Le PRCF à la réunion internationaliste de Milan organisée par le Fronte Popolare.

par Laurent Nardi

Le 17 février dernier le Fronte  Popolare organisait à Milan sa première rencontre internationale sur le thème de l’Union Européenne autour du slogan « Non à l’UE, Non à l’Euro, Non à l’OTAN ». Devant une assistance bien fournie et en présence de la Consule du Venezuela à Milan, les représentants de Clash city Workers (GB), du Parti des travailleurs de GB, du PC Suisse, du PRCF ont pris la parole pour présenter la situation politique et sociale dans leurs pays, montrant la responsabilité de l’UE dans les politiques anti-sociales et antidémocratiques.

Pour l’Italie sont intervenus le Movimento Essere Sinistra (Mouvement être la gauche), Potere al Popolo qui regroupe divers partis et organisations pour les élections du 4 mars, l’organisation des migrants en Italie et trois représentants des syndicats de base italiens (COBAS) de 3 secteurs différents.

Le FP, issu d’une scission des jeunes de Rifondazione Communista à Milan, est un mouvement en phase de construction, s’appuyant sur des militants jeunes et déterminés. Grâce à son action de terrain et son discours clair il s’implante au sein du mouvement progressiste italien, en particulier en Lombardie et dans le Piémont. Il a une ligne politique très proche sinon identique à celle du PRCF. Hors du sectarisme, tenant compte des réalités politiques et idéologiques actuelles de l’Italie, il articule la fermeté des positions et la recherche de convergences et d’alliances avec les autres forces alternatives. Son secrétaire est le camarade Alessio ARENA.


EXTRAITS DE L’INTERVENTION de Laurent NARDI pour le PRCF

Chers camarades,

(…) Le PRCF et le Fronte Popolare ont des analyses politiques très proches et des relations suivies et fraternelles que nous voulons approfondir à l’image du projet de bulletin internationaliste commun sur internet avec les camarades anglais. PRCF et Fronte Popolare continuent ainsi la longue tradition de luttes communes qui ont toujours uni les communistes italiens et français.

En France, avec l’arrivée d’ Emmanuel Macron comme Président et de sa majorité, nous avons franchi une étape nouvelle dans l’offensive menée depuis une trentaine d’années par les tenants d’un capitalisme pur et dur. Après Sarkozy et Hollande qui ont bien servi ses intérêts, la caste financière a réussi à trouver un nouvel homme pour aggraver la même politique.                         

Les attaques frontales contre le monde du travail, contre les idées progressistes, contre la nation et contre la démocratie sont d’un niveau rarement atteint. Avec Macron la grande bourgeoisie française veut réaliser son rêve historique, se débarrasser de ce qui a fait la force de notre pays : sa solidarité sociale.  (…)

Comme dans tous les pays capitalistes cette politique s’inscrit sous l’égide de l’Union Européenne et de toutes les structures de l’internationale financière.

Il faut savoir que Macron est un européiste et un atlantiste convaincu.

Il veut des listes transnationales aux élections européennes ; il souhaite au plus vite un « gouvernement de la zone euro » ; une « défense européenne complémentaire de l’OTAN » ; la fin de la République une et indivisible au profit des « grandes régions » européennes, sans parler de l’abandon de la  langue française au profit de l’anglais, la langue des affaires. Donc on voit le lien direct entre la politique nationale de Macron et l’Union Européenne.

L’UE est un maillon faible du capitalisme. L’opinion des masses a fortement évolué à son égard, on est passé du soutien aux interrogations, à la méfiance et à la remise en cause. Il faut apprécier tout le chemin parcouru.

Toutefois, une grande question reste posée : pourquoi tant de gens, y compris progressistes restent-ils encore partisans de l’Europe, ne veulent pas sortir  de l’UE ?

Répondre uniquement avec des démonstrations économiques et sociales ne suffit pas parce que la bourgeoisie a réussi à faire passer dans la tête de beaucoup de gens des croyances puissantes :

– L’Europe c’est l’union des peuples. – L’Europe c’est la paix. – L’Europe c’est la démocratie.  – L’Europe c’est le contre-poids des EU, de la Chine, de la Russie. – L’Euro c’est notre monnaie commune qui nous rend fort.

