Écologie et communisme, par Georges Gastaud …

Auteur de “Lumières communes” (Delga 2017. Sortie imminente du tome 5, intitulé “Fins de l’histoire”).

 

Qui peut encore allègrement douter de la catastrophe écologique mondiale qui s’annonce sur fond de réchauffement climatique aigu, et potentiellement hors de contrôle, de dilapidation des ressources terrestres, de pollutions quasi irréversibles et de tentative absurde de généraliser le mode de vie gaspilleur de la minorité privilégiée des pays riches?

Mais une fois ce dur constat établi (et fut le premier à le formuler dès la fin des années 70), il y a deux manières opposées d’y faire face.

La première, prédominante, consiste à culpabiliser l'”humanité” en général et chacun de ses membres en particulier, à dépolitiser hypocritement la question écologique et à harceler chacun de nous sans s’interroger sur l’énorme différence de responsabilité qui incombe respectivement en la matière au chômeur ou à l’actionnaire d’une transnationale.

La seconde conception du combat écologique part du constat marxien que “le capitalisme ne crée la richesse qu’en épuisant ses deux sources, la Terre et le travailleur”.Il faut ajouter à cela que, comme nous ne cessons de l’argumenter depuis les années 80, l’exterminisme est le stade suprême de l’impérialisme : en entendant par là que le capitalisme-impérialisme actuel est devenu si réactionnaire que, sur tous les plans désormais, militaire, économique et environnemental, la survie de ce système obsolète est incompatible avec le développement durable de l’humanité, ou du moins d’une humanité vivant humainement sur terre. 

Dans ces conditions on assiste à un chassé-croisé historique. Pour, si j’ose dire, re-naturaliser la nature dénaturée par la société (capitaliste), il faut en finir avec cet ensauvagement, avec cette désocialisation de la société, qu’est en son fond le capitalisme devenu néolibéralisme. Loin de renvoyer l’homme vers on ne sait quel état de nature, il faut que l’humanité se civilise comme jamais en éliminant cette survivance des temps barbares qu’est la guerre de tous contre tous que secrète en permanence la propriété capitaliste des moyens de production. 

Car, autant la quête éperdue du profit maximal conduit au suicide socio-écologique assuré, autant la socialisation des moyens de production, la planification démocratiquement et scientifiquement concertée de la production et des échanges, la prise en compte prioritaire des besoins humains assumés solidairement, sont les moyens nécessaires sinon suffisants du règlement de l’énorme crise écologique subie par l’humanité. Et cela s’appelle le passage au socialisme- dont la prémisse pour la France est sa sortie de l’UE par la voie progressiste : c’est indispensable pour rompre avec la sinistre “économie de marché ouverte sur le monde où la concurrence est libre et non faussée” prescrite par Maastricht et pour permettre l’existence de nations souveraines coopérant sur un pied d’égalité.

Bref,  si un peu d’écologisme superficiel conduit à idolâtrer “l’Europe”, à cultiver l’anticommunisme “de gauche” et à honnir les idées de nation libre et de planification socialiste,  en un mot à adhérer à Europe-Écologie-les Verts, une véritable préoccupation écologique, faisant de la restauration de l’écosystème humain et de la biodiversité le coeur même de la production à venir, en un mot, réconciliant l’homme  à l’environnement, impose de concevoir ce communisme de seconde génération qui, sans renier le moins du monde la Commune et Octobre 17, est le véritable horizon d’une modernité progressiste. 

3 août 2018

présente “Lumières Communes” au Séminaire “ au XXIe siècle” organisé par Jean SALEM – Paris – Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, 17 novembre 2016