Surmortalité et covid-19 : le point avec les chiffres de l’INSEE.

C’est une question récurrente sur certains réseaux sociaux : quel est le bilan réel de l’épidémie de covid-19 en France en terme d’accroissement de la mortalité. Question légitime alors que personne n’a plus – légitimement – confiance dans ce régime Macron qui début mars ordonnait encore de sortir, interdisait la distribution, et théorisait le caractère de grippette du SARS-COV-2 se moquant successivement des Chinois et des Italiens. Alors certes, le ministère de la Santé publie chaque soir les chiffres des décès de la covid-19 à l’hôpital, des chiffres que n’ont jamais remis en cause aucun des de la santé ni aucun médecin hospitalier. Mais certains parmi vous se posent tout de même la question, quelle est l’ampleur de l’épidémie en terme de surcroit de mortalité ? Tous ces chiffres, un peu effrayants, de centaines de morts annoncés tous les soirs, est-ce que c’est beaucoup ou est-ce que ce n’est que pour faire peur ?

Le bon sens populaire nous enseignant tout à la fois que « La peur n’empêche pas le danger  » et « qu’un homme averti en vaut deux », nous avons souhaité y regarder de plus près.

Pour recouper ces chiffres à la rédaction d’Initiative Communiste, nous nous sommes penchés sur les données de la mortalité publiées chaque mois par l’Institut de la statistique, résultat direct des certificats de décès. Des chiffres on ne peut plus fiables. Le site internet de l’INSEE donne accès de façon publique à l’ensemble de ces chiffres rapportés à la population depuis le 1er janvier 1994. Soit plus de 25 ans de statistiques. De quoi avoir un premier recul sur l’ampleur de la vague épidémique du covid-19 sur la mortalité et d’en mesurer la gravité.

Évidemment, ces chiffres ne permettent pas de déterminer précisément les morts directs du covid-19. Mais ils permettent de mesurer l’ampleur de la surmortalité du covid-19 par rapport à la mortalité habituelle.

Pour mener l’analyse nous traçons un premier graphique. Il représente la mortalité mensuelle, c’est-à-dire le nombre de décès enregistré chaque mois divisé par la population totale de ce mois, et rapporté à 100 000 habitants, et ce de 1994 à septembre 2020, dernier chiffre (provisoire) publié par l’INSEE. Cela permet de comparer la mortalité, c’est-à-dire la proportion de la population décédant chaque mois, sans effet de biais du fait de l’accroissement de la population. Cela permet également de mesurer directement l’effet du covid-19 par rapport à des années avec une mortalité classique liée à la grippe, aux virus et infections respiratoires, aux cancers, crises cardiaque et autres attaques.

En noir figure la moyenne des 25 années 1994-2019. Chaque année est figurée par un point, l’année 2020 l’étant par un losange rouge.

Plusieurs enseignements :

  • la première vague de covid-19 a provoqué un record de mortalité sur deux mois consécutifs, en mars et en avril.
  • cette mortalité est pour le mois d’avril un recours absolu sur 25 ans. Très supérieure à la terrible vague de décès d’août 2003 liée à la canicule (le point orange pour le mois 8).
  • cette mortalité de la première vague de covid est très supérieure à la mortalité observée pour la pire épidémie de grippe sur la période (point bleu sur le mois 1, janvier 2017, dont il est estimé qu’elle aurait provoqué 17 000 morts). À la fois en valeur de mortalité, et surtout en terme de durée, aucune épidémie de grippe ne durant deux mois à des niveaux de mortalité supérieure à la moyenne.
  • Dès le mois d’août, la tendance à l’augmentation des décès est à observer.

Pour préciser la comparaison, il est utile de faire la comparaison entre la mortalité mensuelle observée en 2020 et la mortalité moyenne sur la période 1994-2020:

Où l’on voit que :

  • comme annoncé par le ministère de la Santé, l’épidémie de grippe 2020, principalement en janvier 2020, n’a pas entrainé de mortalité inhabituelle.
  • la première vague de covid-19 a provoqué une surmortalité d’autant plus impressionnante qu’elle n’a concerné qu’une minorité du territoire nationale et à peine 4% de la population infectée.
  • la surmortalité s’est considérablement réduite avec l’effet du confinement et/ou du recul saisonnier de l’épidémie.
  • dès le mois d’août une deuxième vague épidémique de mortalité est apparue. Cela au moment même où le régime Macron criait de « vivre avec la virus » et ordonnait une rentrée sans réel protocole sanitaire.

JBC pour www.initiative-communiste.fr

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