Globalement ils ont réussi à faire passer l’idée que l’Europe c’est le sens de l’histoire et qu’on ne peut pas revenir en arrière (…). Nous devons casser ces idées.

1) Non, l’Europe n’a pas été créée pour les populations, elle a été créée pour les affaires, l’économie, le profit. En 1951, ce qui est créé c’est une structure strictement économique : la communauté européenne du charbon et de l’acier. En 1957 le traité de Rome institue quoi ? Une communauté économique. Et chaque évolution de cette construction européenne va correspondre à un besoin nouveau du capital.

L’Europe a été créée par des réactionnaires et des anticommunistes. Rappelons qui sont ceux que l’on appelle les « les pères fondateurs de l’Europe ».

L’Allemand Adenauer Catholique fervent. Libéral et anti-communiste convaincu.

 

Le Britannique  Churchill. Son anticommunisme maladif en fait le précurseur de la guerre froide

 

Le Français  Monnet. Riche propriétaire terrien, négociant en Cognac.

Il co-préside la Bancamerica de San Francisco. De Gaulle l’a traité de « petit financier à la solde des américains ».

 

Le Français Schumann. Catholique fervent, il a voté  les pleins pouvoirs à Pétain.

 

L’Italien De Gaspéri. Fondateur de la démocratie chrétienne. Il se disait inspiré par l’encyclique du pape Léon XIII.

 

On voit vers où convergent tous ces « pères de l’Europe », leur idéologie commune : attachement à l’Eglise catholique, anticommunisme et soumission aux intérêts des capitalistes, en particulier américains. Comment ces hommes pouvaient-ils créer une structure progressiste ?

2) Non, l’UE n’est pas un contre-poids aux EU :                                                    la constitution européenne garantie « que les États membres travaillent en étroite coopération avec l’OTAN ». États-Unis et Europe sont ensemble les garants de l’ordre capitaliste mondial. On le voit aussi dans le projet d’Union transatlantique.

3) Non, l’Europe ce n’est pas la paix :                                                                   Il y a eu la guerre contre la Yougoslavie. Et s’il n’y a pas la guerre en Europe,  partout dans le monde les puissances impérialistes soutenues par l’UE font la guerre (Irak, Syrie, Libye, Afghanistan, Afrique…) L’Union Européenne s’est dotée d’une agence pour l’armement dont le but est d’accroître l’armement de chaque pays membre de l’U.E. Elle est une énorme source de profits pour les groupes capitalistes.

4) Non, l’UE n’est pas la démocratie : c’est elle qui fait interdire la grève en Grèce, qui ferme les yeux sur la présence de néonazis dans les gouvernements de Budapest, de Vienne ou de Kiev, elle qui cautionne sans états d’âme l’interdiction des partis communistes des pays de l’Est et la répression contre les syndicalistes.

5) Oui, il est possible de sortir de l’euro et de l’Union Européenne :  l’exemple anglais le montre. Le peuple britannique, en particulier les classes populaires ont dit « non » à l’Europe supranationale. Le Royaume-Uni, la Suisse, la Norvège, la Suède, le Danemark, l’Islande n’ont pas l’euro et même certains ne sont pas membres de l’Union Européenne et ils se portent mieux que la moyenne de la zone Euro, que ce soit pour l’inflation, la consommation des ménages, le taux de croissance, l’évolution du chômage, les investissements et autres domaines.

6) Non, l’intégration européenne ce n’est pas le sens de l’histoire, c’est seulement le sens que veulent donner au monde les capitalistes pour mieux exploiter les peuples.

Nous devons aussi combattre la fable de l’Europe sociale avancée par les pseudo-partis communistes et le Parti de la Gauche Européenne.

