La zone euro l’endroit où on meurt le plus du COVID-19.

Chaque jour qui passe démontre les conséquences tragiques de la mondialisation et du système capitaliste alors que frappe la pandémie de . D’après les chiffres de l’université américaine John Hopkins, il fallait déplorer 156 076 décès dans le monde, et plus de 2 millions de malades officiellement identifiés du .

Mais il apparaît que chaque peuple n’est pas à égalité devant le coronavirus : le risque de mourir est bien plus important au sein de la zone que partout ailleurs dans le reste du monde. 1 mort sur deux du COVID-19 est à pleurer dans la , pourtant censée être l’économie la plus riche du monde. 1 mort sur 4 est américain, dans la première puissance mondiale. À l’inverse, alors qu’une personne dans le monde sur cinq est chinoise, la Chine populaire où l’épidémie a pourtant été déclarée pour la première fois, ne compte que 3% des décès ! Et il y en a aucun au Vietnam voisin !

Le terrible bilan de l’Union Européenne.

Alors que la Chine a réussi à mettre fin en trois mois à l’épidémie, ce qui est loin d’être le cas en Union Européenne, les chiffres provisoires font froid dans le dos. Le nombre de décès rapporté à la population de la zone euro est près de 80 fois plus important que celui constaté en Chine. Il est même trois fois plus important que celui observé dans la province du Hubei épicentre de l’épidémie.

À l’opposée des polémiques inutiles des leaders capitalistes des USA et des capitales européennes, osant mettre en cause la Chine qui a pourtant sonné l’alarme dès début janvier, ce chiffre traduit :

  • que l’Union Européenne, pourtant alertée très tôt, a été incapable d’empêcher l’expansion de l’épidémie à l’ensemble de ses territoires. À l’inverse de ce qu’a réussi la Chine qui a cantonné au prix de décisions très courageuses, très coûteuses mais rapides, l’épidémie dans le Hubei.
  • que l’Union Européenne est incapable de dépister, de protéger par le matériel adéquat, et soigner aussi bien les malades au cœur des zones les plus touchées par la pandémie que ne l’a fait la Chine, exception faite de l’Allemagne.
  • qui plus est, la comparaison à d’autres pays asiatiques (Vietnam, Corée du Sud, Japon…) ou de l’Amérique latine (Cuba, Venezuela, Nicaragua…), démontre la responsabilité incontestable du système européen dans ce bilan catastrophique. Là où des mesures de confinement ciblées appuyées sur des tests sont mises en œuvre, là où on ne sacrifie pas la santé sur le dogme de la “libre circulation des capitaux et des biens”, là où des masques sont disponibles, le bilan de la pandémie est bien moins lourd, et l’épidémie contrôlée.

Le bilan de la catastrophe qu’est l’Union européenne en quelques graphiques :

En notant la date à partir de laquelle l’épidémie de covid-19 est devenue significative, on retient ici le dépassement du seuil de 10 morts du covid-19, il est possible de montrer que l’Union Européenne a eu un mois complet pour se préparer à l’arrivée de l’épidémie de covid-19 à partir du moment où la Chine était frappée. Contrairement à la Chine qui elle a dû détecter sans bénéficier d’aucun délai d’alerte : l’émergence de cette nouvelle épidémie, identifier le virus, improviser des traitements et inventer des mesures de protection adéquates de sa population.

À ceux qui disent qu’un mois c’est trop peu, eh bien remarquons que la Corée du Sud a eu le même délai. Et ce pays, pas plus riche que la zone euro a réussi à maintenir un nombre de décès par million d’habitants du même ordre de grandeur que la Chine. Et ce malgré un démarrage très virulent de l’épidémie. Mais la Corée a réalisé un dépistage massif avec des tests généralisés, et a mis à disposition des masques pour tout le monde.

