagne. Par nature anti-communiste, le gouvernement polonais n’hésite pas à mettre dans le même panier les forces nazies et communistes (imitant de ce point de vue le gouvernement hongrois), un comble pour parti de droite-extrême.

Les autorités polonaises ont depuis quelques mois pris des mesures visant à effacer toutes traces du passé socialiste de la Pologne. Les statues sont détruites, les rues porteuses de noms d’hommes communistes sont débaptisées : celles de Staline, Lénine, Marx, mais aussi celles de militants polonais, engagés dans les Brigades internationales, et partis combattre en Espagne contre Franco (1).

Au risque de surprendre les plus ignorants, les démocraties populaires, et la République populaire de Pologne, nom officiel de la Pologne socialiste jusqu’en 1989, n’ont pas été seulement les pays que certains prennent plaisir à toujours critiquer, comme si absolument tout avait été négatif. Je laisserai le soin à ceux-ci de rappeler les échecs, les fautes, les limites des démocraties populaires, mais je rappellerai seulement que, du temps du socialisme, santé, éducation, logement, culture, emploi, étaient des priorités de l’État qui pourvoyait à tous les besoins élémentaires de la population. Or depuis la chute du camp socialiste, sauf erreur de ma part, la situation des Polonais ne s’est pas améliorée d’un point de vue économique et social, elle aurait même tendance à se détériorer.

Partout dans le pays, des militants, des élus, combattent cette politique de décommunisation (2). Mais les appels à la solidarité du Parti communiste polonais (KPP) restent pour le moment trop peu diffusés, et la situation a tendance à s’aggraver en Pologne où militants et dirigeants, sont victimes de la répression gouvernementale et condamnés en justice pour le simple fait d’être communiste (3).

Une montée inquiétante du nationalisme

Cette politique de décommunisation va de pair avec un contexte plus général qui est celui de la montée en puissance de l’extrême-droite nationaliste et identitaire polonaise. Comme chaque année, le 11 novembre, jour de la Fête d’Indépendance de la Pologne, les nationalistes organisent une marche pour réaffirmer leur position. Force est de constater que ce rassemblement a été un véritable succès, puisqu’il a rassemblé près de 60 000 personnes, ce qui en fait l’un des plus grands – si ce n’est le plus grand – rassemblement nationaliste européen.

La marche, organisée par l’extrême-droite, a réuni tout ce que la Pologne compte de racistes, d’islamophobes, de nationalistes, d’identitaires et de certains hooligans. D’ordinaire, des violences entre forces policières et militants éclatent toujours lors de cette marche, mais cette année, d’après les organisateurs eux-mêmes, il n’y a pas eu d’incidents. Est-ce un signe que le gouvernement cautionne cette marche et a donc ordonné aux forces de sécurité de se tenir à l’écart ?

« Oui au Gospel, non au Coran », « la Pologne pure, la Pologne blanche », « foutez le camp avec vos réfugiés » ou « À coups de marteau, à coups de faucille, battre la racaille rouge » (4).

Tels sont les slogans que l’on pouvait écouter lors de cette manifestation. Les classiques chants pour une Pologne blanche, se mêlant à ceux anti-immigrés, anti-musulmans, anti-russes, et anti-communistes. Les organisateurs ont ainsi rappelé qu’ils ne voulaient pas vivre sous le règne de la Sharia, comme si un projet d’un État islamique polonais était à l’ordre du jour. Les tenants de ce discours ne seront pas inquiétés par le gouvernement qui cherche à flatter son électorat d’extrême-droite.

D’ailleurs, les pensées anti-immigrés du gouvernement ne sont une surprise pour personne, il suffit, pour s’en convaincre, de regarder et d’écouter les déclarations des dirigeants polonais : « Nous n’avons pas exploité les pays dont proviennent les réfugiés qui arrivent maintenant en Europe. Nous n’avons pas utilisé leur main d’œuvre et ne les avons pas invités en Europe. Nous avons le droit moral de dire « non ». Ainsi s’exprimait Jaroslaw Kaczynski, dirigeant du PiS.