Aujourd’hui plus que jamais défendre les nations, des nations progressistes et internationalistes est une position anti-capitaliste, révolutionnaire. (…)


Le manifeste du 17 février à Milan :

Si accende la tv, si aprono i giornali e da ogni parte si può sentire o leggere di come la governance europea sia preoccupata per la gestione delle politiche occupazionali e si impegni per trovare misure per aumentare l’occupazione. I ministri si riuniscono, discutono, nel frattempo i dati li mettono di fronte alla realtà: nella zona Eu ci sono quasi 30 milioni di disoccupati, nella sola area Euro 19 milioni. Il tasso di disoccupazione è però molto differente tra i vari paesi, quasi a voler sottolineare una volta di più i ruoli dei capi e dei subordinati, dei colonizzatori e dei colonizzati: infatti si oscilla dal 3,8% della Germania al 21,7% della Grecia. La disoccupazione giovanile under 25 colpisce il 16,5% di quella fetta della popolazione europea, il 18,7% nei paesi dell’Euro ed anche qui si vedono le caratteristiche dell’impero coloniale (6,5% in Germania, 35% in Italia, 23% in Francia, il 44% in Grecia). In Gran Bretagna si attesta sul 12%. Occorre sottolineare che non si considerano gli studenti e coloro che hanno proprio smesso di cercare un lavoro, quella generazione cioè che non studia, non lavora e non cerca un’occupazione.

Molteplici sono state le risposte al problema, ma tutte similari se non identiche e parte di un disegno comune. In Italia abbiamo visto la comparsa del Jobs Act che nella pratica cancella ogni diritto del lavoratore, per anni lo rende totalmente ricattabile con il contratto a tutele crescenti e nel momento dell’agognato contratto a tempo indeterminato con tutti i crismi del caso lo rende impotente, dato che in caso di vertenza per licenziamento ingiusto il reintegro sul posto di lavoro è un miraggio. Ancora prima inoltre abbiamo assistito alla svalutazione della contrattazione collettiva.

In Francia è stata recentemente approvata la Loi Travail, grazie al corrispettivo francese dell’italiano ricorso alla fiducia, mentre nelle strade la popolazione si sollevava. La legge infatti dà priorità all’accordo aziendale a discapito di quello collettivo ad esempio permette di diminuire gli stipendi ed aumentare le ore di lavoro non necessariamente per ragioni economiche, di aumentare il monte ore di lavoro settimanale a 46 (permessi quindi 11 ore di straordinari) e a 12 giornaliere con un semplice accordo aziendale. Viene toccata anche la disciplina del licenziamento economico in favore del padronato, che dopo soli 2 trimestri di inflessione d’affari potrà licenziare. Se il licenziamento è giudicato non corretto il lavoratore ha diritto al reintegro o al risarcimento di 6 mesi di salario non più di 12 mesi come voleva la legge precedente. Viene cancellato quasi ogni potere decisionale delle organizzazioni dei lavoratori: nel caso di accordo approvato da uno o più sindacati che hanno almeno il 30% dei consensi, l’impresa può ricorrere al referendum. In caso di vittoria dei “sì” l’intesa viene applicata e chi si oppone può essere licenziato. Cade la possibilità di veto da parte di sindacati che hanno almeno il 50% dei consensi.

In Gran Bretagna è in vigore l’Employment Right Act 1996 approvata dall’allora governo conservatore per codificare le varie normative esistenti, implementata successivamente con l’European Work Directive. Legifera anche sul licenziamento senza giusta causa lasciando però ampio margine al datore di lavoro che potrà licenziare se l’impiegato a) non è bravo nel suo lavoro, b) non è una persona piacevole con cui lavorare c) sta andando in pensione, d) è in esubero o e) il datore è obbligato a licenziare qualcuno a causa di una legge. A ciò si aggiunge la questione Brexit e gli effetti che potrebbe avere sui lavoratori britannici e stranieri.

L’obiettivo perseguito a livello europeo è chiaro: asservire il lavoratore europeo alle logiche del padronato. Il convegno che proponiamo serve a far luce su questi tentativi, sul ruolo e sui metodi di lotta che possono sviluppare le organizzazioni di classe per combattere le politiche europee del lavoro e preparare la rottura della gabbia dell’UE.

L’UE contre les travailleurs ? les travailleurs contre l’UE par le mouvement Nous sommes la gauche le 17 février à Milan