Entrée à l’Assemblée : Mélenchon brave le drapeau clérical de l’UE et défend la République

La figure de proue de la France Insoumise s’est insurgée en découvrant le drapeau européen dans l’hémicyle

À notre connaissance, depuis le rejet de l’euro-constitution qui instituait le drapeau et l’hymne « européens » (tous deux cléricaux et supranationaux), les symboles de l’État fédéral européen en gestation n’ont plus d’existence légale sur les bâtiments publics français. A fortiori en plein cœur de l’hémicycle de l’.

Bravo donc à JLM de s’être emporté contre ce symbole d’allégeance qui n’a rien à faire dans une Assemblée Nationale qui est censée représenter le peuple français souverain.

Au passage, quelle différence entre cette attitude patriotiquement « insoumise » de , et celle d’un Pierre Laurent, vice-président du Parti de la Gauche Européenne, qui ne perd jamais une occasion d’arborer l’insigne aux étoiles au revers de son veston…

Cela dit, pour que la France insoumise devienne une France Franchement Insoumise (FFI) à l’ du capital, il faut l’aider à clarifier sa position encore très hésitante sur l’. Et c’est ce que pourraient faire ensemble, au lieu de se regarder en chiens de faïence, les mouvements franchement communistes que le PRCF invite à reprendre l’ACTION FRANCHEMENT COMMUNISTE, à l’entrée des usines, pour les « quatre sorties », de l’, de l’euro, de l’OTAN et du capitalisme.

En 2014, le PRCF lançait cette interpellation fraternelle au citoyen Mélenchon :

L’Union Européenne, le Vatican et la laïcité : à propos de l’invitation du Pape au Parlement Européen et de la lettre ouverte de Jean-Luc Mélenchon

Jean-Luc Mélenchon vient de publier une lettre ouverte dans laquelle il s’insurge de la présence du pape au parlement européen, dénonçant une atteinte au principe de .
Bien sûr, nous saluons d’abord son souhait de défendre la laïcité , dans la ligne de mire de l’oligarchie capitaliste, qui souhaite la faire reculer afin de mieux diviser les travailleurs. Ce qui est au cœur des propositions défendues par le PRCF.

Mais cette intervention du Pape au sein du parlement européen – au-delà de la légitime indignation- devrait conduire à poser vraiment la question de la nature de cette institution supranationale qu’est l’Union Européenne et devrait à l’évidence ouvrir les yeux de tous. Comment se fait-il que l’UE invite à la tribune de ses institutions le Pape ? et en particulier, l’Union Européenne a-t-elle jamais eu vocation à être laïque et démocratique ?

Jean-Luc Mélenchon – aujourd’hui député au parlement européen – a toute sa carrière défendu l’inclusion de la France dans cette construction « européenne », pourtant initiée et conduite par le grand Capital. Il semble malheureusement ignorer le rôle crucial que joue le Vatican dans cette funeste construction. Construction qui est à l’opposé du nécessaire combat pour la laïcité qui doit être celui de tous les progressistes – qu’ils soient croyants ou non. Et découvrir avec cette venue du Pape que l’UE ne respecte pas le principe de laïcité.

N’était-il pas au courant que le drapeau européen représentait les étoiles dont est faite la couronne mariale dans l’iconographie catholique ; comme le créateur du drapeau Arsène Heitz l’affirmait haut et fort [1] ? Que le bleu du drapeau européen est le bleu marial ? Que dans l’après-guerre, les plus influents cercles fédéralistes avaient leur origine dans la très peu laïque Action Française [2] ? Que de tout temps, le Vatican joua de son influence et de ses réseaux pour encourager et accélérer la construction européenne [3][4] ? N’était-il pas au courant des précédentes visites pleines de louanges du pape Jean-Paul II au parlement européen ainsi qu’aux autres institutions européennes [3][4] ?

Le Pape est donc bel et bien chez les siens quand il visite les institutions européennes. Cela ne fait pas de doute.

Jean Luc Mélenchon a bien raison de défendre la laïcité, mais pourquoi encore une fois s’arrêter en chemin, en ignorant ce qu’est factuellement l’UE ?