La montée du nationalisme, qui va de pair avec l’arrivée au pouvoir de gouvernements nationalistes, en Europe de l’Est, devrait alerter l’UE, qui est bien plus active lorsqu’il s’agit de prendre des sanctions à l’encontre des pays progressistes comme le Venezuela. De simples injonctions ne suffiront pas à arrêter ces forces réactionnaires qui resurgissent dans des pays où l’extrême-droite a pourtant eu un rôle dramatique.

(1) : Pologne. La chasse aux symboles communistes. Courrier international.

(2). En Pologne, des résistances à la décommunisation. Histoire et société

(3). Interview sur la répression anticommuniste en Europe. Initiative Communiste

(4). Pologne : importante manifestation nationaliste pour la Fête de l’Indépendance. Libération.

Pologne : nouvelle terre de l’anticommunisme


Lettre Pétition  l’appel des 118 : Halte aux pratiques liberticides en Pologne !

Une lettre-pétition (dit “Appel des 118”) a été adressée, le 29 novembre 2017 à Tomasz Młynarski, ambassadeur de Pologne en France et Henri Dudzinski, consul honoraire de Pologne à Lille.

Halte aux pratiques liberticides en Pologne !
Pour la fin des poursuites contre les militants communistes polonais
et l’arrêt des menaces de délégalisation, qui pèsent sur le KPP
Oui à la liberté d’expression !
Appel des 118 pologne

Face au révisionisme historique en Pologne, la riposte continue !

A Sosnowiec (Pologne), le rond-point « Gierek » du nom de l’ancien n° 1 du Parti ouvrier unifié polonais (POUP) est menacée de débaptisation dans le cadre de la loi dite de « décommunisation » votée par l’extrême droite polonaise.

Le maire de Sosnowiec d’où est originaire Edward Gierek s’oppose à ce changement de nom. Ce printemps, il écrivait au président Jaroslaw Kaczynski pour lui dire son indignation face à une telle perspective.

Dans la foulée, la municipalité organisait une consultation publique auprès de la population. Près de 13 000 habitants de cette ville de Silésie y ont pris part.

97, 3 % des votants se sont prononcés pour le maintien du nom “Gierek” toujours aussi apprécié pour son rôle dans le développement de cette région industrielle !

La mémoire d’Edward Gierek reste tout aussi vive dans le Nord de France, un pays où sa famille a émigré au milieu des années 1920.

Mineur de charbon habitant Libercourt puis Leforest dans le Pas-de-Calais, Edward Gierek a été l’un des acteurs de la grève de la fosse 10 de la Société des Mines de l’Escarpelle en août 1934.

Ce mouvement de protestation contre la politique répressive du patronat des Mines s’est soldée par l’expulsion de dizaines de grévistes !

La municipalité de Sosnowiec avait jusqu’à ce 2 septembre pour se plier aux injonctions de l’Institut polonais de la mémoire (IPN) et du gouvernement qui ont placé Edward Gierek sur leur « liste noire » des militants dont il s’agirait d’effacer la mémoire.

La municipalité s’expose ainsi à des sanctions financières.

C’est le gouverneur de la province qui prendra, en dernier ressort, la décision.

Aussi, nous vous invitons à signer la pétition lancée par le SLD (Sojusz Lewicy Demokratycznej / Alliance de Gauche démocratique) de Sosnowiec, qui s’adresse au gouverneur de la province.

Cordialement

Les Amis d’Edward Gierek

Le lien vers la pétition :  http://www.petycje.pl

Les non-polonophones trouveront, ci-dessous, un résumé de cette pétition adressée à Jaroslaw Wieczorek, le gouverneur de la province dont le siège est à Katowice.

