Clément Molin est commentateur suivi pour ses analyses sur la guerre en Ukraine à propos de laquelle il produit une analyse des données publiques – notamment celle de l’évolution des systèmes de tranchées construites sur le front par interprétation de photo satellites, reconnues. Il affiche un parti pris pro-occidental évident.
Il est particulièrement notable que suite à la succession de déclarations particulièrement agressives de la Maison Blanche pour lancer tout azimut des invasions et des guerres, ce dernier change de point de vue quant à l’OTAN. Dans un post sur le réseau social X, Clément Molin jette ainsi de façon surprenante un pavé dans la mare en faisant polémique contre l’Alliance atlantique (OTAN), qui est au cœur de la guerre en Ukraine, et cela en raison des menaces d’invasion et d’annexion du Groenland renouvelées par Donald Trump. Selon Molin, la façon dont le président américain a réitéré son « besoin » de contrôler l’île stratégique dans l’Arctique met en lumière les limites de l’OTAN pour protéger les intérêts des nations européennes.
Au lendemain de ses actes de guerre contre le Venezuela et de son kidnapping du président légitime en exercice Nicolas Maduro, Trump a affirmé vouloir « discuter » du Groenland « dans 20 jours », créant une onde de choc à Copenhague et au-delà.
Le Premier ministre groenlandais, Jens-Frederik Nielsen, a rétorqué sur les réseaux sociaux : « Ça suffit maintenant. Plus de pression. Plus d’insinuations. Plus de fantasmes d’annexion. »
Face à cela, la Première ministre danoise Mette Frederiksen a lancé un avertissement sans précédent : si les États-Unis attaquaient militairement un pays de l’OTAN pour s’emparer d’un territoire allié, « alors tout s’arrête – y compris notre OTAN et la sécurité construite après la Seconde Guerre mondiale ».
À Copenhague, la Première ministre Mette Frederiksen a ainsi déclaré à la chaîne TV2 : « Si les États-Unis choisissent d’attaquer militairement un autre pays membre de l’Otan, alors tout s’arrête, y compris l’organisation elle-même et la sécurité instaurée depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale« .
Cette mise en garde, émise à la télévision danoise et relayée par plusieurs capitales européennes, contraste avec l’image d’une alliance cohésive défendant la sécurité collective. Des dirigeants comme le Premier ministre britannique Keir Starmer ont immédiatement insisté sur le fait que l’avenir du Groenland devait être décidé par les seuls Groenlandais et le Danemark, et que l’Europe ne tolérerait pas une redéfinition forcée des frontières.
C’est une menace forte, quoique peu crédible vu le soutien affiché par l’Union européenne – dans ses traités, comme dans son soutien à l’ensemble des guerres américaines et encore dernièrement concernant le Venezuela – de rupture de l’ordre impérialiste hégémonique. Il convient de souligner que tout affaiblissement de cet échelon de l’ordre impérialiste capitaliste, en activant la dynamique multipolaire et de souveraineté des peuples, est à la fois un degré de liberté pour les peuples, et donc un moteur d’émancipation progressiste indispensable à la dynamique révolutionnaire face au système capitaliste de plus en plus ouvertement exterministe.
Dans une logique de bloc impérialiste, Washington prend appui sur une politique bien connue des dynamiques coloniales, celle de la canonnière, en diffusant une propagande de guerre agitant le chiffon rouge d’une menace chinoise et russe proprement inexistantes. Le ministère chinois des Affaires étrangères a riposté lundi, exhortant Washington à « cesser d’utiliser la prétendue menace chinoise comme excuse pour rechercher des gains personnels« , tandis qu’Aaja Chemnitz, représentante du Groenland au Parlement danois, a quant à elle accusé Trump de « répandre des mensonges sur les navires de guerre chinois et russes« .
Pour Molin, l’issue de cette crise révèle une vérité qui lui est très dérangeante mais évidente : même un allié historique comme le Danemark peut se retrouver directement écrasé sous la volition et l’ambition stratégique d’une grande puissance, ici les États-Unis, et privé par l’OTAN de capacité de défense autonome. Cela renforce, selon lui, l’argument pour que la France et les peuples européens se dépêchent de sortir de l’OTAN, cette alliance militaire étant à l’exact opposé de l’intérêt national des pays européens.
Cette analyse rejoint la proposition du PRCF de fonder la politique de sécurité sur une indépendance stratégique réelle. le fondement de la liberté, la condition nécessaire mais non suffisante de celle-ci étant la pleine souveraineté nationale, la souveraineté des peuples. À l’opposé même du néocolonialisme, de la vassalisation ou pire de l’occupation impérialiste.
De fait, ce qui manque à Molin pour réellement comprendre la situation politique et géopolitique, c’est que UE et OTAN ne sont que deux faces de la même monnaie et deux superstructures imbriquées de l’axe impérialiste hégémonique, structurellement constitué par et pour la domination de la classe capitaliste américaine. De fait, les traités européens organisent, imposent et verrouillent le partenariat stratégique au sein de l’OTAN. Et l’extension à l’Est de l’Union européenne est le corollaire de l’extension de ce grand marché transatlantique qu’est l’Union européenne; c’est-à-dire l’expansion de la domination des capitaux de l’axe impérialiste à prétention hégémonique depuis la victoire de la contre-révolution ayant détruit l’Union soviétique.
De fait, la conclusion logique, immédiate, et urgente donc, pour les peuples européens et en premier lieu pour le maillon faible de l’Axe impérialiste qu’est la France, c’est la nécessité absolue de sortir de l’OTAN. Mais aussi, car cela va ensemble, de l’Union européenne et de l’OTAN. Une sortie qui n’est cependant possible qu’en affronter la dictature de la classe capitaliste, qui en alliance et sous domination de la classe capitaliste américaine, a construit dans ce dessein l’Union européenne.
Monde pacifique ou Europe atlantique, il faut choisir, explique le slogan et l’affiche du PRCF. Et cela résume bien l’enjeu prioritaire du moment, le Frexit progressiste, et l’utilité, pour qui veut défendre la paix et l’avenir, de rejoindre le PRCF dans l’action et l’organisation.
JBC pourwww.initiative-communiste.fr



