Les leçons de la vaccination contre le covid-19 vue des États-Unis.

Un de nos camarades résident aux États-Unis nous a adressé cette analyse relative à la campagne de vaccination contre le Covid-19 aux États-Unis. Une analyse qui prend de la hauteur pour alimenter le débat en examinant les effets systémiques du capitalisme et de sa fracturation de la société en classe avec l’une, ultra minoritaire, la classe capitaliste, exploitant l’autre la classe des travailleurs, faisant ainsi gonfler ses profits, sa richesse et confortant sa domination. Un point de vue trop souvent oublié dans l’analyse des campagnes de vaccination menées dans les pays riches, se focalisant uniquement sur les modalités de mise en œuvre autoritaire et la main mise des multinationales pharmaceutiques. De fait, au delà de la fracturation volontairement provoquée par le régime Macron avec son passe sanitaire pour mieux relancer les réformes imposées par l’Union Européenne dans le cadre du semestre européenne [casse des retraites et baisse de l’indemnisation chômage et ce bien avant le covid-19] il serait réducteur de n’imaginer les campagnes de vaccination qu’aux prismes des profits qu’engrangeraient les seules compagnies pharmaceutiques fabriquant les vaccins. Et notre camarade qui n’est pas directement concerné par la polémique sur le passe sanitaire, examine ainsi les raisons qui ont poussé les États-Unis a réalisé une campagne de vaccination de masse et gratuite, avec des prix payés aux laboratoires américains bien moins rémunérateurs que ce qui leur est attribué usuellement. À l’opposé donc de l’accès habituel aux soins médicaux aux USA, totalement privatisés. Un point de vue à verser au débat.

illustration initiative-communiste.fr

La situation vaccinale aux États Unis

1) pourquoi les pays capitalistes de l’axe euro-américain ont-ils acheté les vaccins en surplus (rien qu’au Canada, 400 millions de doses ont été achetées pour une population de 38 millions) alors que les pays pauvres manquent de vaccins ?

Parce qu’ils peuvent de cette manière maintenir leurs monopoles internationaux en demeurant plus productifs.

2) Pourquoi les pays veulent-ils vacciner leurs populations quand les victimes (hospitalisations et décès) premières sont soit des personnes âgées soit des personnes avec des comorbidités médicales, bref des personnes qui ne sont donc plus ou non productives ?

Ce n’est pas par amour pour les personnes âgées ou affaiblies par la maladie mais pour réduire la contagion parmi les forces productives.

Que ce soit dans les pays capitalistes ou dans les pays socialistes, il faut que l’économie marche, que les gens travaillent, que les enfants aillent a l’école, que les usine tournent, que les bureaux fonctionnent. Si les pays socialistes, de par leur organisation collective, peuvent gérer ces situations bien plus intelligemment, tel n’est pas le cas dans les pays capitalistes où si l’économie ne tourne pas, le pays s’effondrera littéralement. Par conséquent, la vaccination est nécessaire aux pays capitalistes pour que les gens retournent au travail aussi rapidement que possible. L’urgence économique règne.

L’économie capitaliste est un peu comme un requin, si il ne se déplace pas, il n’a plus d’oxygène et meurt. Les compagnies pharmaceutiques capitalistes comprennent cela et veulent sauver le capitalisme ; ce qui implique sauvegarder les travailleurs et les employés. C’est pour cette raison que Pfizer qui vend généralement 150$ l’injection a vendu le vaccin au gouvernement américain à $19,5 l’injection (donc à perte pour cette entreprise) et le gouvernement les offre gratuitement au peuple, même si la production et la distribution fut complètement désorganisée (comme d’habitude). Pfizer ne fait pas cela par amour du peuple, ni par altruisme humanitaire. Pfizer sait que si l’économie ne tourne pas, c’est la fin du pays, c’est la fin de leurs profits. Pour cette raison, les vaccins même américains peuvent être utilisés sans craintes absolues, surtout pour les personnes âgées ou affaiblies par la maladie pour qui l’infection peut si facilement signifier la mort. 

Les capitalistes prennent leur survie très, mais alors très au sérieux et pour cette raison, leur incompétence en matière de santé publique ne signifie pas qu’ils sont suicidaires ou tout simplement stupides. La pandémie les a contraint à agir pour le bénéfice du peuple car ces capitalistes savent que sans le Peuple en bonne santé, ils ne peuvent survivre. N’est-ce pas ce que Marx nous enseigne ? Et pour cette raison, nous pouvons faire confiance aux capitalistes d’assurer la survie du peuple à court terme, la seule chose qu’ils comprennent, mais la survie tout de même.

Particulièrement avec le variant delta (agressivement contagieux) les décès qui augmentent à nouveau sont principalement enregistrés parmi les gens non vaccinés. À tel point que parmi la droite, la droite libertaire et l’extrême droite (la majorité des gens anti-vaccins aux US), les républicains (politiciens et media) commencent à changer de ton et à encourager leurs adhérents à se faire vacciner.

la vaccination, une arme de concurrence impérialiste

La nécessité de vaccination disponible dans les pays de l’axe euro-américain est aussi une arme de concurrence qui facilite pour ces pays capitalistes un retour à la « normalité » de production bien avant les pays concurrentiels du tiers-monde qui n’ont toujours pas accès aux vaccins, souvent abandonnés par les pays capitalistes mais aidés par les pays socialistes.

Il arrive que le retour à une production capitaliste « normalisée » corresponde à une force de production en bonne santé capable de travailler. Si la vaccination est encouragée dans les pays socialistes par responsabilité sociale et politique du gouvernement socialiste envers le peuple, la vaccination est encouragée dans les pays capitalistes par nécessité de survie économique du système lui-même.

Dans tous les cas, le Peuple se doit de rester en bonne santé pour solidifier l’existence du socialisme dans des pays qui le sont et pour continuer la lutte pour le socialisme dans les pays qui ne le sont pas encore.

Plus de 3,8 milliards de gens ont reçu une dose et plus d’un milliard ont reçu deux doses de vaccins dans le monde à ce jour; chiffres qui augmentent chaque heure. Aujourd’hui, aux US plus de 95% des gens qui succombent du virus ne sont pas vaccinés. Comment sauver nos camarades âgés ? Pour lutter contre la répression, il faut d’abord être en vie….