Au-delà du nombre de morts, c’est le nombre de décès par million d’habitants qui permet de décrire le niveau de protection d’une population face au covid-19. Et le graphique suivant qui représente le nombre de décès selon la taille de la population totale est édifiant :

Il fait apparaître que l’ensemble des pays de la zone euro est frappé de manière bien plus mortelle par le covid-19, que le reste du monde. Il n’y a guère que les États-Unis d’Amérique pour atteindre une mortalité aussi importante.
La zone euro compte 100 fois plus de décès que la plupart des pays asiatiques (Chine, Japon, Corée du Sud, Vietnam, Singapour,….), mais aussi que des pays comme Cuba, le Venezuela, le Nicaragua ou encore la Russie.

De fait, il est faux de dire que les peuples sont impuissants pour résister au covid-19 : les mesures simples qui sont d’ailleurs celles préconisées par l’OMS font leur preuve :

  • dépistage massif de la population pour isoler les malades, empêcher la transmission (le fameux slogan de l’OMS est tester, tester, tester…)
  • mise en quarantaine des malades, et lorsque le contrôle sur l’épidémie est perdu, confinement rapide et massif des zones concernées pour empêcher l’extension de l’épidémie.
  • protection contre la transmission par le port généralisé dans la population de masque.
  • traitement des malades au plus tôt pour empêcher la dégradation de leur état, ce qui suppose un dépistage massif.

Observons que c’est exactement l’inverse qui a été fait par l’Union Européenne. Interdiction de limiter d’une quelconque façon la circulation des marchandises et du tourisme (sauf en Autriche) dans un premier temps, pas de dépistage généralisé (sauf en Allemagne), pas de distribution de masques (sauf dans les pays de l’Est), et un confinement excessivement tardif (sauf au Portugal) : l’Union Européenne a fait le pari d’exposer massivement sa population pour dépenser le moins possible, ne pas arrêter les usines, faisant le pari criminel et insensé d’une illusoire immunité collective. Le résultat ce sont des dizaines de milliers de morts.

Observons que là où l’une des mesures préconisées par la Chine a été mis en place, la mortalité a été divisée de plusieurs fois. C’est le cas avec les tests massifs en Allemagne, le confinement précoce au Portugal ou en Grèce. Évidemment, la qualité du système de santé joue aussi un rôle important. L’Allemagne qui a bien plus de lits de réanimation et d’hôpitaux (+33%) que la France (160%), l’Espagne ou l’Italie, n’a pas eu à faire le choix de laisser mourir ses personnes âgées sans avoir accès à la réanimation ou même à l’hospitalisation. Ce qui explique probablement le bilan bien moins lourd outre Rhin.

Il n’y a rien de miraculeux dans la mise en œuvre des mesures préconisées par l’OMS, mais on observe que les chiffres de la Chine, de la Corée, du Japon, de Singapour ou même du Maroc (où le port du masque est généralisé comme l’usage du plaquenil) suivent la même distribution statistique. On retrouve les même performances à Cuba, au Nicaragua ou au Venezuela, trois pays sous blocus américain, mais qui faisant de la santé une priorité nationale n’ont pas eu de mal à engager immédiatement une mobilisation de toutes leurs forces contre le covid-19.

Le tableau suivant de la mortalité au 17 avril 2020 illustre parfaitement combien c’est le choix délibéré par la Commission Européenne et les gouvernements de la zone euro, un choix identique également des USA de Trump, qui est responsable de la catastrophe que nous subissons en Europe.

Le désastre des États-Unis d’Amérique !

Les États-Unis d’Amérique, alors qu’ils n’en sont qu’au tout début de l’épidémie, avec 112 morts par million d’habitants ont déjà 35 fois plus de morts que la Chine Populaire.

Les États-Unis sont désormais le premier foyer épidémique, en nombre de cas, du monde.

Il est vrai que le régime Trump a mis la pression maximum sur les autorités des États pour les empêcher de prendre des mesures de confinement, heureusement sans succès pour nombre d’États, et a longtemps appelé à ne mettre aucune entrave, pour des raisons de protection de la santé, à l’extraction du profit capitaliste. Avec pour conséquence des manifestations de néonazis en armes dans certaines villes du pays pour refuser les mesures de protection sanitaire.