De la même manière, lors de l’émission mots croisés, Jean-Luc Mélenchon déclarait : « si un grand pays se retire de l’euro, ce sera un cataclysme » [5]. Il reprend là la rhétorique de la peur clamée en permanence par les « belles personnes » qu’il dénonce par ailleurs, et propage de nouveau l’illusion d’une harmonisation sociale au sein de l’UE, alors que le seul chemin c’est de retrouver la souveraineté nationale, nécessaire à la . En effet, les divergences politiques, économiques et démographiques entre pays de l’UE, inhérentes à cette construction, font que tout mouvement social à l’échelle de toute l’UE est impossible. Or les traités européens ne peuvent être modifiés qu’à l’unanimité des 27 pays. De plus, de nombreux économistes – citons par exemple Jacques Sapir – ont de très solides arguments qui démontrent que ces craintes de cataclysme suite à une sortie de l’euro sont totalement infondées. [6] Le cataclysme ne serait donc certainement pas pour les travailleurs mais plutôt pour le grand capital, l’UE et l’euro étant des piliers institutionnels du système capitaliste. Alors que la crise du capitalisme s’aggrave, que l’axe euro-atlantique Washington-Bruxelles/Francfort allume partout les foyers de nouvelles guerres impérialistes et de la fascisation, rester dans l’UE, dans l’euro, dans l’OTAN, pour le camp des travailleurs c’est y rester, En sortir c’est s’en sortir !

On ne peut à la fois vouloir défendre les intérêts des travailleurs et refuser de priver les patrons, les financiers – en clair la classe capitaliste – de leurs armes d’exploitation massive des travailleurs que sont l’UE et l’Euro.

Doit-on sacrifier la laïcité, la , la diversité linguistique, nos salaires et nos conquêtes sociales etc… fruits des dures luttes de la classe des travailleurs pour ne pas mettre en cause l’Union Européenne du Capital ? Au non de quelle raison d’ailleurs ?

« Ça suffit comme ça ! Je dis adieu à mon fédéralisme puisqu’il est sans objet. (…) Je ne m’engage plus que sur des objectifs concrets, immédiats, liés à la refondation républicaine et sociale de mon pays. » écrivait Jean Luc Mélenchon dans son livre ” Qu’ils s’en aillent tous”.

En 2013 lors du discours de clôture de l’université d’été du PG, JL Mélenchon déclarait :

« Il n’y a pas de souveraineté politique du peuple s’il n’y a pas indépendance du cadre dans lequel il fournit ses propres décisions. L’Europe n’est pas une structure indépendante. L’UE, enfermée dans sa logique austéritaire, est une structure vassale des USA. C’est la raison pour laquelle le peuple français fidèle à ses engagements à l’égard du monde (…) C’est pourquoi la France n’a pas à se soumettre aux USA, même sous le prétexte de l’UE.

Ce que je viens de dire n’a rien à voir avec le nationalisme ou avec le chauvinisme…
Gloire à la république française Vive la fraternité universelle ! »

Alors, Citoyen Mélenchon, encore un petit effort pour tirer toutes les conséquences de vos propos. Et profiter ainsi des quelques tribunes médiatiques qui s’ouvrent à vous pour faire vraiment avancer l’éducation populaire.

Par exemple, en constatant le caractère de classe de l’UE capitaliste et le potentiel profondément révolutionnaire dun front populaire progressiste et patriotique appelant à la sortie par la voie progressiste de l’UE et de l’euro, à la sortie de l’OTAN et à la sortie du capitalisme.

Sources :
[1] [Danièle Sallenave, dieu.com, Gallimard, 2004] …ses 12 étoiles ne désignent nullement l’Europe des 12, elle s’inspire directement du symbole marial tel que représenté dans l’imagerie pieuse du XIXe siècle.
[2] http://www.lecanardrépublicain.net/spip.php ?article614
[3] http://www.studiatheologica.cnet.ro/pdf/200804art3.pdf
[4] http://radionotredame.net/2014/vie-de-leglise/visite-pape-strasbourg-histoire-32168/
[5] http://www.dailymotion.com/video/x2ahaji_debat-melenchon-guaino-a-mots-croises_news
[6] http://russeurope.hypotheses.org/3006 (*)