Le résumé :

Dans cette pétition, le SLD rappelle que 97 % des habitants de Sosnowiec qui ont participé à la consultation publique, refusent le changement de nom, qu’ils n’acceptent pas de « nier l’histoire » de cette ville.

Pour eux, le nom de Gierek reste associé du développement le plus dynamique de la ville depuis 115 ans et sa fondation. La période des années 1970 lui a offert de se doter d’infrastructures (transport, logements, etc.) synonyme de développement et d’amélioration des conditions de vie des habitants. La popularité de Gierek est confirmée par les fleurs et les bougies qui sont déposées sur sa tombe, chaque année, en juillet, mois de sa disparition. En aucun cas, les habitants ne souhaitent idéaliser la personne d’Edward Gierek. Ils demandent seulement que ses mérites tangibles ne soient pas effacés des mémoires.

Comment signer la pétition ?

– Aller sur le site : http://www.petycje.pl

- Taper sur :
Petycja do Wojewody Śląskiego ws. pozostawienia ronda Edwarda Gierka w Sosnowcu 
- Pour signer la pétition, aller en bas du texte
Et cliquer sur « popieram »
- Puis remplir les cases
Imię i nazwisko : nom et prénom
Miejsce zamieszkania : lieu de résidence (ex. : France)
Krótki komentarz : court commentaire
 - Pour valider :
Taper sur « Podpisz petycje »
 - Pour parcourir la liste des signataires, aller à
« zobacz podpisy ».

POLOGNE : 60.000 NÉONAZIS DÉFILENT EN TOUTE LÉGALITÉ (RAPPELONS QUE LE COMMUNISME EST INTERDIT)

Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont participé, samedi 11 novembre, à une marche nationaliste à Varsovie. De nombreux Polonais se disant apolitiques ont rejoint cette manifestation patriotique, organisée par l’extrême droite à l’occasion de la fête de l’indépendance

Le rassemblement se tenait sous le mot d’ordre officiel « Nous voulons Dieu », une expression rappelant un chant catholique interprété parfois aujourd’hui comme un rejet de l’islam, auquel le président américain, Donald Trump, avait fait référence en juillet, lors d’une visite à Varsovie. Le président états-unien avait alors félicité la Pologne pour sa défense de « la civilisation occidentale ». A l’unisson, les manifestants ont scandé samedi des slogans appelants à la violence et à la xénophobie, tels que « La Pologne pure, la Pologne blanche ».

Cette « Marsz Niepodległości », inaugurée en 2009 et réputée comme le plus grand événement fasciste et nationaliste d’Europe, a rassemblé des participants venus de divers horizons européens. Une participation saluée par certains des orateurs à l’origine du rassemblement, qui ont martelé que « la culture chrétienne est supérieure à la culture islamique ».

Deux contre-manifestations, organisées par des groupes antifascistes et les partis d’opposition, ont eu lieu en même temps à l’autre bout de la ville pour protester contre le virage autoritaire de l’actuel gouvernement.

Ce dernier n’a d’ailleurs pas condamné le rassemblement de l’extrême droite. « Le plus important est l’attachement à notre patrie, à notre peuple. Cela devrait se placer au-dessus de tout : de nos divisions idéologiques, de nos différentes opinions politiques », a déclaré le président polonais, sans déplorer les propos tenus lors de cette démonstration de force des extrémistes.

Seule limite imposée par le gouvernement polonais, la prise de parole du leader américain du mouvement suprémaciste blanc, Richard Spencer, censé participer au rassemblement, a été interdite, au motif que l’homme ne doit pas apparaître publiquement.

Lors des éditions précédentes, des échauffourées entre des groupes de manifestants et la police avaient éclaté en marge de cette marche annuelle, organisée le 11 novembre, date du retour à l’indépendance, en 1918, de la Pologne, partagée pendant cent vingt-trois ans entre trois puissances voisines : la Russie, la Prusse et l’Autriche.