De fait, les pays leaders de l’impérialisme euro-atlantique, qui concentrent l’essentiel de la richesse mondiale sont moins capables de protéger leur population que la Chine. Question de priorités et de système. La priorité de l’Union Européenne et des USA aura été de façon permanente de maximiser la défense des profits capitalistes. Refusant d’abord des mesures contraignantes pour la production des entreprises privées, avant de procéder à des mesures minimales. La Chine, elle, a très vite stoppé sa production, tourné son appareil de production entièrement pour combattre l’épidémie et répondre aux besoins de sa population.

UE, Euro, Capitalisme, En sortir pour s’en sortir !

Oui, il va falloir tirer des leçons de cette pandémie. Alors que le capitalisme ravage notre écosystème planétaire pour les profits de quelques milliardaires, alors qu’il nous laisse démunis, sans même la capacité de produire des masques dans la 6e économie mondiale, ce système exterministe est à l’évidence une grave menace pour l’Humanité entière.
La solidarité, le partage et la mise en commun, en un mot le communisme, sont au contraire le chemin de l’avenir.

JBC pour www.initiative-communiste.fr


Au 17 avril 2020 d’après les chiffres diffusés par l’université américaine, le bilan de l’épidémie de Covid-19 était le suivant :

  • Chine Populaire :
    • population 1 438 000 000 habitants
    • nombre de morts : 4636
    • nombre de morts par million d’habitants 3.2 morts par million d’habitants
    • PIB par habitant 9770 $/habitant
  • Chine (Province du Hubei)
    • population : 58 500 000 habitants
    • nombre de morts : 4512
    • nombre de morts par million d’habitants : 77.1 morts par million d’habitant
  • Union Européenne – Zone euro (hors pays baltes et Slovénie)
    • population 327 000 000 habitants
    • nombre de morts : 76 282
    • nombre de morts par million d’habitants : 233 morts par million d’habitants
    • PIB par habitant 38 300 $/habitant
  • Allemagne :
    • population 83 020 000 habitants
    • nombre de morts : 4 352
    • nombre de morts par million d’habitants : 52 morts par million d’habitants
    • PIB par habitant 47 603 $/habitant
  • France :
    • population 66 990 000 habitants
    • nombre de morts : 18 681
    • nombre de morts par million d’habitants : 279 morts par million d’habitants
    • PIB par habitant 41 463 $/habitant
  • Italie :
    • population 60 360 000 habitants
    • nombre de morts : 22 745
    • nombre de morts par million d’habitants : 377 morts par million d’habitants
    • PIB par habitant 34 483 $/habitant
  • Espagne :
    • population 46 940 000 habitants
    • nombre de morts : 20 002
    • nombre de morts par million d’habitants : 426 morts par million d’habitants
    • PIB par habitant 30 370 $/habitant
  • Belgique
    • population 11 460 000 habitants
    • nombre de morts : 5163
    • nombre de morts par million d’habitants : 451 morts par million d’habitants
    • PIB par habitant 47 518.64 $/habitant
  • Pays Bas :
    • population 17 280 000 habitants
    • nombre de morts : 3 459
    • nombre de morts par million d’habitants : 200 morts par million d’habitants
    • PIB par habitant 53 024 $/habitant

3 Commentaires de lecteur “La zone euro l’endroit où on meurt le plus du COVID-19.

  1. Marisna
    19 avril 2020 at 15:00

    Bonjour,

    Petite coquille concernant le nombre d’habitants en Belgique : il s’élève à environ 11 460 00 millions, et non 611 460 000.

    Merci pour vos articles.

  2. - -
    20 avril 2020 at 14:42

    merci de votre vigilance, la coquille est corrigée.

  3. Kalb
    20 avril 2020 at 18:51

    Passionnant merci. Wk, Belge helas. Fraternité.